A travers la presse

francophone et internationale

 

*      Jeudi 25 septembre 2008

 

A la une

*   A l'ONU, le Sud dénonce un système financier "cupide" (Le Monde)

*   [Cour pénale internationale] Discrédit (Le Potentiel)

*    CPI. Les propos de Sarkozy jugés scandaleux (Le Temps)

     Autres articles

*   Quelle démocratie pour l’Afrique ? (Bendré, Ouagadougou)

*    Bénin. Langues nationales dans le système éducatif (Le Confrère de la Matinée)

*   Pourquoi la France est-elle si mal vue au Cameroun ? (Mutations)

*   RD Congo. Le syndrome NKunda (Le Pays)

*   Côte d'Ivoire. Gbagbo pour une révision de la constitution (Fraternité Matin)

*   Egypte. L’Etat met son nez dans les mosquées (Libération, Paris)

*   Mali. Cheick Modibo Diarra, Président de Microsoft-Afrique : « Rien ne m’interdit de briguer la magistrature suprême » (Les Echos)

*   Maroc. La reprise après la crise ? (Le Matin)

*   Maurice. Arvin Boolell, nouveau ministre des Affaires étrangères : «Je ne partage pas les craintes du leader de l’opposition sur les APE» (L'Express, Port Louis)

*   Mauritanie. Editorial: Un ennemi dangereux et … invisible (Le Calame)

*   Sénégal. Dérapages budgétaires, impayés... Le Fmi constate les dégâts … (Wal Fadjri)

*   Liban. Le Hezbollah maître du jeu (Al-Ahram Hebdo)

*   Cambodge. Le numéro d’équilibriste du Parti Sam Rainsy  (Cambodge Soir)

*   Cambodge. Deuxième journée parlementaire : l'opposition se fissurerait … (Ka Set)

*    Vietnam. Encore des avertissements à l'encontre des prêtres et chrétiens de Thai Hà à Hanoi (Le Courrier du Vietnam)

*   Vietnam. Catholiques et pouvoir communiste face à face (La Croix)

*    Belgique. Leterme face aux ouragans successifs (La Libre Belgique)

*   Belgique-RD Congo. Bruxellois et Kinois à l'unisson (Le Soir)

*   France. Les limites de l'agilité présidentielle (Le Monde)

*   France. Le système Joyandet : Au service du président (L'Express)

*   France. L'avenir incertain des Francos de Limoges (L'Humanité)

*   Suisse. La présidence de la Confédération, enjeu inattendu (Le Temps)

*   Canada. « N'importe qui sauf Harper » (Le Devoir)

*     Canada. L'effet boomerang (Le Nouvelliste)

*     La Francophonie célébrée avec passion à Moncton (L'Acadie Nouvelle)


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   Paris, 25 septembre


A l'ONU, le Sud dénonce un système financier "cupide"

 

Prenant la mesure de la crise financière mondiale, plusieurs représentants des pays du Sud, venus participer à l'Assemblée générale de l'ONU, mardi 23 septembre, ont dénoncé un système financier "cupide" dont les soubresauts menacent les pays pauvres et appellent à un renforcement des contrôles internationaux. "L'incertitude économique s'est propagée comme un effroyable tsunami à travers la planète, annulant les progrès accomplis, non seulement sur l'île de Manhattan, mais aussi sur les îles des Philippines", a déclaré Gloria Macapagal-Arroyo, la présidente des Philippines.
La crise a cristallisé le ressentiment de nombreux pays. "L'euphorie des spéculateurs a laissé la place à l'angoisse de peuples entiers", a affirmé le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, qui s'en est pris aux "fondamentalistes des marchés". Citant l'économiste brésilien Celso Furtado, il a jugé qu'il ne fallait pas laisser "les profits des spéculateurs être toujours privatisés, tandis que leurs pertes sont invariablement nationalisées". "Ce sont toujours les pauvres qui payent le prix de la cupidité débridée et de l'irresponsabilité des puissants", a aussi déclaré le président nicaraguayen de l'Assemblée générale de l'ONU, Miguel d'Escoto.

Chez certains pointait un sentiment de revanche. Pour la présidente argentine, Cristina Kirchner, ceux qui, hier, "conformément au consensus de Washington, disaient aux pays d'Amérique du Sud que le marché réglait tous les problèmes", ont produit "la plus formidable intervention de l'Etat de mémoire d'homme" – le plan de 700 milliards de dollars proposé par la Maison Blanche pour sauver le système bancaire. La seule différence, a-t-elle ironisé, est que Washington n'aura pas à subir les directives du Fonds monétaire international (FMI).

"La crise financière mondiale menace l'ensemble de notre travail", a par ailleurs prévenu le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui appelle à un "leadership mondial" pour "restaurer l'ordre dans les marchés financiers internationaux". "Nous appelons la communauté internationale et les acteurs clés de l'économie mondiale à agir rapidement" sous la "direction" des Nations unies, a ajouté Jakaya Kikwete, le président tanzanien, qui préside aussi l'Union africaine.

Face aux représentants des 191 autres pays membres de l'ONU, le président George Bush s'est voulu rassurant. "Nous avons pris des mesures audacieuses pour prévenir une perturbation grave de l'économie américaine, qui aurait un effet dévastateur sur d'autres économies à travers le monde", a-t-il assuré. Selon le président américain, le plan de sauvetage des banques de la Maison Blanche devrait être adopté "rapidement" par le Congrès.

Le président français, Nicolas Sarkozy, qui a succédé à M. Bush à la tribune de l'ONU, a appelé de ses vœux "un capitalisme régulé, où des pans entiers de l'activité financière ne sont pas laissés à la seule appréciation des opérateurs de marché". Le dirigeant français a par ailleurs proposé une réunion, qui pourrait se tenir en novembre, en présence des pays du G8, et auxquels pourraient se joindre les grands pays émergents, "pour réfléchir aux leçons à tirer de la crise financière la plus grave qu'ait connue le monde depuis celle des années 1930".

Estimant que le problème ne remontait pas à la crise des subprimes mais à la création des hedge funds, ces fonds spéculatifs, M. Sarkozy s'en est pris à l'absence de responsabilité des traders et des banquiers, qui auraient dévoyé le système capitaliste. "On dit qu'on ne sait pas qui est responsable. Ah bon! Quand tout allait bien, on savait qui touchait les bonus", a critiqué le chef de l'Etat, au cours d'une conférence de presse. Le président français veut que les agences de notations soient aussi "contrôlées et sanctionnées si nécessaire".

De son côté, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a pointé du doigt "une minuscule minorité" de "sionistes" qui auraient "dominé une partie importante des centres monétaires et financiers" – propos "antisémites", a dit le président israélien, Shimon Pérès. "L'empire américain dans le monde touche à sa fin", a aussi prédit le dirigeant iranien, selon lequel "les piliers du système oppressif s'effondrent".

Pour juguler la crise, le président Lula da Silva a appelé à "reconstruire" les institutions économiques internationales pour qu'elles puissent "entraver l'anarchie de la spéculation". L'ONU doit être le lieu d'une "réponse vigoureuse", a-t-il dit, ce qui passe, ont relevé plusieurs chefs d'Etat, par une réforme de l'organisation, et notamment un élargissement du Conseil de sécurité. Ce dernier ne peut "plus attendre" pour intégrer de nouveaux membres, a jugé Nicolas Sarkozy, qui souhaite aussi élargir le G8 pour y intégrer la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud, le Mexique et le Brésil.
Par Philippe Bolopion et Natalie Nougayrède (avec Arnaud Leparmentier)
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    Kinshasa, 25 septembre  
 

[Cour pénale internationale]  Discrédit

 

La Cour pénale internationale, CPI, revient une fois de plus au-devant de la scène internationale.
Luiz Moreno Ocampeo, le procureur, a effectué le déplacement de New York assister à la 63ème session de l’Assemblée générale des Nations unies. Sa présence s’inscrit dans le contexte du mandat d’arrêt international à lancer contre le président soudanais El-Béchir. Un mandat qui soulève pas mal de vagues pour autant qu’il est lié à un président en exercice de ses fonctions. Mais aussi à la situation catastrophique qui prévaut au Darfour.

Il est vrai que l’on assiste presqu’à une levée de boucliers visant à retarder la procédure de la mise en exécution de ce mandat d’arrêt. La tendance est de le retarder en laissant passer l’eau sous le pont. Jusqu’au moment où El-Béchir ne serait plus en fonction afin de le cueillir calmement.

Aussi, est-il question de saisir le Conseil de sécurité pour obtenir son aval et attendre. Mais entre-temps, un vrai marchandage est en cours entre la CPI, quelques chefs d’Etat africains dont Me Wade du Sénégal, le président français dans la perspective d’un «compromettant troc». Un «combat d’arrière garde», dirait-on dans d’autres circonstances.

En effet, il est proposé à Omar El-Bechir, s’il tient à être «momentanément libre», de livrer à la Cour pénale internationale le ministre Ahmed Haroun et le chef de milice Ali Kosheb qui sont inculpés de crimes de guerre au Darfour. Tout sera mis en oeuvre pour geler la procédure engagée par la CPI contre EL-Bechir. Deux émissaires auraient effectué le déplacement de Khartoum afin de transmettre le message au président soudanais. Il s’agit du britannique Marc Malloch Brown et du français Bruno Joubert.

Cette proposition a été en quelque sorte confirmée par le chef de l’Etat français dans son intervention du haut de la tribune des Nations Unies à l’occasion de cette 63ème session. Du coup, cette initiative de marchandage relance le débat houleux autour de la CPI. Confirme la thèse selon laquelle cette instance judiciaire internationale n’aurait été crée que pour les «faibles et les pauvres». Fait frappant, tout se passe comme s’il en voulait humilier El-Bechir, en plein exercice de ses fonctions.

Et pourtant, le Parquet de Bruxelles, avec sa loi à compétence universelle, avec des plaintes à l’endroit du président américain et de l’ancien Premier ministre israélien, Ariel Sharon, pour des faits de guerre. On sait de quelle manière ces deux affaires ont été traitées : silence, sans suite, sans effet.

Non. Point n’est question d’absoudre le président soudanais. Mais devant cette justice internationale, que toutes les personnalités citées soient traitées sur le même pied d’égalité afin de répondre des faits qui leur sont reprochés. Dès lors que la Cour pénale internationale s’engage dans un «troc», dans un marchandage pour retarder une procédure judiciaire engagée par elle-même, prouve à suffisance qu’elle a agi sous pression. Impensable. Du discrédit, purement et simplement.

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    Genève, 25 septembre


CPI. Les propos de Sarkozy jugés scandaleux

 

ONU. Le président français est prêt à saper la Cour pénale internationale si le président soudanais Al-Bachir change sa politique.

La France va-t-elle contribuer à torpiller la Cour pénale internationale (CPI) créée à Rome en 1998? Mardi, lors d'une conférence de presse en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le président Nicolas Sarkozy a tenu des propos sur le Soudan et son président Omar al-Bachir qui choquent les organisations non gouvernementales, notamment Amnesty International, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme ou encore le collectif Urgence Darfour. Celles-ci parlent d'un marchandage inacceptable avec Khartoum au détriment de la justice internationale (LT des 10 et 13.9.08).
«Au cas où les autorités du Soudan changent et modifient totalement leur politique, la France ne serait pas opposée à recourir à ce que je crois être l'article 16 (ndlr: du Statut de la CPI).» L'article invoqué par le chef d'Etat français permet au Conseil de sécurité de suspendre pour douze mois une enquête menée par la CPI. En l'occurrence, le procureur de la Cour de La Haye, Luis Moreno-Ocampo, qui rencontre plusieurs acteurs internationaux de premier plan à New York ces jours, a demandé en juillet dernier qu'un mandat d'arrêt soit délivré à l'encontre d'Omar al-Bachir. La Chambre préliminaire de la CPI examine les éléments de preuve rassemblés par le procureur qui accuse le président soudanais de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide au Darfour. Le 1er octobre aura lieu une première audience convoquée par les trois juges compétents. Il peut toutefois s'écouler encore quelques mois avant qu'une décision d'inculper Omar al-Bachir ne soit prise.
«Espoirs de justice sapés»
Pour ce marchandage, Nicolas Sarkozy pose toutefois des conditions: les deux dirigeants inculpés par la CPI doivent quitter le gouvernement; une vraie coopération doit s'instaurer pour le déploiement de la force hybride ONU/Union africaine au Darfour; un accord durable doit être conclu entre Khartoum et les rebelles; et enfin l'intégrité du Tchad doit être garantie.
Directeur du programme Justice internationale à Human Rights Watch à New York, Richard Dicker fustige le chef de l'Etat français: «C'est honteux. On ne peut pas marchander la justice sur une promesse de meilleure conduite. C'est honteux de laisser entendre que si on ne négocie pas avec Khartoum, le gouvernement soudanais va recourir à la violence contre les forces de maintien de la paix, contre les humanitaires. C'est une manière de saper les espoirs de justice des gens du Darfour.» Pour Richard Dicker, «on est en train de dire que pour quiconque accusé par la CPI, il suffit de brandir des menaces de violence pour se voir attribuer par le Conseil de sécurité un statut d'impunité».
Pour Olivier Thimonier, «c'est le cynisme immoral de la diplomatie business». Le secrétaire général de l'Association Survie déplore que la France, l'un des Etats membres du Conseil de sécurité à avoir poussé la CPI à s'emparer de la question du Darfour, «sacrifie la justice internationale sur l'autel des intérêts économiques français». Selon lui, en juillet, après vingt ans de gel de ses relations avec Khartoum, la compagnie pétrolière Total a repris pied au Soudan afin d'explorer le sud du pays. Le Medef (patronat) et le Comité français des investissements en Afrique ont estimé que le Soudan offrait d'importantes perspectives économiques pour la France. On n'est pas en présence d'un cas unique. Quand Nicolas Sarkozy était allé en Angola, il avait promis de régler le problème de l'«Angolagate», mais aussi d'établir des liens économiques au profit de Total et d'Areva, relève Olivier Thimonier. Ce dernier juge scandaleux de prétendre qu'un mandat d'arrêt pourrait compromettre le processus de paix au Darfour: «Celui-ci est illusoire. En suspendant la procédure contre Al-Bachir, on risque au contraire de lui laisser les mains libres.»
Avec l'accession de la Chine à la présidence du Conseil de sécurité et l'appui soutenu de l'Afrique du Sud, de la France et sans doute de la Grande-Bretagne, les 9 votes nécessaires (sur 15) pour recourir à l'article 16 sont possibles. Face à cette perspective, certains jugent paradoxal que la Fondation Elie Wiesel vienne d'attribuer au président français le Prix de l'humanitaire.
Par Stéphane Bussard

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Autres articles


 
 
Ouagadougou, 24 septembre


Quelle démocratie pour l’Afrique ?

 

L’Assemblée générale des Nations unies a célébré le 15 septembre 2008 la journée internationale de la Démocratie. Cette forme de gouvernance politique est devenue la mode et la jauge qui sert aux pays développés à mesurer la respectabilité des autres Etats. Cependant, on ne peut s’empêcher de se poser quelques questions : à quel degré les pays africains et particulièrement les Etats subsahariens se sentent concernés dans cette célébration ? Peuvent-ils avoir le même sentiment que les Européens ?
Loin de là. La démocratie dont on exalte s’est forgée dans la lutte des peuples occidentaux. Elle est une expression de la volonté de ces peuples à un mieux être.
Aux indépendances, les Etats africains n’auront le choix que d’adopter le mode de gouvernance occidentale comme une greffe. Malheureusement, la greffe a mal pris. C’est dans ce contexte que va intervenir la 16ème conférence des chefs d’Etat de France et d’Afrique le 20 juin 1990. Le président français de l’époque, François Mitterrand va soutenir devant ses pairs africains qu’ « il n’y a pas de développement sans démocratie et il n’y a pas de démocratie sans développement ». La voie démocratique est alors considérée comme une solution aux multiples difficultés qui minent le développement des ex colonies françaises. 5 ans plus tard, Bruno Delaye, Conseiller à la présidence de la République française de juillet 1992 à janvier 1995, en fait ainsi le bilan : « les 31 pays d’Afrique sub-saharienne, dont 22 francophones, représentés à La Baule avaient tous instauré le multipartisme, 17 avaient adopté de nouvelles constitutions, et une cinquantaine de consultations générales avaient été organisées qu’il s’agisse de référendums constitutionnels ou d’élections législatives ou présidentielles ».
Même de nos jours, les consultations électorales sont régulières. Cette démocratie soumise aux ex colonies françaises peut-elle faire l’objet de fierté ? Comme le disait Mitterrand, ont-elles senti qu’ « il n’y a pas de développement sans démocratie et il n’y a pas de démocratie sans développement » ?
Certes avec la démocratie, les dénouements sanglants à la tête des Etats ont baissé d’intensité et de fréquence ; les populations à travers des consultations électorales régulières participent formellement au choix de leurs gouvernants. On s’en réjouirait outre mesure de ce changement comportemental s’il n’y avait pas un grand bémol.
En effet, la démocratie à l’africaine a engendré un autre phénomène : il s’agit des pouvoirs à vie légitimés par les urnes ; le pouvoir qui se transmet au fils à la mort du père-président comme s’il s’agissait d’une monarchie ; les résultats des élections entachés d’irrégularités scandaleuses sur fond de fraudes et de tripatouillage des textes n’empêchent pas le vainqueur de gouverner ; et si par ailleurs le régime sortant venait à perdre les consultations électorales, il confisque les résultats par la baïonnette. Les pays occidentaux, modèles de démocratie vont crier leur indignation et menacer de sanctionner les faux démocrates qui devront entamer des négociations. Ces dernières, loin de remettre en cause la confiscation des résultats vont aboutir à un partage du pouvoir. Le coût des élections oblige les Etats africains à se retourner vers l’extérieur pour demander de l’aide, mettant ainsi à mal leur souveraineté.
Quid des peuples africains dans cette foire ?
Elles ne constituent généralement qu’un bétail électoral et n’est au centre des débats que pendant les campagnes électorales. Ce sont elles qui se font massacrer quand les prétendants aux postes de gouvernance veulent régler leurs problèmes dans la rue. Après les joutes électorales, leurs préoccupations même les plus pressantes sont renvoyées aux calendes grecques. De tels constats sont impensables dans les pays occidentaux qui sont perçus comme des modèles de démocratie.
La démocratie qui mérite d’être exaltée chaque 15 septembre est celle donc qui a essentiellement pour foyer l’Occident. Il s’y reconnaît, il a une histoire rattachée à ce mode de gouvernance.
En revanche, les héritiers de La Baule à cette occasion, devraient faire une autopsie sans complaisance de leur ‘‘démocratie’’. Ils devront aussi s’atteler à trouver un mode de gouvernance adapté qui les rendra souverains dans le choix de leurs dirigeants et qui pourra véritablement booster le développement de leur Etat. Sus donc aux aventuriers de tous les acabits qui, sous le couvert de l’Etat de droit s’érigent en prédateurs des libertés et de l’économie au détriment de l’épanouissement de leur peuple et du développement de leur nation.

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Cotonou, 24 septembre

Bénin. Langues nationales dans le système éducatif

 

La politique du ministère de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues maternelles a des insuffisances. Au regard de cette situation, il urge de corriger les donnes.
Les Béninois ne partagent pas entièrement la politique du ministre Roger Gbégnonvi, en ce qui concerne l’introduction des langues nationales dans le système éducatif. La majorité approuve l’initiative mais oublie la quintessence de cette décision. Certaines personnes averties pensent que l’apprentissage des neuf (9) langues qu’a choisi le ministère en charge de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales présente des failles en quelques points.

En effet, l’on a constaté qu’au Bénin les peuples ne sont pas unis par rapport aux langues parlées. Par exemple dans le sud Bénin il y a la langue fon à Cotonou dans le Littoral et à Porto-Novo, c’est le Goun qui est parlé.  Quelle différence y a-t-il entre le fon et le goun. Les Porto-Noviens aimeraient parler toujours le goun à la place du fon. Même sur le plan de la lecture ce sera pareil. Il y a manque d’homogénéité dans les langues. Alors que dans le nord Bénin, par exemple dans la Donga où toutes les populations d’une région donnée maîtrisent parfaitement la langue Bariba. Le fon devrait comprendre le mina, le goun et vice-versa. Ce qui n’est pas le cas. La politique de Gbégnonvi peut piétiner à cause de cette difficulté. De ce fait, il faut chercher à régler d’abord ce problème avant de parler d’introduction des langues dans le système éducatif. Les apprenants comprennent mieux les explications faites en leur langue respective et non dans la langue de l’autre. Autre difficulté : l’enfant Adja qui vit et va à l’école à Natitingou peut-il apprendre à écrire et lire sa langue maternelle ? Comment est-ce possible ?

Au demeurant, pour donner une marge de manœuvre à cette politique afin qu’elle n’échoue pas, faille point, son promoteur Roger Gbégnonvi doit nécessairement revoir sa copie.  Par Richard Bemba

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Yaoundé, 24 septembre

 


Pourquoi la France est-elle si mal vue au Cameroun ?

 

Une enquête menée à Yaoundé Douala, Garoua et Bamenda auprès de décideurs camerounais, de membres de la société civile et de Français du Cameroun relève le fossé qu'il y a entre les réalisations de la France dans notre pays et la perception qui en est faite, au moment où la Chine et le Japon font une entrée fracassante…
Dans son récent rapport adressé au Président de la République (française) sur la France et la mondialisation, Hubert Védrine écrit : " Notre capacité d'écoute est insuffisante. Il sera de plus en plus difficile de décider entre nous seuls si nous devons conserver une politique arabe, une politique africaine, et laquelle, sans en parler avec les intéressés, et sans les écouter longuement " . Difficile de ne pas faire le rapprochement avec ce rapport commandé par l'ambassade de France au Cameroun à la Fondation Paul Ango Ela qui, après plus de quatre mois d'enquêtes diverses sur le terrain, a officiellement remis fin juin dernier la mouture finale à son commanditaire à travers le titre : " Perceptions et représentations par les acteurs et les décideurs de la coopération française au Cameroun ".
Parce que, comme ils le reconnaissent d'emblée, cette enquête ou étude " puise son intérêt dans des enjeux politiques, sociaux et économiques et, surtout, dans une matrice riche à foison d'enjeux symboliques importants. Après une longue liaison historique, il s'agit peut-être de trouver les moyens réciproques de "tendre l'oreille".
Les thèmes abordés dans l'appréciation de la relation ont été variés et portaient aussi bien sur l'économie, la santé, l'éducation, l'appui à la gouvernance, les Travaux publics, la culture, le C2d-Apd, que la pure relation politique. Le document de 72 pages qui en ressort renseigne un véritable désastre en matière de perception, de représentation et d'image des actions de la France au Cameroun même si, paradoxalement, les personnes interrogées ne nient pas une présence utile et de plus en plus remarquée.
Illustration avec ces propos repris de quelques cadres et responsables camerounais au sujet de la relation économique entre les deux pays : " Economie et C2d, à mon sens, c'est la même chose. De manière générale, l'image n'est pas bonne. Ce que je perçois c'est le gouvernement français qui fait semblant d'aider le Cameroun pour un nouveau décollage économique à travers le financement de certains projets. Mais il s'organise pour ne pas laisser grand-chose au Cameroun. La plupart des projets sont menés par des entreprises françaises ou assimilées. Selon nos informations, ils sont allés jusqu'à intervenir dans le nouveau code des marchés tel que conçu par l'Armp [Agence de régulation des marchés publics] alors qu'il fallait favoriser les entreprises locales. "
Ou encore : " L'économie, dans une large mesure, elle se limite à l'Apd et au C2d. Et ce n'est pas trop porteur car le Fmi relativise la marge de manœuvre des deux. L'implication du Fmi et de la Bird relativise cette initiative française. Les acteurs privés investissent là où ils trouvent leurs intérêts, comme Delmas & Vielejeux ou encore Bolloré (...) C'est un capitalisme rentier et non novateur ".
Dernières illustrations, dans ce secteur: " La présence française dans l'économie camerounaise est aujourd'hui moins visible qu'elle ne l'était il y a une décennie. Elle semble supplantée par la présence chinoise et japonaise. " ; " Il n'y a pas de secteur économique identifiable dans lequel la France investit ; elle récolte toujours plus qu'elle n'investit. "
Symboles. Les enquêteurs reconnaissent volontiers que, au regard de divers échanges, " la coopération française manque de visibilité. Peut être qu'ils ne communiquent pas assez. Quand les populations vont voir à Yaoundé les travaux qu'ils mènent vers Olézoa, il faudra que l'on leur dise que c'est le C2D ; l'échangeur au niveau de la préfecture… "
Un haut cadre du ministère des Finances n'avoue-t-il pas : " J'ai une vision qui ne reflète pas la moyenne. Peut être parce que je suis imprégné de certains dossiers. Mais, je suis au fait de certains résultats probants et palpables des actions de la coopération française au Cameroun, du volet développement récent, parce que je vois cela dans les dossiers. Peut être que les populations ne le voient pas assez. Les "Ecoles japonaises" ont une charge symbolique très forte, parce qu'elles sont à étages; ont le même format ; elles frappent un peu plus les esprits. Elles sont plus robustes. Au plan externe, elles ne pourraient que frapper les esprits un peu plus que les autres. "
Plus loin, comme s'ils s'étaient passé le mot, un autre cadre avouera : " Les Chinois ont l'avantage d'avoir réalisé des choses qui frappent les esprits. On a les nouvelles routes chinoises de Douala, le palais des congrès, le palais des sports, les hôpitaux. On ne peut pas symboliquement associer un hôpital à la coopération française. Alors que l'on peut associer à la coopération chinoise au moins deux hôpitaux, donc à la santé des Camerounais. Et pourtant, la coopération française s'investit aussi dans la santé. Peut être qu'elle fait beaucoup de saupoudrage là où les Chinois concentrent leurs efforts. Peut être qu'elle est dans le médicament, dans les moustiquaires imprégnées. Les Chinois, eux, viendront construire un hôpital ; on voit l'Hôpital gynéco-obstétrique de Yaoundé, on voit leur action à Mbalmayo, on voit le nouvel Hôpital général de Douala. Celui qui prend le taxi dit qu'il va " à l'hôpital des Chinois ".
Pourtant, l'idée du C2D est celle qui récolte le plus de superlatifs et qui entraîne sans doute aussi les critiques les plus vives, relatives à l'éthique. Dans son idée, elle a été jugée " géniale " par un ambassadeur européen, " une idée de génie " a affirmé une autorité gouvernementale. Pour la majorité des interlocuteurs camerounais, il s'agit d'opérer un choix entre deux options. La première option renseigne en profondeur sur la perception du principe même de l'implication française. Il s'agit de dire " sortons de l'hypocrisie et dites clairement que c'est l'argent de la France qui va aux entreprises françaises ". En effet, il est évident que pour les acteurs camerounais, le principe du C2D qui donne formellement des ressources pour le Cameroun, est vécu finalement comme " l'argent de la France ".
C'est une logique qui relève autant de l'actualité que de l'histoire, dans la mesure où l'action de la France rencontre ou se heurte à une attention camerounaise particulièrement affûtée et, souvent, sévère. Dans ce contexte, un évènement est revenu dans plusieurs des entretiens que nous avons pratiqués à Yaoundé. Il s'agirait de l'implication de la France dans l'attribution d'un marché à " Bolloré " au Port Autonome de Douala, en contradiction des règles d'équité selon la totalité des acteurs gouvernementaux et de quelques-uns de la "société civile". La désapprobation unanime s'est exprimée de manière diverse.
Frustrations. D'autres secteurs attisent également les frustrations des Camerounais. C'est le cas avec l'éducation, perçue entre essoufflement et tracasseries : " Je connais des enseignants qui ont voulu aller finaliser une étude pour deux semaines, ils n'ont pas pu obtenir le visa. Or, ils se proposaient d'aller travailler au sein d'une université française. Et pourtant, tous y ont vécu et donc s'ils avaient voulu y rester, ils l'auraient fait ", relève un universitaire de 42 ans ayant fait l'essentiel de ses études en France.
D'un autre côté, le programme "Campus France" par lequel les étudiants, candidats au départ en France, sont sélectionnés est sujet à controverse. Le " filtre " que constitue l'entretien au "service culturel" donne lieu à des frustrations multiples, y compris pour des étudiants qui ont reçu un avis favorable et un visa.
En effet, la diversité scientifique des dossiers, la pluralité des interlocuteurs, la variété des filières et des universités d'accueil demanderaient un service culturel aux compétences infinies pour justifier, selon ces témoignages, de l'acuité de ces entretiens.
La seconde série de récriminations recouvre la question de l'immigration, sans doute celle dont les modalités heurtent le plus les Camerounais, toutes sphères confondues, y compris ceux qui ne rencontrent pas de difficulté ou ne souffrent de la fameuse question des visas. Cette question fait aussi l'unanimité contre elle chez les Français qui sont encore plus sévères que les Camerounais puisqu'ils ne remettent pas seulement en cause l'opacité des pratiques consulaires mais la politique d'immigration elle-même. Sans doute faut-il rappeler que les blessures dont il s'agit ici chez les Camerounais relèvent de domaines qui questionnent leur dignité, leur identité, leur nationalité.
Autre secteur fortement critiqué : l'appui à la gouvernance. La majorité des interlocuteurs ont l'impression que la France n'est pas en première ligne dans ce domaine et les Camerounais résument leurs pensées par " dans ce domaine on n'a pas de leçons à recevoir de la France ". L'autre volet qui ressort est une lassitude et une contrariété des Camerounais vis-à-vis des Français qui seraient " donneurs de leçons ".
Pour une partie des acteurs Camerounais, la France ne peut pas aider à lutter contre la corruption au Cameroun, car ses ressortissants en bénéficient largement, étant eux-mêmes enclins à des modes de fonctionnement peu conventionnels. Ils illustrent leurs propos par l'exemple des privatisations dont ils jugent les procédures suspectes: l'Office Camerounais du Bois et la société Camrail. De ce point de vue, la France serait en situation de conflits d'intérêts au Cameroun sous plusieurs aspects. Elle n'aiderait pas au rapatriement des fonds volés et déposés dans des comptes bancaires en France. En tout état de cause, le " jeu " de la France sur le terrain de la lutte contre la corruption est sujet à caution. Cet aspect est l'objet d'illustrations substantielles dans la partie relative au C2D.
Synthèse et analyse de Alain B. Batongué

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    Ouagadougou, 25 septembre

RD Congo. Le syndrome NKunda

 

La République démocratique du Congo est malade de sa dernière poche de rébellion, celle d'un général déchu que l'armée régulière a du mal à dompter.

Grâce à un vaste courant de solidarité africaine et internationale, la RDC a pu organiser en 2006 des élections démocratiques, les premières de son histoire, censées la mettre définitivement sur les rails de la paix et du développement. Mais c'était sans compter avec le général Laurent Nkunda dont l'action de guérilla empêche la RDC de recouvrer toute son intégrité territoriale. Le chef du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) est l'incarnation de la survivance d'un passé récent. Car, au-delà de ce général félon, il faut voir les enjeux de la région concernée par le conflit, à savoir le Nord-Kivu. C'est l'une des régions les plus riches en minerais de la RDC et donc, la plus convoitée.
Depuis la chute du régime Mobutu et l'implosion de ce qui était le Zaïre, des prédateurs s'étaient jetés sur les richesses de la région, dont ils se sont goulûment servis. Ce pillage organisé était surtout entretenu par les Etats voisins, le Rwanda et l'Ouganda, qui avaient trouvé là une source de revenus pour s'enrichir. Mais le retour à une vie constitutionnelle normale obtenue grâce aux accords de Sun City, a dû contraindre les envahisseurs à se replier chez eux . Mais ils n'ont pas pour autant lâché leur proie congolaise. Ils ont pris le soin de laisser sur place des supplétifs acquis à leur cause et chargés de préserver leurs intérêts. Ils sont donc partis sans être vraiment partis. Et en bon représentant de ce conglomérat, le général Nkunda s'évertue à bien assumer sa mission. Il tue, viole et terrorise, pour asseoir son pouvoir sur une région qu'il occupe illégalement. Cependant, la mainmise de pays comme le Rwanda sur la RDC, à travers leur pantin Nkunda, n'est pas qu'économique. Elle est aussi politique et géostratégique. Au nom d'une prétendue protection de la population tutsi du Nord-Kivu, la rébellion de Laurent Nkunda pourrait avoir aussi reçu mandat de traquer et de persécuter les Hutus rwandais, dont on sait qu'ils sont nombreux à s'être réfugiés dans cette région après le génocide de 1994. On peut donc comprendre que ces importants enjeux empêchent le général de s'inscrire dans le mouvement de réconciliation nationale engagé en RDC. Il a trop d'intérêts à défendre par procuration. Et tant pis s'il doit pour cela, renier les accords qu'il a lui-même signés, en trouvant de nouveaux motifs de diversion comme cette proposition de négociations directes faite au président congolais Joseph Kabila. On peut tout aussi bien comprendre le refus de ce dernier d'accéder à la requête d'un individu sans légitimité et de surcroît, apatride.
Le président Kabila est dans son bon droit de chercher par tous les moyens à restaurer l'intégrité territoriale d'un pays qui en a vraiment besoin. La MONUC (Mission des Nations unies en RD Congo) affiche également cette position de fermeté quand son représentant affirme que des accords existent déjà, qui doivent être respectés. Kabila ne veut pas transiger sur la souveraineté du pays et c'est à son mérite. Du reste, il n'est pas certain qu'un nouveau round de discussions aboutira à des résultats concluants, si le mentor de Nkunda, le Rwanda, ne veut pas d'une paix dans la région.
Mais la réalité du terrain peut aussi amener Kinshasa à reconsidérer ses positions de principe. La rébellion de Laurent Nkunda résiste très bien aux assauts de l'armée régulière. Elle semble disposer de moyens militaires capables de lui permettre d'occuper encore longtemps sa zone d'influence. La MONUC observe une neutralité militaire sur le terrain et ne semble d'aucun secours pour les forces gouvernementales obligées de compter sur elles-mêmes.
Entre la volonté de faire respecter la légalité constitutionnelle et l'incapacité de l'armée à assurer ce devoir régalien, Joseph Kabila doit certainement se faire une raison. En dépit de tous les défauts de Nkunda et de l'absurdité de sa lutte, l'usage de la force peut-il, à lui seul, régler le problème? Les chances de succès de l'option militaire semblent minces face à une rébellion déterminée, bénéficiant d'appuis qui lui procurent des armes et certainement des renseignements. Sans un solide réseau relationnel, une rébellion est vouée à l'échec. Si donc celle du Nord-Kivu continue à résister, c'est qu'elle bénéficie de complicités au sein des populations et peut-être aussi, des institutions. En tout état de cause, une solution doit être trouvée, pour mettre fin au dernier bastion d'insécurité et d'instabilité de la RDC, en éradiquant le syndrome Nkunda. Et pour y parvenir, l'art de la guerre ne suffira pas à Joseph Kabila. Il devra aussi faire appel à son sens de la négociation.

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Abidjan, 25 septembre


Côte d'Ivoire. Gbagbo pour une révision de la constitution

 

Le Président de la République a annoncé des mesures destinées à renforcer la paix et la cohésion sociales.

Le Chef de l’Etat a annoncé, hier, au Palais présidentiel au Plateau, une modification de la Constitution ivoirienne à la fin de la crise. Le Président Laurent Gbagbo recevait les populations de la région du Zanzan venues lui témoigner leur reconnaissance pour les actes de développement qu’il a posés chez elles. La modification de la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire, a-t-il expliqué, servira à la débarrasser de ses «aspects confligènes». Portant singulièrement sur l’article 35 de la Constitution qui traite des conditions d’éligibilité à la Présidence de la République et dont certaines dispositions (le candidat doit être Ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens d’origine; il ne doit s’être jamais prévalu d’une autre nationalité) ont suscité une levée de boucliers, cette démarche est destinée à renforcer la paix et la cohésion sociales.

Cependant, a précisé M. Gbagbo, cette modification ne devrait s’opérer que par référendum pour respecter les dispositions constitutionnelles. L’article 126 de la Constitution, en ses alinéas 1 et 2, est ainsi libellé: «La révision de la Constitution n’est définitive qu’après avoir été approuvée par référendum à la majorité absolue des suffrages exprimés. Est obligatoirement soumis au référendum le projet ou la proposition de révision ayant pour objet l’élection du Président de la République, l’exercice du mandat présidentiel, la vacance de la Présidence de la République et la procédure de révision de la présente constitution» adoptée par référendum en juillet 2000. 

«Je vais renforcer le pouvoir du corps préfectoral dans la supervision des entités décentralisées», a par ailleurs annoncé le Président de la République. La raison est que, a-t-il expliqué, «Il y a des présidents des conseils généraux qui ont fait un peu n’importe quoi avec l’argent de la subvention». C’est pourquoi le Chef de l’Etat estime qu’il faut «renforcer le rôle de contrôle a priori et a posteriori de l’administration. On va laisser les élus gérer, mais les membres du corps préfectoral qui représentent l’Etat doivent regarder si ce que vous faites est conforme à la Constitution et à l’état de droit et même aux engagements». Du reste, l’orateur a rendu un vibrant hommage au corps préfectoral qui, selon lui, s’est montré une institution forte pendant la guerre. Il a appelé les cadres et élus au respect de l’Etat à travers ce corps dans leurs régions, d’une part. Et à la collaboration pour que la paix y soit maintenue, d’autre part. En outre, le Président de la République a dit que les forces de l’ordre seront renforcées et redéployées sur l’ensemble du territoire pour y assurer la sécurité de tous les citoyens.

Il a aussi saisi l’occasion de cette visite pour appeler les Ivoiriens à la patience et à la préparation des élections dans la dignité. «Ne nous couvrons pas de ridicule. Réjouissons-nous du fait de la guérison collective de la Côte d’Ivoire. Rendons grâce à Dieu et puis soyons prêts pour que n’importe quand on puisse aller aux élections», a lancé le Président de la République, Laurent Gbagbo. Il s’est étonné des débats qui entourent le 30 novembre, fixé par la Commission électorale indépendante (Cei) pour le premier tour de la présidentielle. «Si la présidentielle n’a pas eu lieu le 30 novembre, ça fait quoi ?», s’est énervé le Chef de l’Etat. Avant de rappeler : «C’est depuis fin octobre 2005 qu’on aurait dû faire les élections. On ne les a pas faites à cause de la guerre. On répare les dégâts de la guerre». Selon lui, l’essentiel est que la Côte d’Ivoire aille aux élections un jour ou l’autre. «On va aller aux élections pour mettre fin à la crise. Si on les fait aujourd’hui ou demain ou après-demain, ça fait quoi ?», a-t-il interrogé ? Pour mieux se faire comprendre, il a comparé le pays à un malade grave dont tout le monde avait annoncé la mort. Finalement, a dit le Président Gbagbo, le malade est guéri, mais attend d’être libéré par les médecins pour regagner sa famille. «On dit que ton frère est guéri. Le médecin dit qu’il va sortir (d’hôpital) dans une semaine. Mais il y a un autre médecin qui dit qu’il n’est pas sûr que les contrôles seront finis dans une semaine. Et qu’il  se peut donc que ce soit dans dix jours …. Mais où est ton problème ? Ton frère est guéri. Où est ton problème ? Qu’il sorte lundi ou jeudi, où est ta souffrance ?», a-t-il ironisé dans les applaudissements et les rires de ses hôtes. «Mes chers rois, mes chers majestés, allez dire aux gens que le pays est guéri, la Côte d’Ivoire est guérie. La Cei dit que c’est le 30 novembre. Ecoutons-la. Si le médecin qui nous a dit que c’est le 30 novembre vient dire qu’il n’est pas prêt pour cette date, et qu’on va faire les élections un peu plus tard, où est le problème ?», a interrogé  M. Gbagbo.

Répondant aux doléances de ses hôtes, Laurent Gbagbo a donné son accord pour effectuer une visite d’Etat dans les départements de Bouna et Nassian. Il a également annoncé qu’il recevra la jeunesse du Zanzan. Le Chef de l’Etat a réaffirmé sa détermination de construire un lycée des jeunes filles dans cette région. Non sans partager l’avis de ses hôtes que l’alimentation électrique doit y être renforcée et que des dispositions doivent être prises pour que tout le Zanzan reçoive la radio nationale.
Par Pascal Soro

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   Paris, 25 septembre

Egypte. L’Etat met son nez dans les mosquées

 

Hanane a 22 ans. L’an dernier, à la même époque, la jeune femme, étudiante en sciences politiques à l’université du Caire, se préparait à accomplir avec enthousiasme l’itikâf, une retraite spirituelle au cours de laquelle les plus dévots s’installent dans les mosquées, pour prier et méditer de façon continue pendant les dix derniers jours du ramadan. Un rituel relativement marginal il y a encore quelques années, mais devenu de plus en plus populaire dans une Egypte en plein renouveau islamique. Cette année pourtant, Hanane devra peut-être rester chez elle.

Le ministère égyptien des Affaires religieuses a en effet annoncé une série de mesures destinées à réguler le culte dans les mosquées. Selon le journal Al-Ahram, qui publie la liste de ces nouvelles règles, seules quelques mosquées seront autorisées à accueillir les fidèles pour cette retraite, à condition que les identités des pratiquants soient communiquées aux autorités.

De même, le ministère vient de limiter le nombre de mosquées autorisées à pratiquer les tarawih, les prières nocturnes du ramadan, au cours desquelles est lue l’intégralité du Coran. Des prières non obligatoires, mais dont la fréquentation croissante marque de façon significative le bond que connaît la pratique religieuse en Egypte depuis plus de dix ans.

Ces nouvelles mesures, assorties de l’interdiction de collecter des fonds dans les mosquées, ont provoqué la colère des milieux islamistes, qui dénoncent par ailleurs l’infiltration des lieux de cultes par les services de sécurité. Destinées ouvertement à contrer l’influence islamiste, ces décisions interviennent alors que l’Etat poursuit son bras de fer avec la confrérie interdite mais tolérée des Frères musulmans.

Plusieurs de ses dirigeants sont en effet emprisonnés, et les rafles se poursuivent parmi les militants : 31 étudiants ont ainsi été arrêtés la semaine dernière. La confrérie a également dû, cette année encore, renoncer à organiser son traditionnel iftar (repas du soir de rupture du jeûne), à la suite du désistement de toutes les structures susceptibles d’accueillir ce grand dîner, auquel sont d’ordinaire conviés diplomates, journalistes, chercheurs, membres de la société civile ou politiciens.

Par Claude Guibal

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 Bamako, 24 septembre 
 


Mali. Cheick Modibo Diarra, Président de Microsoft-Afrique : « Rien ne m’interdit de briguer la magistrature suprême »

 

Dr. Cheick Modibo Diarra parle dans une interview qu’il nous a accordée en marge de l’octroi de 50 ordinateurs au lycée Technique le 19 septembre 2008, de l’excellence à l’école, de ses ambitions politiques et de son frère aîné, le Vérificateur général…

Les Echos : Vous venez d’offrir des ordinateurs au lycée Technique. Est-ce à dire que vous allez vraiment vous investir pour l’excellence à l’école ?

Cheick Modibo Diarra : Je me suis toujours investi pour l’excellence à l’école mais de façon régionale. Cela fait dix ans que je rassemble tous les ans les meilleures filles dans le domaine scientifique de 14 pays de la sous-région. L’an prochain, je vais atteindre le chiffre magique de 500 jeunes filles que j’aurais formées à travers mes camps et qui iront étudier de par le monde. Je vais les rassembler pour les mettre en réseau.

J’ai toujours demandé au ministère de l’Education d’initier un Camp d’excellence national. Au Mali, nous avons un Camp national parce que l’idée a commencé à Bamako qui a abrité le premier camp. L’année d’après nous sommes allés au Sénégal. Nous nous investissons mais dans un champ plus large parce que je suis convaincu du fait qu’un pays africain à lui seul ne peut pas s’en sortir. C’est le genre de problématique où nous ne pouvons pas être une petite île dans un océan de misère. Chaque fois que nous trouvons une solution, nous nous devons de la partager avec nos voisins. C’est dans ce sens que je me suis investi.

Les Echos : Qu’est-ce que vous pensez du Forum sur l’éducation que notre pays s’apprête à organiser à la fin du mois prochain ?

C. M. D.  : Je pense que c’est une très heureuse initiative. Je demande à tous mes concitoyens quelle que soit leur confession religieuse, quels que soient leur sensibilité politique, leur âge, leur métier, leur niveau d’éducation ; que tout le monde s’implique pour faire du forum un grand succès. Et ce ne sera un grand succès que lorsqu’il sera le premier et le dernier forum sur l’éducation.

Il faut que la solution soit trouvée de façon pérenne afin que les enfants retournent à l’école et que l’école malienne redevienne ce qu’elle était. Je me rappelle quand nous étions dans ces écoles dans les années 1970 et même après notre départ pour la France, nous étions les premiers de nos promotions. On se pose la question comment cette école a pu partir de ce niveau pour arriver au niveau où elle est aujourd’hui.

Les Echos : Des étudiants maliens ont des problèmes d’accès aux bourses étrangères. Vous en tant que responsable de fondation que comptez-vous faire pour améliorer cette situation ?

C. M. D. : Le Malien ayant des difficultés à accéder aux bourses étrangères est un mythe. L’excellence a accès à des bourses partout et à tout moment. Si quelqu’un n’a pas accès à une bourse c’est parce que la personne probablement n’a pas le niveau requis pour avoir accès à cette bourse. Ce ne sont pas les Maliens seulement qui ont cette difficulté, il y a bien d’autres pays parce que leur système d’éducation n’a pas de niveau.

Personne ne veut dépenser des ressources pour des gens qui n’en ont pas le niveau. Il faut que les gens se ressaisissent et qu’ils travaillent. Le monde entier est à la recherche de l’excellence. J’étais dans mon champ ici à Ségou depuis 2 ans, mais qu’est-ce qui a fait que j’ai eu un appel de Bill Gate pour faire de moi le président de Microsoft-Afrique. Quand vous êtes bon dans ce que vous faites ce sont des gens qui viennent vous chercher pour vous donner des bourses et du travail. Il faut être bon dans ce qu’on fait mais il ne s’agit pas d’être juste un moyen.

Les Echos : Vous n’aidez que les filles dans le domaine des sciences, n’est-ce pas là une discrimination ?

C. M. D.  : Pas du tout. J’ai commencé ce travail avec l’aide de la BCEAO. Aucun Etat n’y participe. Lorsqu’on a des ressources limitées, on essaye de maximiser l’impact de ses ressources. Selon les statistiques, lorsqu’une femme a 5 enfants et que cette femme a un niveau maîtrise par exemple, 80 % de ses enfants, c'est-à-dire 4 sur 5 vont atteindre le même niveau d’éducation. Et l’on a regardé les statistiques, il n’y avait aucune corrélation entre le niveau d’éducation des enfants et celui du père. Mais il y a une corrélation très forte entre le niveau de l’éducation des enfants et de la mère. Puisque je n’ai pas beaucoup de ressources, je me suis dit qu’il faut commencer avec les filles. Le jour où j’aurais des ressources suffisantes à ce moment-là j’impliquerai les garçons.

Les Echos : Avez-vous des ambitions politiques ?

C. M. D.  : J’ai toujours fait de la politique. Au sens étymologique du mot, politique veut dire résoudre les problèmes de la cité. Elle ne signifie pas aller faire des discours, courir de gauche à droite. Je pense que j’ai toujours participé à la résolution des problèmes de la cité et continuerai à résoudre autant de problèmes que je pourrais.

Maintenant, si vous voulez parler de la politique politicienne pourquoi pas ? J’ai plus de 35 ans, je peux participer à toutes les élections. Donc, rien ne m’interdit de briguer la magistrature suprême de mon pays. Je ne vois pas d’ailleurs pourquoi vous me posez la question, est-ce que quelqu’un vous a dit qu’il avait l’intention de voter pour moi.

Les Echos : Aidez-vous votre frère le Vérificateur général ?

C. M. D.  : Mon frère aîné Sidi Sosso a 6 ans de plus que moi. Quand j’étais à l’école, c’est lui qui contrôlait mes devoirs, me donnait des corrections lorsque j’en avais besoin et félicitait lorsqu’il le fallait. Je n’ai pas de conseils à lui donner. C’est quelqu’un de très honnête, transparent et qui aime beaucoup son pays. Je suis sûr qu’il ne ménagera aucun effort pour mener à bien son travail.

D’ailleurs, toute sa vie, tout ce qu’on lui a confié il l’a mené à bien et je suis sûr qu’il va continuer sur cette voie. Pour nous autres jeunes frères de la famille, c’est lui l’exemple que nous suivons. Si vous voyez la ténacité avec laquelle nous travaillons c’est simplement parce que nous nous inspirons de lui.    Propos recueillis par Mohamed Daou
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     Casablanca,  25 septembre

Maroc. La reprise après la crise ?

 

Un an tout juste. Un an, en effet, depuis qu'au lendemain des élections législatives du 7 septembre 2007, M. Abbas El Fassi a été chargé par Sa Majesté le Roi de constituer et de diriger le gouvernement de coalition. Nous célébrons ce mois-ci un an d'exercice, au cours duquel s'est opérée une métamorphose, celle d'un secrétaire général du Parti de l'Istiqlal en Premier ministre, ensuite en citoyen ordinaire qui, le métier et ses pesanteurs exigent, s'est apprêté aux critiques, voire aux campagnes de dénigrement. Mais, au-delà de la personnalité même du chef de gouvernement, l'année qui vient de s'écouler s'est distinguée aussi par une sorte de travers, devenu un trait dominant da la politique au Maroc, consistant à rendre le pays prisonnier de la prochaine échéance électorale, de la nomination de walis et de gouverneurs, etc. C'est encore le cas de nos jours.
Il relève de plans de la comète et de calculs politiciens. En accédant à la primature gouvernementale, M. Abbas El Fassi était, certes, animé de la plus grande volonté et des meilleurs sentiments. Il était également crédité des plus grands espoirs réformateurs, avant même de commencer à ruiner cette sorte d'état de grâce et l'unanimisme qu'il inspirait. La question qui se pose de nos jours est de savoir si le chef du gouvernement va-t-il ou non reprendre la main et tailler des croupières à tous ceux qui s'érigent en pourfendeurs de sa politique et en « Docteurs tant pis » ? Une immense interrogation submerge nos consciences sur la capacité du Premier ministre à préserver le fil conducteur de sa vision. Mais ne trouve-t-elle pas un premier élément de réponse dans l'entretien accordé, cette semaine, à « Jeune Afrique » ? Ensuite sur son pouvoir et son autorité à renforcer l'homogénéité de son équipe – constituée de pas moins de 7 formations hétérogènes. Enfin, et ce n'est pas le moindre paramètre, sur sa sincérité à poursuivre les réformes proclamées.
Le Premier ministre est interpellé pour démentir formellement les rumeurs, disons la désinformation sur sa capacité à gouverner et à maintenir intacte l'humeur des citoyens électeurs. Ce n'est pas céder aux critiques des détracteurs qui mettent en doute son autorité. Ce n'est pas non plus s'abreuver de propos dignes de certains thuriféraires, mais le chef du gouvernement a énergiquement tenu en haleine et le pays et les syndicats pendant de longs rounds d'un dialogue social correctement mené et qui a connu plutôt une fin heureuse. Il a fait de la politique tout en s'abstenant d'en donner l'impression, comme il s'emploie aujourd'hui, d'ailleurs, à donner de lui l'image d'un responsable qui ne cherche guère à s'imposer dans le jeu cruel et partisan qui déchire l'échiquier politique national.
Le Premier ministre est également interpellé par un autre son de cloche, celui de la gravité sociale, conséquence d'une hausse effrénée du coût de la vie et du renchérissement des prix. Tandis que l'on nous explique, sur le mode de la récurrence, qu'il s'agit des répercussions d'une mondialisation et de l'économie de marché, dont la régression sociale constitue à vrai dire l'effet pervers, l'Etat semble continuer de voir se réduire sa capacité d'intervention. Faudrait-il s'en réjouir ou s'en émouvoir ? M. Abbas El Fassi incarne la continuité, lors même qu'en face, il n'y a pas ou pas encore de leader ou de majorité capables de le suppléer.
Il est l'homme de la continuité prévisible et programmée, l'atout d'une évolution d'autant plus maîtrisée que la gauche en face, comme le centre droit ou le PJD n'ont pas encore surmonté leurs divisions ni mis un terme à leurs querelles byzantines pour reprendre en main le destin national d'un peuple qui, non sans sourciller, contemple un champ politique dévasté. Abbas El Fassi n'attend-t-il pas en son for intérieur de capitaliser la reprise après la crise.

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Port-Louis, 24 septembre  

Maurice. Arvin Boolell, nouveau ministre des Affaires étrangères : «Je ne partage pas les craintes du leader de l’opposition sur les APE»

 

 

Le maroquin des Affaires étrangères est à nouveau occupé. Arvin Boolell doit s’attaquer à une pile de dossiers complexes. Tour d’horizon des principaux d’entre eux.
Comment se passe votre prise de fonction au ministère des Affaires étrangères ? De nombreux dossiers à la fois urgents et importants attendent, même si le Premier ministre (PM) a assuré la fonction suite au départ de Madan Dulloo…
La transition s’opère en douceur. Je ferai de mon mieux pour rester sur le terrain, dans ma circonscription tout en assurant ma fonction ministérielle. Ce n’est pas incompatible. Dans ce ministère, il y a, effectivement, beaucoup de dossiers importants, sensibles et qui demandent du temps pour être étudiés en profondeur. Il y a les accords de partenariat économique (APE), l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), les questions de souveraineté, l’intégration régionale… Tous ces dossiers doivent être traités avec pragmatisme, ambition et de manière pratique.
Sur le plan régional, la diplomatie mauricienne a plutôt été silencieuse sur le dossier zimbabwéen. Et aujourd’hui l’Afrique du Sud connaît un grand changement politique. Quelle diplomatie régionale alors ?
Ce qui se passe en Afrique du Sud n’a pas d’incidence sur la coopération entre nos deux pays. C’est un enjeu politique interne. Pour ce qui est du Zimbabwe, le PM avait donné son opinion sur la question et a suivi l’évolution de la situation. Nous sommes pleinement investis dans la région, que ce soit à la Southern Africa Development Community (SADC) ou au COMESA. Pour ce qui est de la Commission de l’océan Indien, je pense qu’il faudra aller de l’avant avec des projets de plus grande envergure pour l’ensemble de la région, plutôt que de multiplier les petits projets.
Les APE sont, selon le leader de l’opposition, Paul Bérenger, d’un enjeu capital. Vers quoi s’avance-t-on ?
L’Union européenne (UE) est notre principal marché, totalisant 67 % de nos exportations. Les APE sont donc cruciaux pour le pays. Toutefois, je ne partage pas toutes les craintes du leader de l’opposition dont celle sur la clause de «most favoured nation». L’accord intérimaire n’est pas encore ratifié. La signature de cet accord intérimaire ne nous obligera pas à signer dans le court terme les APE complets. Nous aurons le temps de nous pencher sur la question plus profondément. Par contre, il nous faudra faire une demande annuelle pour l’automatic derogation. S’il n’y avait pas d’accords intérimaires, le pays aurait pu se retrouver dans une situation difficile compte tenu du poids de l’Europe dans notre balance commerciale.
Et pour le marché américain, où en sont les discussions sous les dispositions de l’AGOA ?
Nous avons demandé aux autorités américaines de reconduire la dérogation exceptionnelle pour le third country fabric jusqu’en 2012. Je salue à cet effet les efforts de Paul Ryberg qui travaille d’arrache-pied sur le dossier. Cela dit, le Lesotho, qui est un pays où l’industrie textile a décollé grâce aux provisions de l’AGOA, conteste notre demande. Maurice n’est normalement pas éligible à cela compte tenu du niveau de développement. Nous continuons de défendre notre position et discutons à ce sujet avec nos amis du Lesotho, pour qu’ils finissent par nous soutenir.
Lors de sa visite, la Commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fisher-Boel, a évoqué la possibilité pour Maurice de prétendre à une enveloppe globale de 1 milliard d’euros. Pourtant, notre niveau de développement ne peut justifier son éligibilité à une enveloppe destinée aux pays en développement dont les plus pauvres…
En fait, Maurice pourrait prétendre à cette enveloppe en invoquant sa vulnérabilité. Nous avons un high vulnerability index, comme de nombreux petits Etats insulaires en développement. Aussi, nous sommes un net food importer. Dans ce cadre, Maurice peut effectivement obtenir un financement pour la thématique sécurité alimentaire. Il pourrait considérablement nous aider à entamer une réforme structurelle de l’agriculture.
Justement, la question de la sécurité alimentaire peut aussi se poser sous l’angle régional…
Effectivement, les opportunités de coopérations sont grandes dans la région comme au Mozambique. Madagascar fait preuve d’une volonté politique dans ce sens. La volonté politique est un premier pas. Des discussions doivent être menées au sein de la SADC par exemple. Il faut aussi que la démocratie soit stable. Ensuite, viennent les montages de projets et les financements. Le secteur privé doit être partie prenante. Les financements pourraient aussi venir de la Banque mondiale.
Pour finir, la question épineuse de la souveraineté. Comment allez-vous aborder les dossiers Chagos et Tromelin ?
Le dialogue politique se poursuit. Notre souveraineté n’est pas négociable. Ce sont des dossiers complexes. On y travaille. La France pour Tromelin et le Royaume-Uni pour les Chagos campent sur leur position. Mais le dialogue reste ouvert.   Propos recueillis par Gilles Ribouet
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Nouakchott, 23 septembre


Mauritanie. Editorial: Un ennemi dangereux et … invisible

 

Après Maaouya et Lemgheity 2005, Sidi et El Ghallaouiya 2007, Aziz a eu droit, lui aussi, à son Tourine 2008. Au cours de ses trois attaques, qui ont fait trente morts, un même scénario : une unité de l’armée se fait attaquer par un commando surarmé, composé d’illuminés aguerris, prêts à en découdre. Et, chaque fois, le bilan est lourd. Et, chaque fois, on s’est fait surprendre. C’est à croire que l’ennemi est invisible ou que nos chefs militaires n’ont d’autre stratégie que celle du ventre (mou?). Sinon comment expliquer qu’une unité de l’armée reçoive l’ordre de faire mouvement, la nuit, dans un terrain particulièrement dangereux, infesté de trafiquants, de terroristes et de bandits de grands chemins? Quel est le chef qui a donné cet ordre débile?
Une armée, dit-on, ne vaut que par ceux qui la commandent et le soldat de base a toujours tendance à suivre, instinctivement, la voie tracée par son chef. Malheureusement, les grands hommes, dont les exploits ont rythmé notre enfance, n’existent plus. Et l’armée, depuis qu’elle a goûté à la politique, a désormais d’autres préoccupations. Les recrutements, les promotions, les formations et les affectations n’y obéissent plus à des règles strictes et claires. La prévarication y fait des ravages. La démobilisation y atteint un tel degré que plus personne ne veut mourir pour un pays qui n’honorera pas même pas sa mémoire et n’aura aucune considération pour ses ayant-droits. Il y a un mois, encore, les familles des trois soldats, morts en décembre dernier à El Ghallaouiya, n’arrivaient toujours pas à recouvrer les droits des leurs tombés sur le champ d’honneur.
Certes, un petit pas a été franchi, cette fois. Contrairement aux deux premières attaques, un deuil national a été décrété et les familles des victimes ont reçu les condoléances officielles de l’Etat. Mais cela reste encore insuffisant. Il en faudra beaucoup plus pour reconstruire une armée digne de ce nom, motivée, prête à aller au front et ne regardant pas ses chefs avec dédain.
Pour aller à la guerre, il faut mettre toutes les chances de son côté. Ou rester à la maison. En la situation actuelle, l’ennemi, dangereux et invisible, semble pouvoir frapper partout ; en tous cas, en un quelconque lieu de nos zones sous-peuplées ; toujours en position de force et de surprise, avec de multiples et vastes solutions de repli. L’improvisation ne peut plus être de mise et si la coopération internationale, impliquant une surveillance satellitaire des mouvements sahariens, doit être mûrement réfléchie – les manœuvres mafieuses servent si bien les intérêts géostratégiques d’autrement vertueux appétits– il convient, désormais, d’élaborer une –voire plusieurs, concomitantes– stratégie suffisamment élastique pour rassurer nos troupes et populations, et frapper, à l’occasion, des coups forts et précis.   Nous sommes, tout autant que nos adversaires, sinon plus, des hommes du désert. Adaptons-nous à leur jeu. Patiemment. Avec méthode. En commençant par rendre à notre armée sa mission fondamentale. La mettre à sa place, enfin. Par Ahmed Ould Cheikh

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Dakar, 24 septembre


Sénégal. Dérapages budgétaires, impayés... Le Fmi constate les dégâts et prescrit des remèdes

 

La mission du Fonds monétaire international (Fmi) est terminée sur un constat amer. Dans un communiqué sanctionnant la fin de cette mission d’évaluation de la situation budgétaire du Sénégal, l’équipe dirigée par M. Johannes Mueller déclare avoir constaté une incompatibilité entre les impayés, dépenses extrabudgétaires et les disponibilités de financement et l’environnement macroéconomique du pays. Ceci après avoir fait un constat sur les dérapages budgétaires. ‘La mission a évalué les dérapages budgétaires sérieux qui ont été mis à jour au début du mois d'août 2008. Ceux-ci consistent en un stock important d'impayés accumulés depuis quelques années vis-à-vis du secteur privé et entrant dans le cadre budgétaire normal, ainsi que des dépenses extrabudgétaires encourues dans le passé’, souligne le communiqué. ‘L'ensemble de ces impayés et dépenses extrabudgétaires n'étaient pas compatibles avec les disponibilités de financement et l'environnement macroéconomique du Sénégal. Alors que l'évaluation complète du stock des impayés est en cours, son ampleur et son manque de cohérence avec le cadre budgétaire requièrent des actions décisives’, ajoute la même source.

Cependant, la mission accueille favorablement les plans des autorités qui sont destinés à mettre en œuvre dans un avenir proche diverses mesures correctives. De plus, la mission déclare avoir identifié, de concert avec les autorités, des mesures potentielles qui permettraient de renforcer le cadre budgétaire et la gestion du budget. D’après la même source, ces mesures de renforcement feront prochainement l'objet de discussions complémentaires afin de les incorporer dans le programme économique des autorités lors de la prochaine mission.

La mission voudrait par ailleurs remercier les autorités sénégalaises pour leur esprit d'ouverture et leur bonne coopération. Aussi, les services du Fonds marquent-ils leur disponibilité à poursuivre cette coopération étroite dans les semaines qui viennent, y compris au cours des assemblées annuelles de Washington au début du mois d'octobre, et lors de la mission portant seconde revue au titre de l'Instrument de soutien à la politique économique (Ispe) qui aura lieu, comme prévu, à la fin du mois d'octobre.

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Johannes Mueller, a séjourné au Sénégal du 16 au 22 septembre 2008 pour évaluer les développements budgétaires. La mission a rencontré M. Abdoulaye Diop, ministre de l'Economie et des Finances, M. Sow, ministre du Budget, Mr. Sène, Directeur national de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao), des hauts responsables de l'Etat et des représentants des partenaires au développement du Sénégal.
Par Ndakhté M. Gaye
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Le Caire, 24-30 septembre

Liban. Le Hezbollah maître du jeu

 

Les principaux dirigeants politiques ont entamé à Beyrouth un dialogue national dans un climat marqué surtout par l’incertitude. La question des armes de la milice chiite paraissant insoluble.
Les libanais ne se sont pas arrêtés longtemps à la première séance du dialogue national, tenue la semaine dernière au palais Baabda sous la direction du général Michel Sleimane, président de la République, et à laquelle ont assisté les quatorze dirigeants, à l’exception du chef du Hezbollah,  Hassan Nasrallah, absent pour des raisons de sécurité.

Quelques jours avant la réunion, les cadres membres de la majorité parlementaire avaient mis en relief la nécessité de la présence de Nasrallah qui détient, lui, la clé de toute décision. Mais le parti chiite ne s’est guère soucié de ces exigences et ne s’est donné même pas la peine d’y répondre. Il a juste publié un communiqué avant la séance annonçant que le Hezbollah serait représenté par le député Mohamad Raad. Il est d’ailleurs certain que Nasrallah ne participera pas à des réunions publiques dans un proche avenir. Il est soumis à un système de sécurité très sévère, tout le monde sait qu’il constitue la cible principale que poursuit le Mossad. Ses mouvements font l’objet de surveillance et de pourchasse. Depuis la fin de cette guerre qu’a menée Israël contre le Liban il y a deux ans, les déplacements de cette figure emblématique de la résistance sont quasiment nuls. Lorsqu’il s’adresse à la population, c’est à travers un écran. Tout le monde prend en compte ces exigences sécuritaires.

Selon les observateurs, la présence ou l’absence de Nasrallah ne changera rien à la chose. La décision du Hezbollah ne sera pas prise suite aux discussions qui auront lieu lors de cette table ronde. Elle est prise d’avance par les cercles dirigeants du Hezbollah et ne saurait aucunement faire objet de négociation ou débat, surtout lorsqu’il s’agit des armes du Hezbollah et cette volonté inouïe de la majorité de débattre la stratégie de défense.  

Or, cette stratégie est le mot d’ordre, le seul thème à débattre, mais sans toucher de près ou de loin les armes du Hezbollah. La preuve en est que le général Michel Aoun, chef du courant national libre, a dit après la séance d’ouverture que le président de la République l’a chargé de préparer un plan stratégique de défense. C’est dire que le président ne veut, en aucun cas, entrer en confrontation avec le Hezbollah. Il tient à jouer un rôle conciliateur sur la scène libanaise si troublée, tout en évitant de paraître à l’image de l’ex-président Emile Lahoud qui était juge et partie dans le différend politique. Ainsi, a-t-il perdu sa crédibilité de référence présidentielle qui lui permet de réunir les forces et les partis autour d’une seule table, sans qu’il y ait accrochage et participation du président en tant que partie.    Ce rôle conciliateur, le Liban en a effectivement besoin.   (…)  Par Maher Meqled

 

 

*      Lire la suite de l’article : http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2008/9/24/doss0.htm

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Phnom Penh,  24 septembre

Cambodge. Le numéro d’équilibriste du Parti Sam Rainsy 

 

Comment retourner sa veste tout en gardant la face ? Après avoir assuré pendant plusieurs semaines qu’il boycotterait la séance inaugurale, difficile d’expliquer la présence des députés PSR dans l’hémicycle sans donner l’impression d’être allé à la soupe.
Alors que Sam Rainsy a botté en touche, refusant de s’exprimer à la sortie de l’Assemblée, c’est son lieutenant Son Chhay, porte-parole du parti, qui doit livrer des explications aux journalistes, alors que les députés PSR se sont enfermés à huis clos avec les trois élus du Parti des droits de l’homme pour préparer la prestation de serment.
« La décision finale n’a été prise que ce matin », assure Son Chhay, qui affirme que les négociations avec le PPC se sont poursuivies tard dans la nuit. Selon lui, l’opposition a obtenu des concessions de la part de la majorité : « Hun Sen a promis de créer un groupe de travail pour réviser le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Cela pourrait permettre aux partis d’opposition de disposer d’un budget, que le chef de l’opposition ait un statut garanti par le roi, et de supprimer la règle selon laquelle seuls les partis ayant dix élus puissent prendre la parole dans l’hémicycle. Cette règle est injuste car elle réduirait au silence le PDH, le PNR et le Funcinpec. »
Son Chhay a également expliqué le revirement du PSR par l’intérêt supérieur de la nation : « Nous avons pensé aux invasions de la Thaïlande sur notre territoire, à l’inflation, aux problèmes économiques du Cambodge », a affirmé le porte-parole, qui souhaite que le PSR et le PDH poursuivent leur coopération. En tout cas, compromis ne signifie pas compromission : « Les négociations avec le PPC ne concernent en aucun cas la répartition des postes, mais seulement le règlement intérieur de l’Assemblée, pour garantir le respect de l’opposition. » Par U.Cham
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KA-SET site d'information indépendant,    
Phnom Penh,  25 septembre
 

Cambodge. Deuxième journée parlementaire : l'opposition se fissurerait, selon Hun Sen

 

Pour cette deuxième journée de rentrée parlementaire, ils n'étaient déjà plus que 94 députés présents (sur 123) pour élire le président de l'Assemblée nationale, les vice-présidents, les présidents et vice-présidents des commissions, sous la présidence du doyen Chea Soth, député PPC de Phnom Penh. Les élus du Parti Sam Rainsy (PSR) et du Parti des droits de l'Homme (PDH) de Kem Sokha ont brillé par leur absence. A la sortie de cette séance matinale, Hun Sen n'a pas manqué de révéler lors d'une conférence de presse que des dissensions faisaient jour au sein du PSR suite à la participation la veille de Sam Rainsy à la session inaugurale protocolaire, qu'il avait pourtant promis de boycotter. Il a également laissé entendre qu'il y aurait du rififi entre les deux partis d'opposition dont l'alliance pourrait éclater.

Le Premier ministre a ajouté que la décision à la dernière minute de Sam Rainsy de prendre part à la cérémonie d'investiture des députés sans en prévenir son allié Kem Sokha aurait suscité les foudres de ce dernier.
Kem Sokha voulait avec ses deux députés prêter serment ce matin, a également rapporté Hun Sen, qui a déclaré la démarche "impossible" après avoir pris soin de consulter l'Assemblée nationale. Il leur a donc proposé d'attendre l'entrée en fonction de nouveaux députés du PPC en remplacement d'autres qui devront abandonner leurs sièges, afin qu'ils prêtent serment ensemble.
Sam Rainsy et Kem Sokha n'ont pu être joints par téléphone.
Heng Samrin, président d'honneur du Parti du peuple cambodgien (PPC), conserve le perchoir, flanqué du même premier vice-président, Nguon Nhel, et de Say Chhum, secrétaire général du PPC, en remplacement de Hong Sun Huot au poste de deuxième vice-président. Après ces votes, la chambre basse a accordé sa confiance au nouveau gouvernement du Premier ministre Hun Sen, dont le détail de la composition n'a pas encore été communiqué à la presse.
Par Duong Sokha   

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Hanoi, 23 septembre


Vietnam. Encore des avertissements à l'encontre des prêtres et chrétiens de Thai Hà à Hanoi 

 

Le maire de Hanoi, Nguyên Thê Thao, a une nouvelle fois averti le 22 septembre certains prêtres et chrétiens de la paroisse de Thai Hà (Hanoi) pour avoir "enfreint la Loi foncière, la Loi sur la construction et le décret-loi sur les religions, incité des chrétiens à commettre des actes délictueux et divisé le bloc d'union nationale".
C'est la deuxième fois en 2 jours que les autorités hanoiennes avertissent des prêtres et des chrétiens impliqués dans les affaires de revendication des terrains sis au 178, rue Nguyên Luong Bang, Thai Hà et au 42 Nhà Chung, lesquels appartiennent à l'État et qu'ils attribuent à l'Église. Le premier à l'avoir été dimanche dernier est Mgr Ngô Quang Kiêt, archevêque de Hanoi.
Le terrain à Thai Hà appartenant à l'État et étant géré et utilisé par la compagnie textile Chiên Thang, la revendication de Trinh Ngoc Hiên, prêtre de la paroisse de Thai Hà, et de certains autres prêtres et chrétiens du droit d'utilisation de ce terrain, est "sans fondement", selon la mairie de Hanoi.
Pourtant, des prêtres de la paroisse de Thai Hà, conduits par le curé Vu Khoi Phung, ont de leur plein gré ignoré la loi, refusé la coopération, méprisé le pouvoir et se sont livrés jour après jour à des actes délictueux. Ils se sont emparés de terrains, ont monté illégalement des constructions, incité les catholiques à venir y prier et fait pression sur les autorités.
Le maire de Hanoi a averti Vu Khoi Phung, curé de la paroisse de Thai Hà, ainsi que les prêtres Nguyên Van Khai, Nguyên Van Thât et Nguyên Ngoc Nam Phong, et exigé d'eux de "s'abstenir de commettre des actes délictueux et des activités religieuses illégales sous peine d'être punis par la loi, de faire respecter la loi par leurs fidèles et de ramener sans tarder statues, croix, photos... dans les lieux qui leur sont réservés". Il leur a également demandé de "s'abstenir de se livrer à de la propagande déformatrice en se basant sur des informations montées de toutes pièces, et d'entraîner les fidèles dans les activités contrevenantes".
Les autorités de Hanoi ont décidé le 23 septembre de récupérer le terrain sis au 178, rue Nguyên Luong Bang, qui appartient à la compagnie textile Chiên Thang, mais qu'elle n'a pas su bien exploiter. La mairie de l'arrondissement de Dông Da s'est vu confier la tâche d'en faire un projet d'ouvrage d'utilité publique.

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Paris, 25 septembre


Catholiques vietnamiens et pouvoir communiste face à face

 

Devant les manifestations pacifiques des catholiques, les autorités vietnamiennes semblent privilégier l'épreuve de force

C’est une véritable partie de bras de fer qui se déroule actuellement entre le gouvernement et les catholiques du Vietnam. Vendredi 19 septembre à Hanoï, la police a fait pénétrer des engins de chantier sur le site de l’ancienne délégation apostolique, pour des travaux de démolition en vue d’établir un parc public sur ce site, confisqué en 1954 par le pouvoir communiste.
Or, depuis plusieurs mois, les catholiques réclament la restitution de ce terrain qui jouxte la cathédrale et l’archevêché de la capitale. En décembre 2007, des rassemblements de prière avaient déjà eu lieu sur le site après un appel de l’archevêque de Hanoï demandant aux catholiques de prier pour sa restitution. Ils avaient pris fin le 31 janvier, après une intervention du Saint-Siège et des promesses des autorités. Mais, le 13 septembre, une procession de prière a été organisée à l’issue de la messe à la cathédrale, qui a surpris la police, alors surtout occupée par les affaires de la paroisse de Thai Ha.
Dans ce quartier excentré de Hanoï, c’est un terrain inoccupé de 6 hectares, dont la congrégation des rédemptoristes conteste l’usurpation, qui est en cause. Depuis le 5 janvier, des rassemblements pacifiques y ont lieu et les fidèles y ont installé statues et icônes de la Vierge. « 15 000 personnes y passent chaque dimanche », explique à La Croix Mgr Jean Legrez, de retour d’un pèlerinage au Vietnam ; l’évêque de Saint-Claude (Jura) a pu visiter ce terrain, où la situation semble de plus en plus tendue.

Les catholiques n’ont protesté que pacifiquement. Depuis quelques années, la situation semblait pourtant s’être assouplie pour les catholiques au Vietnam. De nouveaux séminaires avaient pu être ouverts et le numerus clausus, qui commande le nombre d’entrées au séminaire et d’ordinations pour chaque année, avait été élargi. « Mais il semble que, depuis la dernière visite de la délégation du Vatican, début juin, la situation soit bloquée », explique Régis Anouil, rédacteur en chef d’Églises d’Asie, l’agence de presse des Missions étrangères de Paris.
Il semble en effet que les promesses, notamment concernant la restitution de certains biens, n’aient débouché sur rien. « La confiance des catholiques a été déçue », constate Régis Anouil. « L’Église est prête à collaborer avec le gouvernement en matière de développement, d’éducation, de santé. Mais rien de ce qu’elle dit en la matière n’apparaît dans les médias officiels, déplore de son côté Mgr Legrez, qui a rencontré plusieurs évêques au cours de son séjour. C’est une Église courageuse, dynamique, vivante, qui veut affirmer ce qu’elle est, mais paisiblement, sans s’opposer. »
De fait, les catholiques vietnamiens n’ont pour l’instant protesté que pacifiquement, par des rassemblements de prière ou des processions. Le gouvernement, lui, joue la provocation. Ainsi, dans la soirée et la nuit du 21 septembre, 500 jeunes, certains en uniforme des Jeunesses communistes, ont attaqué le couvent rédemptoriste de Thai Ha, sous l’œil indifférent de la police. « Certains ont craché au visage des catholiques et les ont frappés. Les prêtres empruntant cette route ont subi le même traitement. Aux alentours de 23 heures, les agresseurs sont allés renverser les tentes occupées par les gardiennes du sanctuaire. Une femme a été sérieusement blessée et transportée à l’église pour y être soignée. Les jeunes s’en sont pris alors à tous les passants », raconte Églises d’Asie.

C'est au nom du bien public que ces terrains ne sont pas restitués. Autour de la délégation apostolique aussi la situation semble particulièrement tendue. Dimanche 21 septembre, 10 000 catholiques se seraient rassemblés pour la messe à la cathédrale toute proche. « Sur le chantier, rapporte Églises d’Asie, face à l’affluence et à la ferveur des fidèles, les forces de la Sûreté montrent quelque énervement et font avancer les chiens policiers pour menacer la foule qui se tient de l’autre côté des barbelés. À l’intérieur de la cour, des centaines d’ouvriers travaillent sur des gros engins dans la précipitation.
Des constructions de trois étages s’écroulent, soulevant des nuages de poussière. Bientôt il ne reste plus que la maison principale qui, autrefois, abritait le délégué apostolique, et la statue de la Pietà qui a été placée là au début des manifestations de prière. » La veille, Mgr Joseph Ngô Quang Kiêt, archevêque de Hanoï – que la presse officielle accuse d’avoir « sapé la grande unité nationale » et « humilié » les autorités –, avait été convoqué au siège du Comité populaire de la capitale.
« Il semble qu’au moins une frange du pouvoir communiste craigne d’ouvrir la boîte de Pandore des restitutions de biens, explique Régis Anouil. Les protestants ont déjà établi une liste de biens à restituer, les bouddhistes pourraient suivre. » En même temps, le Vietnam – que les États-Unis viennent de retirer de la liste des États à surveiller en matière de liberté religieuse – ne tient pas à s’attirer les foudres de la communauté internationale. Officiellement, c’est donc au nom du bien public que ces terrains ne sont pas restitués. mercredi, la mairie de Hanoï a ainsi expliqué que, tout comme pour la délégation apostolique, le terrain des rédemptoristes allait être transformé en « parc public au service des intérêts communs ».   Par Nicolas Seneze

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LA LIBRE BELGIQUE      Bruxelles, 25 septembre


Belgique. Leterme face aux ouragans successifs

 

A peine une difficulté est-elle surmontée que la suivante se présente. La rupture du cartel, le congrès du CD&V, puis la confection du budget 2009.
La vie politique d'Yves Leterme, c'est un peu comme les côtes du Golfe du Mexique. A peine a-t-on repris ses esprits après un ouragan que déjà une nouvelle tempête tropicale s'annonce. Quand Arthur est passé, il faut se préparer à subir Bertha, Gustav, Mitch ou Ike...

Où en est-on ? Entre deux tempêtes. La rupture officielle du cartel avec la N-VA laissera des cicatrices profondes chez les démocrates chrétiens. La plupart des cadres du parti et des élus se disent déçus de la tournure des événements. Certains estiment que le divorce a été un peu trop vite décidé et consommé. Mais ils savent aussi qu'exprimer publiquement des critiques à l'égard de l'actuelle direction du parti, c'est enfoncer encore un peu plus le CD&V et hypothéquer ses chances de reprendre des couleurs. Or, il en aura besoin dans 8 mois, aux élections régionales de juin 2009. Des missionnaires ont été envoyés dans les sections du parti pour tenter de calmer le jeu avant l'important congrès de samedi. Car maîtriser les "alimentaires" du parti (cadres et élus) c'est encore faisable. Empêcher les militants de ruer dans les brancards relève de la mission impossible.

Le courage d'Yves Leterme. Et ce ne sont pas les commentaires encourageants des francophones qui pourront apaiser les blessures du CD&V : au contraire. Pourtant nombreux sont les ministres et présidents de partis qui reconnaissent, pour une fois, une certaine dose de courage à Yves Leterme. Cela n'a pas été simple, pour lui, de tuer le cartel, son "bébé" comme il dit. Aujourd'hui, les commentateurs flamands ne lui pardonnent pas d'avoir placé l'intérêt de la Belgique avant celui de la Flandre. N'est-il pas devenu un peu plus Premier ministre ces jours-ci ? Sans doute a-t-il pensé à toutes ces choses ce week-end, lorsque ses amis le pressaient de démissionner, une solution qu'il a envisagée, a-t-il confié à la VRT.

Reste cette difficulté inhérente à la nouvelle majorité : le gouvernement d'Yves Leterme n'a plus de majorité en Flandre. Abracadabra, répond le Premier ministre. D'abord, c'est la N-VA qui a pris la décision de quitter le navire. D'accord. Ensuite, Yves Leterme espère pouvoir compter sur une majorité alternative grâce au soutien des socialistes flamands pour mener à bien l'œuvre fondamentale de ce gouvernement, à savoir la réforme de l'Etat.

Dans l'hypothèse, probable mais pas encore certaine, où il franchit l'étape du congrès de son parti, le Premier ministre ne sera pas encore au bout de ses peines.

5 à 6 milliards à trouver. Car d'autres travaux l'attendent avant le 14 octobre, date à laquelle il devra présenter la déclaration de politique fédérale du gouvernement.

Le principal élément de cette déclaration sera bien entendu le budget pour l'année 2009. Les choses ne s'annoncent pas très bien. Il y aurait, selon les premières estimations, entre 5 et 6 milliards d'euros d'économie à trouver pour respecter l'objectif prévu, à savoir un surplus de 0,3 pc du Produit intérieur brut. Ce chiffre est brut et comprend toutes les demandes nouvelles des départements que le secrétaire d'Etat au Budget, Melchior Wathelet aura tôt fait de raboter après un premier tour de piste et de vis. Mais la mauvaise nouvelle, conséquence logique du ralentissement économique, c'est le recul des recettes fiscales. Conséquences : il faudra trouver des moyens de compenser, tant par des rentrées nouvelles que par des réductions de dépenses.

Or, la déclaration devra aussi comprendre les moyens pour la liaison des allocations au bien-être, pour le plan de relance socio- économique, pour l'accord interprofessionnel et aussi pour toute une série de politiques nouvelles que les ministres dévoileront à la mi-octobre. Sans oublier, même si cela n'aura pas un grand impact budgétaire, le "paquet" asile-immigration. Si un des points a été résolu (la fin de l'enfermement des enfants en centres fermés), les autres nécessiteront des arbitrages entre l'aile gauche et l'aile droite du gouvernement.

Malgré tout, Yves Leterme ne baisse pas les bras et veut inscrire l'action de son gouvernement dans la durée : " Nous aurons, dit-il , encore besoin de 2 à 3 ans pour mettre en œuvre l'accord gouvernemental ." L'espoir fait vivre...

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Bruxelles,  25 septembre

Belgique-RD Congo Bruxellois et Kinois à l'unisson

 

Les tensions diplomatiques n'affectent pas les liens entre les deux capitales
Les déclarations du ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht (VLD) lors de sa dernière visite à Kinshasa ont jeté un froid polaire sur les relations entre la Belgique et le Congo depuis mai dernier : vexation présidentielle à Kinshasa, rappel d'ambassadeur pour consultation, fermeture de consulats à Lubumbashi et Bukavu, silence radio au plus haut niveau...

Mais si la bouderie perdure au sommet des deux Etats, l'action se poursuit sur le terrain. Et des contacts continuent de se nouer entre ce qu'on appelle chez nous les « entités fédérées ». Ainsi de la récente visite de la ministre bruxelloise Françoise Dupuis (PS), en charge de l'enseignement et des relations internationales à la Commission communautaire française (Cocof), reçue avec tous les égards par son homologue de la province de Kinshasa, Thérèse Olenga.

Venue remettre des bancs-pupitres, du matériel didactique et une station d'épuration dans des écoles kinoises, Françoise Dupuis n'a pas manqué de se démarquer du discours diplomatique fédéral : « Tout est relatif quand on dit que les relations ne sont pas au beau fixe, s'est-elle plu à répondre à la question d'un confrère congolais. Moi, j'ai constaté énormément d'ouverture. Et c'est sans difficulté que j'expliquerai devant mon Parlement ce que j'ai vu ici. En matière de gestion notamment : prenons les crédits leviers que nous octroyons pour la réhabilitation des écoles. Eh bien, ça bouge plus vite que dans mes écoles à Bruxelles. Les bancs sont là, les murs ont été refaits. L'opération me paraît tout à fait crédible. »

Prenant le contre-pied des anathèmes jetés sur la gouvernance congolaise par Karel De Gucht, la ministre francophone s'en réfère à son expérience de terrain : « Je n'ai pas l'impression qu'on a voulu me cacher des choses, bien au contraire, on m'a montré la réalité de la situation. »

Au nom de la Cocof, Françoise Dupuis a d'ailleurs annoncé que les échanges entre les deux capitales allaient être poursuivis et amplifiés. Et elle a d'ores et déjà lancé une invitation officielle à son homologue kinoise Thérèse Olenga. Pour conclure : « Notre coopération est la plus basique qui soit. Je n'attends rien en retour. »  Par Francis Dubois

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Paris, 25 septembre


France. Les limites de l'agilité présidentielle

 

L''économie française s'enfonce dans la crise, mais le président de la République ne se porte pas trop mal. Tel est, brutalement résumé, le paradoxe de cette rentrée. Objectivement, tout se ligue pour transformer la première moitié du quinquennat de Nicolas Sarkozy en une catastrophe économique et politique. Les multiples soubresauts de la crise des subprimes, née aux Etats Unis durant l'été 2007 et minimisée à l'époque par le gouvernement, font peser une incertitude majeure sur la croissance. Fort ralentissement ou récession, l'alternative qui s'offre pour 2009 n'est guère réjouissante et personne ne semble en mesure de contrôler la situation.

Le chômage repart à la hausse. Les déficits publics résistent à toutes les intentions vertueuses. Le déséquilibre du commerce extérieur - près de 50 milliards d'euros en cumulé sur les douze derniers mois - traduit une perte de compétitivité inquiétante des produits français. Les unes après les autres, les promesses de la campagne présidentielle - être "le président du pouvoir d'achat", baisser de quatre points le taux des impôts et charges qui pèsent sur les ménages et les entreprises - sont mises à mal par la réalité des chiffres et le choc des décisions.

La dernière décision en date, celle consistant à créer une nouvelle taxe sur les revenus du capital pour financer le revenu de solidarité active (RSA), a fait beaucoup de bruit mais elle n'est que la partie émergée de l'iceberg. Ces derniers mois, les taxes ont tendance à se multiplier pour colmater les trous du budget et ceux de la Sécurité sociale. Malgré tout, le président de la République résiste. Au sens où il n'enregistre pas de nouvelle dégringolade dans les sondages.

Dans la plupart des sondages, M. Sarkozy continue de stagner dans les basses eaux où il s'était lui-même précipité en janvier. Mais, dans deux enquêtes récentes - LH2-NouvelObs.com, le 8 septembre, et BVA-Orange l'Express, le 18 septembre -, sa cote fait un bond respectivement de onze et douze points, comme si l'activisme qu'il déploie sur la scène internationale et européenne compensait en partie les désillusions de la scène intérieure. Plus fondamentalement, nulle personnalité de droite ni de gauche ne parvient à construire un discours d'opposant suffisamment structuré pour que l'hégémonie présidentielle soit un tant soit peu ébranlée.

Certes, le débat existe chez les économistes comme chez les politiques. En témoigne, par exemple, le livre à charge de Jean Peyrelevade, Sarkozy : l'erreur historique (Plon, 200 p., 18 €). L'ancien président du Crédit lyonnais, devenu proche de François Bayrou, accuse le président de la République d'incarner une "fausse rupture" et de reproduire "l'erreur" économique commise par ses prédécesseurs : privilégier la demande plutôt que soigner l'offre.

La gauche, elle, concentre le tir sur le "paquet fiscal" de l'été 2007 qui, accuse-t-elle, a privé l'Etat de 13 milliards d'euros de précieuses recettes, sans provoquer le choc de confiance attendu. C'est "la faute originelle" du sarkozysme, commentent les socialistes. Mais tous ces débats n'ont pas l'intensité du procès qui avait été fait à François Mitterrand en 1983, lors du dramatique tournant de la rigueur. Ils ne ressemblent pas non plus au vent de fronde qu'avait essuyé Jacques Chirac en octobre 1995 lorsque, à peine élu, il avait dû augmenter les impôts, à rebours de ses promesses de campagne, pour combler les déficits hérités du gouvernement Balladur.

GAGNER DU TEMPS
C'est que le monde d'aujourd'hui n'est plus exactement celui d'hier. Politiquement, M. Sarkozy bénéficie encore des effets créés par son élection. La réunification des droites limite la cristallisation de voix discordantes ; la désorganisation du Parti socialiste l'empêche de construire un discours cohérent ; la solitude de M. Bayrou relativise la portée de ses attaques. Economiquement, les faiblesses françaises sont comme anesthésiées par la mutualisation européenne qui s'est opérée par le biais de l'euro. Finies les dévaluations honteuses qui sanctionnaient les déséquilibres entre la France et l'Allemagne.

M. Sarkozy en profite autant qu'il le peut pour gagner du temps. Il s'interdit de prononcer le mot "rigueur", qui avait été fatal à ses prédécesseurs. Il amadoue ses partenaires européens en poursuivant les réformes structurelles qui finiront bien, assure-t-il, par stimuler la croissance et remettre en ordre les comptes publics. Et il désarçonne ses opposants en restant idéologiquement insaisissable : un coup à droite avec le démantèlement des 35 heures, un coup à gauche avec la création du RSA. "Entre le capitalisme sans foi ni loi et le dirigisme socialiste, il existe un large champ que nous investissons sans complexe", a lancé François Fillon, le 7 septembre, lors de l'université d'été de l'UMP. On ne peut mieux résumer le pragmatisme présidentiel.

Conçue pour traverser une zone de turbulences courte, cette agilité présidentielle commence néanmoins à montrer ses limites. Peu à peu, les atouts qui avaient fait la force du candidat Sarkozy s'amenuisent. La cohérence d'abord. De ses discours de campagne, il ne reste plus aujourd'hui qu'un seul message clair : la réhabilitation de la valeur travail, encore récemment illustrée par la création du RSA. Mais que vaudra l'intention si le chômage, comme le craignent les experts, recommence à augmenter ? Le volontarisme ensuite. M. Sarkozy continue d'en faire son leitmotiv, persuadé qu'après avoir douté de la droite comme de la gauche, les Français lui tiennent gré d'essayer de résoudre leurs problèmes avec pragmatisme.

M. Sarkozy veut mettre autant d'énergie à résoudre la crise financière mondiale qu'à régler le conflit géorgien. Mais que peut-il réellement ? Plus les résultats tardent, plus le doute s'installe, plus les désillusions sont fortes. L'autorité, enfin : certes nul ne conteste à l'UMP la prééminence présidentielle mais à force de prendre à revers la majorité pour mieux déstabiliser la gauche, le président de la République court le risque de devoir gérer une contestation récurrente. Financement du RSA, fiscalité écologique, la multiplication des tensions avec les élus de la majorité montre que, depuis l'été, le cap a été perdu et qu'une explication s'impose. Elle s'annonce d'autant plus difficile que Nicolas Sarkozy ne peut plus biaiser avec la crise économique. Il est désormais en plein dedans. 
Par  Françoise Fressoz

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Paris, 25 septembre


France. Le système Joyandet : Au service du président  

 

A Paris, Alain Joyandet est d'abord perçu comme un proche de Nicolas Sarkozy. C'est à sa fidélité qu'il doit sa nomination au gouvernement. Et ses amis sont ceux du chef de l'Etat.

En cette fin d'après-midi de juin, Alain Joyandet a rendez-vous avec Claude Guéant. Le lendemain, il tiendra, trois mois après sa nomination, sa première conférence de presse en tant que secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie. Avec le secrétaire général de l'Elysée, il fait donc le point sur tous ses dossiers et cale ses « éléments de langage ». Déjà, à la mi-avril, le premier collaborateur du chef de l'Etat l'avait accompagné pour son premier déplacement africain. C'était à Libreville, chez le président Omar Bongo, principal responsable de la chute de Jean-Marie Bockel. Le prédécesseur du maire de Vesoul à la Coopération avait fortement déplu au leader gabonais en déclarant « vouloir signer l'acte de décès de la Françafrique ». Ce dernier s'en était ouvertement plaint aux autorités françaises...

Il y a peu de risque qu'Alain Joyandet cause de pareils soucis à l'Elysée. Dans le système sarkozyste, il est réputé pour être un homme de confiance. Depuis 1993, où il est un espoir du RPR, le Franc-Comtois n'a cessé d'être un soutien de Nicolas Sarkozy. A Vesoul, il l'a fait venir régulièrement : il l'invite encore à l'hiver dernier, alors que nombre de candidats aux élections municipales ne veulent pas s'afficher, durant leur campagne, au côté d'un chef de l'Etat devenu soudainement très impopulaire. A l'Assemblée, il a été l'un de ses soldats : avec Nadine Morano ou Yves Jégo, il a notamment mené le combat contre Dominique de Villepin. A l'UMP, il l'a servi un temps à la place stratégique de secrétaire national chargé des fédérations : un poste qui devrait aujourd'hui l'aider pour s'imposer comme candidat de la majorité aux régionales de mars 2010 en Franche-Comté, face à un autre candidat à la candidature, Jean-François Humbert, qui occupa le poste avant 2004. Enfin, avec le président de la République, il a une passion en commun : le vélo.

A Paris, Alain Joyandet est, sans surprise, également proche de certains lieutenants de la Sarkozie. Le 16 juillet, il participait encore au petit déjeuner qu'organise régulièrement Brice Hortefeux, avec une douzaine de ministres et de parlementaires amis. Il a aussi noué des liens avec les deux Xavier du gouvernement : Xavier Darcos, qui a occupé la « Coopé » de 2004 à 2005, et Xavier Bertrand. Le no 37 de l'équipe Fillon a d'ailleurs invité à dîner à son domicile personnel le secrétaire général adjoint de l'UMP lors de sa venue à Vesoul, le 13 juin. Autre amitié revendiquée par l'élu de Haute-Saône : celle de Josselin de Rohan. Son premier mandat national a été, en 1995, celui de sénateur. C'est ce chiraquien, alors président du groupe RPR du palais du Luxembourg, qui l'avait accueilli.
Par Vigogne Ludovic

Encadré(s) : Double réseau
A quoi, à qui le premier magistrat vésulien doit-il son maroquin ? C'est en vain que l'on dissèque son parcours. Rien. Pas le moindre indice du plus mince intérêt pour l'Afrique ou pour le développement. Alors, à quoi ? A sa proximité avec deux réseaux. Revendiquée, s'agissant de la Sarkozie ; ambiguë, pour la nébuleuse franc-maçonne, si influente en Afrique subsaharienne. En l'espèce, les démentis d'Alain Joyandet sonnent comme des aveux embarrassés.

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Paris, 25 septembre


France. L'avenir incertain des Francos de Limoges

 

Haute-Vienne. Du 23 septembre au 5 octobre, les Francophonies en Limousin fêtent leurs vingt-cinq ans, touchées de plein fouet par les aléas financiers qui mutilent le spectacle vivant.
Fondé en 1983, à Limoges, capitale régionale du Limousin, par Pierre Debauche, le festival des Francophonies en Limousin invite depuis vingt-cinq ans, des artistes de tous les continents à de belles rencontres littéraires et artistiques. Théâtre, poésie, musiques, danses, cirque ou encore tables rondes... les arts du spectacle vivant se réunissent en effet depuis un quart de siècle pour porter haut la richesse et la diversité des cultures francophones.

« Vingt-cinq ans après sa naissance, le festival est resté fidèle à l'idée d'une francophonie toujours plurielle et toujours ouverte au dialogue Nord-Sud », commente Marie-Agnès Sevestre, directrice artistique des Francophonies en Limousin, avant d'ajouter : « Mais aujourd'hui, je ne peux cacher que cette 25e édition n'est pas sans nuages, comme je ne peux taire les menaces et les doutes qui planent sur notre avenir. Car aurons-nous demain les moyens de poursuivre cette belle aventure ? »

En cause ? Le ministère des Affaires étrangères - quatrième contributeur des Francos après celui de la Culture, la région et la ville - participe au financement du festival depuis 1986, à hauteur de 135 mille euros. « Mais le 11 juin dernier, et sans alerte préalable, le service des affaires francophones nous a gentiment annoncé par courrier que ce budget serait amputé de 35 000 euros, soit 26 % de sa subvention et 7 % du budget du festival. Et ce, sans autre explication que « on n'a plus d'argent », poursuit la directrice. Après quoi, les Affaires étrangères ont également annoncé que leur rôle étant d'aider la création à l'étranger, elles ne soutiendraient plus les festivals francophones en France ! Ce qui signifie que pour l'an prochain, nous perdons encore 100 000 euros de subvention ! Alors nous nous demandons bien comment nous financerons l'édition 2009. Car 26e édition il y aura ! »

Pour l'heure, le ministère de la Culture a compensé le manque, permettant au 25e anniversaire des Francos d'avoir lieu dans les meilleures conditions possibles. Sous le signe d'Aimé Césaire à qui cette édition 2008 rend hommage, le festival célèbre donc la création de la langue française en s'appropriant le monde par l'imaginaire. Placé sous les auspices du Québec à l'occasion des quatre cents ans de la découverte de la ville canadienne, il accueille en effet Denis Marleau et Thierry Bedard, auteurs québécois qui reflètent la création contemporaine francophone. À leurs côtés, une kyrielle d'artistes de talent, venus de Kinshasa, de Belgique, de Syrie, de Tunisie ou encore d'Algérie, avec ce même désir commun d'échanger des opinions sur la création universelle, et de les partager avec le public, « à l'écoute d'un monde où notre culture et notre langue plongent leurs racines », ajoute Marie-Agnès Sevestre, avant de conclure : « Vitrine francophone en France et à l'étranger, ce festival participe amplement à l'émergence et à la diffusion de nouveaux artistes et de nouvelles écritures, tout en s'ouvrant à tous avec des spectacles grand public ou plus avant-gardistes, accessibles à toutes les bourses. À ce propos d'ailleurs, j'ai envie de dire aux gens de profiter de ce type de festival. Car si l'on dit que la culture est chère, on verra ce que coûtera l'inculture dans quelque temps, quand elle aura disparu, faute de soutiens financiers... »    Par Eva Sala

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    Genève, 25 septembre


Suisse. La présidence de la Confédération, enjeu inattendu

 

GOUVERNEMENT. Le sort de Samuel Schmid paraît de plus en plus lié à la décision que prendra Hans-Rudolf Merz pour son avenir
Il y a moins d'une semaine, l'avenir politique de Samuel Schmid était le principal, voire l'unique objet d'interrogations et de spéculations dans les coulisses de la Berne fédérale et le radical neuchâtelois Didier Burkhalter paraissait presque installé, déjà, à plus ou moins court terme, dans le fauteuil du ministre de la Défense. L'accident cardiaque dont a été victime Hans-Rudolf Merz a d'autant plus vivement impressionné les élus que le contexte de crise politique dans lequel il s'inscrit met plus particulièrement en évidence la fragilité des hommes et de leurs plans face aux coups du destin.
C'était mercredi encore aux Chambres fédérales le sentiment dominant, en même temps que régnait une profonde perplexité sur la possible évolution de la situation.
Trop lourde charge
Si l'on est un peu rassuré sur la santé de Hans-Rudolf Merz, les inconnues demeurent sur le plan politique. Selon le tournus prévu, il devrait être élu président la Confédération en 2009, une échéance qui pèsera nécessairement sur ses décisions. Même s'il peut compter récupérer rapidement ses facultés et ses forces, le ministre des Finances ne reviendra pas au Conseil fédéral, tel était l'avis pratiquement unanime qui s'exprimait mercredi (page suivante). La charge serait trop lourde pour un convalescent et ce que l'on connaît de la personnalité de Hans-Rudolf Merz porte à penser qu'il privilégiera l'intérêt public par rapport au désir de demeurer aux affaires.
Ces considérations n'arrangent pas les affaires de Samuel Schmid, bien au contraire, ni ne distraient l'attention de ses problèmes, auxquels est venu s'ajouter, mercredi, le rejet du programme d'armement par le Conseil national. Si le chef du DDPS a largement contribué à miner lui-même sa position, le coup du sort qui a frappé son collègue Merz fait de lui une victime collatérale.
Si Hans-Rudolf Merz devait se retirer de la scène politique, Samuel Schmid, qui devait normalement accéder à la vice-présidence, devra être élu directement à la présidence. La question qui se posait marginalement, ces derniers jours, à propos de la vice-présidence, se pose désormais avec une actualité et une acuité autrement plus impérieuses à propos de la présidence.
Posture encore plus délicate
Peut-on élire à la présidence de la Confédération, pour dire les choses tout à fait crûment, un membre du collège gouvernemental aussi politiquement mal en point que Samuel Schmid? Cette interrogation promet d'être intensément thématisée dans les jours à venir. Le seul fait que ce questionnement s'installe avec insistance et consistance dans la plupart des groupes politiques contribue encore plus à affaiblir le chef du DDPS. Si elle devait trouver un point culminant avec un adieu à sa carrière politique, la dramaturgie qui s'est installée autour de Hans-Rudolf Merz ne laisserait pas beaucoup d'autres possibilités à Samuel Schmid que de l'accompagner dans sa démarche.
Rien ni personne ne peut empêcher le chef du DDPS de courir les risques d'une humiliation lors de l'élection à la présidence. Mais s'il a pu commettre plusieurs erreurs d'appréciation au cours de ces derniers mois, il ne doit guère se faire d'illusions sur les soutiens sur lesquels il peut compter désormais, et l'on sait que le Bernois a intensément consulté le monde politique au cours de ces dernières semaines.
L'attente des élus était suspendue à une forme de certitude à propos de la santé de Hans-Rudolf Merz. Elle est désormais suspendue à l'attente d'une décision de sa part sur son avenir politique. Qui n'a rien d'urgent dans la mesure où elle n'implique plus la même retenue.
Si les partis acquièrent la conviction qu'un double départ ramènerait le calme sous la coupole du Palais fédéral, Samuel Schmid sera sûrement condamné. Une considération devrait également peser dans la balance. Si Hans-Rudolf Merz et Samuel Schmid devaient faire défaut, la présidence de la Confédération reviendrait à Doris Leuthard. Ce serait une manière de tourner la page en changeant de génération. Ce serait également une forme de consolation pour le PDC d'avoir à renoncer pour l'instant, pour toutes sortes de raisons, à son rêve de reconquérir un deuxième siège au Conseil fédéral.
Par D.S. Miéville, Berne

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     Montréal, 25 septembre   


Canada. N'importe qui sauf Harper»

 

Le chef conservateur sert une mise en garde contre le vote stratégique
Ottawa -- Après les artistes, les syndicats et les femmes, voici les travailleurs de la santé. La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a invité hier les électeurs à voter pour «n'importe qui sauf Stephen Harper». Le chef conservateur, que ces appels ont commencé à rejoindre, a mis en garde contre un tel vote stratégique.
Décidément, la popularité du Parti conservateur de Stephen Harper dans les sondages n'a pas que du bon. Elle est en voie de convaincre tout ce que le pays compte de regroupements qu'il faut barrer le chemin à la réélection des troupes de M. Harper. Alors que la grogne du milieu culturel se propage peu à peu à l'ensemble du pays (voir texte en page A 6), le milieu de la santé s'est mis de la partie en appelant ses membres à voter pour le candidat ayant le plus de chances de renverser le conservateur dans leur circonscription, qu'il soit libéral, bloquiste, néo-démocrate ou vert.
«C'est la première fois que nous nous impliquons dans une élection fédérale», reconnaît en entrevue avec Le Devoir la présidente de la FIQ, Lina Bonamie. «Nous le faisons parce que nous avons évalué que les enjeux sont majeurs cette fois-ci. Il y a plusieurs dossiers qui se trouvent attaqués par une position du Parti conservateur.» Mme Bonamie cite en exemple les coupures imposées aux groupes de défense des droits des femmes ou encore le peu d'intérêt manifesté pour l'environnement, qui est un «déterminant de la santé».
«Nous voulons faire un blocus», dit celle qui représente 57 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes. Elle veut à tout prix éviter que M. Harper obtienne une majorité.
La FIQ n'est pas seule à s'impliquer de cette manière dans la campagne électorale. Déjà, la CSN a lancé un mouvement «n'importe qui sauf le PC». La Fédération des femmes du Québec a fait la même chose mardi, tout comme une coalition de groupes environnementalistes qui a même lancé un site Internet informant les électeurs du candidat le plus en mesure de battre le conservateur dans une circonscription donnée. Un groupe de citoyens a lancé le site «toutsaufharper» sur lequel on fait la chronologie de décisions jugées nocives en matière d'environnement, de sécurité, de culture, de morale et de liberté de presse. Sans compter que le premier ministre de Terre-Neuve, Danny Williams, mène le bal avec sa campagne ABC (anybody but the conservatives).
Le chef conservateur a été invité hier à commenter ces appels au vote stratégique. Stephen Harper a suggéré la prudence aux électeurs parce qu'une telle stratégie donne parfois de drôles de résultats, selon lui.
«Nous demandons aux électeurs de voter pour ceux en qui ils ont confiance pour gouverner ce pays», a dit M. Harper alors qu'il se trouvait en Colombie-Britannique. «Je pense que dans la situation actuelle, si des électeurs tiennent pour acquis que nous allons gagner, ils pourraient voter stratégiquement et ce serait une grave erreur. Quand on vote pour l'opposition, on se retrouve avec un gouvernement bien différent.»
M. Harper a rappelé l'élection ontarienne de 1990 quand les électeurs, en voulant chasser le libéral David Peterson, se sont retrouvés avec le néo-démocrate Bob Rae, «le pire gouvernement que l'Ontario a eu», à son avis.
M. Harper s'est fait un malin plaisir de citer les résultats d'un sondage Harris Decima, publié le matin même par la Presse canadienne, faisant état d'un déclin -- un «affaissement extrême», selon ses dires -- des appuis libéraux en Colombie-Britannique. Selon ce sondage, les libéraux arriveraient en quatrième position dans les intentions de vote (15 %), derrière les conservateurs (37 %), les néo-démocrates (26 %) et les verts (19 %). Le nombre d'électeurs interrogés est toutefois très limité (184) et la marge d'erreur très importante (7,2 %).
Qu'importe, M. Harper met en garde les militants libéraux déçus tentés de voter pour le NPD. En Colombie-Britannique, une telle stratégie pourrait coûter leur siège à quelques députés conservateurs. «Nous voulons les encourager à regarder avec précaution les politiques du NPD, qui sont en gros des politiques libérales, avec la même philosophie d'augmentation des impôts. [...] Le message ici est très clair: si vous ne voulez pas d'un gouvernement libéral, vous devriez voter conservateur, parce que si vous votez pour le NPD, vous obtiendrez probablement un gouvernement libéral de toute manière.»
Lundi, le chef du NPD, Jack Layton, a laissé entendre qu'il pourrait former une coalition avec les libéraux pour constituer le gouvernement à la place des conservateurs. Le chef libéral, Stéphane Dion, a rejeté cette idée le lendemain. «Nous ne pouvons pas avoir une coalition avec un parti dont le programme serait dommageable pour l'économie.»
Quant à la campagne lancée par la Fédération des femmes du Québec, M. Harper n'en fait pas trop de cas. «Je sais qu'il y a des groupes qui, traditionnellement, ne nous appuient pas et qui voteront pour d'autres partis», a-t-il répondu.
Une campagne hermétique
Malgré toutes ces attaques, la campagne conservatrice continue de se dérouler sans anicroches. Il faut dire que le parti n'a pris aucun risque. Les «gens ordinaires» que M. Harper prétend représenter ne se retrouvent pas souvent sur son chemin.
Ainsi, toutes les annonces du chef conservateur, effectuées en matinée, le sont devant des journalistes. Les gens que l'on aperçoit derrière, et à qui M. Harper tourne le dos, ont été sélectionnés des jours à l'avance par le parti et se font dire où s'asseoir.
Par exemple, lors de la visite de Stephen Harper à Trois-Rivières, la semaine dernière, Le Devoir a constaté qu'une poignée de gens qui s'étaient déplacés pour venir entendre leur chef ont été refoulés à la porte parce qu'ils n'avaient pas d'invitation. Pourtant, ils s'étaient présentés plus d'une heure avant le début prévu de l'événement et la salle n'était pas pleine. Lors des rallyes de soirée à Saguenay et Drummondville, les organisateurs ont désigné des places aux participants, notamment à des jeunes à qui on donnait la consigne de se placer bien en vue à l'avant-scène.
Enfin, notons que mardi soir, les journalistes voyageant avec M. Harper se sont fait empêcher d'approcher une candidate conservatrice qui participait à un rallye avec M. Harper. Il s'agit de Dona Cadman, l'épouse de feu Chuck Cadman, un ancien député conservateur devenu indépendant. Mme Cadman a soutenu que son mari s'était fait offrir par le Parti conservateur une assurance-vie d'un million de dollars juste avant sa mort afin qu'il vote avec les conservateurs à la Chambre des communes pour renverser le gouvernement libéral. Le directeur des communications de M. Harper, Kory Teneycke, a expliqué que les candidats avaient une campagne à mener et qu'ils n'avaient pas le temps de parler avec les médias nationaux.   
Par Hélène Buzzetti

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Trois Rivières, 24 septembre


Canada. L'effet boomerang

 

Les artistes québécois, qui font beaucoup de bruit durant la présente campagne électorale, sont-ils en train de nuire à Stephen Harper ? Il faut plutôt se demander si ce n'est pas le contraire qui est en train de se passer.

La ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner, a annoncé des compressions dans quelques programmes de subventions destinés aux artistes et à la formation de la relève. Une annonce mal ficelée, c'est vrai, qu'elle aurait dû avoir l'aplomb de justifier comme du monde si effectivement les coupes s'imposent. Une annonce qui a jeté un froid entre Québec et Ottawa. Une affaire qui a braqué le milieu artistique et conduit à des dérives navrantes comme cette dernière pub du NPD qui parle des "conservatueurs" de la culture ou cette vidéo, mettant en vedette Michel Rivard, qui veut donner l'impression que les conservateurs sont des épais qui ne comprennent rien au fait français.

Aussi discutables puissent être les coupes budgétaires faites dans certains programmes (et non pas dans tous les programmes destinés à la culture), n'en reste pas moins que les artistes québécois sont tombés dans l'exagération la plus primaire. Crier au derby de démolition de la culture québécoise, c'est trop fort. S'insurger dramatiquement sur toutes les tribunes comme si les artistes étaient des intouchables et que les fonds dont ils profitent ne peuvent être réévalués sous quelque prétexte que ce soit, c'est pousser trop loin. Et c'est bien connu, à force de crier au loup...

Les compressions faites vont toucher l'ensemble du milieu culturel canadien, pas juste le Québec. Elles ne sont quand même pas un complot ourdi contre la francophonie et le Québec. Restons calmes. Les artistes devraient avoir à la mémoire qu'ils ne seront pas non plus l'enjeu principal de cette campagne. Les Québécois aiment bien leurs vedettes, mais il suffit de tendre l'oreille pour réaliser qu'il s'en trouve pas mal pour être convaincus que dans le lot des artistes il y a des enfants gâtés qui ne se lèvent pas le matin pour aller au boulot, même s'ils n'arrivent pas à vivre convenablement de leur art, et d'autres qui se plaignent le ventre plein. Comme ceux qu'on pouvait voir en vêtements griffés au gala des Gémeaux.

Pas sûr que l'électeur moyen, préoccupé par le prix de son plein d'essence ou le ralentissement du carnet de commandes de son usine, est complètement scandalisé d'apprendre que certaines tournées d'artistes en Europe seront privées jusqu'à nouvel ordre du support fédéral. Pas sûr non plus qu'il est préoccupé, par exemple, par les coupes de budget à l'Institut national du film et du son, un organisme privé subventionné, alors qu'il y a déjà des établissements publics en milieu collégial et universitaire qui sont impliqués dans la formation de la relève en théâtre, en télévision et en cinéma. Y a-t-il dédoublement des efforts et des subventions ? On ne sait pas trop. La ministre est muette et les artistes sont tellement crinqués contre les conservateurs que leur message perd toute crédibilité. Ça commence à sentir pas mal plus fort le combat idéologique et politique que la critique. Surtout qu'un Gilles Vigneault ne s'est pas gêné d'affirmer que les Québécois qui vont voter conservateur trahissent leur propre culture, sont naïfs, incultes et font preuve d'ignorance crasse.

Nos artistes ont beau s'époumoner contre le gouvernement Harper, pas sûr qu'ils vont réellement faire une grosse différence le 14. Y-t-il au contraire un risque que leur croisade tous azimuts contribue à ouvrir la boîte de Pandore et qu'on se mette à questionner l'ensemble du soutien financier dont ils peuvent profiter à différents titres et aux deux paliers de gouvernement?

Il y en aura pour se ranger derrière les artistes et d'autres, au contraire, qui vont peut-être applaudir en se disant que les conservateurs n'ont pas eu peur de sonner la fin de la récréation.
Par Gagnon, Ginette

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  Caraquet (Nouveau-Brunswick), 24 septembre


La Francophonie célébrée avec passion à Moncton

 

MONCTON - Près de 20 musiciens et chanteurs monteront sur la scène du Théâtre Capitol, à Moncton, le 13 octobre, afin de célébrer la Francophonie mondiale dans un spectacle alliant la chanson, la poésie et l'humour.

Animé par l'humoriste Michel Mpambara, ce spectacle s'intitulant Passion Francophonie a été créé par une équipe de l'Acadie, en marge du XIIe Sommet de la Francophonie à Québec.

Le spectacle sera présenté à Moncton et à Québec. L'auteur-compositeur-interprète Pascal Lejeune, la chanteuse et comédienne Mélanie LeBlanc et Isabelle Pelletier, du Nouveau-Brunswick, sont de la distribution. Isabelle Pelletier est une jeune chanteuse de 10 ans du Madawaska qui a l'âme de Piaf, a fait savoir le producteur du spectacle, Marc Chouinard.

Elle joue Comme l'explique celui-ci, un spectacle visant à donner une vitrine au Nouveau-Brunswick.

"C'est une terrible de belle vitrine pour l'Acadie et le Nouveau-Brunswick, de montrer qu'on peut monter des grands spectacles et travailler avec un groupe d'artistes de partout et de les amener ici, à Moncton. C'est ici qu'ils vont répéter", indique Marc Chouinard, qui en est à son sixième projet avec les sommets de la Francophonie.

Les artistes seront guidés par la poésie du poète sénégalais Léopold Sédar Senghor, père fondateur de la Francophonie. M. Chouinard précise que certains des poèmes de M. Senghor feront partie du spectacle. Quelques poèmes seront récités, d'autres chantés.

"Il y a des artistes qui utilisent la poésie de Senghor dans leurs chansons ou qui ont composé des chansons avec ses poèmes. Nous voulions souligner l'apport de Senghor à la Francophonie et peut-être le faire connaître un peu plus au Canada", poursuit-il.

La direction artistique du spectacle a été confiée à Jac Gautreau. Mamadoo Konté coordonne l'événement et Cécile Dookingue assure la direction musicale. Selon M. Chouinard, le spectacle offrira un métissage de mots et de musique.

"Nous allons les faire travailler ensemble durant le spectacle. Ils vont s'entremêler."

Les artistes proviennent de Madagascar, du Burkina Faso, de la Belgique, du Sénégal, du Mali, de la France, d'Haïti, du Rwanda, du Vietnam, du Québec et du Nouveau-Brunswick. Marc Chouinard promet plusieurs petits moments magiques. Les artistes seront appelés à chanter ensemble, notamment une pièce traditionnelle avec des guitares vietnamienne et africaine.

Les artistes sur scène seront Minata Traoré, Charles Dubé, Souleymane Diamanka, Quynh Anh Pham, Pascal Lejeune, Sarah Toussaint Léveillé, Zal Idrissa Sissokho, Samian, Haïngo, Mélanie LeBlanc, Isabelle Pelletier et Huu Bac Quach. Ils seront accompagnés des musiciens acadiens Dominique Dupuis, Jac Gautreau, Denis Hachey, Christian Boulay et de l'artiste haïtienne Cécile Dookingue.

En bref...Le spectacle Passion Francophonie sera présenté le 13 octobre, à 20 h, au Théâtre Capitol, et le 16 octobre, au Palais Montcalm, à Québec. Ce spectacle est une présentation du gouvernement du N.-B., en collaboration avec le gouvernement du Canada et l'Organisation internationale de la Francophonie. Il s'agit d'une production du Théâtre Capitol, de la Francoforce et du XIIe Sommet de la Francophonie, à Québec.  Par Mousseau, Sylvie

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