A travers la presse

francophone et internationale

 

*      Jeudi 30 octobre 2008

 

A la une

*   13e Sommet de la Francophonie. La France aidera Madagascar (Madagascar Tribune)

*   En français, s’il vous plaît. Les francophones doivent prendre leur place dans le monde
(Au Fil des évènements)

*    Un message alarmiste mais inspirant (Au Fil des évènements)

*  COMPRENDRE CE QUI SE PASSE AU RDC

*    Impasse au Congo (Le Monde)

*    Nord-Kivu : qui sème la haine... (Le Soir)

*   Confusion à Goma (Le Potentiel)

*   Cessez-le-feu unilatéral … le Cndp décrète le cessez-le-feu (L'Avenir)

*    Situation chaotique au Nord-Kivu (L'Observateur)  

*    De Gucht plaide l’envoi de soldats belges (La Libre Belgique)

     Autres articles

*   Crise financière : effets collatéraux dramatiques pour les plus pauvres (MFI Hebdo)

*   Colloque de Dakar sur l’aide : quel porte-voix pour l’Afrique au G20 ? (Le Soleil)

*   Trafic de drogue en Afrique de l’Ouest : dure, dure sera la lutte (Le Pays)

*   La migration clandestine : pour un meilleur traitement médiatique (Le Calame)

*   La Suisse s'engage en Afrique pour prévenir les migrations illégales (Le Temps)

*   France. Le français obligatoire pour les candidats à l'immigration (Le Figaro)

*   Une déclaration sur les valeurs québécoises pour les immigrants (La Presse canadienne)
 

*   Bénin. 3ième gouvernement de Boni Yayi : l’ouverture à l’épreuve de 2011 (L'Autre quotidien)

*   Guinée. Les législatives de toutes les interrogations (Le Diplomate)

*   Maurice. “Le français progresse quand le créole progresse” (Clicanoo)

*   Mauritanie. Après l’échec de la réunion de Paris avec l’Union européenne: quelles perspectives? (Le Calame)

*   Sénégal. Elus locaux à l’école de la bonne gouvernance : pour une culture de l’évaluation permanente (Le Quotidien)

*    Sénégal. La chasse aux pro-Macky fait une nouvelle victime … (Le Matin)

*    Le FMI au chevet des Seychelles (L'Express, Port-Louis)

*    Liban. Ce verbe qui fait peur (L'Orient Le Jour)

*   Cambodge. De nouvelles élections à l'horizon 2009 (Cambodge Soir)

*   Vietnam. Une adresse remarquable pour apprendre le français (Le Courrier du Vietnam)

*     Canada. Verner aux Affaires intergouvernementales (Le Devoir)

*     Québec. Marre de la démocratie? (La Presse)


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Antananarivo, 30 octobre


13e  Sommet de la Francophonie. La France aidera Madagascar

 

La France confirme son soutien à la préparation de la tenue du 13è Sommet de la Francophonie à Madagascar en octobre 2010. c’est le Chargé d’Affaires auprès de l’Ambassade de France à Madagascar, Madame Brigitte Gérardin, qui l’a annoncé hier au président Ravalomanana au palais d’Etat d’Iavoloha.

Selon le Chargé d’Affaires auprès de l’Ambassade de France à Madagascar, Madame Brigitte Gérardin, « la France partage les mêmes objectifs et les autorités françaises sont aujourd’hui disposées à étudier la mise en œuvre des moyens nécessaires afin de faire du Sommet de 2010 à Madagascar, un véritable succès ». D’après Madame Brigitte Gérardin, le renforcement du partenariat avait déjà été évoqué par le Secrétaire d’Etat à la Coopération Française, Alain Joyandet lors de sa visite en juillet dernier, « à plus forte raison, la coopération sera davantage développée dans la perspective du Sommet de la Francophonie de 2010 à Madagascar ».

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Le journal de la communauté universitaire
 Université Laval,  
30 octobre


En français, s’il vous plaît. Les francophones doivent prendre leur place dans le monde

 

«La Francophonie, qu’ossa donne?» aurait demandé l’humoriste Yvon Deschamps. Au lendemain de la tenue du Sommet de la francophonie à Québec, des conférenciers invités à la Chaire publique de l’AELIÉS (Association des étudiantes et des étudiants de Laval Inscrits aux études supérieures), eux, ont débattu la question autrement : «La Francophonie : pour qui, pour quoi?» En d’autres termes, l’Organisation de la Francophonie (OIF) a-t-elle sa raison d’être aujourd’hui?

Selon Jean-Louis Roy, président du Centre de la Francophonie des Amériques et directeur du quotidien Le Devoir de 1986 à 1990, la réponse est oui, sans l’ombre d’un doute. «On ne peut pas être contre le fait que des francophones de la planète se rassemblent pour discuter d’économie, d’environnement ou de droits humains, estime t-il. Si on ne fait pas de concertation sur des problèmes environnementaux en français, d’autres prendront la place et le feront en anglais.»
À ceux qui reprochent aux chefs d’État ayant participé au Sommet d’avoir parlé de la crise financière au lieu de s’être penchés sur des questions davantage reliées à la francophonie, notamment la promotion du français à travers le monde, Jean-Louis Roy répond qu’on aurait trouvé ces dirigeants totalement déconnectés de la réalité s’ils s’en étaient abstenus. «Un grand nombre de pays d’Afrique n’ont pas d’autre tribune pour s’exprimer sur la scène internationale que celle de la Francophonie, dit-il. Par ailleurs, la présence de nombreux dialectes au sein de ces mêmes pays fait que le français sert de lien privilégié entre les personnes et que c’est grâce à cette langue commune que les gens peuvent communiquer et faire avancer les choses.»
Publier en anglais
Selon le président du Conseil supérieur de la langue française, Conrad Ouellon, la Francophonie n’a pas à s’excuser d’exister, à l’instar d’autres regroupements de pays qui partagent la même langue. «Par exemple, personne ne s’étonne de l’arrogance de Gordon Brown, premier ministre de la Grande-Bretagne, qui impose par toutes sortes de moyens l’apprentissage et l’utilisation de l’anglais partout dans le monde, dit Conrad Ouellon. Même chose aux États-Unis: si l’anglais progresse tant dans le monde, c’est qu’il existe une volonté claire de la part des gouvernements et institutions que les choses se passent de cette façon.» Dans cette foulée, cet ancien directeur du Département de langue et linguistique à l’Université et doyen de la Faculté des lettres déplore que l’anglais soit encore la langue de la science et de la recherche. «En 2008, note-t-il, un professeur de l’Université Laval est toujours évalué par rapport à ses capacités de publier en langue anglaise.»
Enfin, Simon Boivin, courriériste parlementaire à l’Assemblée nationale pour le quotidien Le Soleil affecté à couverture du Sommet, souligne le manque de cohérence entre les idéaux de démocratie proclamés par certains pays d’Afrique membres de l’OIF et la réalité qui règne dans certains de ces pays. «Quand la Francophonie se positionne en défenseur de la démocratie  et que plusieurs de ses membres en trahissent les idéaux, cela fait très mal à son image et entache beaucoup sa crédibilité», fait valoir Simon Boivin.
Par Renée Larochelle


Par

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Le journal de la communauté universitaire
 Université Laval,  
30 octobre


Un message alarmiste mais inspirant  

 

Paul Gérin-Lajoie prône un engagement accru des pays membres de la Francophonie en faveur de l’éducation de base dans les pays en développement
Que chaque année 100 jeunes stagiaires provenant des États membres de la Francophonie, choisis sur la base d’un concours, entrent pour deux ans au service des différents organismes des Nations unies. Voilà la principale proposition formulée par Paul Gérin-Lajoie, le jeudi 16 octobre au pavillon Alphonse-Desjardins, lors d’une conférence prononcée à l’occasion du Rendez-vous de la coopération québécoise et canadienne dans la Francophonie. «Ces stagiaires pourraient devenir des ambassadeurs hors pair de la coopération internationale, de véritables citoyens du monde», a expliqué le premier titulaire du ministère de l’Éducation du Québec et président fondateur d’un organisme voué à l’éducation de base dans les pays en développement.
Paul Gérin-Lajoie a qualifié la coopération internationale d’«œuvre grandiose et essentielle pour l’humanité». Selon lui, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) peut faire une différence «significative» en ce domaine, notamment par un engagement accru de ses membres envers l’éducation de base. «En 2000 à Dakar, a-t-il rappelé, tous les États membres s’étaient engagés à respecter et à faire respecter l’absolue priorité de la formation de base. Il faut sortir de notre torpeur pour assurer à tous les enfants du monde une scolarité primaire vraiment gratuite conduisant à une citoyenneté à part entière.» Le conférencier croit que les pays francophones doivent reconnaître à sa juste valeur le rôle crucial joué en éducation par les organisations non gouvernementales de coopération internationale. Il a par ailleurs appelé l’OIF à intégrer pleinement l’éducation, ainsi que la culture, comme éléments stratégiques de ses politiques de développement.
Paul Gérin-Lajoie s’est dit «profondément inquiet» de l’évolution de la situation internationale. «Les projets d’allure guerrière, au nom d’une sécurité préventive, remplacent les forces de la paix, a-t-il indiqué. Les dépenses militaires l’emportent sur les besoins humains dans une proportion de 20 contre 1. Et les Sommets de Davos et du G8, bien qu'ils constituent des espaces de dialogue, sont en voie de rejeter les organismes de l’ONU dans l’ombre, sinon dans la paralysie.» Selon lui, la Francophonie peut, par son action et par l’effet d’entraînement de ses initiatives, contribuer à rétablir notre échelle de valeurs entre les instruments de guerre et les instruments de développement. «Je garde espoir, a-t-il dit. Un autre monde est possible.»
La fin des cycles générationnels de pauvreté et de maladie, dans les pays en développement, passe par l’éducation des enfants et l’alphabétisation des adultes. «Mais, a poursuivi Paul Gérin-Lajoie, l’accès des populations à l’éducation de base progresse beaucoup trop lentement. Encore aujourd’hui, la porte des écoles est fermée à plus de 80 millions d’enfants, en majorité des filles. Des millions d’enfants la quitteront avant d’avoir atteint la troisième année. Et la situation est encore pire en ce qui concerne l’alphabétisation des adultes.»
Le conférencier a dénoncé le budget canadien d’aide publique au développement qui est actuellement inférieur à 0,3 % du produit intérieur brut. Il a rappelé qu’en 2006, la contribution des autres pays francophones membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques approchait ou avait atteint 0,5 %. «Je crains vraiment un retour en arrière, a soutenu Paul Gérin-Lajoie, qui pourrait signifier un accroissement tragique des inégalités, un déni des droits fondamentaux.»
Par Yvon Laroser

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     Paris, 30 octobre

Impasse au Congo

 

Sur la carte des préoccupations mondiales, on ne les distingue qu'à grand-peine. Les habitants de l'est de la République démocratique du Congo vivent pourtant un calvaire qui semble ne jamais devoir prendre fin. Les combats qui ont repris dans l'est du pays viennent de jeter 200 000 personnes hors de leurs maisons. Il y aurait à présent, au total, près d'un million et demi de "déplacés" au Nord-Kivu.
Ce terme, froid comme une donnée statistique, désigne des familles entières chassées de chez elles par les combats ou la peur de subir des violences de la part d'une des forces en présence. Plus d'un million de personnes se trouvent donc dans des abris de fortune ou sur les routes, au milieu d'une offensive dont on ignore la portée, mais qui paralyse un système d'assistance humanitaire international déjà insuffisant dans un pays ravagé.

Il y a eu dans l'ex-Zaïre deux guerres, entre 1996 et 2003, marquées par l'intervention de pays de la région et par un pillage généralisé des ressources naturelles. Grâce au soutien international, un processus de paix, couronné par des élections, a interrompu ce conflit. Depuis, à la place de la grande guerre régionale, s'est développé un enchevêtrement de conflits. Mais le sort des Congolais dans le Nord-Kivu ne s'est pas amélioré.

Complexes, les facteurs du conflit au Congo sont bien connus, tout autant que les conditions de son règlement : un accord de paix spécifique pour le Nord-Kivu ne demande qu'à être appliqué. Mais cela exige de mettre en oeuvre un cadre de négociations qui impliquerait à la fois le pouvoir congolais, accusé de soutenir des rebelles hutu, et le gouvernement rwandais, accusé de soutenir les rebelles tutsi. Or, dans l'immédiat, la force des Nations unies, la Monuc, semble engagée dans une logique purement militaire. Non seulement les casques bleus courent le risque d'une défaite aux conséquences imprévisibles, mais cette politique a montré ses limites.

Il est temps que les pays qui s'étaient penchés sur le sort du Congo viennent ranimer le processus de paix. Il faut sauver les Congolais, avant que l'état sanitaire déplorable dans lequel se trouvent des centaines de milliers de personnes ne se transforme en catastrophe majeure. (Editorial)
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Bruxelles,  30 octobre

Nord-Kivu : qui sème la haine...

 

Au Kivu, comme ailleurs au Congo, la population avait voté pour la paix et elle espérait bénéficier bientôt des dividendes de cette démocratie retrouvée. La tragédie de l'Est, le Kivu mais aussi l'Ituri, où tous les brasiers se sont rallumés, rend plus cuisante encore la déception quotidienne : les promesses n'ont pas été tenues, la corruption n'a pas été vaincue, le redressement, qui n'est pas assez soutenu par l'aide internationale, est trop lent pour répondre aux espérances et aux besoins.

Sur ce fond de mécontentement latent, la colère suscitée par les événements de Goma pourrait faire exploser le chaudron social et contribuer à la stratégie de la déstabilisation. La rancoeur populaire visera peut-être le pouvoir en place, et elle réussira peut-être à l'ébranler sinon pire.

Mais elle fera d'autres victimes encore, à court et à long terme. Laurent Nkunda, ses compagnons de bataille et ses protecteurs rwandais assurent qu'ils se battent pour défendre les Tutsis congolais, une minorité qu'ils disent menacée, alors que des efforts notoires ont été déployés pour leur faire place dans les institutions, et effacer le souvenir des années de guerre.

En réalité, les rebelles, des militaires en rupture de ban, des tueurs recherchés par la justice internationale, des « soldats sans frontières », risquent de provoquer ce qu'ils prétendent vouloir éviter : une rancoeur durable à l'égard des Tutsis congolais pris comme prétexte à leurs aventures guerrières. Dans les camps de déplacés déjà, on signale des tensions, des regroupements en fonction des différentes ethnies...

Quant au président Kagame, qui, à des degrés divers, est le « parrain » incontestable de Nkunda, et qui, après la terrible expérience du génocide, se montre si soucieux de la sécurité de son peuple, il devrait savoir qu'à terme, la dissuasion par la force ne représente qu'un éphémère rempart. La haine, semée par la violence, l'humiliation, voire le mépris, finit toujours par refaire surface. Même si Nkunda ou d'autres sbires lui taillent une « zone tampon » le long de la frontière, ils ne le protégeront jamais contre la rancoeur et le désir de revanche qui ont été inutilement semés chez ses voisins...

Par Colette Braeckman

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    Kinshasa,  30 octobre  
 

Confusion à Goma

 

Alors qu’en milieu d’après-midi d’hier mercredi, on annonçait à Kinshasa la chute de Goma, vidée de ses habitants, le général Mayala intervenait en début de soirée sur Radio Okapi pour démentir cette information. « Je voudrais vous rassurer : la ville de Goma est toujours contrôlée par les FARDC avec l’appui de la Monuc ». Entre-temps, Nkunda venait de décréter un cessez-le-feu unilateral et que ses troupes seraient à 15 km de Goma. Confusion.

Le commandant de la 8ème région militaire, le général Vainqueur Mayala a lancé un message sur Radio Okapi, selon lequel la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, est sous contrôle des forces gouvernementales appuyées par la Monuc, rapporte radiookapi.net

«Je voudrais vous rassurer : la ville de Goma est toujours contrôlée par les FARDC avec l’appui de la Monuc. Ce sont des rumeurs qui font qu’aujourd’hui et à cette heure, et en ce moment, toute la population, si pas les trois quarts, est en train de vider la ville de Goma», a déclaré le commandant de la 8ème région militaire. « Je vous rassure une fois de plus : croyez aux efforts des FARDC et de la Monuc. Au moment où je suis en train d’adresser ce message, la ville de Goma est sous contrôle des FARDC appuyées par la Monuc. Je voudrais seulement apaiser l’esprit de la population.» Le général Vainqueur Mayala a terminé son message par un appel aux militaires FARDC : «Je demande particulièrement aux militaires de ne vraiment pas procéder au vol, au pillage de la population. Notre mission est de protéger la population et ses biens».

Auparavant, en milieu d’après-midi, selon les conversations téléphoniques captées à Kinshasa, l’on annonçait la chute de Goma.

« Les déplacés, regroupés dans un camp à Kibati, mais aussi les habitants de cette localité à 10 km du centre de Goma, fuyaient les combats entre l’armée congolaise (FARDC) et la rébellion de Laurent Nkunda », affirme AFP.

« Les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont abandonné mercredi la ville de Goma, dans l’Est de la RDC devant l’avancée de la rébellion. C’est fini», écrit l’ AFP qui cite une source militaire, précisant que les FARDC allaient se replier vers la localité de Minova, située entre Goma et Bukavu, deux villes distantes d’une centaine de kilomètres.

«Il n’y a plus aucun militaire dans la ville», a indiqué un habitant de Goma, sous le couvert de l’anonymat, toujours selon l’AFP.

Les chars de combat des forces gouvernementales qui reviennent du front au nord de Goma «prennent la direction» de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, ajoute-t-on. Selon un autre habitant, des hélicoptères de la Garde Républicaine (GR, garde présidentielle) ont décollé en direction du Sud-Kivu, lui aussi frontalier du Rwanda. Plus tôt dans la journée, 20.000 civils, poussés par un mouvement de panique, avaient convergé vers Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a constaté un journaliste de l’AFP.

LE CESSEZ-LE-FEU

Toujours en début de la soirée d’hier mercredi, Nkunda est intervenu sur les antennes de RFI annonçant qu’il venait de décréter un cessez-le- feu et que ses troupes seraient à 15 km de Goma. Serait-ce pour éviter un bain de sang dans la ville, la pression extérieure ou attend-il la réaction de Kinshasa, principalement du Parlement après la lettre qu’il vient d’adresser à cette instance, notamment aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale pour des entretiens ? Tout à la fois.

Ce qui est vrai, en position de force, Nkunda continue à exercer une pression tant sur le gouvernement de Kinshasa que sur la communauté internationale. Le CNDP vient donc de décréter « un cessez-le-feu unilatéral et temporaire » pour éviter la panique au sein de la population. Il demande à la Monuc de la sécuriser et n’entend pas entrer pour le moment à Goma. Et ce en attendant la réponse de Kinshasa sur des négociations sur terrain neutre, avec un médiateur. « Nous sommes à 28 km de Goma. La ville étant vidée des troupes des FARDC, nous avons jugé utile de ne pas entrer dans la ville pour ne pas paniquer la population. Nous avons écrit aux autorités nationales et à la communauté internationale et attendons la réponse. Notre objectif n’est pas Goma. Mais des négociations avec le gouvernement pour une résolution pacifique du conflit. Nous n’avons pas donné de délai. Mais il s’agit d’une urgence qui a besoin d’une réponse urgente », a déclaré Nkunda sur les antennes de RFI.

REUNION D’URGENCE DU CONSEIL DE SECURITE SUR LA RDC

Le Conseil de sécurité de l’Onu devrait se réunir encore d’urgence hier mercredi après-midi pour discuter de la situation en République démocratique du Congo, a annoncé l’Onu. L’heure de cette réunion n’a pas été précisée.

Mardi, le Conseil de sécurité avait examiné, sans prendre de décision, une requête urgente de renforcement de la Mission de l’Onu en RDC, la Monuc, pour tenter d’empêcher Laurent Nkunda de prendre Goma.

Le chef de la Monuc, Alan Doss, avait promis peu auparavant que ses forces feraient tout pour arrêter l’avancée des hommes de Nkunda vers Goma et pour faire cesser les combats. De son côté, la France est prête à envoyer 1.500 soldats dans le cadre d’une force européenne. Mais d’ici là, avec les Etats-Unis, elle privilégie le règlement de la crise par voie diplomatique. D’où ce ballet diplomatique soutenu par l’Union européenne avec Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, et Madame Frazier, sous-secrétaire d’Etat américaine aux Affaires africaines.

Mais pour les observateurs avertis, si Goma tombait, ce serait une victoire importante. Cette victoire militaire, activement recherchée par Nkunda, marquerait un tournant dans cette guerre du Kivu. Allusion faite à toutes les conséquences politiques qui devront découler de ce fait militaire tant sur le plan national que régional, entendez dans la région des Grands Lacs. Déjà hier mercredi, lors de la plénière de l’Assemblée nationale, les députés se sont longuement appesantis sur cette situation avant d’adopter un certain nombre de résolutions et recommandations à transmettre au président de la République, au gouvernement, au Parlement, au Conseil de sécurité, à l’Union européenne, à l’Union africaine et à la SADC.

Au plan national, il a été décidé de dégager une dynamique interne qui devra s’appuyer sur la diplomatie parlementaire. En attendant, et pour permettre au gouvernement de fonctionner dans la légalité afin de gérer cette crise, disons cette guerre, il s’est dégagé à l’unanimité la volonté d’investir le gouvernement dans les meilleurs délais dans ses prérogatives constitutionnelles. La date retenue est le 31 octobre 2008. Mais les députés se sont empressés de préciser qu’il ne s’agit point d’un « chèque en blanc » à accorder au gouvernement. Mais que cette décision a été dictée seulement par des circonstances particulières dues à la gravité de la situation à l’Est du pays tant sur le plan sécuritaire qu’humanitaire. Doté de pouvoirs constitutionnels, le gouvernement peut valablement engager le pays sur tous les plans : politique, diplomatique et militaire.

L’EFFET DE CONTAGION

Cette nouvelle guerre a de conséquences imprévisibles. En premier lieu, il faut analyser les idées principales du chef du CNDP. S’il persiste à transformer son mouvement militaire en un parti politique, il a donc de grandes ambitions politiques. En l’état actuel des rapports de force, il exige des négociations directes avec Kinshasa. Entre-temps, il s’emploiera à recruter le plus grand nombre de personnalités pour donner une substance politique à son mouvement. Il n’est pas surprenant que l’on redécouvre certaines personnalités qui avaient disparu un moment de la scène politique. Tout comme des opportunistes qui pourraient rallier ce mouvement pour des raisons faciles à deviner.

En fait, l’on assistera là à du déjà-vu, au risque de voir les mêmes causes produire les mêmes effets. C’est-à-dire, l’on s’engagera, une nouvelle fois, dans une spirale de négociations aux résultats imprévisibles. Il revient donc au gouvernement légitime, appuyé par toutes les institutions nationales, d’analyser rapidement toutes les hypothèses. Ce, dans cet élan de lever une option porteuse de résultats positifs dans le but de faire revenir rapidement la paix en République démocratique du Congo.

En effet, cette guerre refait surface au moment où en Ituri, la situation est également inquiétante avec le retour en force des milices locales. Si la conjonction s’établissait avec le CNDP, la partie risque de ne pas du tout être aisée pour les populations congolaises qui subissent les exactions et des traitements dégradants de la part des éléments de la LRA et les Mbororo.

Mais la crainte, c’est l’effet de contagion avec ce qui se passe au Burundi, en Ouganda, en République Centrafricaine, au Soudan, au Tchad. Dans ces pays, il existe également des mouvements rebelles à même d’intensifier la tension militaire dans leur pays. C’est toute la région qui va s’enflammer et s’embraser. L’Onu aura fort à faire pour éteindre tous ces incendies dès lors qu’en RDC, la mission de la Monuc aura été un échec.

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Kinshasa, 30 octobre


RD Congo. Cessez-le-feu unilatéral : taillé en pièce autour de Goma, le Cndp décrète le cessez-le-feu

 

La guerre était à la porte de Goma. Les hélicoptères de la Monuc ont agi à partir de Mubunga. Alors que l’on ne signalait aucune présence des Fardc dans la ville, les soldats congolais ont surgi comme du cheval de Troie. La contre-attaque a été de taille et pour terminer, le Cndp vient de décréter un cessez-le-feu unilatéral. Hier, le porte-parole du Cndp enseignait la théorie selon laquelle le cessez-le-feu ne peut être que mutuel et doit aboutir à des négociations qui devront elles, déboucher sur un accord qui renforce ce cessez-le-feu. Le fait que le Cndp ait violé sa propre théorie, c’est qu’il y a un problème. En attendant, la rumeur fait des ravages dans les milieux des Congolais. Tel est le cas de celle qui a mis les populations de Goma en déplacement en apprenant qu’il n’y aurait plus aucun soldat congolais pour garder la ville. Le chef d’Etat-major des Fardc a été obligé de tenir un point de presse pour rassurer l’opinion. Il a fait savoir que l’armée nationale avait le contrôle de la ville. Une autre rumeur a fait état de l’humiliation de la délégation congolaise dépêchée à Kigali. La vérité c’est que la délégation conduite par le ministre des Affaires Etrangères, Alexis Thambwe Mwamba, a bel et bien été reçue et elle a eu des entretiens avec Kagame, chef de l’Etat rwandais. Même si rien n’a filtré de ces entretiens, on croit savoir qu’elles ont tourné autour de la situation de guerre au Nord-Kivu. La délégation congolaise est allée préparer une rencontre entre Kagame et Kabila. Incapable de regarder le président congolais dans les yeux, Kagame a estimé que " le moment n’est pas encore indiqué pour une telle rencontre ". Pour Kigali, il faut que soient d’abord appliqués les accords signés entre les deux pays. Quels accords ? Se rencontrer ne serait-il pas l’occasion d’évaluer et de dire s’il y a des accords non appliqués ? Enfin, c’est la dérobade. Pour Kagame, ce qui se passe au Nord-Kivu est un problème congolo-congolais. On ne peut croire que cette rencontre avec les autorités rwandaises soit à la base du cessez-le-feu unilatéral décrété par le Cndp. On sait que, chaque fois qu’il est mis en difficulté, le Cndp décrète un cessez-le-feu. Une fois qu’il s’est réorganisé, il reprend les armes sans autre forme de procès.

Washington condamne, mais,…  Le porte-parole du département d’Etat américain a fait la déclaration suivante ; " Le gouvernement des Etats-Unis est profondément inquiet de la dégradation de la situation humanitaire dans les provinces de l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Les violences qui ont forcé des dizaines de milliers de civils à quitter leurs maisons et qui ont mis leurs vies en danger sont déplorables. Le gouvernement des Etats-Unis demande aux parties signataires des Accords de Goma et du Communiqué de Nairobi de respecter leurs engagements et de renoncer à l’usage des armes. Nous demandons à tous les pays de la région des Grands Lacs de travailler ensemble pour accroître la stabilité et respecter la souveraineté les uns des autres. Le gouvernement des Etats-Unis demande au Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) et à Laurent Nkunda, son leader, de reprendre les discussions avec le gouvernement congolais élu démocratiquement et internationalement reconnu, d’éviter de nouveaux combats, d’annuler son appel à la révolte ouverte contre le gouvernement congolais et de retourner aux positions qu’il occupait avant le 28 août. Le gouvernement des Etats-Unis demande aussi aux Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FLDR) de déposer leurs armes, de se disperser et de se démobiliser ".

Le gouvernement des Etats-Unis réitère son appui à la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC), qui a joué un rôle vital en protégeant les populations civiles et en mettant fin aux violences ". Il est vrai que telle déclaration ressemble à du déjà entendu. On n’est pas d’avis que le Cndp la considère comme une nouvelle pour conditionner la poursuite de son aventure en Rdc. On ne voit pas ce que les Usa diraient d’autres. Pendant ce temps, on est loin de la solution définitive. Car, il n’y a pas bonne manière d’instaurer le statu quo que de demander à toutes partie (sic), dont la Rdc de rentrer sur leurs positions. A-t-on besoin d’être sur des positions en plein territoire nationale pour faire entendre ses revendications. Peut-on nous dire aujourd’hui ce que sont les revendications du Cndp non prises en compte ? Le fait que le porte-parole du département d’Etat ne fait même pas allusion à l’intervention du Rwanda en Rdc démontre que l’on n’a pas évolué.

Paris, même discours. De sa part, la France, à l’occasion de la dernière réunion du Conseil de sécurité de l’Onu s’est dit fortement " préoccupée par la poursuite des combats dans l’Est de la République Démocratique du Congo et par ses conséquences humanitaires ". La France, elle aussi, demande aux parties à mettre en oeuvre le plan de désengagement élaboré par la MONUC et à s’engager pleinement dans la recherche d’une solution politique à la crise, dans le cadre des processus de Goma et de Nairobi. Si la France appelle en particulier le CNDP au cessez-le-feu, elle ne fait aucune remarque particulière au Rwanda. Considérant que les deux pays, le Rwanda et la Rdc seraient conjointement responsables de ce qui arrive aux populations du Nord-Kivu, Paris demande, mieux, encourage les deux gouvernements à intensifier leur coopération en vue d’apaiser les tensions notamment dans le cadre du mécanisme de vérification conjoint. La France souhaite que soit mis fin aux activités des Fdlr. Comment ? C’est là le côté hypocrite de la déclaration de Paris, lorsqu’on sait que si ces Rwandais, Hutu appelés Fdlr aujourd’hui se sont déversés en territoire congolais avec armes, c’est notamment avec l’aide de l’opération turquoise. On aurait voulu que la France, mieux que les autres pays occidentaux, se trouve devant un cas de conscience. Mais, hélas ! La déclaration de Paris ressemble à celle des Usa. Cela nous met devant une cruelle réalité. La France n’est plus la France. Aux Usa comme à l’Hexagone, personne n’ose citer le Rwanda. Comme quoi, Kagame n’est ni El Béchir ni Charles Tylor. Il n’y a qu’en Rdc où on croit encore aux relations et aux intérêts culturels de Paris en Rdc. Enfin la leçon à tirer, c’est qu’on craint plus ceux qui nous menacent que ceux qui nous respectent. Kagame a compris qu’il faut bousculer tout le monde pour être craint. Enfin, la France salue la nomination du nouveau gouvernement démocratique en Rdc et renouvelle sa confiance à la Monuc, sans piper mot sur les difficultés déclarées de cette Monuc. On se moque bien du peuple congolais.  Par Joachim Diana G.
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L'Observateur    Kinshasa, 30 octobre

RD Congo. Situation chaotique au Nord-Kivu

 

Muzito attendu à l'Assemblée nationale ce vendredi 31 octobre

La plénière de l'Assemblée nationale du mercredi 29 octobre a été entièrement consacrée à la situation de crise qui sévit dans l'Est du pays particulièrement à Goma qui vit sous la menace des insurgés de Laurent Nkundabatware. Suivant les interventions de la plupart des députés qui se sont exprimés sur la question, la situation dans cette partie du pays est chaotique voire apocalyptique. C'est pourquoi, ils en appellent à des mesures urgentes pour mettre fin aux affres que connaît la population.

Mais pour mettre en exécution la panoplie de propositions émises par la représentation nationale, il faut un gouvernement responsable. Pour ce, les députés ont décidé d'anticiper l'investiture du gouvernement Muzito. Celui-ci est attendu demain vendredi 30 octobre au Palais du peuple pour présenter son plan de sortie de crise et son plan d'urgence humanitaire devant les élus du peuple.

Dans leurs analyses de la crise, les députés ont dégagé quelques axes de sortie coulés sous forme des recommandations adressées aussi bien aux institutions nationales qu'à l'Onu, l'Ue, l'Ua et la SADC.

Sur le plan interne, l'Assemblée nationale propose une véritable union sacrée de tous les Congolais et surtout de l'armée. Ici le président de la chambre basse du parlement, Vital Kamerhe, a stigmatisé la mise à l'écart de certains hauts officiers compétents formés dans les grandes écoles militaires, au motif qu'ils avaient presté au sein des ex Forces armées zaïroises (Faz).

Après avoir condamné ceux qui font de la médisance, de la calomnie et de la délation leur spécialité pour des dividendes politiques, il a appelé à la réintégration de ces vaillants militaires dans les FARDC.

Le plan échafaudé par la représentation nationale renferme deux grands volets à savoir : le volet politique et le volet économique. Sur le plan politique, il est recommandé des contacts avec les insurgés du Cndp pour recevoir leur cahier des charges afin de connaître leurs motivations profondes.

Dans le volet politique, il est prévu la voie diplomatique qui privilégie le dialogue. Ici les députés recommandent la relance des relations diplomatiques entre la RDC et ses voisins de l'Est notamment le Rwanda et l'Ouganda d'autant plus que ces relations n'ont pas encore été rompues de manière officielle. Pour ce, il est proposé de se baser sur des organisations sous-régionales à l'instar de la CEPGL pour recréer la confiance mutuelle.

Le volet économique préconise la prise des mesures pour permettre la traçabilité de l'exploitation des matières précieuses dans les zones de combat. Car, si les rebelles continuent à exploiter frauduleusement le coltan, la cassitérite, l'or,… ils ne vont pas quitter les positions qu'ils occupent.

Kabila invité à organiser des consultations

Jugeant la situation d'exceptionnelle, l'Assemblée nationale a formulé des recommandations exceptionnelles. Ainsi les députés ont-ils proposé au Président de la République d'aller jusqu'au bout avec sa démarche de la mobilisation générale de la population. Pour ce, ils lui ont demandé d'organiser des consultations aussi bien avec la majorité, l'opposition que les églises et d'autres couches de la population pour créer une vraie union.

Pour Vital Kamerhe, la situation étant grave, le Congolais ne doivent pas faire valoir leurs couleurs politiques parce que les affres de la guerre touchent indistinctement les Congolais sans tenir compte de leur appartenance politique. " Nous devons prendre le taureau par les cornes ", a-t-il déclaré.

A l'endroit de l'Onu, les élus du peuple à la chambre basse du parlement demandent le renforcement du mandat de la Monuc. En lieu et place d'une simple force d'observation, la représentation nationale réclame une force du genre Artemis pour mettre fin aux velléités bellicistes de Laurent Nkunda et du Cndp.

En plus, il est demandé à l'Onu de condamner explicitement le Rwanda pour son agression contre la RDC et de décréter immédiatement le cessez-le-feu.

A l'Ue, l'Assemblée nationale rappelle que la situation à Goma étant plus dramatique que celle du Darfour où elle est intervenue, il faudrait mener le même genre d'action dans cette partie de la RDC. En plus, l'Ue est invitée à s'investir pour la solution à cette crise afin de ne pas favoriser l'effondrement des institutions issues des urnes qu'elle a financées à force de millions des dollars. Pour ce, elle (l'Ue) devrait amener le Rwanda à privilégier la voie diplomatique.

En outre, les députés se sont adressés à l'Union africaine (Ua) à qui ils ont demandé de se saisir de la question car, au problème africain il faut des solutions africaines, ont-ils préconisé.

Les élus du peuple ont ensuite proposé que notre diplomatie sollicite l'intervention militaire de la SADC étant donné l'agression dont notre pays est victime.   Par Rombaut Ot.
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LA LIBRE BELGIQUE      Bruxelles, 30 octobre


De Gucht plaide l’envoi de soldats belges

 

Le ministre des Affaires étrangères se rend à Kigali pour voir Paul Kagame. Il demande l’envoi d’une force militaire européenne au Kivu. Avec des troupes belges.  Entretien

Karel De Gucht livre son analyse de la situation dans l’Est de la Répubique démocratique du Congo.

Que peut faire la Belgique pour éviter l'embrasement général dans l'Est de la RDC ?

J’ai l’intention d’aller voir le président rwandais Paul Kagame. Je pars à Kigali d’ici la fin de la semaine pour discuter de la situation dans l’Est du Congo. Le seul qui peut stopper Nkunda, c’est Kagame.

Vous voulez dire que seul Kagame a la puissance militaire pour arrêter Laurent Nkunda ?

Non ! Je pense que Kagame a suffisamment d’emprise et d’influence sur les protagonistes de la crise pour les calmer. Et leur demander de cesser les hostilités.

Pour bien comprendre : il y a une crise au Congo, mais vous vous rendez au Rwanda ?

J’ai eu, mardi, le nouveau ministre congolais des Affaires étrangères au téléphone. Je sais qu’il a immédiatement informé le Président de la République. Nous avons des contacts avec Kinshasa et la RDC ne s’oppose pas à ce que je rencontre Kagame.

Est-ce que les Rwandais sont impliqués dans les troubles sur le territoire congolais ?

Des Congolais font passer des messages en ce sens, mais nous n’avons absolument aucune preuve de cela. Et la Monuc non plus. Nous ne pensons pas que les Rwandais soient impliqués. Maintenant, il est indéniable que Kagame a une emprise sur Laurent Nkunda. Condi Rice et Javier Solana m’ont promis d’intervenir auprès de Kagame. Voilà pour le volet diplomatique.

Cette crise illustre-t-elle l'inefficacité de l'armée congolaise ?

Le commandement de la Monuc a présenté sa démission et a indiqué que l’armée congolaise était inexistante. On a un vrai problème militaire, puisque la Monuc est censée aider une armée congolaise défaillante Je le dis depuis des années. Je pense donc qu’une action militaire européenne a du sens. Elle doit être calibrée et ne doit pas se substituer à la Monuc. L’action militaire doit être ciblée et de courte durée afin de remettre de l’ordre dans cette région entre Goma et Rutshuru. Il faut ouvrir des corridors humanitaires et faire respecter un cessez-le-feu. Je pense que c’est possible si les Européens se mettent d’accord entre eux.

Combien d'hommes faudra-t-il pour cette mission ?

Deux à trois mille soldats bien équipés. Ce n’est pas une action qu’on peut monter d’un jour à l’autre. Il faut d’abord voir quels sont les pays européens prêts à participer. Et tout le monde, dont la Belgique, est déjà engagé ailleurs. Déployer une mission pareille dans un tel désert logistique, ce n’est pas évident. A Goma, il n’y a même pas de piste d’atterrissage pour les Antonov. On devra transiter par le Burundi et le Rwanda. Reste qu’une telle opération militaire n’a de sens que si elle est suivie d’un accord politique.

Plaidez-vous pour que la Belgique s'engage militairement au sein de cette force européenne ?

Je ne suis pas un expert militaire, et je ne suis pas responsable de l’armée belge. On est en Afghanistan, au Liban, au Kosovo et au Tchad. Mais, de deux choses l’une, si nous sommes convaincus qu’il faut une action militaire européenne et que nous nous faisons l’avocat de cette opération, on ne peut pas dire qu’on ne participera pas ! Ce n’est pas sérieux : je ne peux pas appeler tous mes collègues et leur demander d’aller au Congo, et puis leur dire que nous n’y allons pas parce que c’est une ancienne colonie et qu’on a le rapport de la commission Rwanda, etc. Alors il faut chercher d’autres avocats pour cette action militaire. C’est une décision politique que le gouvernement belge doit prendre.

Quels autres Etats membres européens imaginez-vous prendre part à cette opération aux côtés de la Belgique ?

J’ai contacté plusieurs collègues européens : ils attendent encore pour prendre position officiellement. J’en suis à sonder leur volonté, mais je n’ai pas reçu de réponse négative. Il faut une colonne vertébrale de quelques pays qui prennent le leadership, et d’autres pays européens qui viennent ensuite les rejoindre. Il faudra plusieurs pays pour cette opération car il faudra sortir des casernes, être bien équipé. Il faut des moyens de transport modernes, de la logistique: c’est d’une grosse opération que nous parlons. Mais si l’Europe est sérieuse avec le rôle politique qu’elle veut jouer, c’est ce genre d’action qu’elle doit être capable de mener.

Le Kivu est une des régions où il y a le plus de Casques bleus au monde. Et on constate aujourd'hui leur impuissance...

Oui. Mais je me garde bien de critiquer ceux qui sont surplace. L’Europe s’est risquée deux fois surplace - avec Artemis et avec l’Eufor. Ici, la Monuc doit travailler avec une armée congolaise défaillante : ce n’est pas évident. Cela dit, je ne pense pas que la Monuc puisse lâcher l’aéroport de Goma. C’est crucial.    Par Martin Buxant et Vincent Rocour
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   MFI HEBDO    Paris,  28 octobre

Crise financière : effets collatéraux dramatiques pour les plus pauvres

 

MFI) Si la crise financière mondiale a touché de plein fouet les pays développés et commence à frapper les puissances émergentes, les effets collatéraux risquent d’être dramatiques voire mortels pour les plus pauvres qui restent tributaires de l’aide humanitaire ou de l’aide publique au développement. Plusieurs voix se sont élevées sur la scène internationale pour mettre en garde contre ces conséquences dans un contexte de plus en plus mondialisé donc plus interdépendant
Ainsi, la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation (JMA) à la mi-octobre a été l’occasion de souligner les risques encourus. Selon les derniers chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 75 millions de personnes ont rejoint, en 2007, les rangs des affamés, portant à 923 millions le nombre de sous-alimentés dans le monde.
L’ancien président américain Bill Clinton a appelé la communauté internationale à cesser d’utiliser la crise financière mondiale comme « excuse » pour éluder le problème de la faim qui s’aggrave, ajoutant que l’autosuffisance agricole est la seule réponse à long terme si l’on veut réduire la faim. « La nourriture n’est pas une matière première comme les autres », a affirmé Bill Clinton qui dirige une ONG internationale portant son nom. Alors qu’il y aura toujours un marché mondial pour des cultures comme le riz, le blé ou le maïs, a-t-il ajouté, « il serait insensé de considérer la nourriture comme un téléviseur couleur et penser qu’il est possible de développer beaucoup de ces pays où je travaille sans renforcer leur capacité à se nourrir par leurs propres moyens ». « Les pays nantis, a-t-il précisé, les particuliers riches et les compagnies prospères n’ont pas d’excuse pour éviter de se pencher sur les problèmes des autres, car cela nous évitera une autre crise financière à long terme. »
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a lui aussi invité à cette occasion les pays à collaborer en vue d’élaborer une « approche complète au problème de la sécurité alimentaire ». « Les difficultés actuelles s’intensifieront si nous ne parvenons pas à prendre une action résolue maintenant », a-t-il déclaré.
Comment contrer l’exode des affamés, sinon par le développement agricole ?
Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a pour sa part mis en garde contre les conséquences sociales plus larges qui pourraient résulter de l’absence de solution au problème de la faim. « L’élargissement du fossé entre la richesse fabuleuse et la pauvreté abjecte a poussé un grand nombre de démunis et de désespérés à s’exiler… Confrontés à l’immigration, certains riches se sont barricadés dans leurs forteresses. Mais comment contrer l’exode massif sinon par la croissance économique et notamment le développement agricole vu que 70 % des pauvres vivent en milieu rural? », s’est-il demandé.
Il a préconisé la tenue d’un sommet mondial sur la sécurité alimentaire en 2009, qui devrait permettre de trouver 30 milliards de dollars par an pour développer les infrastructures rurales et stimuler la productivité agricole dans les pays les moins développés. Il a par ailleurs rappelé que 22 milliards de dollars ont été engagés cette année pour promouvoir la sécurité alimentaire mondiale mais que seulement 10 % de ces promesses de contributions, essentiellement destinées à l’aide alimentaire d’urgence, s’étaient jusqu’à présent concrétisées.
Ce point de vue est partagé par les responsables du Programme alimentaire mondial (Pam) qui soulignent que la conjonction de la multiplication des pénuries alimentaires, de l’augmentation des prix de l’énergie et des changements profonds des conditions climatiques a aggravé, cette année, les souffrances des populations pauvres.
La part de l’agriculture dans l’aide publique au développement (APD) a décliné de manière significative entre 1980 et 2006 alors que les institutions financières ont réduit les fonds consacrés à l’agriculture. De plus, avec la fin des opérations exceptionnelles d’allégement de la dette de ces dernières années, l’APD distribuée par l’ensemble des membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE a déjà reculé en termes réels en 2007 par rapport à 2006. L’aide bilatérale destinée à l’Afrique subsaharienne, hors remises de dette, s’est accrue de 10 % en termes réels mais reste encore loin des promesses annoncées en vue de doubler cette aide d’ici 2010.
Les inquiétudes exprimées par les experts de l’OCDE rejoignent celles des Africains. Le président de la Commission de l’Union africaine (UA) Jean Ping, qui s’exprimait au 6e Forum mondial sur le développement durable réuni à Brazzaville, a averti que la crise financière mondiale aurait de graves répercussions sur la circulation et le maintien des capitaux ainsi que le commerce en Afrique et pourrait aboutir à la réduction de l’APD par les partenaires, qui pourraient recourir à des politiques discriminatoires et imprévisibles. Il a rappelé à cet effet que l’UA et la BAd organisent, le 12 novembre prochain à Tunis, une réunion sur cette crise avant le sommet du G20 prévu près de Washington le 15 novembre 2008.
La France montrée du doigt ? Alain Joyandet affirme que les engagements seront tenus
Dans ce contexte, la France a été montrée du doigt par l’organisation humanitaire Oxfam France – Agir ici. Celle-ci, sur la foi de documents officiels, affirme que l’aide au développement française devrait diminuer en 2009. Les coupes prévues sont sévères et concernent pour la plupart le soutien à des programmes sociaux essentiels prévus sur plusieurs années. « Comme le craignait Oxfam France – Agir ici depuis le début des arbitrages budgétaires, en mai (c'est-à-dire avant même la crise financière), la France taille à grands coups de sabre dans son aide ; c’est aujourd’hui l’Afrique sub-saharienne qui en fait les frais. La crise financière ne doit pas servir d’explication ou d’excuse, les hésitations du gouvernement ne datent pas d’hier. Avant d’être un problème de finances, c’est un manque de volonté politique clair de faire de la réalisation des objectifs de développement internationaux une priorité pour la France », affirme Sébastien Fourmy, responsable de l’ONG.
De son côté, Alain Joyandet, secrétaire d’Etat français chargé de la Coopération et de la Francophonie, a tenu à préciser que le montant de l’APD augmentera l’année prochaine sans pour autant démentir les accusations de l’ONG. « Nous ferons tout pour que les pays pauvres ne soient pas la variable d’ajustement du règlement de la crise financière », a-t-il dit, précisant que dans le budget dont les députés vont débattre les crédits de paiement de la Mission APD passent de 3 090 millions en 2008 à 3 166 millions en 2009 et que les grands engagements multilatéraux de la France seront tenus.
Alain Joyandet assure que « les engagements du président Nicolas Sarkozy, pris au Cap en février 2008 et réaffirmés au sommet de la Francophonie à Québec en faveur de l’Afrique, ainsi que l’objectif assigné à l’Agence française de développement d’augmenter son volume d’intervention d’un milliard d’euros en 2009, seront respectés ». Selon lui, la part des financements de l’AFD consacrée à l’Afrique devrait passer de 1,3 milliard à 1,9 milliard d’euros et changer de nature : au lieu de dons systématiques, la France souhaite aider l’Afrique à produire sa propre richesse et les entreprises africaines à se créer ou à se développer, notamment en apportant des garanties au financement du secteur bancaire. Il s’est déclaré ouvert à des discussions avec les ONG.
On précise toutefois de source informée que si le volume d’APD se maintient en 2009 en raison d’allègements de dette de la Côte d’Ivoire, l’autre gros morceau restant la République démocratique du Congo (RDC), il faudra à l’avenir combler un trou de deux milliards d’euros dans un contexte de contrainte budgétaire voire de possible récession.
Les Français favorables au maintien de l’APD
(MFI) Selon les résultats de la 3e édition du baromètre AFD / Ifop publiés en octobre 2008, les Français demeurent attachés à l’aide au développement et souhaitent que l’aide fournie aux pays en développement soit désintéressée. Ainsi, 69 % d’entre eux estiment que l’aide au développement doit se maintenir même si la France rencontre des difficultés budgétaires, soit une progression de 5 points par rapport à 2007. Le sondage révèle également un consensus fort autour du rôle de la France dans ce domaine : 70 % des personnes interrogées pensent que la France joue un rôle majeur dans l’aide au développement.
Néanmoins, l’opinion des Français reste partagée quant à l’efficacité des actions menées. Si la moitié d’entre eux juge globalement les initiatives mises en œuvre par la France efficaces, ils se montrent en revanche plus sévères sur les deux sujets majeurs que sont la lutte contre la pauvreté et le réchauffement climatique. En effet, en la matière, les Français estiment que les actions menées par la France sont peu ou pas du tout efficaces (respectivement 61 % et 57 %). Concernés par l’aide au développement, les Français sont demandeurs d’informations sur l’action de l’Agence française de développement notamment sur ses domaines d’intervention (35 %), le résultat de ses actions (32 %) ou encore les projets qu’elle finance (31 %).
Fait nouveau cette année, la majorité des personnes interrogées se prononce en faveur d’une aide désintéressée. Elle doit, en effet, s’adresser en priorité aux pays qui en ont le plus besoin. Ainsi, l’Afrique doit être le premier destinataire d’actions de lutte contre la pauvreté (81 %) et l’Asie doit bénéficier en priorité des financements pour des projets de lutte contre le réchauffement climatique (56 %).
Pour les Français, l’individu doit être au cœur des actions menées, devant les mesures économiques et environnementales. L’accès à l’eau potable représente ainsi la première action à conduire pour 98 % de la population, suivi des programmes de santé publique (98 %) et de l’aide à l’accès aux médicaments (96 %).    Par Marie Joannidis

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Dakar, 30 octobre

Colloque de Dakar sur l’aide : quel porte-voix pour l’Afrique au G20 ?

 

Les lampions se sont éteints hier au colloque de Dakar sur la rapidité des déboursements et l’efficacité de l’aide avec des notes d’espoir pour le suivi et l’application des décisions des experts. Bien avant la conférence sur le financement du développement prévue en novembre à Doha au Qatar, la question de la marginalisation de l’Afrique au G20 a occupé les esprits.

Après deux jours de travaux qualifiés de « contribution intellectuelle de très grande qualité », les experts de haut niveau ont tiré les conclusions en présence de leur hôte, le Président Wade qui est revenu sur la coresponsabilité pour l’accélération des décaissements et l’efficacité de l’aide. La présentation de la synthèse a été faire par le Professeur Adama Diaw de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, qui a dit la préoccupation des participants sur la nécessité de renforcer les institutions et les capacités de gestion des pays bénéficiaires, d’articuler les objectifs de développement avec les OMD, en ce qui concerne notamment la réduction de la malnutrition et les programmes de santé et d’éducation dans un contexte d’accroissement de la productivité, ainsi que la pleine appropriation des stratégies. Il a fait état des avis partagés entre l’aide budgétaire et l’aide programme. Selon le rapporteur, les experts ont également conscience de la nécessité de simplifier et d’unifier les procédures des bénéficiaires et des bailleurs et de renforcer la transparence pour mieux légitimer la relation d’aide. Auparavant, dans les discussions de la veille, ils avaient fait l’état des lieux quant à la non-concrétisation des engagements, aux délais de décaissement estimés à environ 5 ans en moyenne, selon les bailleurs et les pays et aux progrès non négligeables depuis la Déclaration de Paris. Or, tous sont convaincus que « les PMA ont besoin d’une aide massive, rapidement déboursée, pour réduire les handicaps structurels qui risquent de les maintenir dans un piège à pauvreté ». Après avoir souligné les risques liés à l’accélération des décaissements, notamment d’éventuels gaspillages, de moindre effort pour la mobilisation des ressources internes, voire de perte de compétitivité, ayant dégagé les causes des non déboursements, dont les faibles capacités d’absorption et les conditionnalités, ils ont préconisé d’agir sur l’environnement macro-économique et budgétaire, en termes d’amélioration de la définition des stratégies, d’articulation avec les Srp, de formation des ressources humaines et de réformes budgétaires. Dans le débat d’hier, le professeur Moustapha Kassé a particulièrement insisté sur la représentation africaine à la réunion du G20 qui va se pencher sur la gouvernance mondiale et où le continent ne sera représenté que par l’Afrique du Sud. Se souvenant de la position du Président Mbéki sur les infrastructures qui seraient moins prioritaires chez lui, M. Kassé s’est demandé si la position africaine pourra être valablement défendue par ce seul pays d’Afrique australe.

La directrice générale de l’Apix, Mme Aminata Niane avait auparavant préconisé l’ouverture dans l’aide publique « de compartiments de financement sur la base d’accords préalables directement entre les pays du Sud et les investisseurs privés ». Elle a abondé dans le sens du Pr Kassé sur la question de la représentation africaine, pour marteler qu’il faut rapidement y trouver une solution. Pour Mme Niane il faut une approche régionale, alors que chaque pays est appelé à faire tout ce qui est de son ressort pour capter l’aide et les investissements privés.

La cérémonie de clôture a été marquée par un appel réitéré par le Pr Patrick Guillaumont afin que Dakar ne soit pas une conférence comme les autres. Estimant déjà que le colloque se démarque parce que c’est une initiative africaine, il s’est préoccupé du suivi des recommandations confié à la FERDI qu’il préside, tout en insistant sur la coresponsabilité et sur l’idée d’une conditionnalité de résultats. Le Président Wade a tenu à transmettre à ses hôtes la reconnaissance de toute l’Afrique pour ce travail d’identification des obstacles. Estimant que les conditionnalités sont revenues au-devant du débat, il reconnaît l’importance de l’aide qui permet de résoudre des problèmes qui n’auraient pas trouvé de solution autrement. Pour le président sénégalais qui dit apprécier les progrès de l’APD (près de 10 % du PIB), mêmes si les objectifs ne sont pas atteints, « l’aide multiforme peut être gérée efficacement ». Opposé au départ à l’aide budgétaire, parce que farouche partisan de la transparence, il et a conclu que « la gestion de l’aide a ses servitudes ». Bien que siégeant à l’Internationale libérale, Me Wade estime que l’Etat est toujours intervenu pour réguler et parfois même pour impulser le secteur privé.

Il a souhaité que toute l’attention soit maintenant portée sur le suivi du Colloque de Dakar qui sera un « travail titanesque » confié à la FERDI qui devrait être épaulée par un comité des ministres des Finances et ferait l’objet d’une publication périodique.   Par Fara Sambe

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Ouagadougou, 30 octobre


Trafic de drogue en Afrique de l’Ouest : dure, dure sera la lutte

 

C’est mardi dernier qu’a pris fin à Praia, le sommet organisé par la CEDEAO sur le trafic de la drogue. C’est une première. Ce genre de trafic n’a jamais été une préoccupation de premier plan dans les Etats de la région où les priorités sont légion. Et puis, il en est de la drogue comme de bien des maux : les Africains ont eu tendance d’abord à penser qu’il s’agissait d’un mal purement occidental, jusqu’à ce que le développement du phénomène, sous la pression d’événements divers, oblige les citoyens et les gouvernements à se rendre à l’évidence. Chacun sait aujourd’hui que la drogue est un fléau pour l’Afrique, notamment l’Afrique de l’Ouest. Et que ce fléau gagne du terrain, à la fois du point de vue du trafic, que du point de vue de la consommation. Il y a quelques années, les pays occidentaux, et principalement les Etats-Unis, ont déclaré la guerre au trafic de drogue. Les Américains, plus ou moins en accord avec des gouvernements d’Amérique du Sud, ont même engagé la lutte contre les narcotrafiquants dans leurs pays. Les Etats européens se sont armés pour cette lutte qui est menée contre des hommes et des clans riches et puissants. Il était clair, à partir de ce moment, que les narcotrafiquants, avec leurs moyens colossaux, allaient trouver le moyen de contourner les dispositifs occidentaux, et défendre leurs intérêts qui sont immenses. Et comme cela, hélas, est souvent le cas, c’est vers l’Afrique qu’ils se sont tournés. L’Afrique occidentale, par sa position géographique, était le point de passage indiqué pour atteindre le marché juteux de l’Europe de l’Ouest. Et c’est ainsi qu’en moins de deux ans, cette région est devenue la plaque tournante de cet inquiétant trafic. On peut avoir tendance à penser que les Africains ne doivent pas s’agiter autour de cette question, puisque leur continent est seulement une terre de transit. Ce serait une erreur que de céder à une telle vision. En effet, la drogue ne fait pas que passer. Les narcotrafiquants profitent toujours de l’occasion pour s’ouvrir de nouveaux marchés, même si ceux-ci ne peuvent pas rivaliser avec les marchés européens. Il arrive même que les intermédiaires locaux, soient payés, en partie, en nature. Et cette drogue alimente les marchés nationaux. Or, le développement de la consommation de drogues en tous genres est un phénomène préoccupant. En effet, ce sont des jeunes qui sont frappés dans leur santé et dans leurs capacités à participer au développement de leurs pays. Ce n’est pas pour rien que les Etats occidentaux sonnent la charge. D’autre part, le trafic de drogue concerne de grosses sommes, de puissants intérêts et des moyens qui ne sont évidemment pas légaux. Il a un pouvoir de développement de la corruption. Dans nos pays où les fonctionnaires ont du mal à joindre les deux bouts, les moyens de corruption que les puissances de la drogue peuvent mobiliser font des dégâts considérables. C’est un coup de fouet à la corruption qui, bien entendu, touchera d’autres secteurs de la vie économique, de l’administration et de la politique. Et puis, il s’agit d’un phénomène qui peut concerner la sécurité et la stabilité des Etats. Qui ne sait que les puissants narcotrafiquants ont les moyens, pour protéger leurs intérêts, de déstabiliser tel ou tel Etat africain ? Mais on voit que la lutte sera particulièrement difficile si le trafic de la drogue implique des personnes qui sont bien placées dans l’administration des pays concernés. On peut même dire que ce sont des complicités au plus haut niveau qui fluidifient au maximum ce trafic qui est de plus en plus l’objet de toutes les préoccupations. Comment les modestes agents de l’Etat peuvent-ils combattre efficacement un fléau quand ceux qui le commanditent sont placés si haut ? De la même manière, l’indigence financière et matérielle dans laquelle les agents travaillent, ne permet pas de faire face au trafic de drogue avec des chances sérieuses de lui porter des coups sévères. On n’en est que plus admiratif devant le courage et la détermination de tel ou tel acteur de la lutte contre la drogue qui, malgré les difficultés, parvient à enregistrer des résultats. C’est pourquoi, il faut souhaiter un mouvement plus vaste qui dépasse l’organisation sous-régionale pour impliquer l’ensemble des pays africains. De la même façon, il faut souhaiter que l’Europe, qui est la destination de la drogue, aide les Etats africains à mettre en place des structures adéquates. On a vu que, quand ils ont élaboré des stratégies pour lutter contre l’immigration, les Européens se sont adressés à des Etats africains pour mener des actions coordonnées. C’est seulement à ce prix que les efforts des uns et des autres ne seront pas vains.

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Nouakchott, 29 octobre


La migration clandestine : Pour un meilleur traitement médiatique

 

Pendant presque une semaine, du 15 au 20 octobre 2008, une vingtaine de journalistes de différents pays ont participé, à Rabat, à un atelier de perfectionnement sur le traitement médiatique des questions migratoires. Une activité que l’institut Panos Paris, une institution qui veille, depuis plus de 20 ans, à favoriser le pluralisme des médias en France, en Afrique Centrale, au Maghreb et au Proche-Orient, a organisée, avec l’appui de l’Agence Espagnole pour la Coopération Internationale et le Développement, l’AECID. Sur le plan de l’organisation, l’atelier était scindé en deux parties. Durant les trois premiers jours, les participants, tous intéressés, à divers titres, aux questions migratoires (institutionnels, politiques, associatifs, chercheurs et journalistes), ont discuté sur la base de communications et d’exposés, présentés par des spécialistes du fait migratoire en Afrique subsaharienne. Une thématique allant de l’état des représentations et place de l’immigration dans les médias, à l’analyse des enjeux qui sous-tendent le traitement médiatique des questions migratoires,  en passant par les idées et clichés relatifs à cette question et par les témoignages de migrants et d’associations travaillant sur la question. Les trois autres jours étaient réservés à des visites sur le terrain, en vue d’élaborer des reportages conjoints avec des journalistes marocains, bien au fait, également, de la thématique.

Au cours de la première partie de l’atelier, des sujets aussi variés que «Migrations et droit international», «Pour une gestion concertée des flux migratoires entre la rive sud et les pays de l’Union Européenne» ou «Les enjeux et les réalités migratoires», ont été battus en brèche par des avocats, des professeurs d’universités et des chercheurs. Des débats passionnants suivaient chaque exposé et ont permis aux participants de se rendre à l’évidence de la complexité des faits, d’une part, et de l’insuffisance de son traitement médiatique, d’autre part. Sur le terrain, aussi bien à Rabat, dans le quartier de Taghadoum, qu’à Fès ou à Khouribga, les journalistes, accompagnés d’activistes des organisations de GADEM (Groupe Antiraciste pour la Défense des Migrants) et l’AFVIC (Association des Familles Victimes de l’Immigration Clandestine) sont partis à la rencontre des milliers de migrants, dont certains sont au Maroc depuis des décennies. Chaque migrant a son histoire originale. Tous ont le même objectif : atteindre l’Eldorado, c’est-à-dire,  arriver en Europe, en traversant le «triangle de la mort». Chaque jour apporte à ces aventuriers son lot d’histoires d’amis morts dans le désert ou dans les eaux de la Méditerranée et continuellement traqués par les forces espagnoles, marocaines ou algériennes. Mais, d’habitude, cela ne fait que raffermir leur volonté et leur détermination de ne pas céder aux injonctions et aux menaces des pays de transit et d’accueil. Ainsi, A. EK, subsaharien vivant à Oujda, en est à sa 48ème tentative alors que S. T., seulement à sa 23ème, dit-il. Quelques-uns, sont désillusionnés, comme ce Malien que les tracas – il a fait, plusieurs fois, de la prison – et les privations ont autant dissuadé de l’aventure que du retour au pays. Entre ces deux catégories, il y a ceux, certes peu nombreux, dont la situation exceptionnelle laisse indécis sur l’avenir, hypothétique, encore sous l’attrait de l’aventure initiale malgré l’incertitude présente. C’est le cas de ce Sénégalais de 33 ans, rencontré dans les couloirs des foyers de Taghadoum, cardiaque et toussotant, après un séjour, relativement long, de plus de huit ans.  Aujourd’hui d’actualité, l’immigration devrait davantage interpeller les médias, afin que ses multiples aspects fassent l’objet d’une vulgarisation élargie pour une bonne et juste compréhension de leurs réalités qui s’imposent, de plus en plus, à la communauté internationale. Dans cette optique, des opérations de collecte et de diffusion d’informations sur la question, épineuse, des mouvements migratoires, contribueront, certainement, à un plus vaste traitement médiatique. Le plus souvent, en effet, les journalistes manquent de renseignements fiables en la matière et ont du mal, en conséquence, à en percevoir et transmettre de justes analyses. Par Sneiba El Kory, envoyé spécial à Rabat

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     Genève, 30 octobre


La Suisse s'engage en Afrique pour prévenir les migrations illégales

 

 

DISSUASION. L'Office fédéral des migrations intervient directement dans les pays de provenance des requérants. De nouvelles campagnes vont démarrer, au Mali et en RDC
Face à la hausse des demandes d'asile, l'Office fédéral des migrations (ODM) essaie d'agir toujours plus directement dans les pays de provenance des migrants. Plus particulièrement en Afrique. Il a déjà mené, en 2007, des campagnes au Nigeria et au Cameroun, pour dissuader les candidats au départ de faire la traversée au péril de leur vie. Dévoilés, ces clips ont suscité des critiques en Suisse en raison de la noirceur et de l'exagération avec laquelle la Suisse était dépeinte. Pour vraiment rebuter les migrants.
L'ODM va maintenant lancer de nouveaux projets «africains» de prévention de la migration irrégulière, au Mali et en République démocratique du Congo (RDC) notamment, a appris Le Temps. Au Mali, le projet démarrera en décembre. Les dangers de la migration illégale seront expliqués via une pièce de théâtre et un film. «Il s'agit là d'un projet pilote dans un pays de transit classique», précise Roman Cantieni, porte-parole de l'ODM. Le Mali vient par ailleurs d'inaugurer un «Centre d'information et de gestion des migrations», mais la Suisse n'y participe pas.
Guerre civile meurtrière
Le projet en RDC devrait lui démarrer début 2009. L'ODM prévoit d'inaugurer une «Maison des Congolais de l'étranger et des migrants», où la population sera informée des risques de la migration illégale et des possibilités de migrer en Europe par la voie légale. Le concept a été élaboré avec l'aide de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), souligne Roman Cantieni.
Le cas de la RDC, traversée depuis plusieurs mois par de nouvelles violences, est délicat. «Sur le principe, je salue le fait que le gouvernement suisse apporte sa contribution aux tentatives faites pour prévenir les drames humains qui se déroulent sur les routes de la migration. Mais la meilleure campagne d'information sur les dangers de la «migration illégale» ne peut et ne doit pas poursuivre le but de dissuader les personnes fuyant guerres et persécutions de requérir la protection de la Suisse!» insiste Yann Golay, porte-parole de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR). «Le fait qu'un pays comme la RDC fasse l'objet de telles campagnes de dissuasion paraît assez cynique: la RDC n'en finit pas de traverser une guerre civile extrêmement meurtrière, et une partie de sa population est victime de graves violations des droits humains», ajoute-t-il.
Pour Yann Golay, l'ODM et Eveline Widmer-Schlumpf «paraissent ne plus savoir où donner de la tête» lorsqu'ils initient de telles campagnes de dissuasion et proposent parallèlement de supprimer la possibilité de requérir l'asile auprès d'une représentation diplomatique suisse à l'étranger. «Car il s'agit d'une petite porte d'accès pour demander la protection contre des persécutions sans devoir risquer sa vie pour le faire.» Une manière de dire que ne plus accepter des demandes d'asile dans les ambassades pourrait inciter davantage d'Africains à tenter de rejoindre l'Europe en pirogue, voyage à l'issue souvent fatale.
400000 francs par an
L'ODM intervient par ailleurs aussi dans des pays d'Afrique du Nord qui se trouvent sur les routes de migration. Comme au Maroc, où elle agit avec différents partenaires. Il s'agit là d'améliorer les conditions de vie des migrants «bloqués» (les termes anglais de «stranded migrants» signifient «migrants échoués») et de les aider à rentrer chez eux. Ces personnes ont souvent fait une longue traversée du Sahara et arrivent à bout de forces dans un pays nord-africain où elles se retrouvent bloquées, sans protection juridique et sans être en mesure d'assurer leurs besoins vitaux en nourriture et en logement.
Le projet «Stranded migrants» au Maroc a été lancé en mars 2007 par l'OIM en partenariat avec les autorités marocaines et des associations locales, grâce à un financement suisse. Après un an, il a été prolongé d'une année. La deuxième phase est cofinancée par la Suisse et quatre autres pays européens. «Dans ce projet, l'ODM travaille étroitement avec la Direction du développement et de la coopération (DDC)», précise Roman Cantieni. Et les résultats sont là: de mars 2007 à octobre 2008, 193 migrants ont pu rentrer dans leur pays et bénéficier d'un soutien sur place. A partir de mars 2009, le programme marocain s'étendra à la Libye, où un programme similaire était jusqu'à présent financé par l'UE et l'Italie. L'aide de la Suisse viendra s'ajouter au soutien financier d'autres pays européens et de la Commission européenne.
Et ce n'est pas tout. L'ODM réfléchit actuellement à soutenir d'autres projets africains en 2009, conscient de la nécessité d'agir toujours plus à la source des flux migratoires. Pour 2008-2012, l'office dispose d'un budget de 400000 francs par an pour les projets de prévention contre la migration illégale.
Rien que sur les côtes italiennes, 23600 migrants sont arrivés par la mer entre janvier et septembre. Par Valérie de Graffenried

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     Paris, 30 octobre


France. Le français obligatoire pour les candidats à l'immigration

 

INTÉGRATION. Voulu par Brice Hortefeux, un nouveau décret impose cette condition dès le pays d'origine pour l'obtention d'un visa.
Désormais, les candidats au regroupement familial devront apprendre le français dès le pays d'origine. Le Figaro a pu se procurer le décret qui devrait paraître au Journal officiel en fin de semaine. Parce que « la langue est le meilleur vecteur d'intégration », Brice Hortefeux a souhaité, qu'avant même d'arriver en France, les migrants disposent de rudiments. Pour faciliter le contact, l'entrée dans la vie active, plutôt que le repli sur leur communauté, explique-t-on au ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement.

Toute demande de visa d'immigration familiale donnera lieu à un examen culturel et linguistique, sur place. Des questions simples comme « en France, une femme peut-elle travailler sans l'autorisation de son mari ? » seront posées. Ceux qui maîtrisent les bases seront dispensés de cours. Tout comme les plus âgés (plus de 65 ans) et les plus jeunes (- 16 ans). Ou encore les personnes ayant étudié dans une école francophone ou celles ayant réalisé des études supérieures en France d'un an. Les autres devront, en fonction de leur niveau, suivre jusqu'à deux mois de cours.

Les consulats impliqués

Cette formation sera obligatoire. Pour autant, elle ne fermera pas les portes de l'immigration. L'important ne sera pas le niveau atteint mais l'assiduité au cours. Un absentéisme manifeste pourrait retarder l'obtention du visa. Autrement, les simples cancres ne seront pas sanctionnés et pourront reprendre d'autres cours de français une fois en métropole.

Ce dispositif d'apprentissage précoce du français, dès la terre d'origine, entrera en vigueur à partir du 1 décembre. Il sera conduit par les antennes locales de l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations (Anaem), peu nombreuses à ce jour. On en trouve au Sénégal, au Mali, au Maroc, en Tunisie... Autrement, l'Anaem passera des conventions avec des organismes. Les consulats seront également impliqués. La filière devrait s'organiser progressivement, sous la houlette de l'agence, qui deviendra, d'ici peu, l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Mais la logistique reste complexe. Et les moyens restreints. Ces cours n'existeront ni dans les pays en guerre ni en cas de catastrophe naturelle...

Certains candidats issus des campagnes peineront à suivre cette formation, fait remarquer Gaye Petek, de l'association Elélé, qui s'occupe des Turcs en France. « Pourquoi se lancer dans une formation impossible alors que tous les nouveaux arrivants apprennent maintenant le français une fois en France, dans le cadre du contrat d'intégration ? », regrette-t-elle. « C'est juste une façon de rendre l'immigration plus difficile. » Sans l'empêcher puisque le regroupement familial est garanti par le droit européen. Dans le cadre de la présidence de l'Union européenne, Brice Hortefeux organise d'ailleurs une conférence ministérielle européenne dans quelques jours à Vichy pour réfléchir aux bonnes pratiques en matière d'intégration des primoarrivants. Par Gabizon, Cécilia
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      29 octobre


Une déclaration sur les valeurs québécoises pour les immigrants

 

À quelques jours du déclenchement prévu d'élections générales, Québec a annoncé mercredi sa «stratégie globale pour intégrer les personnes immigrantes».
L'essentiel de cette politique sera une déclaration que devront signer les candidats à l'immigration au Québec, en même temps qu'ils font leur demande d'immigration, et qui certifie qu'ils ont pris connaissance des valeurs communes du Québec.
Ces valeurs communes sont identifiées comme étant l'égalité entre les hommes et les femmes, le français langue officielle et la séparation des pouvoirs politiques et religieux.
Toutefois, cette déclaration signée n'a aucune valeur coercitive. Il ne s'agit pas d'un contrat, a-t-on admis lors d'une séance d'information du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles.
La ministre Yolande James a tout de même vanté sa stratégie, affirmant que le candidat à l'immigration devra tout de même s'engager à respecter ces valeurs.
Et si le candidat signe la déclaration, puis immigre au Québec et ne respecte pas l'égalité homme-femme, par exemple? «Nos valeurs communes, les valeurs qui se trouvent dans cette déclaration, n'existent pas dans le vide, a répondu Mme James. Elles sont des valeurs enchâssées dans nos lois, dans la Charte des droits et libertés. Alors une personne qui voudrait venir au Québec et, par la suite, ne pas respecter les valeurs, et bien on a des lois et des tribunaux pour faire en sorte que ces personnes-là vont les respecter. Il y a des conséquences comme pour tout autre Québécois.»
D'autres mesures touchant la francisation avaient déjà été annoncées ces derniers jours, notamment la francisation en ligne. Le ministère vise 1500 personnes cette année et déjà 1000 personnes ont suivi ce cours, d'avril à septembre.
De toute façon, 60% des nouveaux arrivants ont déjà une connaissance du français, voire 75% des travailleurs immigrants.
Et, comme autre action en réplique au rapport Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, le gouvernement avait déjà inclus la disposition sur l'égalité homme-femme dans le préambule de la charte.
La «stratégie globale» prévoit également une séance d'information sur ces valeurs communes au Québec, mais là encore, la séance est «offerte» aux nouveaux arrivants mais pas obligatoire, a-t-on précisé au ministère.
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Cotonou, 29 octobre


Bénin. 3ème gouvernement de Boni Yayi : l’ouverture à l’épreuve de 2011

 

Alors que la formation du nouveau gouvernement est diversement commentée tant dans son amplitude que dans sa composition, on commence à cerner quelque peu l’état d’esprit qui sous-tend sa formation dans un contexte de bras de fer entre la mouvance présidentielle et les députés qu’on est fondé à appeler aujourd’hui l’opposition non déclarée. Mais pour comprendre et juger de la portée politique de la formation de ce gouvernement, il est important de tenter de cerner le caractère de l’ouverture que fait apparaître ce gouvernement de test pour une ouverture plus large et plus politique.

L'ouverture est définie par l’excellent dictionnaire Wikipédia, comme « le processus volontaire et maîtrisé par lequel un groupe organisé en mouvement, parti ou gouvernement permet à des acteurs minoritaires ou présentant des sensibilités qui lui sont opposées sur le spectre politique d’exprimer leur opinion et de faire avancer leurs idées en son sein et avec son soutien. En certaines circonstances, il peut s’agir d’une tactique visant à diviser l’adversaire ou à récupérer son offre programmatique. En outre, la méthode peut susciter des résistances au sein du groupe originel sommé de s’élargir » Cette définition résume toute la problématique de l’ouverture qui est nécessairement une décision et un acte volontaire et maîtrisé. Donc a priori dans cette logique, l’ouverture peut prendre plusieurs formes, de la plus restreinte à la plus large, suivant les objectifs de celui qui la met en oeuvre. Pour Boni Yayi, elle est en principe destinée à décrisper le climat de fronde qui règne à l’Assemblée nationale mettant la majorité présidentielle désormais en minorité et constituant une menace permanente de blocage des projets du gouvernement qui ont besoin d’instruments légaux pour être appliqués. Sur ce point le gouvernement actuel qui s’est étoffé de 30 membres est-il celui de l’ouverture qu’exigent les formations politiques coalisées dans les G4, G13 et Force clé ? Certainement pas.

L’ouverture test. L’ouverture voulue par ceux-ci se situe à deux niveaux : il y a ceux qui réclament un certain partage du paysage politique ou tout au moins un modus vivendi politique tels que G4 et Force clé et ceux-là qui réclament des réhabilitations économiques ou des positions acquises qu’ils auraient perdues avec le régime du changement, c’est le cas du G13 qui était même dans un contrat d’alliance avec le régime avant même que ses membres estiment que leurs intérêts individuels, politiques et économiques sont menacés par le régime. D’où leur volte-face pendant les débats au parlement sur la composition de la Commission électorale nationale autonome et ses démembrements dont les stigmates sont toujours mesurables à leur volonté de nuisance à l’Assemblée nationale. L’exemple le plus palpable de cette nuisance est le tour de force du G13 par lequel il réussit à focaliser l’attention des partis politiques traditionnels autour d’un front pour contrer les velléités hégémoniques du pouvoir à travers la Fcbe, et à cristalliser les membres des partis formant le G4, le G13 et Force clé autour d’une solidarité frontale contre le régime. Le refus des membres du G13 d'aller au gouvernement est une belle illustration de ce que peut être ce type de quasi pacte. Et qui dit G13 ne doit ignorer que derrière ces « enfants révoltés » qui ont permis après les législatives de 2007 de construire une majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, il y a les grands ténors de la classe politique traditionnelle. Est-ce que ces anciens ont la possibilité de contourner les intérêts des jeunes leaders ? Il semble en tout cas, pour le moment et publiquement, qu’ils soutiennent le G13. Alors, G4, G13 et Force Clé même combat ? Malgré les inconnus de 2011, on peut avancer que pour l’instant ce qui compte pour toutes ces forces, c’est de faire plier l’échine au régime, en le faisant accéder aux points fondamentaux de leurs revendications économiques et politiques ou le décrédibiliser aux yeux de l’opinion nationale et internationale. Si le régime s’entête à les ignorer, les dossiers de développement envoyés au parlement par le gouvernement n’auraient aucune chance de passer. Pour ceux-ci qu’on est en droit, honnêtement, d’appeler désormais l’opposition - remarquable à l’Assemblée nationale - l’ouverture se résumerait en une négociation entre le chef de l’Etat et eux, sur leurs revendications fondamentales. En somme, le fondamental de l’ouverture n’est pas tant les postes ministériels et administratifs à partager, mais une véritable participation au régime, négociée directement avec les instances dirigeantes des formations politiques de l’alliance G13 et Force clé. Pour le moment leur solidarité objective tient et provoque des blocages au parlement ! L’ouverture opérée par le chef de l’Etat se fonde sur des critères qui ont plus pour but de satisfaire les populations et les besoins d’engagement derrière la vision du changement (répartition territoriale des nominations aux postes de ministres et appel à des compétences avérées) que d’accéder aux desiderata du G4, G13 et Force clé. C'est un acte volontaire et maîtrisé de chercher, en guise d’ouverture, les compétences, l’appartenance locale et les disponibilités individuelles susceptibles de l’aider à poursuivre dans la voie de changement sur la base d’un consensus minimum la poursuite des chantiers qui ont pour but d’arracher le Bénin à la fatalité de l’immobilisme.. Autrement dit l’intention derrière ce gouvernement n’est pas d’en faire une équipe politique d’unité nationale où tout le monde espèrerait être servi dans toutes ses revendications ou modifier fondamentalement la voie empruntée jusque-là par le changement.

Rechercher les voies de l’assouplissement. A à peine trois ans de la fin de son mandat Boni Yayi a toutes les raisons de se demander les avantages réels qu’il tirerait d’une alliance qui lui ferait complètement virer de bord ou donner l’impression que l’échec du changement est consommé ; d’autant plus que rien n’est moins sûr quant à la fidélité des soutiens frais qu’il aurait obtenus de la reconstitution d’un régime à large consensus, avec les forces qui le combattent aujourd’hui tout en déclarant être de la mouvance présidentielle, comme si cette mouvance est aussi leur propriété. Les gages de la confiance que lui demandent aujourd’hui ses adversaires au parlement sont lourds et d’une certaine façon humiliants : laisser tomber Mathurin Nago, un fidèle et soutien sûr du chef de l’Etat au parlement, le sacrifier comme une victime expiatoire des fautes du président de la république, accéder à toutes leurs revendications économiques comme politiques. C’est comme si gagnant l'élection présidentielle de 2006 et élu sur une vision de changement, on le forçait à abdiquer sa politique et sa vision et à remettre le pouvoir aux forces qui l’ont détenu toujours et jusque-là. Mais, aujourd’hui, par des erreurs d’appréciation de départ, le régime du changement n’a autre alternative que de rechercher soit ce large consensus, pour juguler la tension politique avant 2011, sans y mettre trop d’espoir comme la clé de la réussite du second mandat, soit de garder la main, de poursuivre et d’assumer toutes les conséquences de son choix d’ouverture maîtrisée et de travailler à achever les chantiers qui sont porteurs de sa vision et de laisser son sort entre les mains de Dieu et du peuple. Cependant, il y a une volonté réelle du régime à travers les recommandations du congrès de refondation de Fcbe à rechercher les voies de l’ouverture la plus grande possible. Le tout réside de part et d’autre dans les intentions politiques pour 2011, mais en attendant, il faut sauver les chantiers du changement. C’est la grande problématique de la recherche des meilleurs arrangements avec la classe politique et au parlement pour terminer le quinquennat dans la sérénité avec des résultats probants. Le régime devra-t-il faire sienne cette philosophie des responsables chinois : «qu’importe la couleur du chat pourvu qu’il attrape la souris» ?  Par Léon Brathier
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Conakry, 29 octobre
   

Guinée. Les législatives de toutes les interrogations

 

Ben Sékou Sylla a annoncé que le premier trimestre de l’année 2009 constitue la période butoir de l’organisation des élections. Cela étant, il a prévenu ” Nous n’avons aucun intérêt de repousser les élections à cette période-là, sinon le peuple va être désabusé, la paix dans le pays sera menacée. ” Nous allons entrer tout juste après cela dans une autre année électorale et dès que les choses se chevaucheront, le peuple va encore perdre confiance. Il ne faut pas que le peuple se décide de nous pointer souvent le doigt. ”.

Il a conclu que la réflexion, la programmation, l’action et la sensibilisation de proximité sont entre autres les faits qui pourront nous conduire vers des élections apaisées. Soit !
Dans tous les cas, au nombre des recommandations proposées au terme des travaux, le représentant du Matap a souligné l’harmonisation des vues des institutions organisatrices, le renforcement de la cellule de concertation Ceni-Matap pour la rendre plus opérationnelle, la promotion de la rétro information. Il s’est fort d’insister sur l’ouverture du plateau de la RTG , des radios rurales et communautaires aux partis politiques, pour la sensibilisation de leurs militants.

Mais aussi de la redynamisation de la série de rencontres périodiques des institutions organisatrices des élections législatives, les partis politiques et la Primature , ” pour renforcer le dialogue et assurer le suivi évaluation du processus électoral etc. ”.
Ben Sékou Sylla n’aura fait que confirmer les doutes et appréhensions en l’air. Mais il a pris soin d’omettre le fait que la décision a été prise sans avoir consulté les partis politiques qui sont l’autre élément du théâtre d’opération avec lequel se joue le drame de ces élections
Ainsi réduite à faire les prophètes de l’après coup, la classe politique a encore étalé au grand jour ses divisions. Quand d’aucuns disent comprendre la décision, d’autres assurent ne pas y être opposés alors que certains ont exprimé leur opposition.
Cette entrée en matière va faire certainement faire tourbillonner les esprits et quant à la campagne à venir, elle risque d’être chaotique.

Il est aujourd’hui patent de se demander si aux yeux des militants, les partis politiques demeurent des panneaux indicateurs assez surs pour être fiables pour être crédibles. Majorité et opposition confondues, les partis politiques ont assisté en spectateurs à la montée en puissance du corps syndical et de la société civile qui ont conquis le leadership à un moment donné. Mais la première qui soutient les actions du gouvernement a visiblement laissé plus de plumes car elle en est sortie fortement ébranlée par les secousses de janvier et de février 2007.
Et ce n’est pas pour rien qu’elle est aujourd’hui accusée à tort ou à raison d’avoir influencé le gouvernement pour que celui-ci diffère les élections. Du reste, l’opposition y perçoit un stratagème visant à aménager le champ pour permettre au PUP de se relancer. Rétrospectivement, le gouvernement de consensus avait ouvert la voie à une certaine détente en ce sens que le Premier ministre et son ministre de l’Administration territoriale avaient institutionnalisé les rencontres périodiques avec le personnel des partis politiques sans exclusive. C’est dans ce contexte que la CENI a vu le jour et dont les membres ont été désignés sur une base consensuelle.

En tous les cas, ce fut un signal qui a eu l’effet de rassurer les acteurs politiques et les partenaires internationaux. Une lueur d’espoir pointait alors sur la tenue des élections législatives tant attendues. A tous égards, ce qui se dessine devrait s’inscrire dans le bouleversement que le pays vient de connaître.
Nombre d’analystes éprouvent déjà un certain doute sur le contexte dans lequel se livrera la bataille pour le Parlement. Et des personnalités politiques joignent leurs voix pour partager leurs inquiétudes. Que dire des partenaires au développement qui n’ont de cesse de réaffirmer leur attachement à la bonne tenue de ces élections ? Ils vont certainement continuer d’observer la scène et prendre note.

Pour sa part, après avoir pris langue avec les syndicats, la société civile et certains partis politiques, Dr Ahmed Tidiane Souaré avait réussi à décrisper la situation sur le front social. Mais, c’est loin d’être le cas sur le terrain politique, car le Premier ministre tarde à émettre le signal pour rassurer l’opinion sur les perspectives immédiates. Et c’est là où il est désormais attendu et par ses actes, Dr Souaré pourrait soit aggraver les risques d’incertitude politique qui plane déjà ou faire avorter la crise qui commence à perler. Qui a dit que ce n’est pas tant le calendrier des élections qui importe tant, mais plutôt leur bonne organisation ?   Par Hassane Billy Condé
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La Réunion, 30 octobre


Maurice. “Le français progresse quand le créole progresse”

 

Parmi les invités du colloque organisé hier à la Région, le Mauricien Arnaud Carpooran a présenté son dictionnaire unilingue créole. Pour lui, défendre le créole est parfaitement compatible avec la défense du français.

Environ 80 personnes ont participé hier au colloque organisé à la Région sur le thème “La patiente marche des langues créoles”. Dans le cadre de la Semaine créole, plusieurs intervenants ont fait le point sur les créoles de France et d’ailleurs. Arnaud Carpooran, professeur à l’université de Maurice, vient de terminer le premier dictionnaire unilingue de créole mauricien.

Quelle est la particularité de votre dictionnaire ?

Il offre en créole mauricien des définitions et des exemples pour chaque entrée. Cela présuppose l’existence d’un métalangage, des mots qui permettent de décrire d’autres mots, comme “adjectif”, par exemple. Il a fallu trouver les équivalents en créole. C’était un défi. Par exemple, quand je demandais à un Mauricien de définir une porte, il répondait “quelque chose qui s’ouvre et se ferme”. Mais la bouche aussi, ça s’ouvre et se ferme ! Tous les mots, même les plus banals, devaient être définis. Or, en créole, nous n’avons ni Robert, ni Larousse, ni Oxford pour y voir la technique de définition. Nous avons dû la chercher au fond de nous-mêmes, fabriquer des outils. Car dans la langue orale, c’est le corps et l’intonation qui remplacent la définition écrite.

L’île Maurice est indépendante depuis 40 ans. Il est étonnant de voir qu’on a si peu travaillé sur le créole...

C’est dû à une politique de classes sociales, ethno-politique. Chacun a une langue qui est un peu son totem. Et pendant longtemps, le créole n’a été le totem de personne. Ces dernières années, les descendants des esclaves ont revendiqué le créole comme la langue de leurs ancêtres. A Maurice, on est dans une ambivalence. D’un côté, le combat ethno-politique permet à la cause créole d’avancer. D’un autre côté, il l’affaiblit car c’est déjà la langue de tout le monde. La cause créole est venue s’adapter à cette problématique ethno-politique. C’est une situation unique dans le monde entier : on ne peut pas retrouver ce problème à La Réunion.

Comment pouvez-vous défendre à la fois la francophonie (*) et la langue créole ?

La francophonie, c’est la célébration du plurilinguisme, dans des espaces où le français coexiste avec d’autres langues. Un affaiblissement du français ? Non. A l’île Maurice, ce sont les départements de français qui organisent les événements sur le créole. Le français n’est pas en opposition avec le créole. Au contraire, le français progresse quand le créole progresse.
Propos recueillis par Véronique Hummel

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Nouakchott, 29 octobre


Mauritanie. Après l’échec de la réunion de Paris avec l’Union européenne: quelles perspectives?

 

Les consultations entre la Mauritanie et l’Union Européenne (UE), assises sur la base de l’article 96 des accords de Cotonou, ont été entamées le lundi 20 octobre dernier. Les nouvelles autorités de Nouakchott devaient donner un aperçu de la situation politique actuelle, en guise d’entrée, et présenter une feuille de route pour un retour à l’ordre constitutionnel, en guise de plat de résistance.

Le coup de force du 6 août 2008, par lequel le HCE, junte dirigée par le   général Mohamed Ould Abdel Aziz, a renversé le président de la République, élu le 25 mars 2007, «est une violation des éléments essentiels» des accords de Cotonou, liés aux droits de l’Homme, aux principes démocratiques, à l’Etat de droit, a estimé la partie européenne. C’est cette anomalie qui a nécessité l’ouverture de consultations. Nous sommes, ici, au cœur de la notion de «conditionnalité» de l’aide au développement, un concept très à la mode, depuis la vague de démocratisation, sous forme de marche forcée, engagée avec les années 90. Vaste programme qui, au-delà du cas de la Mauritanie,  renvoie, non seulement à des élections démocratiques et pluralistes, organisées en toute transparence, pour l’implantation vigoureuse d’un système démocratique bien enraciné ; mais, surtout, à l’Etat de droit, de manière générale :

 l’aide au développement est, désormais, prioritairement accordée aux Etats ACP en contrepartie «de l’arrêt des arrestations arbitraires, la disparition de la torture dans certains pays, l’indépendance de la justice et l’efficacité de son contrôle sur la police», selon l’eurodéputé et ancien premier Ministre français, Michel Rocard, en réponse à une question relative à ce que devrait être  l’avenir de la coopération UE-ACP, parue dans le journal «The Courier».    

Bouée de sauvetage. L’examen de Paris est passablement raté. Un résultat, nul disent les uns, mitigé nuancent les autres, qui contraint  à une session de rattrapage, dans un délai de trente jours. Dans l’intervalle, une délégation mandatée par les 27 pays de l’UE se rendra en Mauritanie, pour entendre toutes les parties impliquées dans la crise politique et institutionnelle qui hante le sommeil de nos hommes politiques et de nos hauts gradés, diversement impliqués, pour ne pas dire, entremêlés, dans la gestion des affaires publiques depuis de longs mois.
Au sortir de la réunion de Paris, les nouvelles autorités mauritaniennes et les responsables européens ont fourni deux lectures diamétralement opposées des résultats. Du côté de l’Europe, les responsables qui se sont exprimés pour commenter les «conclusions» –  l’emploi d’un tel terme pour des consultations pouvant encore durer plusieurs semaines peut sembler prématuré –  de la journée de Paris, n’ont pas de pris de gant. Ils ont tous soutenu, en dépit de petites variations à mettre au compte des subtilités du langage  diplomatique, que la Mauritanie  n’a rien présenté par rapport à leur préoccupation, capitale, d’un agenda pour le retour à l’ordre constitutionnel.
La forte délégation gouvernementale, conduite par le premier Ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, par ailleurs président de la commission interministérielle chargée des états généraux de la démocratie, a tenté, commentait-on côté mauritanien, d’expliquer les raisons qui ont conduit au «mouvement de rectification» du 6 août 2008. Un changement pour la qualification duquel le nouveau pouvoir récuse le terme de «coup d’Etat».
Evidemment, faire avaler pareille thèse à nos partenaires européens relevait d’un challenge impossible. Raison pour laquelle la présentation, à Paris,  d’un exposé cohérent sur les dispositions prises et les balises permettant un retour à l’ordre constitutionnel, sur la base d’un agenda raisonnable, objet d’un consensus de toutes les forces politiques, de la société civile et des mauritaniens de manière générale,  aurait eu, probablement un effet plus bénéfique.
Recalée pour le premier round  d’un marathon pouvant aller jusqu’à soixante jours, selon les termes même de l’accord de Cotonou, Nouakchott garde encore une très forte conviction quant à l’heureuse issue de la crise, espérant mettre ainsi ses relations, avec l’UE et avec toute la communauté internationale, à l’abri de la tempête annoncée. Telle est la signification du discours du premier ministre au salon d’honneur de l’aéroport. En rentrant de la capitale française, le chef du gouvernement a particulièrement insisté sur le soutien des ACP qui vont accompagner la Mauritanie dans les consultations engagées le 20 octobre dernier. Ces négociations, certes difficiles et serrées, avec notre premier partenaire économique, ont, cependant, obligation de résultats positifs à la clef. Il faut également remarquer qu’après la journée du lundi 20 octobre,  la délégation gouvernementale est restée plusieurs  jours dans la capitale française et à Bruxelles. Pour des négociations en coulisses?     
Cependant, baliser un tel chemin ne semble possible qu’après la tenue des journées nationales de concertations – les fameux «états généraux de la démocratie». A la condition, naturellement, que le front opposé au putsch accepte d’y prendre part, pour donner un maximum de signification politique et de crédit à des assises promises, en ce cas de figure, à de fortes  houles, mais permettant, enfin, aux uns et autres de laver le linge sale  de la «démocratie» mauritanienne en famille. Car ils paraissent bien souillés, nos beaux draps, attirant les regards de l’Union Africaine, des  USA qui n’arrêtent pas de ruminer leur colère, de l’ONU, de l’Europe, du monde entier….
C’est dire que pour un retour à la normale des rapports de la Mauritanie avec ses partenaires, l’organisation, dans les plus brefs délais, d’une consultation nationale avec de réels résultats consensuels,  apparaît, de plus en plus, comme l’unique bouée de sauvetage pour une démocratie qui  marche à reculons et se retrouve aujourd’hui sous la menace d’une mortelle asphyxie.
Quel avenir pour Sidioca ? Dans la perspective du dénouement de la crise, quel peut être le sort de  Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, élu président de la République, le 25 mars 2007, avec plus de 52%  des suffrages, au terme d’un scrutin jugé généralement  «transparent», à l’intérieur des frontières et par la communauté internationale?
On en est, apparemment, toujours aux positions «inconciliables» des partisans du HCE et ceux du FNDD. Cette même ligne de fracture apparaît, également, au sein de la société civile avec les divergences entre le Comité  National des Droits de l’Homme (CNDH) et la branche mauritanienne de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) d’un côté, et le Forum National des Organisations de Défense des droits de l’Homme (FONADH),  de l’autre.  Le CNDH et la RADDHO réclament la libération du président renversé, sa participation aux négociations pour une recherche de solution de sortie de crise. Cependant, ces deux organisations n’exigent pas le rétablissement de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi dans ses prérogatives constitutionnelles.
Quant au FONADH, collectif d’une vingtaine d’ONGs, il reste attaché au retour à un ordre constitutionnel intégral : situation antérieure au 6 août 2008 et poursuite du mandat du président Sidi jusqu’à son terme constitutionnel. Ce qui n’exclut, évidemment, pas son éventuelle démission volontaire… La divergence de fond entre les deux points de vue est à l’origine du retrait du FONADH de la rencontre, organisée par le HCE, entre le président renversé et une dizaine de militants des droits de l’Homme, le dimanche 19 octobre dernier.
Ces ruptures au niveau de la classe politique et de la société civile montrent l’énormité des défis que les mauritaniens ont à relever. Le premier étant la participation de tous aux journées nationales de concertation. Le deuxième concernerait alors une décision de consensus sur l’avenir de Sidi et des généraux. Quoique, pour le moment, ce soient ces derniers, et eux seuls, qui détiennent la clef de leur propre futur et de celui de Sidi. A condition, cependant, de prendre la bonne décision, de ne pas se laisser emballer par les envolées des éternels laudateurs. Ces meilleurs ennemis du roi. Ces courtisans qui font croire au général Aziz qu’il est le roi-soleil de notre village Mauritanie, mais qui ont tenu le même langage pour Daddah, Haidalla, Taya, Ely et Sidi…..et qui n’hésiteront à retourner leur boubou, en cas de coup dur… Par Amadou Seck

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 Dakar, 30 octobre


Sénégal. Elus locaux à l’école de la bonne gouvernance : pour une culture de l’évaluation permanente

 

Réaliser les objectifs de développement requiert une évaluation permanente des investissements publics. C’est le but de l’atelier qui consacre l’ouverture de la première édition des journées sénégalaises de l’évaluation où des élus sénégalais y seront initiés par des experts de grandes institutions internationales.
La pratique évaluative doit être une donnée quotidienne dans les politiques publiques sénégalaises. C’est la conviction du Délégué à la réforme de l’Etat et à l’assistance technique (Dreat), Abdoulaye Racine Kane. A cet effet, il est organisé un atelier de «formation des décideurs», à l’occasion de la première édition des journées sénégalaises de l’évaluation dont le thème est centré sur : «Culture et pratique de l’évaluation des politiques publiques : enjeux et défis pour le Sénégal.»

A l’issue de cet atelier de deux jours qui réunit des sénateurs, des députés, des chefs de cabinets, des secrétaires généraux d’institutions et des élus locaux, le Dreat espère un système d’évaluation plus efficace et mieux adapté à ses besoins, permettant une allocation optimale des ressources. Aussi, les participants devront-ils asseoir une nouvelle démarche évaluative dans toutes les étapes d’exécution de projets publics, tout en déterminant le profil de l’évaluateur et même la méta évaluation (évaluation de l’évaluation).

En effet, avec l’appui du Système des Nations-Unies, de l’Unicef, du Fnuap, de la Coopération française et de la Francophonie, la délégation à la Réforme de l’Etat et à l’assistance technique entend inculquer la valeur évaluative chez les élaborateurs et exécuteurs des politiques de développement, à l’image du Document stratégique de réduction de la pauvreté (Dsrp), le cadre actuel de référence et d’orientation des investissements publics. La routine consistait, selon Abdoulaye Racine Kane, à user des modes classiques d’appréciation de l’action publique au moment des bilans des projets, des contrôles traditionnels ou de l’inspection.

La Délégation de la réforme de l’Etat et de l’assistance technique existe depuis le 28 février 2008. Dans ses principales missions, figure la formation en évaluation permanente des acteurs influents dans le processus décisionnel.   Par Birame Faye

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 Dakar, 30 octobre


Sénégal. La chasse aux pro-Macky fait une nouvelle victime : le bâton de Wade s'abat sur Mbaye Ndiaye

 

La décision est rendue publique hier à 20 h 30, en plein journal télévisé de la télévision publique. Le maire des Parcelles Assainies, M. Mbaye Ndiaye, a été démis de ses fonctions par un décret pris hier par le président de la République, Me Abdoulaye Wade. Le texte qui a été lu par notre consœur Seynabou Diop, souligne plusieurs griefs retenus contre l’édile des Parcelles Assainies et qui ont pour noms, entre autres, faute de gestion.
Par ailleurs, il est indiqué que le ministre de l’Intérieur et son collègue de la Décentralisation et des collectivités locales sont chargés de l’exécution dudit décret. Il faut le signaler, depuis le lancement du plan de liquidation politique en cours de l’actuel président de l’Assemblée nationale, le député-maire Mbaye Ndiaye s’est toujours illustré par ses prises de positions, défendant bec et oncles M. Macky Sall dans sa descente aux enfers. Qu’il s’agit du vote de la loi Sada Ndiaye en procédure d’urgence ou de la plénière, le proche de Macky Sall avait opposé son droit de veto tout en dénonçant le caractère « personnel » de cette loi. Lorsque qu’il s’était agi du débat sur la préséance entre le Sénat et l’Assemblée nationale, Mbaye Ndiaye avait ramé à contre-courant de la mouvance présidentielle à laquelle il appartient.
La preuve, d’ailleurs, lors de la première convocation du Congrès du Parlement pour l’adoption du règlement intérieur, le maire des Parcelles Assainies n’avait pas voté le texte. Aussi Mbaye Ndiaye faisait une sortie fracassante, en soutenant qu’il ne se reconnaît plus Wade quand le président de la République avait promulgué la proposition de loi Sada Ndiaye modifiant l’article 62 de la Constitution, relatif à la durée du mandat des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Au regard de toutes ses prises de positions contre la volonté du Groupe parlementaire « Libéral et démocratique », nous sommes tentés de dire que le désormais l'ex-maire des Parcelles Assainies a payé une faute politique. Ainsi, le président Wade, par ailleurs secrétaire général du Parti démocratique, en révoquant Mbaye Ndiaye de ses fonctions de maire, montre que c’est la chasse aux proches de Macky qui commence. D’ailleurs, M. Ndiaye risque gros pour son avenir au sein du Pds si toutefois que la direction du parti de Me Wade suit les recommandations de Moussa Sy et sa bande qui demande sa traduction devant la commission de discipline.  Par Boubacar Demba Sadio
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  Port-Louis,  30 octobre  


 

 

Le FMI au chevet des Seychelles

 

La crise financière est venue rajouter aux soucis de l’archipel. Ce pays se retrouve dans une situation où il doit faire appel au Fonds monétaire international pour essayer de contenir la récession qui le frappe.
Le gouverneur de la Banque centrale des Seychelles vient de soumettre sa démission au président James Michel qui l’a acceptée tout de suite. Dans sa lettre de démission, Francis Chang Leng évoque des ennuis de santé. Mais, aux Seychelles ou ailleurs, tout le monde sait que son départ est lié à la terrible récession qui frappe l’archipel.
Tout en procédant à de profondes réformes économiques, avec l’aide hier repoussée mais aujourd’hui nécessaire, du Fonds monétaire international (FMI), les Seychelles activent d’autre part les démarches pour finalement intégrer l’Organisation mondiale du commerce (OMC). C’est ce qu’annoncé ce mardi le Directeur général du Commerce au ministère seychellois des Finances, Charles Morin.
Pour lui, son pays a beaucoup à gagner dans une adhésion à l’OMC qui devrait rendre les milieux d’affaires plus confiants dans la réglementation du commerce et dans le système de taxation qui sont revus de fond en comble aux Seychelles. Mais Charles Morin est conscient que les négociations pour intégrer l’OMC pourraient «être longues et difficiles ».
«Les réformes économiques courageuses qu’envisagent ainsi de mettre en œuvre les Seychelles, lui permettront de retrouver à terme le chemin de la croissance et de mieux faire face à la crise financière mondiale actuelle », fait par ailleurs ressortir le site officiel du président de l’archipel. Qui ajoute que le pays reçoit désormais une aide de l’OMC dans la formation du personnel de la Division commerce du ministère des Finances pour retrouver les grands équilibres macroéconomiques.
Considérés jusqu’à récemment comme l’un des pays les plus prospères de l’Afrique subsaharienne, les Seychelles ont accumulé, durant la dernière décennie, des dettes de plus de US$ 800 millions, soit 175 % du Produit intérieur brut – parmi les plus alarmants au monde ! D’où l’urgence de recevoir des «soins intensifs» du FMI.
«Après une longue période de socialisme, l’archipel des Seychelles se voit contraint, pour
réaménager sa dette extérieure, de normaliser ses relations avec le système financier international.»

«La crise, qui avait commencé sous la présidence d’Albert René, est le résultat des dépenses gouvernementales excessives, largement au-dessus de nos moyens. Elle est aussi le fruit d’un investissement quasi-centré sur le tourisme, une industrie qui a ses hauts et ses bas, comme vous le savez. Mais plus récemment la crise financière qui s’abat sur nous aujourd’hui a été amplifiée par la hausse des prix des carburants et des produits alimentaires sur le marché mondial. Et du coup, les réserves en devises, traditionnellement très minces, ont vite fondu comme neige au soleil», résume un fonctionnaire du ministère des Finances des Seychelles. Selon lui, tous ces facteurs ont rendu impossible le remboursement des lourdes dettes de l’archipel.
Du 5 au 19 septembre dernier, une délégation du FMI, menée par Paul Mathieu, s’est précipitée au chevet des Seychelles pour passer à la loupe ses finances. A la suite d’une série de rencontres au plus haut niveau pour tenter de trouver une issue à la crise, la délégation a vite recommandé une «comprehensive reform of economic policies to address macroeconomic imbalances and put the economy on a sustainable growth path».
Selon un communiqué du FMI, le naufrage économique des Seychelles est dû à “a long period of expansionary macroeconomic policies, together with the maintenance of an exchange rate peg and pervasive exchange restrictions”. Les experts du FMI ont constaté par ailleurs que la double crise alimentaire-pétrolière a rapidement épuisé les réserves de la Banque centrale. “The discussions focused on the main causes of the current economic difficulties and the government’s reform strategy. The mission shares the authorities' view that fiscal and monetary policies need to be tightened and that exchange controls need to be lifted. We support the authorities' intentions to put in place well targeted safeguards to protect the most vulnerable segments of the population.”
À la suite de cet examen, le gouvernement seychellois, acculé, a pris une série de mesures fiscales et monétaires pour tenter de rester à flot. Les discussions sur la marche à suivre vont reprendre à Washington sous peu. Les consultations avec le FMI doivent permettre aux Seychelles de faire une requête formelle de “stand-by arrangement” qui sera soumis au Conseil Exécutif du FMI au mois de novembre 2008.
Après une longue période de socialisme, l’archipel des Seychelles se voit contraint, pour réaménager sa dette extérieure, de normaliser ses relations avec le système financier international. Ce changement de politique est accueilli avec une satisfaction non feinte par la communauté européenne qui craignait que ses rivaux asiatiques ne profitent des signes de détresse de l’archipel pour augmenter leur emprise sur la région. La suite des événements tant sur le plan économique que géopolitique s’avère intéressante à suivre… Par Nad Sivaramen

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Beyrouth, 30 octobre

 

Liban. Ce verbe qui fait peur

 

 

La réunion tant attendue entre Saad Hariri et Hassan Nasrallah, dans la nuit de dimanche dernier, a été immédiatement suivie de déclarations émanant de responsables des deux parties affirmant que cette entrevue ne constituait en aucune façon les prémices d’une nouvelle alliance électorale. Et de souligner que les positions de part et d’autre demeuraient inchangées, les prochaines élections législatives devant permettre aux électeurs de trancher et de faire leur choix. Du moins en principe…
Tous les analystes et milieux politiques s’accordent à penser que peut-être pour la première fois dans l’histoire contemporaine du pays, le scrutin du printemps 2009 opposera deux projets politiques bien distincts et aux antipodes l’un de l’autre. Le premier, conduit par le Hezbollah, prône, d’une part, comme l’indiquent ouvertement les dirigeants du parti chiite, la mise sur pied d’une société guerrière engagée, en sus du combat contre Israël, dans un conflit ouvert de civilisation avec le monde occidental (sous couvert de lutte contre les États-Unis), et d’autre part un alignement sur l’Iran dans son bras de fer avec ce même monde occidental. Le second projet politique, celui de la large coalition nationale du 14 Mars, a pour leitmotive l’ouverture sur le monde, l’édification d’un État rassembleur, fondé sur l’équilibre politico-communautaire défini à Taëf, respectueux du pluralisme libanais et des libertés publiques et individuelles, accordant la priorité, après quatre décennies de conflits internes, au bien-être de la population, à l’essor socio-économique et au développement équilibré, loin de la politique des axes régionaux qui fait saigner le pays du Cèdre depuis la fin des années 60.
Sur le plan du principe, les électeurs sont appelés à départager les deux camps, à faire leur choix entre ces deux grandes options nationales. Sauf que ceux qui ont du mal (beaucoup de mal) à justifier leur positionnement contre nature cherchent à mettre en avant l’arbre qui cache la forêt. Ils tentent, dans une évidente opération de diversion, d’entraîner les électeurs sur le terrain, plus commode pour eux, des querelles de clocher, des petites considérations politiciennes, des slogans démagogiques, des enjeux sans doute importants dans une situation normale, mais dans une large mesure dérisoires lorsque le devenir d’un peuple et l’identité d’un pays sont véritablement en cause.
Dans un tel contexte, les journalistes ont un rôle capital à assumer. En leur qualité d’observateurs et d’analystes avertis, ils se doivent d’exposer et d’expliquer de façon perspicace les enjeux réels, de fournir aux lecteurs – et donc aux électeurs – les éclaircissements nécessaires, les éléments d’information adéquats, afin qu’ils puissent faire preuve de discernement dans leur jugement et leur choix. L’on a vu ainsi ces derniers jours les grands quotidiens américains se prononcer sans ambages pour l’un ou l’autre des deux candidats à la présidence américaine en étayant leur position d’une argumentation fondée sur leur perception de la conjoncture aux États-Unis et dans le monde. Le même cas de figure se présente en France à chaque élection présidentielle, notamment pour un journal aussi indépendant que Le Monde.
Au Liban, le problème auquel est souvent confronté le citoyen est que lorsqu’un leader ou une faction ne parvient pas à défendre ses options, la parade consiste alors tout simplement à diaboliser, à discréditer, les médias et les organes de presse qui gênent. Le verbe fait souvent peur… Les chantres du populisme primitif s’élèvent ainsi contre ce qu’ils ont qualifié d’« intoxication médiatique » (sic !), dénonçant par la même occasion « l’anarchie de l’opinion et de l’analyse » (re-sic …). Une façon commode d’empêcher leur clientèle politique de s’ouvrir sur l’autre, étouffant dans l’œuf tout éclairage susceptible d’ébranler leur vérité. À défaut de parti unique, la pensée unique fait alors bien l’affaire.
La vérité – du reste, par essence, relative – c’est au citoyen de pouvoir se la forger lui-même, librement, à partir de l’information, de l’analyse, mises à sa disposition, entre autres, par les médias. Elle ne saurait lui être parachutée, être façonnée sur mesure. Recherche de la vérité, liberté et citoyenneté sont indissociables. Et elles ne peuvent s’accommoder d’une réflexion figée, télécommandée, monolithique. Par Michel Touma

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Phnom Penh, 29 octobre

Cambodge. De nouvelles élections à l'horizon 2009 

 

Une nouveauté dans le paysage électoral cambodgien, la mise en place des élections des conseils locaux, censées renforcer la vie démocratique du pays a été annoncée par le chef du gouvernement.

Le dimanche 17 mai 2009 seront organisées par la première fois des élections au niveau des conseils municipaux, provinciaux, des districts, municipalités et arrondissements de l'ensemble du pays. Selon un communiqué du Comité national électoral (CNE), cette réforme a été officiellement déclarée par le premier ministre Hun Sen le 27 octobre. D'après Tep Nitha, secrétaire général du CNE, ces nouvelles élections constituent une étape importante pour le renforcement de la démocratie au Cambodge.

L'article 4 de la loi sur les élections des conseils municipaux, provinciaux, de municipalités, districts et arrondissements mentionne des élections non universelles au suffrage indirect et secret. Le corps électoral sera composé des conseillers municipaux (chefs de communes, premiers et deuxièmes adjoints, et membres des conseils) déjà en fonction, dont les derniers ont été élu par suffrage universel direct, le 1er avril 2007. Leur appartenance politique est la suivante : 7 993 au Parti du peuple cambodgien, 2 660 au Parti Sam Rainsy, 425 au Parti Norodom Ranariddh, 274 au Funcinpec et 1 au Parti Hang Dara du mouvement de la démocratie.

Le royaume est subdivisé en 24 provinces et municipalités, 185 districts et arrondissements et

1 621 communes et quartiers. Par Ung Chamroeun  

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Hanoi, 29 octobre


Vietnam. Hô Chi Minh-Ville : une adresse remarquable pour apprendre le français 

 

Le Vietnam compte 230 entreprises françaises et emploient plus de 24 000 salariés, la plupart concentrée à Hô Chi Minh-Ville. Cependant, le nombre des centres d'enseignement de la langue française pour le besoin des ces sociétés est encore très faible. L'IELF est l'un d'eux.
Fondé en 2004, l'Institut d'enseignement de la Langue Française - l'I.E.L.F.(www.ielf.com.vn ) est de plus en plus connu comme un centre de formation efficace dans l'enseignement de la langue française tant dans le milieu professionnel qu'étudiant. Les professeurs de l'IELF sont des enseignants qualifiés, formés à l'enseignement du français aux étrangers. À l'IELF, la méthode nouvellement choisie est TAXI : c'est une méthode moderne de français pour adultes qui propose une maîtrise grammaticale, des activités intenses de communication, de prononciation…
Les apprenants du centre sont très variés : les élèves du CP à la terminale, les élèves des classes bilingues… En effet, l'institut a aussi des cours de français spécialisés par domaine (médical, tourisme, affaires…) et assure la formation linguistique en français des adultes souhaitant améliorer leur français pour suivre un cursus universitaire ou un stage professionnel en France.
À la fin de leur enseignement, les apprenants obtiennent le Certificat d'Aptitude à la Pratique de la Langue Française (CAPLF). Depuis l'ouverture en 2004, environ 300 apprenants de tous niveaux ont transité par l'institut. Parmi eux, le taux de réussite des classes préparatoires au DELF est de 85%.
Melle Huynh Thi Ngoc Mai, ancien élève, a déclaré : "L'apprentissage à l'institut est très utile pour mon travail". La dernière, infirmière diplômée, est passée par l'IELF pour préparer son départ en France.
Depuis l'année 2006, l'IELF a mis en place un partenariat pédagogique avec les services de l'éducation de Hô Chi Minh-Ville. Cet institut donne également des cours de français aux professeurs des écoles bilingues en formation continue.
Les objectifs de l'institut, selon M. Rodien, sont les suivants : "Développer et soutenir la francophonie en collaboration avec les services de l'éducation de Hô Chi Minh-Ville ainsi que les échanges culturels et amicaux franco-vietnamiens". Outre la fondation de cet institut, monsieur Rodien a d'autres activités sociales en parallèle, comme la création d'associations humanitaires et la direction d'un orphelinat. L'orphelinat Hoa Mai, fondé en 1993, situé à Long Thanh, dans la province de Dông Nai, assure le logement, la nourriture et l'éducation d'une cinquantaine d'enfants, en grande précarité ou orphelin. Par Trung Khánh
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     Montréal, 30 octobre   


Canada. Verner aux Affaires intergouvernementales
 

 

Tuteur de Montréal, Cannon est muté aux Affaires étrangères; Bernier n'est pas rappelé

Ottawa -- Stephen Harper brasse ses cartes au Québec. Le premier ministre annoncera ce matin qu'il déplace les ministres Lawrence Cannon et Josée Verner, et qu'il confie le poste de lieutenant du Québec à Christian Paradis. Maxime Bernier, quant à lui, ne sera pas de retour au cabinet.
Le premier ministre annoncera la composition de son conseil des ministres ce matin, vers 10h30, à la résidence de la gouverneure générale. Dans les rangs du gouvernement, on s'attend à plusieurs changements dans le cercle restreint du pouvoir, sauf dans les portefeuilles économiques, alors que Jim Flaherty (Finances) et Jim Prentice (Industrie) gardent leur poste.
Josée Verner, qui a connu des difficultés au ministère du Patrimoine, obtient les Affaires intergouvernementales. Ce poste, qui était occupé par Rona Ambrose, n'est pas un ministère majeur sous le règne de Stephen Harper, qui s'occupe lui-même de ses relations avec les provinces.
Par contre, au gouvernement, on juge que Mme Verner sera une interlocutrice solide avec les provinces en ces temps d'incertitude économique. Sa capacité à travailler en équipe et à écouter tous les points de vue sera utile, dit-on. Elle aura aussi plus de temps pour s'occuper de l'organisation sur le terrain dans la région de Québec.
Le ministre de Stephen Harper le plus solide au Québec, Lawrence Cannon, monte en grade. Il deviendra ce matin le nouveau ministre des Affaires étrangères du Canada, en remplacement de David Emerson, qui n'a pas sollicité de nouveau mandat lors des dernières élections. Selon nos informations, M. Cannon deviendra également le tuteur de Montréal, qui n'a pas élu de député conservateur. Il connaît bien la grande région de Montréal. En tant qu'ancien ministre des Transports, il avait la responsabilité du port et des aéroports de la métropole.
Par contre, Lawrence Cannon n'aura plus le temps d'occuper la fonction de lieutenant de Stephen Harper au Québec. Selon nos informations, cette responsabilité sera confiée à Christian Paradis, qui devrait conserver le titre de ministre des Travaux publics. M. Paradis a accédé au cabinet en juillet dernier. De plus, il a l'avantage de ne pas être associé à l'ADQ ou au Parti libéral du Québec au niveau provincial. Les deux clans sont restés méfiants l'un envers l'autre au sein de l'aile québécoise du Parti conservateur. «Il est premièrement un conservateur. Il n'a pas milité au provincial, alors, si on veut rallier tout le monde, c'est le meilleur choix», confie une source.
Le député de Beauce, Maxime Bernier, aura toutefois moins de chance, puisque des sources conservatrices ont soutenu au Devoir qu'il ne fera pas un retour au cabinet.
Pour remplacer Josée Verner au Patrimoine, Stephen Harper a arrêté son choix sur le député de la Colombie-Britannique James Moore, a appris Le Devoir. Bilingue, bon communicateur, M. Moore a épaulé Josée Verner dans la controverse sur les compressions en culture. Il était alors secrétaire d'État aux langues officielles.
Pour remplacer Michael Fortier au Commerce international, le premier ministre Harper aurait porté son choix sur une nouvelle venue, Lisa Raitt, ancienne présidente du Port de Toronto. Elle a été élue dans la circonscription de Halton, près de la Ville reine.
Peter MacKay devrait de son côté rester à la tête du ministère de la Défense. Par contre, il perdrait la responsabilité de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique.
Changements de structure?  Selon nos sources, Stephen Harper pourrait annoncer «deux ou trois» réingénieries de la machine gouvernementale. L'une des possibilités serait la création d'un ministère de la Science et de la Recherche qui regrouperait tous les organismes subventionnaires, tels que les chaires de recherche du Canada, les Instituts de recherche en santé, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie ou encore le Conseil de recherches en sciences humaines, qui relèvent tous pour l'heure du ministère de l'Industrie.
Un autre changement toucherait les organismes de développement économique. Il en existe quatre actuellement: l'Agence de développement économique pour les régions du Québec, l'Agence de promotion économique du Canada atlantique, la FedNor pour le nord de l'Ontario et Diversification de l'économie de l'Ouest.
Par le passé, chacune de ces fonctions était attribuée à un ministre ayant par ailleurs d'autres responsabilités: Jean-Pierre Blackburn (Travail), Peter MacKay (Défense), Tony Clement (Santé) et Rona Ambrose (Affaires intergouvernementales).
Selon nos informations, Stephen Harper songerait à confier ces tâches à des secrétaires d'État. Le nom de Gail Shea, la nouvelle élue de l'Île-du-Prince-Édouard, circule, de même que celui de Leona Aglukkaq, élue au Nunavut. Les deux ont déjà été ministres dans leur province et territoire. «Nous avons fait élire un certain nombre de personnes qui ont de l'expérience pertinente soit en tant qu'anciens ministres provinciaux, soit dans l'industrie», a soutenu une source au bureau du premier ministre.
Confier les quatre agences de développement économique régional à des secrétaires d'État pourrait permettre de concentrer les efforts et d'augmenter la présence du gouvernement dans la filière économique, alors que la situation mondiale n'est pas rose sur ce front.
C'est d'ailleurs ce qui explique le choix du premier ministre de ne pas déplacer Jim Flaherty et Jim Prentice. «Attendez-vous à voir des ministres forts et expérimentés dans les dossiers ayant un lien direct avec l'économie», a expliqué hier une source au bureau du premier ministre.
Reprise des travaux aux Communes. L'entourage du premier ministre a également annoncé hier que les travaux à la Chambre des communes reprendront le mardi 18 novembre. La gouverneure générale, Michaëlle Jean, présentera le lendemain un discours du Trône qui résumera les priorités du gouvernement. Celui-ci entend mettre l'accent sur les solutions à la crise économique actuelle.
Un porte-parole du bureau du premier ministre a déclaré que «l'instabilité économique dans le monde et ses impacts négatifs sur le pays domineront la vie parlementaire» cet automne. Il a ajouté que le gouvernement minoritaire agirait de façon responsable.   Par Alec Castonguay, Hélène Buzzetti

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Montréal, 29 octobre


Québec. Marre de la démocratie?

 

Si l'on en croit les sondages et la rumeur publique, une grande majorité de Québécois est furieuse contre Jean Charest parce qu'il songe à tenir des élections générales le 8 décembre prochain. Aussi répandu soit-il, ce mécontentement ne nous semble pas justifié.

On dit que la campagne fédérale venant à peine de se terminer, il est inconvenant pour le premier ministre de nous replonger dans le bain électoral. Pourtant, ne nous y trompons pas, la grogne actuelle a peu à voir avec la date choisie par M. Charest. Les Québécois, comme les autres Canadiens, ne veulent presque jamais d'élections. Comme si les campagnes électorales exigeaient d'eux un effort surhumain! Admettons qu'il n'en est rien. La campagne prend trop de place dans les médias? On n'a qu'à changer de poste ou tourner la page. Pour le reste, il suffit de se rendre au bureau de vote à la date dite. Bien petit calvaire que celui-là.

On déplore que les libéraux s'apprêtent à partir en campagne alors que les partis de l'opposition n'avaient pas l'intention de les défaire à l'Assemblée nationale. On accuse M. Charest d'opportunisme. Soit. Pourtant, dans une situation de gouvernement minoritaire, pourquoi réserverait-on à l'opposition le privilège de choisir la date des élections en fonction de ses intérêts partisans? Les raisons invoquées publiquement par M. Charest ne sont pas crédibles, mais le courroux du PQ et de l'ADQ ne l'est pas davantage.

Les électeurs sont appelés aux urnes trop souvent depuis quelque temps? Sans doute, mais n'est-ce pas ce que nous voulions? Selon les partisans des gouvernements minoritaires, ceux-ci permettent à l'électorat de demander plus régulièrement des comptes à ceux qui nous dirigent; le corollaire de cela, c'est la tenue plus fréquente d'élections. À ce mal (si c'en est un) il n'existe qu'un remède: l'élection de gouvernements majoritaires.

Certains soulignent que ce scrutin coûtera quelque 80 millions au Trésor public. Que les élections aient lieu maintenant, le printemps prochain ou à l'automne 2009, cela ne changera rien au coût. Quatre-vingts millions, c'est certainement beaucoup d'argent. Toutefois, il faut placer cette somme en perspective: 80 millions, c'est ce que le gouvernement du Québec dépense en une demi-journée.

Si les citoyens québécois n'aiment pas les campagnes électorales, c'est sans doute parce qu'ils apprécient si peu les politiciens qu'ils préfèrent ne pas trop les voir. Leur déception à cet égard est compréhensible. Mais il leur faut la combattre. Ne plus s'intéresser à la politique, ne plus vouloir voter, c'est en avoir marre de la démocratie. En sommes-nous vraiment là?

Si la tenue d'élections le 8 décembre se confirme, les Québécois seront appelés à faire un choix important. Parmi les nombreux thèmes qui seront abordés, le risque d'une crise économique sera sans doute le principal. Les électeurs auront l'occasion de décider quel gouvernement guidera le Québec pendant cette période de turbulence. C'est une chance que nous devrions apprécier plutôt que de pester contre la date.    Par André Pratte
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