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francophone et
internationale
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Francophonie: Diouf veut
un "militantisme" des chefs d'Etat pour le français (AFP)
Jean-Louis Roy : Le défi
Francophonie (Voir)
Solidarité et coopération / par Monique Gagnon-Tremblay
(La Presse)
Une défense de la Francophonie nécessaire /
par Monique Gagnon-Tremblay (Le Devoir)
La Francophonie est bien vivante / par Alain Joyandet (Le Devoir)
Sommet de la Francophonie. Les chefs
arrivent en ville
(Canoë Infos)
Québec entre francophonie
et paranoïa sécuritaire (L'Orient Le Jour)
Un sommet résolument politique et économique en présence de
l’Algérie (La Tribune, Alger)
12e Sommet de la francophonie :
Bouteflika en guest-star à Montréal (El Watan, Alger)
Sarkozy préfère Bush à la Francophonie (Le Devoir)
Sommet de la Francophonie. Sarkozy conscrit
son premier ministre (Le Devoir)
La francophonie a rendez-vous à Québec (Le Nouvelliste, Sion)
XII ème Sommet de la Francophonie : Me Wade attendu cet
après-midi à Québec (Le Soleil)
Le
Québec doit prendre sa place ! / par
Pauline Marois (Le Devoir)
Sommet de la Francophonie: une opportunité à saisir pour le
Québec (La Voix de
l'Est)
Sommet de la francophonie. La jeunesse africaine mandate Boni
Yayi (Fraternité, Cotonou)
200 millions de francophones dans le monde (Libération, Paris)
Francophonie et pâquerettes (Le Devoir)
Une occasion en or
(L'Orient littéraire)
Autres articles
Et en Haïti... (Le Monde)
Des
milliards pour la finance, des miettes pour la faim (Libération,
Paris)
Or donc il y a de l’argent
pour aider les pauvres (L'Observateur paalga)
La crise oubliée
(Le Courrier,
Genève)
La crise risque d'aggraver la situation alimentaire (Le Monde)
Centrafrique.
Promulgation de la loi d’amnistie (Le Potentiel)
Côte d'Ivoire. Visite de Gbagbo dans le Nord : l’opposition
prêche dans le désert (Le Pays)
Côte d'Ivoire. Le FMI épingle Gbagbo sur son budget (Libération,
Paris)
Mauritanie. Retour de Cheikh Abdallahi au pouvoir : ce ne sera
pas pour demain (Le Pays)
Sénégal. Le spectre de l'anarchie (Le Matin, Dakar)
En Tunisie, les émeutes du bassin minier de Gafsa se poursuivent
… (Le Temps, Genève)
Liban.
Les relations avec Damas, un exploit nécessaire, mais pas suffisant (L'Orient Le Jour)
En Haïti, les habitants des Gonaïves survivent dans la boue (Le Monde)
Cambodge. Deux soldats cambodgiens tués par l'armée thaïe (Le Soir)
Les Vietnamiens de Montréal manifesteront (Le Soleil, Québec)
Belgique. Et les femmes, dans tout ça ? (Le Soir)
Canada. Pari perdu pour Stephen Harper aux législatives
anticipées (Le Temps)
Québec-France. Portes ouvertes (L'Express, Paris)
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Le secrétaire
général de la Francophonie Abdou Diouf a affirmé attendre "un militantisme"
en faveur de la langue française de la part des chefs d'Etat et de
gouvernement réunis au 12e sommet de la Francophonie à Québec du 17 au 19
octobre. Q: Qu'attendez-vous de ce sommet ? R: Nous
attendons de la déclaration finale la réaffirmation d'une grande volonté
politique de tous les chefs d'Etat et de gouvernements de promouvoir
davantage, de faire rayonner davantage la Francophonie dans le monde comme
organisation internationale mais aussi comme mouvement, comme un signe de
militantisme au service d'une langue que nous avons en partage. Pour la
première fois, parmi les quatre enjeux fixés, il y a la langue française. On
considérait que c'était évident. Mais dans un monde où nous sommes sous la
menace du monolinguisme (ndlr: de l'anglais), il est certain qu'il faut que
nous ayons une politique de la langue française. C'est la raison
pour laquelle j'avais fait adopter à Bucarest un vademecum pour l'utilisation
du français dans les organisations internationales où le français est menacé. C'est la raison
pour laquelle je me suis rendu cette année moi-même à Pékin pour défendre le
français aux jeux Olympiques. Q: Quelles actions concrètes pour
défendre le français ? R: On ne peut
pas enseigner le français seulement en tant que langue mais il faut enseigner
en français les technologies modernes. Nous avons plusieurs "projets
pilotes" qui permettront de développer l'enseignement du et en français
et nous voulons que les Etats membres nous accompagnent. Les objectifs
du Millénaire ne se réalisent pas comme nous le souhaitons, en particulier au
Sahara. La scolarisation universelle demande des efforts supplémentaires.
Nous venons de lancer des projets pilotes en ce qui concerne la formation à
distance des maîtres du primaire car l'Afrique a besoin de recruter plus de
deux millions d'enseignants d'ici à 2015. Nous avons
lancé le projet de "volontariat francophone" avec le recrutement de
40 premiers jeunes "volontaires" qui serviront dans différentes
missions de la Francophonie pour promouvoir le français. Nous voulons
créer des "maisons du savoir" dans les banlieues des grandes villes
qui pourront permettre d'aider l'éducation, la culture et l'utilisation de
nouvelles technologies. C'est un projet pilote que nous allons expérimenter
dans quatre villes francophones (Chisinau, Ouagadougou, Hue et Kinshasa). Q: Pensez-vous que les Etats membres
vont répondre à vos attentes ? R: Il faudrait
que la France et les pays francophones ne réduisent pas les moyens consacrés
au développement de la langue française. En cette période budgétaire, c'est
la crainte que nous avons. Le but du
sommet de Québec c'est de dire "donnez-nous plus de moyens non pas sur
notre bonne mine mais voici des pistes concrètes" avec les projets
pilotes. |
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Pour l'ancien secrétaire général de
l'Agence intergouvernementale de la Francophonie, Jean-Louis Roy, la
Francophonie, dont le Sommet a lieu ces jours-ci à Québec, doit absolument
concocter de nouvelles stratégies si elle veut se frayer une place dans le
très concurrentiel nouvel espace culturel mondial. Jean-Louis Roy:
"Aujourd'hui, un des principaux défis de la Francophonie est de
comprendre l'immense intérêt que cette organisation a à soutenir le
multilinguisme. Le "tout anglais" et le "tout occidental"
ne domineront pas le 21e siècle. Il est temps aussi de sortir du cas de
figure très réducteur: la langue française versus la langue anglaise. C'est
le syndrome normal du Québec. Mais, à l'échelle du monde, il faut absolument
que les Québécois se rendent compte que les autres groupes linguistiques sont
aussi dans une démarche d'affirmation. L'espace culturel et linguistique
mondial est désormais l'objet de convoitises nouvelles. La structuration de
grandes diasporas par d'autres puissances, telles l'Inde et la Russie,
contribue aussi à cet enrichissement, sans compter la progression de la
langue espagnole jusqu'au coeur de l'empire américain." Vous reprochez à la Francophonie de
ne pas être suffisamment présente et active dans l'espace culturel
francophone. "Pour
consolider sa position dans l'espace culturel mondial, la première priorité
de la Francophonie doit être d'occuper, au sens le plus noble du terme, tout
l'espace francophone. Ce qu'elle ne fait pas encore aujourd'hui. À mon avis,
il est tragiquement scandaleux que la Francophonie n'ait pas contribué d'une
façon plus décisive à la scolarisation des enfants africains francophones. Il
y a encore des pays africains où 30 % à 40 % des enfants n'iront jamais à
l'école une seule journée de leur vie. En termes de droits humains, c'est
profondément inacceptable. En termes d'intérêts de la Francophonie, c'est
totalement incongru parce que c'est à l'école que les enfants africains
apprennent la langue française. Si cette tendance pernicieuse se maintient,
ça voudra dire que dans 20 ou 25 ans, il y aura 175 à 200 millions de
locuteurs de la langue française. Donc, la Francophonie aura stagné." Nombreux sont ceux qui reprochent à
la Francophonie d'être aujourd'hui une organisation plus politique que
culturelle. Cette critique est-elle fondée? "Force est
de rappeler que la Francophonie est politique depuis 40 ans. Cette
organisation est née, en 1968, d'une entente intergouvernementale. Donc,
c'est aussi un mouvement politique. Je suis bien au fait de cette critique.
Il y a même des gens qui souhaitent que la Francophonie se retire
complètement du domaine politique. Mais, je crois que si, en 1990, les
dirigeants de la Francophonie étaient restés silencieux sur les libertés
humaines, sur la culture démocratique..., ils auraient été critiqués d'une
façon radicale, et cette critique aurait été fondée." Vous êtes assez critique en ce qui a
trait au rôle joué aujourd'hui par le Canada au sein de la Francophonie. "Dans mon
livre, je suis assez sévère à l'endroit d'Ottawa. J'ai observé pendant des
années l'évolution du Dossier de la Francophonie au Canada et au Québec. Au
temps de Brian Mulroney, et certainement du temps de Jean Chrétien, il y
avait à Ottawa, au niveau de la haute fonction publique fédérale, du premier
ministre, des sous-ministres, du Conseil des ministres..., une liste
impressionnante d'individus qui étaient des acteurs significatifs de l'action
francophone. Je cherche aujourd'hui où sont ces acteurs à Ottawa. Je ne
trouve à peu près personne. Lorsque Stephen Harper a cherché dans la haute
fonction publique, et auprès de son entourage, un sherpa, un représentant
personnel, pour gérer le Dossier du prochain Sommet de la Francophonie, il
n'a trouvé personne. Il a dû aller le chercher à l'extérieur de la fonction
publique. Il a sauvé la mise en quelque sorte. À mon avis, aujourd'hui, la
position du Canada dans la Francophonie est à reconstruire." Le Québec est-il un acteur important
dans la Francophonie? "La force
du Québec dans la Francophonie a toujours été de proposer des projets, des
programmes, des initiatives nouvelles, comme l'Institut de l'Énergie, la
Convention sur la diversité culturelle... Je crois que le Québec joue à peu
près ce rôle-là. C'est certain que la présence moins ostensible d'Ottawa dans
la Francophonie est une chance considérable pour le Québec d'occuper l'espace
davantage. Moi, je ne fais pas de la politique, mais je trouve que le premier
ministre du Québec, Jean Charest, comprend pas mal bien les enjeux et les
défis actuels de la Francophonie. Il joue assez bien son rôle au sein de
cette organisation." L'adhésion ces dernières années à
l'organisation de la Francophonie d'un certain nombre de pays où l'usage du
français est quasiment inexistant, est considérée par certains comme une
grande incongruité. "Il y a eu
une espèce de grand fleuve pas très tranquille dans les années 90 qui a amené
à la Francophonie beaucoup d'États d'Europe centrale et d'Europe de l'Est.
Après l'implosion du bloc soviétique et du Pacte de Varsovie, ces pays
cherchaient désespérément des alliances. Ils se sont tournés vers la
Francophonie parce qu'ils avaient vu cette organisation fonctionner à New
York, à Genève, auprès des Nations Unies. Je sais qu'il y a encore
aujourd'hui beaucoup de gens qui disent: "Ça a été déraisonnable
d'accepter tous ces pays qui n'ont presque aucune affinité avec la langue et
la culture françaises". Ce qui a été déraisonnable, à mon avis, ce n'est
pas de les accepter dans l'espace francophone, c'est de les avoir acceptés
sans leur imposer des conditions à leur adhésion. On devrait dire à tous les
pays qui souhaitent adhérer à cette organisation: "On est très heureux
de vous avoir nous. Mais que faites-vous pour l'enseignement du français? Que
faites-vous pour l'utilisation du français dans votre diplomatie?
Pouvons-nous nous entendre sur des seuils?"" Comment envisagez-vous l'avenir de la
Francophonie? "La
Francophonie est arrivée à la fin d'un cycle, qu'elle a plutôt bien réussi.
On est maintenant dans l'ère du numérique, dans un autre espace qui se
construit à partir d'autres matériaux, d'autres manières de communiquer. Il
faut réaliser que nous vivons désormais dans un monde où les technologies
jouent un rôle de plus en plus prépondérant. Tous les contenus qu'on a dans
les pays francophones, il faut les numériser et les mettre à la disposition
de banques de données où les gens pourront les trouver et les consulter... La
France, le Québec, la communauté francophone de Belgique et la Suisse seuls
n'ont pas la masse critique pour créer suffisamment de ces contenus
numériques et occuper une place convenable dans la concurrence culturelle
mondiale. Si le privé, le public et d'autres acteurs se parlent d'une autre
manière et font voir ce qu'ils peuvent faire ensemble, un peu comme ils ont
fait pour créer TV5, je suis convaincu qu'on y arrivera." Quel avenir pour la langue française?
Francophonie et concurrence culturelle au XXIe siècle / de Jean-Louis Roy Éd.
Hurtubise HMH, 2008, 268 p. |
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Solidarité et coopération |
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Par Monique Gagnon-Tremblay. L'auteure
est ministre des Relations internationales et ministre responsable de la
francophonie. Notre fierté
est à la hauteur de nos attentes. Le peuple québécois est très attaché à la
langue française et à sa culture. Sa volonté inébranlable de conserver et de
promouvoir sa langue dans un esprit d'ouverture et de respect de la
différence a forgé son identité et a fait de lui une nation en Amérique et
dans le monde. Le Québec a
contribué à la naissance de la francophonie et participe activement à son
développement. Il y a investi ses efforts et son expertise. Au sein de
l'espace francophone, le Québec parle de sa propre voix, fait valoir ses
réalisations et partage son savoirfaire. Sa présence continue et active lui a
permis de tisser un solide réseau de contacts politiques, ainsi que des liens
bilatéraux sur les cinq continents. L'expertise du Québec est reconnue, et de
nombreux pays font appel à lui dans différents domaines. Partage d'une langue Le Québec
souhaite que les chefs d'État et de gouvernement abordent les grands sujets
de l'heure que sont les crises alimentaire et financière dans un esprit de
solidarité et de coopération. Il a proposé de débattre de grands enjeux, dont
celui des changements climatiques, qui lui semble le plus crucial du XXIe
siècle. Les défis environnementaux, qui figurent déjà au coeur des relations
entre les pays du Nord et du Sud, façonneront assurément leurs rapports dans
la décennie à venir. Le sommet est
un événement de grande envergure. Par-delà le protocole et les impératifs
organisationnels qu'exige une telle rencontre internationale, je souhaite que
chaque Québécois se sente l'hôte de tous ces peuples de la francophonie. |
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Par Monique Gagnon-Tremblay, Ministre
des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie |
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Par Alain Joyandet, Secrétaire d'État
chargé de la Coopération et de la Francophonie auprès du ministre des
Affaires étrangères et européennes de la République française |
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Les chefs
d’États et de gouvernements qui participeront au XIIe Sommet de la
francophonie, qui s’ouvre officiellement vendredi, ont commencé à arriver à
Québec: les ronrons des cortèges officiels se font entendre, les rues sont
bloquées par leurs passages, les parcours d’autobus sont déviés,
l’omniprésence des forces policières est remarquable, bref, tout ça est en
route. Mais ça n’a
rien de comparable avec le déploiement des forces de l’ordre auquel on avait
assisté en 2001 à l’occasion du Sommet des Amériques avec ses troupes de
policiers en armures, ses grillages, ses barricades, ses gaz lacrymogènes et
ses affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Le mouvement
des manifestations violentes des groupes altermondialistes, qui a marqué les
grands sommets du monde à la fin des années 1990 et au début des années 2000,
s’est essoufflé. «La vague est passée», déclare, à ce sujet, Denis Ricard, le
directeur général du secrétariat de l’organisation du XIIe Sommet de la
francophonie. Expertise. Denis Ricard n’en est pas à ses
premières armes. C’est à lui que le premier ministre Robert Bourassa, à
l’époque, avait confié l’organisation du premier Sommet de la francophonie à
se tenir à Québec en 1987. Depuis, il en a fait huit autres (quatre au Canada
et quatre à l’étranger), dont sept dans l’organisation immédiate. Il était,
notamment, aussi directeur général de l’organisation du Sommet des Amériques
en 2001. Du point de vue
de l’organisation, les Sommets de la francophonie ont largement évolué depuis
1987. «C’est le jour et la nuit », confirme le patron de la logistique. Le
nombre de participants a pratiquement doublé, les sujets à l’ordre du jour se
sont multipliés et les chefs d’État de gouvernements débattent maintenant
dans des arènes plus nombreuses. En outre, en 1987, la cérémonie d’ouverture
s’était déroulée en plein air sur la place Georges V, ce qui serait impensable
aujourd’hui. Le Sommet en chiffres. En chiffres, le XIIe Sommet de la
francophonie représente quelque 2000 délégués et environ 700 représentants
des médias (journalistes, techniciens, photographes, caméramans, etc.) et, en
tout, 22 000 accréditations émises si on ajoute la sécurité, les
fournisseurs, les techniciens qui montent et démontent les salles, les
bénévoles, etc. Tous les hôtels
et par extension les restaurants sont de la partie. Cela représente près de
20 000 nuitées, dont la durée moyenne va de quatre à cinq jours et le Centre
des congrès de Québec est occupé en totalité par l’événement. Quelles sont
les retombées économiques pour Québec? En 2001 l’organisation du Sommet des
Amériques avait entraîné de coûts (excluant la sécurité, notamment) de 37,5
M$. Denis Ricard rapporte qu’une étude de l’Université Laval souligne que les
retombées avaient dépassé les 130 M$. Cette année, le budget d’organisation
est de 32,7 M$. Le chiffre des retombées est à venir. Par Bernard Plante |
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Les ministres de la Culture des pays
membre de l’OIF ont entamé les travaux préparatoires du XIIe sommet de la
francophonie au milieu d’un dispositif de sécurité contraignant pour les
médias. |
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Le 12ème sommet
de la francophonie, qui se tiendra du 17 au 19 octobre à Montréal, capitale
provinciale du Québec, doit réunir 70 chefs d’État, dont le président
Abdelaziz Bouteflika, et de gouvernement. Manifestement, l’insistance de M.
Harper, qui vient d’être réélu Premier ministre du Canada, hier, pour diriger
un gouvernement conservateur, il est vrai minoritaire, aura eu gain de cause.
En effet, son désir de voir l’Algérie participer à cet important sommet sera
exaucé et il pourra s’enorgueillir, à juste raison, de cet exploit que même
l’ancien président français, Jacques Chirac, n’a pu réaliser. Cette
satisfaction sera sans doute partagée par M. Charest, Premier ministre du
Québec, qui avait, rappelons-le, délégué la ministre des Affaires
internationales, Mme Gagnon, pour porter une invitation en bonne et due forme
au chef de l’État. Cette offensive semble avoir porté ses fruits, alors que
les précédentes tentatives avaient tout au plus réussi à faire participer
notre pays en qualité d’observateur, d’abord à Beyrouth en 2002 ensuite en
Roumanie en 2006. Cette présence au Canada, et au plus haut niveau, peut être
considérée comme très significative et pourrait signer l’entrée officielle de
notre pays au sein de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).
La présence du chef de l’État à ce sommet serait le signe évident de cette
intention, non encore déclarée officiellement. |
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12e Sommet de la francophonie :
Bouteflika en guest-star à Montréal |
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Le président
Bouteflika va participer en qualité « d'invité spécial » au 12e
sommet de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui s'ouvrira demain pour trois jours à
Québec, au Canada, souligne un communiqué de la présidence de la République
rendu public hier. Il y est
précisé que la participation du chef de l'Etat
à ce sommet intervient « à l'invitation de Stephan Harper
et Jean Charest, respectivement Premiers
ministres du Canada et du Québec », précise la même source. Faut-il
comprendre ce faisant que Bouteflika ira au Québec juste pour faire plaisir à
ses hôtes de la province francophone du Canada et non pas en tant que
Président qui appuie une organisation pilotée par la France ? Bien que
le président Bouteflika se soit départi du « complexe » algérien de
la francophonie depuis qu'il a cassé le tabou en participant au 9e sommet de
Beyrouth, le souci d'éviter les interprétations politiques et géopolitiques
qu'induit ce rendez-vous transparaît assez clairement dans l'ordre de mission
du chef de l'Etat. C'est ce qui expliquerait le
soin pris de préciser qu'il répond à une invitation de la Gouverneure
générale du Canada, Mme Michelle Jean. Officiellement, il n'est pas
question pour Bouteflika de faire plaisir à la France qui, elle, n'a jamais
caché sa volonté et son souhait de voir l'Algérie - ce premier pays
francophone au monde - rejoindre un jour cette puissante organisation. Il
reste que le déplacement du chef de l'Etat
vers la lointaine province est à interpréter comme un geste de « bonnes
intentions » qui ne manquerait pas de titiller l'ego de Sarkozy en ce
qu'il constitue, à tout le moins, une caution morale à cet ensemble culturel
et maintenant politique qui prend de l'ampleur. L'Algérie, qui ne fait pas
partie officiellement de la Francophonie, reconnue comme institution
politique depuis le sommet de Paris en 1986, figure en pole position sur le
tableau de chasse de l'organisation. L'UPM oui, l'OIF oui, mais... Abdelaziz Bouteflika a été le premier
président algérien à faire les premiers pas vers cette organisation, en
plaidant dès sa prise de pouvoir en faveur de l'ouverture sur les langues
étrangères, notamment le français. Il se rapprochera un peu plus, en janvier
2001, en se rendant à Yaoundé, au Cameroun, pour prendre part au sommet
France-Afrique, une sorte d'antichambre de la Francophonie. Mais quand bien
même il le souhaite, Bouteflika hésite à franchir le pas malgré les prières
de Jacques Chirac et récemment de Sarkozy,
compte tenu des résistances tenaces au niveau des sphères influentes du
pouvoir, peuplées de conservateurs qui rattachent invariablement la
francophonie au système colonial. C'est donc cette solution médiane qui
consiste à participer, désormais régulièrement, au sommet de l'OIF mais avec la casquette d'invité
« d'honneur » ou « spécial » - histoire, d'un côté de se
soustraire à la vindicte des adversaires irréductibles et de concéder des
gestes à la France de l'autre - que semble avoir adoptée Bouteflika. Il faut
signaler que le sommet du Québec sera consacré aux questions de la paix, de
la sécurité, de la démocratie, de la gouvernance économique et de
l'environnement. La crise financière mondiale et ses répercussions devraient
également s'inviter à ce sommet, précisent les organisateurs. L'Organisation internationale de la francophonie (OIF)
regroupe 55 Etats et gouvernements ainsi que 13 observateurs. L'Egypte, qui
fait partie de la sphère anglophone, est partie prenante de la francophonie |
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Le président écourte encore une fois
son séjour à Québec On savait déjà,
comme Le Devoir l'avait révélé il y a quelques semaines, que le président
français allait rater la journée du 19 octobre, dimanche, où les 55 chefs
d'État et de gouvernement discuteront pour la première fois de l'avenir de la
langue française. L'Élysée a confirmé hier
que le président serait aussi absent une bonne partie sinon toute la journée
de samedi où l'on doit discuter, dans quatre tables rondes distinctes et à
huis clos, d'environnement, de la crise alimentaire et de la situation
économique. Personne n'était en mesure de préciser hier si la conférence de
presse prévue avant son départ samedi serait maintenue. L'Élysée a cependant soutenu que ce nouvel
imprévu ne modifiait en rien les activités inscrites à l'agenda du président
le vendredi, qui s'annonce comme un véritable marathon pour le chef d'État
français, mais où la francophonie joue un rôle marginal. Dès après son
arrivée à Québec en matinée, Nicolas Sarkozy
doit en effet prendre part, vers 11h, au sommet Canada-Union européenne,
auparavant prévu à Montréal par l'entourage de Stephen Harper.
Ce sommet, qui doit lancer des négociations de libre-échange entre l'Europe
et le Canada, se déroulera à la Citadelle de Québec, où le président sera
accueilli par la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean. Réélu ou
non, c'est Stephen Harper qui le recevra et
représentera le Canada à ce sommet. Le président de la Commission européenne,
José Manuel Barroso, y sera aussi, a appris
Le Devoir. En après-midi,
vers 15h, Nicolas Sarkozy doit prononcer un
discours au Parlement de Québec. C'est le premier, sinon un des premiers,
chef d'État à s'adresser directement aux parlementaires québécois au Salon
bleu. Plusieurs chefs de gouvernement y ont pris la parole, dont Raymond
Barre en 1979, Pierre Maurois en 1982, le premier ministre grec Andréas
Papandreou en 1983, et Laurent Fabius en 1984. En 1955, le colonel Paul
Magloire, président de la république d'Haïti, s'était aussi adressé aux
parlementaires, (selon un reportage de Roland Lelièvre archivé sur le site de
Radio-Canada). Nicolas Sarkozy doit signer au Salon rouge un
protocole d'entente sur la mobilité de la main-d'oeuvre entre la France et le
Québec. Selon nos informations, Paris et Québec ne s'entendaient pas encore,
hier, sur l'ordre des deux événements. Québec préférait le discours d'abord
et la signature ensuite et Paris, l'inverse. Par la suite,
le président français doit être présent à l'ouverture du sommet de la Francophonie
prévue à 17h45 (selon l'horaire prévu sur le site de l'OIF hier). M. Sarkozy, qui est actuellement
président de l'UE, s'envolera de Québec
pour Washington avec José Manuel Barroso, qui
participe aussi au sommet Canada-Union européenne. À Washington, les deux
hommes devraient s'entretenir avec le président Bush de «nombre de questions,
mais l'économie mondiale sera évidemment la question centrale», a indiqué le
porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe. Selon l'Élysée, il sera évidemment question de la
réunion d'un G8 élargi, une proposition formulée il y a deux semaines par le
président français qui souhaite une «remise à plat du capitalisme financier».
La nouvelle de
l'absence de M. Sarkozy a été accueillie par un «pas de commentaire» par l'Organisation internationale de la Francophonie.
Au bureau de Jean Charest, on s'est borné à rappeler que «le président
français est aussi président de l'UE.
On est très conscient qu'il a un programme chargé avant le Sommet et après le
sommet». Des sources proches du premier ministre confiaient être heureuses
d'avoir «sauvé l'essentiel», soit le discours le sommet Canada-UE et le discours au Parlement. Quant au Sommet
de la Francophonie, on se demandait hier qui allait y remplacer le président
français le samedi après-midi et le dimanche. Une rumeur a circulé il y a dix
jours voulant que le premier ministre François Fillon soit dépêché à Québec
samedi. Mais, plus récemment, le nom du ministre de l'Écologie, de l'Énergie,
du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, Jean-Louis
Borloo, était plus souvent évoqué. Par
Rioux, Christian; Robitaille, Antoine |
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Fillon remplacera le président
français au sommet de Québec, samedi et dimanche |
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XII ème Sommet de la Francophonie : Me Wade attendu cet
après-midi à Québec |
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Québec-Canada - Le président de la
République, Me Abdoulaye Wade, est attendu cet après-midi a l’aéroport
international de Québec. Il fera une importante communication sur la
gouvernance et la solidarité économique au cours du 12ème Sommet de la
Francophonie. La délégation sénégalaise déjà sur place est conduite par le
ministre de la Culture, du Patrimoine historique, des Langues nationales et
de la Francophonie, Mame Birame Diouf. C’est, hier, en
début de matinée, au Centre des Congrès que s’est ouverte la conférence des
ministres des pays membres de l’Organisation internationale de la
Francophonie (Cmf). Une occasion pour les participants de déblayer le terrain
avant que les chefs d’Etat et de gouvernement n’entrent en lice demain. Dans
la matinée d’hier, les participants ont suivi les allocutions du ministre
président de la Cmf, Mme Josée Verner, celle de Mme Monique Gagnon
Tremblay du Canada-Québec, co-hôte du sommet et l’intervention du Secrétaire
général de l’Oif, le président Abdou Diouf. Plusieurs
rapports ont été présentés durant cette première journée. Il s’agit du
rapport sur la 69e session du conseil permanent de la Francophonie, tenu à
Paris et de celui du commissaire aux comptes. L’assemblée a
aussi suivi un exposé de l’Administrateur de l’Oif, Clément Duhaime sur la
coopération. D’entrée, l’Administrateur de l’Oif a rappelé que le Secrétaire
général de l’Oif a réalisé le rêve des pères fondateurs de la
Francophonie : celui de créer une organisation politique dont le socle
et le ciment sont la langue française et dont la raison d’être est la
solidarité entre les peuples francophones. « Solidarité culturelle et
linguistique, bien sûr, mais aussi solidarité économique, éducative,
politique, scientifique et environnementale », a souligne
M. Duhaime. « Sous la
conduite de Abdou Diouf », a constaté l’Administrateur de l’Oif,
« l’ensemble de ce dispositif se veut le fer de lance de la coopération
multilatérale francophone ». Il a cité les
nombreuses réalisations notamment les accords de partenariat avec les Etats
membres, ceux de l’Union européenne, la formation de 25.000 diplomates,
fonctionnaires et journalistes, l’accès aux livres et au savoir dans les
zones rurales des pays du Sud, le sillage de l’adoption à l’Unesco de la
Convention sur la protection et la promotion de la diversité culturelle, le
financement de la circulation des artistes et des créateurs originaires de
206 pays, l’accompagnement de la transition démocratique dans les pays
membres, l’organisation de plus de 1.000 manifestations à l’occasion de la
journée du 20 mars, etc. S’expliquant
sur la modernisation de l’Oif par M. Diouf, son proche collaborateur a
déclaré que celle-ci s’est traduite par « l’adoption d’un plan stratégique
avec une rigueur budgétaire renforcée, une approche axée sur l’atteinte des
résultats tangibles et mesurables ainsi qu’un souci constant de
transparence ». Quant aux
opérateurs directs (Agence universitaire de la Francophonie, TV5, l’Aimf,
l’Université Léopold Senghor), ils ont présenté comme à chaque sommet des
communications. Quant aux Secrétaires généraux de la Confejes et de la
Confemen, M. Youssou Fall et Mme Hima, ils ont fait des exposés sur
leur domaine respectif. Les travaux se
poursuivront ce matin avec les communications des Etats associés et
observateurs, des parlementaires avant d’examiner des projets à l’ordre du
jour et d’ordonnancement des travaux du sommet. La date et le pays hôte du
prochain sommet seront également annoncés. |
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Par Pauline Marois, Députée de
Charlevoix et chef du Parti québécois |
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Par André Riedl, député d'Iberville et critique de l'opposition officielle en matière d'affaires internationales et d'exportation
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12ème sommet de la francophonie. La jeunesse africaine mandate Boni Yayi |
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La jeunesse
francophone de 25 pays africains souhaite que le Dr Boni Yayi soit leur
porte-parole au 12ème sommet de la francophonie qui se tient à partir du 17
octobre prochain au Canada. Elle l’a affirmé hier au Bénin Marina hôtel de
Cotonou où en prélude à ce sommet, elle a organisé un dîner de mobilisation
et d’information sur les enjeux que présente ce rendez-vous pour la jeunesse
africaine. Rappelant à l’assistance que le 17 octobre prochain est un grand
jour non seulement à cause dudit sommet mais aussi parce que c’est la journée
internationale pour l’élimination de la pauvreté, Luc Sidimou, président de
l’Association de la jeunesse africaine francophone a saisi l’occasion pour
interpeller le président Boni Yayi. Conscient de sa disponibilité à écouter
la jeunesse, il lui a lancé un appel afin qu’il soit leur porte-parole pour
défendre leurs causes auprès de ses pairs. A deux jours de l’ouverture du
sommet, Luc Sidimou a souligné que le président béninois, lauréat 2003 du
prix de la francophonie économique a déjà beaucoup donné à la jeunesse
francophone en initiant les institutions financières de la francophonie mais
ne devrait rester insensible aux maux qui la minent, surtout le chômage. Séfou Fagbohoun distingué. A signaler que
la République démocratique du Congo a saisi l’occasion de cette soirée pour
annoncer sa candidature pour l’organisation du prochain sommet de la
francophonie. |
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200 millions de francophones dans le monde |
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La langue française est la 9e langue
la plus utilisée dans le monde. Avec l'anglais, c'est l'une des deux seules
langues parlées sur tous les continents. La Francophonie
compte 128 millions de francophones "réels" capables de parler
couramment le français, et 72 millions de "partiels", selon
l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Le français est avec
l'anglais la seule langue utilisée sur tous les continents. Il est la
neuvième langue parlée dans le monde derrière le chinois, l'anglais, l'indi,
l'espagnol, le russe, l'arabe, le bengali et le Portugais. Il est la langue
officielle de 27 pays membres de l'Union européenne où il reste loin derrière
l'anglais en matière de langues étrangères apprises, mais devance l'allemand
et l'espagnol. Le français
est, totalement ou pour partie, la langue maternelle dans cinq pays
européens: la France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg et Monaco auquel
s'ajoute le cas particulier d'Andorre - soit environ 70 millions de
personnes. En Europe centrale et orientale, la Roumanie, puis la Pologne et
la Moldavie sont les pays qui comportent le plus grand nombre de
francophones. Les dix pays où
l'on trouve le plus de francophones sont la France (63 millions), la
République démocratique du Congo (24,3), l'Algérie (16, non membre de l'OIF),
la Côte d'Ivoire (12,7), le Canada (11,5), le Maroc (10,1), le Cameroun (7,3),
la Tunisie (6,3), la Belgique (6,3) et la Roumanie (6). Le continent
africain détient le nombre le plus important de francophones avec un taux de
10% par rapport à sa population globale. L'idée de
constituer un regroupement de pays francophones, à l'instar du Commonwealth
qui lie entre elles les nations attachées autrefois à la Couronne
britannique, a été d'abord mise en avant par les présidents Léopold Sédar
Senghor (Sénégal), Habib Bourguiba (Tunisie), Hamani Diori (Niger) ainsi que
par le Prince Norodom Sihanouk (Cambodge). A leur
initiative, a été créée en 1970 au Niger le premier organisme francophone
multilatéral, l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), chargée
de développer des programmes de coopération culturelle et économique au
profit des pays francophones du Sud. La population
totale des Etats et gouvernements membres de l'OIF est de 803 millions de
personnes. Le 12e sommet
de la Francophonie se tiendra à Québec du 17 au 19 octobre. |
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Par Gaston Bernier, Président de
l'ASULF Québec |
Autres articles
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Pour endiguer
la plus grave crise financière depuis celle de 1929, la planète jongle avec
des centaines de milliards de dollars. Les Etats s'endettent, les banques
respirent et les Bourses se redressent. A la hauteur d'une tempête qui invite
à s'interroger sur les fondements mêmes de nos systèmes économiques, de
telles sommes donnent le vertige. Pour éradiquer la sous-alimentation qui
touche 923 millions d'humains, il suffirait, selon les calculs des ONG, de 30
milliards de dollars par an. Moins de 5 % du seul plan Paulson ! Une misère. En pleine crise
financière, la Journée mondiale de l'alimentation, jeudi 16 octobre, sonne
comme un signal d'alarme. Selon le bilan de l'Organisation des Nations unies
pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'envolée des prix agricoles et
du pétrole a provoqué, en 2008, une augmentation de 75 millions du nombre de
personnes qui souffrent de la faim. En dépit d'une hausse de la production
mondiale de céréales, les marchés agricoles restent tendus, et les experts
s'attendent à une succession de crises alimentaires. Alors qu'un
enfant de moins de 10 ans meurt de la faim ou de ses conséquences toutes les
cinq minutes dans le monde, l'association Action contre la faim relève
qu'elle a "beaucoup de mal à mobiliser les énergies et les fonds".
Cela ne fait que souligner le contraste avec l'apparente facilité avec
laquelle des fonds ont été trouvés pour sauver les banques. Le traitement
d'un enfant malnutri coûte environ 60 dollars par an. Mais les moyens
mondiaux mis en oeuvre ne permettent de traiter que 5 % de la malnutrition
sévère. A environ 2 400
kilomètres de Wall Street, Haïti, un des pays les plus pauvres de la planète,
résume ces misères du monde. En avril, il a connu de violentes émeutes de la
faim. Entre le 15 août et le 15 septembre, il a été dévasté par deux cyclones
et deux tempêtes tropicales qui ont fait près de 800 morts et ont accentué la
pénurie alimentaire. Mais, en Haïti comme ailleurs, loin des marchés, on
meurt en silence. La mobilisation internationale ne dure guère au-delà du
temps médiatique des catastrophes. Avec la crise financière, la diaspora haïtienne
a réduit ses envois de fonds. Il faudra bien pourtant que, après ses
faillites financières, le monde s'attaque à ses faillites morales. Editorial |
Des milliards pour la finance, des miettes pour la faim
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Pendant la
crise financière globale, les autres crises planétaires passent à la trappe.
Et parmi celles-ci (énergétique, climatique) la crise alimentaire est la plus
aiguë : 923 millions de personnes sont victimes de la faim dans le monde
en 2008, estime la FAO, l'organisation des
Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Alors que les
pays développés prévoient d'injecter jusqu'à près de 3 000 milliards
d'euros dans le sauvetage du système bancaire et financier de la planète, 1 %
de ce pactole - décidé en moins d'un mois - suffirait à sortir l'humanité de
la faim. «Il ne faudrait investir que 30 milliards d'euros par an pour
assurer la sécurité alimentaire d'une population qui atteindra
9 milliards en 2050», écrivait Jacques Diouf
dans nos colonnes (Libération du 8 octobre). «Tsunami silencieux». Il suffit de remonter cinq ans en
arrière pour voir l'ampleur des dégâts. En 2003, 815 millions de
personnes souffraient de la faim. On assistait alors à une baisse moyenne de
6 millions par an. Les agences de l'ONU
se prenaient à rêver : si, chaque année, 28 millions de plus sortaient
de la trappe de la malnutrition, alors on pourrait réduire de moitié le
nombre de victimes de la faim d'ici à 2015... Retour sur
terre en 2008. Sur fond de spéculation, de ruée vers les biocarburants, de
sécheresse liée au changement climatique, le prix des denrées alimentaires explose
de façon exponentielle. + 50 % depuis le début 2008, après 24 % en 2007, 12 %
en 2006... Cette inflation galopante depuis 2002 est la plus forte depuis le
début des années 70, qui avait conduit à des famines dramatiques. Six
millions d'Ethiopiens sont aujourd'hui menacés. Le drame,
justement, c'est que la mobilisation des bailleurs de fonds ne suit pas.
L'aide alimentaire internationale est tombée en 2008 à son niveau le plus bas
depuis quarante ans, assure le PAM, le
Programme alimentaire mondial. Qui parle «de tsunami silencieux». Parallèlement,
l'aide publique au développement s'effondre, à l'image de la France qui vient
de renier les promesses jadis martelées par Jacques Chirac
de parvenir à consacrer 0,7 % de sa richesse, d'ici à 2012, aux pays du Sud.
«L'opinion s'en moque», lâche un diplomate français. Un sondage dans la Croix
d'hier dit pourtant le contraire : 58 % des Français appuient une hausse de
l'aide. Indispensable donc, sauf à voir se multiplier les déstabilisations
régionales liées aux famines et aux réfugiés climatiques. Mais pendant
que les grands de ce monde redécouvrent les vertus de la régulation des
marchés, ils militent toujours dans les enceintes internationales pour
davantage de libéralisation sur l'agriculture. «Les pays riches doivent
permettre aux gouvernements des pays du Sud d'assurer leur propre
développement agricole et leur sécurité alimentaire, dit Frédéric Rousseau, de l'ONG Oxfam. Et ne doivent plus s'opposer aux
mesures qui protègent les petits producteurs, les secteurs agricoles.» Pourtant, des
mesures de protection sont permises par l'Organisation
mondiale du commerce. Mais les pays ne les appliquent pas. Souvent
par crainte de rétorsions économiques. Inégalités obscènes. Un dernier chiffre, histoire de
résumer l'ampleur des enjeux pour une autre mondialisation. «Les différences
d'espérance de vie entre les pays les plus riches et les plus pauvres
dépassent désormais quarante ans.» Des inégalités «criantes», résume
l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans son rapport annuel, publié
mardi. «Plus grandes aujourd'hui qu'elles ne l'étaient en 1978», dit Margaret Chan, la directrice générale de
l'OMS. Obscènes, même : en trente ans, le monde fait marche arrière alors
qu'il vient de connaître une croissance de ses richesses sans précédent en
dix ans. Le monde fera-t-il mieux avec la longue récession qui s'annonce ? |
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On la croyait sur le point d’être vaincue.
Mais la crise financière qui secoue les places boursières, depuis de longues
semaines, a démontré qu’elle avait la peau dure. Pourtant, des thérapies de
choc, il y en a eu. Des 700 milliards de dollars du plan Paulson, aux quelque
1700 milliards d’euros dégagés dimanche par le sommet de l’Eurogroupe, le
nouveau monde et le vieux continent ont mis la main à la poche pour venir en
aide à leurs banques. Des sommes
tellement folles qu’on aurait bien du mal à les convertir en CFA, et encore
davantage, à en traduire les montants, colossaux, dans nos langues
nationales. Si cet effort considérable a pu éloigner pour un temps la menace
d’effondrement du système financier mondial, il n’a pas réussi à dissiper
totalement les nuages. Et après deux
jours d’embellie, la descente aux enfers a repris, faisant virer au rouge la
plupart des indices des marchés financiers. « Je suis plus serein qu’il
y a cinq jours, mais la crise financière me terrifie », affirmait Paul
Krugman, Nobel 2008 d’économie, qui, dès lundi, avait émis des inquiétudes,
jugeant sévèrement la stratégie de George Bush face à la crise, la qualifiant
de réponse « idéologique ». Ces
appréhensions se sont malheureusement confirmées, et c’est dans un contexte
de rechute des marchés, que Camp David, la résidence des présidents
américains, recevra samedi Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso. Le premier, en
tant que président en exercice de l’Union européenne et le second en sa
qualité de président de la Commission. Au nombre des sujets discutés, la
crise, qui retiendra davantage leur attention. La situation est grave, la
bourse coule et les deux rives de l’Atlantique sont bien décidées à se serrer
les coudes pour redresser un système sur le point de s’effondrer. Bien loin des
grandes places financières, l’Afrique reste un acteur minuscule de la donne
financière, avec seulement 3% du commerce mondial. Plus touché par la crise
alimentaire et la hausse du prix du brut, notre continent redoute surtout une
baisse des prix des matières premières et le tarissement du flux vital, de
l’aide au développement. On se souvient
qu’en 2005 à Gleneagles en Ecosse, le G8 nous avait donné beaucoup d’espoir,
promettant de porter à 50 milliards de dollars par an l’aide au tiers monde,
l’Afrique devant bénéficier de la moitié de cette somme. Aujourd’hui,
seuls 20% des engagements auraient été tenus. Et on se demande si ces belles
promesses seront un jour tenues, surtout après le spectaculaire sauvetage des
banques occidentales. Ainsi, des milliers de milliards d’euros viennent de pleuvoir
sur les places financières, pour limiter les dégâts de la crise, alors que
l’argent manque pour aider les pauvres. Alors, à défaut
de bénéficier de la manne promise des bailleurs de fonds, les pauvres du
tiers monde devront trouver les moyens, eux aussi, de se serrer les coudes
pour sortir du sous- développement. Par
H. Marie Ouédraogo |
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Emeutes de la
faim, flambée des prix, développement des agrocarburants: comme attendu, le
lexique de la «crise alimentaire» n'a pas passé l'été. La page des agendas
politiques est tournée. Dans la plus grande discrétion, l'Organisation
mondiale pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a annoncé vendredi que
925millions d'êtres humains avaient faim. En une année, 75millions de
personnes ont basculé –pas moins de 1% de la population mondiale. |
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La faim gagne
du terrain. Actuellement, 923 millions d'humains en souffrent dont 75 millions
de personnes supplémentaires en 2008, en raison de l'envolée des prix
agricoles et du pétrole. C'est le bilan que dresse l'Organisation des Nations
unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), à la veille de la Journée
mondiale de l'alimentation, fixée jeudi 16 octobre. Cette
aggravation de la sous-alimentation n'est peut-être qu'un début. "Ce que
nous avons vécu cette année, avec les émeutes de la faim, n'était pas une
crise, mais une alarme. Si crise alimentaire d'ampleur mondiale il y a, elle
est devant nous", estime Abdolreza Abbassian, économiste à la FAO. Car
les marchés agricoles restent tendus, et la crise financière risque
d'aggraver la situation. Des signes
d'amélioration sont pourtant perceptibles. La récolte 2008-2009 va battre des
records. Selon la FAO, la production mondiale de céréales devrait augmenter
de 2,8 %, notamment grâce à l'extension de la culture du blé. Ces
perspectives ont permis une baisse des prix depuis six mois sur les marchés
mondiaux qui avaient atteint des sommets au printemps. RÉGLEMENTATION DE LA SPÉCULATION Et après ? Rien
n'est sûr. "A la moindre mauvaise récolte, les prix flamberont. Comme
rien n'a été fait, nous ne sommes pas à l'abri d'une succession de crises
alimentaires", estime Hervé Guyomard, économiste à l'Institut national
de la recherche agronomique (INRA). "Est-on prêt pour une nouvelle
augmentation de prix à l'avenir ?, interroge M. Abbassian. Je crains que non,
alors que l'impact sera certainement encore plus fort pour les pays
pauvres." La crise du printemps
a permis de prendre conscience des erreurs du passé et de tomber d'accord sur
quatre nécessités : investir dans l'agriculture, promouvoir l'autosuffisance
alimentaire de chaque pays - et donc les cultures vivrières -, miser sur les
exploitations familiales pour assurer l'alimentation des plus pauvres, pour
la plupart paysans, et développer des modes de production durable. Mais, sur les
raisons mêmes de l'envolée des cours, il n'y a pas consensus : le rôle des
agrocarburants ou ceux de la spéculation et des changements des modes
alimentaires dans les pays émergents font toujours débat. Par conséquent,
aucune décision n'a été prise par la communauté internationale qui, en outre,
n'a pas honoré ses engagements financiers. "Même si la production augmente,
le véritable problème est celui des revenus et de l'accès des plus pauvres à
la production", estime François Danel, directeur général de l'ONG Action
contre la faim. Le problème
risque même d'être amplifié par la crise financière. Car pour assurer la sécurité
alimentaire mondiale d'une population qui croît, il faut investir. Or les
fonds publics risquent désormais de manquer pour, par exemple, développer à
moyen terme l'agriculture africaine et, dès cette année, pour financer l'aide
alimentaire, craignent les organisations non gouvernementales (ONG). A court terme,
c'est donc sur les agriculteurs des pays développés qu'il faut compter pour
augmenter la production. Mais rien ne dit qu'ils relèveront le défi si le
crédit se raréfie et que l'achat de semences et de fertilisants s'avère
impossible. De plus, faute de crédits, "les pays pauvres auront du mal à
financer leurs importations de denrées", redoute Abdolreza Abbassian. Selon de
nombreux experts, pour éviter une crise alimentaire majeure à venir, il faudra
réduire la volatilité des prix, plus inquiétante que les cours élevés pour
les consommateurs des pays pauvres comme pour les producteurs. La solution
pourrait être d'utiliser des stocks régionaux afin de remettre de la
marchandise sur le marché en cas de déséquilibre entre l'offre et la demande.
Jusqu'ici, c'est le rôle qu'avaient joué les stocks européens et américains,
avant que ces outils de régulation disparaissent. Sur ce point,
la crise financière pourrait s'avérer bénéfique. Même si, ces dernières
semaines, elle a occulté la crise alimentaire, elle a aussi fait ressurgir
l'idée d'une régulation mondiale. Sur la scène alimentaire, le débat avait
émergé au printemps. L'Institut international de recherche sur les politiques
alimentaires (Ifpri), basé à Washington, qui estime nécessaire une
coordination mondiale, avait ainsi appelé à la réduction et à la
stabilisation des prix grâce à la mise en place d'une réglementation de la
spéculation et de stocks de céréales publics partagés. Mais les nombreuses voix
qui s'étaient élevées alors semblaient inaudibles. Par
Laetitia Clavreul |
Centrafrique :
promulgation de la loi d’amnistie
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La loi d’amnistie, un des préalables
à la tenue du «Dialogue politique inclusif» devant rassembler en Centrafrique
pouvoir, opposition, société civile et rébellions, a été promulguée par le
président François Bozizé. La loi
d’amnistie, un des préalables à la tenue du «Dialogue politique inclusif»
devant rassembler en Centrafrique pouvoir, opposition, société civile et
rébellions, a été promulguée par le président François Bozizé, a rapporté
l’AFP citant le mardi 14 octobre 2008 une source officielle centrafricaine. Adoptée par le
parlement le 29 septembre, cette loi prévoit que sont amnistiées «toutes les
infractions commises par les éléments des forces de défense et de sécurité,
les autorités civiles et militaires dans le cadre des opérations de maintien
de l’ordre et de la défense du territoire» depuis le 15 mars 2003 quand le
général Bozizé a renversé l’ex-président Ange-Félix Patassé (1993/2003). Sont également
amnistiés «les responsables et les membres des groupes politico-militaires se
trouvant sur le territoire national ou en exil» depuis cette date jusqu’à la
promulgation de la loi le 13 octobre. La loi cite
comme personnalités amnistiées, l’ex-président Patassé, son ancien ministre
de la Défense, Jean-Jacques Demafouth, actuel dirigeant d’une rébellion dans
le nord du pays, et Abdoulaye Miskine, un autre dirigeant de la rébellion. Toutefois, la
loi exclut de l’amnistie «les crimes de génocide, les crimes contre
l’humanité, les crimes de guerre» ou tout crime «relevant de la compétence de
la Cour Pénale Internationale» (CPI). INACCEPTABLE. La Centrafrique, pays enclavé
figurant parmi les plus pauvres de la planète, fait face à une grave crise
financière et sociale alors que l’insécurité règne dans le nord en proie aux
exactions de groupes rebelles, de «coupeurs de routes» et de l’armée gouvernementale.
La loi fixe aux
rébellions 60 jours «pour mettre fin aux violences et faire cesser le feu
immédiatement et sans conditions». Elle soumet leurs combattants «aux
mécanismes de cantonnement, de désarmement et de reconversion» dans ce délai.
Jean-Jacques
Demafouth, président de l’Armée populaire pour la restauration de la
démocratie (APRD), un des principaux mouvements rebelles du pays, a affirmé
récemment que cette loi d’amnistie était «inacceptable». Il conteste
notamment qu’on ne peut regrouper et cantonner les combattants des rébellions
en deux mois. Si ce cantonnement n’a pas lieu dans ce délai les rebelles
perdront le bénéfice de la loi. Le président
François Bozizé devra, selon un analyste, tenir compte de toutes ces
critiques afin de rapprocher l’opposition et permettre que le dialogue
politique aboutisse à la réconciliation nationale et au rétablissement d’une
paix durable en Centrafrique. Par Pierre Emangongo |
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Côte d'Ivoire. Le FMI épingle Gbagbo sur son
budget |
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Il y a quelques
mois, la Côte-d'Ivoire se plaignait du manque de soutien financier de la
communauté internationale pour organiser des élections générales, sans cesse
repoussées depuis trois ans. Mais ces jours-ci, des experts du FMI ont
découvert avec stupeur l'évaporation de 100 milliards de francs CFA du
budget de l'Etat ivoirien, soit 150 millions
d'euros. Une somme qui aurait été bien utile pour dynamiser le processus
d'identification et de réfection des listes électorales, actuellement en
panne. Gênant pour un pays qui, par ailleurs, espérait obtenir, à brève
échéance, un effacement de sa dette. Vitraux. Lors d'une mission d'une dizaine de
jours en Côte-d'Ivoire qui s'est achevée en fin de semaine dernière, les
experts du FMI ont pointé du doigt le financement hors budget des grands travaux
menés à Abidjan et surtout à Yamoussoukro. Le régime de Laurent Gbagbo a lancé la construction, entre
autres, d'un palais présidentiel dans cette ville du centre du pays, érigée
en capitale après l'indépendance conformément aux desiderata de Félix
Houphouët-Boigny. «En quoi avions-nous besoin d'un tel bâtiment ? s'indigne
un haut responsable ivoirien. Le pays dispose déjà de deux palais
présidentiels, à Abidjan et à Yamoussoukro.» Ces grands
travaux voulus par le président Gbagbo ont été confiés à l'architecte Pierre Fakhoury, un Libanais né en
Côte-d'Ivoire, bien en cour à Abidjan. Ce dernier, qui peut se targuer de
figurer sur l'un des vitraux de la monumentale basilique de Yamoussoukro, sa
pièce maîtresse, construite sous le règne du «Vieux», Houphouët, a un accès
direct au chef de l'Etat. A Paris,
Fakhoury est proche de l'avocat Robert Bourgi, l'un des derniers
représentants des réseaux françafricains de Jacques Foccart, qui a l'oreille
du secrétaire général de l'Elysée,
Claude Guéant. A Abidjan, Pierre Fakhoury bénéficie des largesses du
régime. Le président Gbagbo lui a ainsi attribué personnellement un bloc
d'exploration offshore à la frontière avec le Ghana. C'est d'ailleurs sur les
revenus tirés de l'exploitation des gisements de pétrole ivoirien que les
grands travaux de Fakhoury à Yamoussoukro seraient financés. Pot aux roses. D'après nos informations, le régime
d'Abidjan a alloué 1,6 million de barils de brut à la compagnie
pétrolière contrôlée par l'architecte, Yam's petroleum. En toute discrétion,
croyait-il. Mais les experts du FMI ont découvert le pot aux roses. Dans une
langue toute diplomatique, l'institution financière rappelle à l'ordre l'Etat ivoirien : «L'exécution du budget 2008
n'a pas encore satisfait complètement aux attentes du programme.» Et
d'ajouter : «D'autres initiatives s'imposent [...] pour s'assurer que tous
les revenus et dépenses de l'Etat
sont repris au budget.» L'annulation de la dette ivoirienne attendra des
jours meilleurs sur le plan de la rigueur budgétaire. Par
Thomas Hofnung |
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Mauritanie.
Retour de Cheikh Abdallahi au pouvoir : ce ne sera pas pour demain |
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"Faut pas
rêver." C’est le titre d’une émission diffusée sur une chaîne de
télévision française. Cela pourrait épouser la situation politique actuelle
en Mauritanie, où certains se prennent à rêver que le président
démocratiquement élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi, renversé le 6 août dernier,
réintégrera ses fonctions de chef d’Etat de la Mauritanie. D’un autre côté,
un front anti-putsch national, l’Union africaine, l’Union européenne et bien
d’autres Etats, comme la France, s’opposent au général Ould Abdel Aziz et aux
siens. Pour manifester leur engagement dans ce sens, des militants soutenant
l’ancien régime de Abdallahi ont essayé une fois de plus de se faire entendre
en battant le pavé. La manifestation a été réprimée sans ménagement. Dans le
même temps, l’ultimatum lancé par l’Union africaine contre la junte vient
d’expirer et l’on attend la réaction de Jean Ping dont l’institution continue
d’exiger le départ du général Abdel Aziz et le retour de l’ancien chef
d’Etat. Quelles mesures seront prises en représailles par l’UA ? On
attend de voir. Pour sa part, l’Union européenne qui s’est inscrite dans la
même logique, attend de la junte qu’elle accède au retour à l’ordre
constitutionnel, et certains de ses Etats ont déjà taillé des costumes de
persona non grata aux membres de la junte et à leurs acolytes. L’ancien
président de l’Assemblée nationale, chez qui on observe tout de même un
ramollissement de ton, croit avoir trouvé une solution de sortie de crise. Il
propose en effet, un retour de l’ancien chef d’Etat, pour une période définie
qui débouchera sur l’organisation d’une élection présidentielle transparente
et la formation d’un gouvernement de consensus chargé de conduire les
élections. Cette proposition enchante-t-elle la junte au pouvoir ? Il ne
faut pas être naïf. On peut penser, avec le président de la Commission de
l’Union africaine, Jean Ping, que les nouveaux maîtres de Mauritanie ne
feront pas tout ce chemin qui n’était d’ailleurs pas sans risques, pour
ensuite faire machine arrière et remettre le pouvoir arraché. Cette junte
n’irait pas jusqu’à se saborder. Sous cet angle, on peut dire que le retour
de Cheikh Abdallahi aux affaires, ce ne sera pas pour demain. La junte, qui,
du reste, a visiblement fait fi de toutes ces propositions et menaces,
continue son chemin, s’installant dans la durée. Par le biais d’actions
diplomatiques menées auprès d’institutions internationales et de certaines
personnalités, le général Abdel Aziz et les militaires au pouvoir donnent la
preuve qu’ils restent les maîtres du terrain. Et ils ne semblent pas être
pressés pour l’organisation de quelconques élections. Un militaire est en
droit de se présenter à l’élection présidentielle s’il quitte l’armée, a
signifié, sibyllin, le général Aziz, évitant de se prononcer clairement sur
son éventuelle candidature. Finira-t-il par s’accrocher à un pouvoir dont il
vient de goûter aux délices, à l’image du général Robert Guei et
autres ? En tous les cas, il faudra, le plus tôt possible, un retour à
l’ordre constitutionnel en Mauritanie. Il le faut absolument, pour un pays
qui avait entamé sa marche glorieuse sur le chemin de la démocratie, et qui,
il n’y a pas si longtemps, faisait la fierté du continent. Par Morin
Yamongbé |
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Le danger
majeur qui guette le Sénégal est une pernicieuse désagrégation de la société.
La dernière illustration nous a été servie par les récents événements qui ont
secoué la capitale. L'affaire de la fillette Ndèye Selbé Diouf et la révolte
des populations contre la Sénélec qui leur fournit de l'électricité
constituent des messages à décrypter par ceux qui nous gouvernent. Suite à la
mort tragique de cette fillette victime d'un meurtrier sexuel, des Sénégalais
ont lynché à mort un malade mental. |
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L’annonce officielle de la décision
d’établir des relations diplomatiques entre Beyrouth et Damas constitue, sans
le moindre doute, une victoire historique pour le Liban, pour son courant
souverainiste et pour son président. |
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"Robe de
mariage à louer" : l'annonce pend sur une maison à moitié détruite et
maculée de boue, avenue des Dattes, au centre des Gonaïves. Mal protégées par
des morceaux de bâches et de vieux draps, de nombreuses familles campent
encore, entourées des quelques objets qu'elles ont pu sauver, sur les toits
plats des maisons qui ont résisté à la furie des eaux "Il y a
plus de 2,5 millions de mètres cubes de boue. Si l'on disposait d'une noria
de 200 camions travaillant non stop, il faudrait un an pour nettoyer la
ville. Pour le moment, il n'y en a qu'une quarantaine", calcule
Jean-Marie Duval, ancien responsable d'une organisation non gouvernementale
(ONG) recruté par les Nations unies pour coordonner l'aide humanitaire. Les
missions d'évaluation succèdent aux experts sur la base de la Mission des
Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), protégée par des
casques bleus argentins et pakistanais. Vikki Stienen,
le responsable de Médecins sans frontières (MSF-Belgique) aux Gonaïves,
s'impatiente face aux lenteurs de la réponse humanitaire internationale.
"Si vous n'allez pas résoudre les problèmes, inutile d'envoyer des
experts et d'écrire des rapports", lance-t-il. La Minustah, dont le
budget annuel atteint 575 millions de dollars (422 millions d'euros), fait
valoir que l'aide humanitaire ne relève pas de son mandat, renouvelé pour un
an, mardi 14 octobre. Les autorités
locales, impuissantes face à l'ampleur de la catastrophe, et les
représentants de la communauté internationale se renvoient la balle pour
expliquer l'inaction à la suite du désastre provoqué en 2004 par la tempête
tropicale Jeanne, qui a tué plus de 3 000 personnes aux Gonaïves. Où sont
passés les 43 millions de dollars officiellement alloués à la ville après le
désastre de 2004 ?, interrogent plusieurs habitants, qui accusent les
responsables locaux de corruption. Une fraction de
cette somme a été dépensée pour la réfection de l'hôpital de la Providence,
le principal de la ville, qui a de nouveau été dévasté par les coulées de
boue cette année. Les autorités ont, cette fois, décidé de le reconstruire
sur un terrain plus élevé, à l'abri des inondations. Mais les travaux
dureront plus de deux ans. En attendant,
MSF a improvisé un hôpital de 74 lits dans un vaste hangar. "Nous avons
pris la décision le 17 septembre et accueilli les premiers patients dix jours
plus tard", raconte Pierre Malchair, un médecin belge âgé de 27 ans, qui
assure la direction de l'établissement, où des médecins et des infirmières
des Gonaïves travaillent avec l'équipe de MSF. Les soins sont gratuits, comme
dans la clinique de Raboteau, un quartier durement touché, où MSF travaille
avec des médecins cubains. Comme le
docteur Olivier Kleitz, représentant de l'Organisation mondiale de la santé,
Pierre Malchair confirme qu'il n'y a jusqu'à présent pas d'épidémie aux
Gonaïves, en dépit des conditions sanitaires déplorables. "Les moustiques
porteurs de la malaria ont besoin d'eau propre, ce qui n'est pas le cas aux
Gonaïves", explique-t-il. Dans la salle de pédiatrie, plusieurs enfants
présentent tous les symptômes de la malnutrition. "Dès notre arrivée,
nous avons constaté que la distribution d'eau potable était une priorité. Le
réseau de la ville était obstrué ou détruit. Nous avons remis en état une
station de pompage et de traitement à Pont-Godin, au sud des Gonaïves, qui
fournit 500 m3 par jour", détaille Vikki Stienen, qui dispose d'un
budget de 1,8 million d'euros pour toutes les opérations de MSF. L'eau est
acheminée par camions vers 23 points de distribution disséminés dans la
ville. "Les désastres sont aussi l'occasion de bonnes affaires pour
certains businessmen. Nous avons dû louer les camions à Port-au-Prince au
prix fort, 375 dollars par jour", déplore-t-il. A l'approche de
la rentrée des classes, les écoles privées et des églises ont évacué les
sans-abri qui y avaient trouvé refuge. Le Père Iguens Calixte, directeur adjoint
de l'école technique Cardinal-Keeler, dans le quartier de Bigot, est mal à
l'aise. "La mort, mais pas le péché", lit-on sur la façade de
l'imposante bâtisse où plus de 400 sinistrés s'étaient réfugiés. "On
leur a demandé de partir, car nous devons préparer la rentrée. Nous ne sommes
pas un centre d'hébergement et n'avons reçu aucune instruction des
autorités", se justifie-t-il. Personne ne
sait combien il y a de sans-abri. Un campement a été installé sur un terrain
pierreux à Praville, au-dessus des Gonaïves. Plus de mille personnes s'y
entassent dans 66 tentes données par le Rotary Club. Parmi eux, Georges
Petithomme, un avocat de 43 ans, père de trois enfants. "J'ai tout
perdu, ma maison, tous mes biens, et nous n'avons reçu aucune aide du gouvernement.
Juste un peu de nourriture et de l'eau potable distribuées par les ONG",
dit-il. Le camp ne
cesse de s'étendre. De nouveaux arrivants improvisent des abris à l'aide de
pieux et de bouts de tissu. "Je n'ai plus rien, seulement mes deux
enfants", dit Noémie Josèphe, une commerçante de 51 ans, à l'ombre d'une
bâche. "Les habitants des Gonaïves sont KO, comme s'ils n'attendaient
plus rien et qu'ils n'avaient plus la force de réagir", constate
Jean-Marie Duval, qui a travaillé plus de dix ans en Haïti. Par Jean-Michel
Caroit |
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Thaïlande-Cambodge Affrontement
militaire « sérieux » aux alentours du temple cambodgien de Preah Vihear Est-ce pour ces
raisons de politique intérieure, pour calmer la nation et unir le pays face à
un ennemi extérieur présumé, que l'armée thaïe a décidé de ne pas donner
suite à l'ultimatum formulé lundi par le Premier ministre du Cambodge, Hun
Sen, lui ordonnant de quitter les environs immédiats du temple (cambodgien)
de Preah Vihear ? Il semble qu'un
« vent mauvais » (dixit le Bangkok Post) se soit emparé de l'armée
thaïlandaise, qui, incitée à rééditer un coup d'Etat qu'elle ne souhaite pas,
aurait préféré faire diversion et prendre la voie d'une escarmouche
frontalière qui apaise les tensions intérieures. Si, comme le
suggèrent nos confrères de Bangkok, tel a été le calcul, son résultat a été
sanglant : ce mercredi, un échange de tirs à l'arme légère et à l'artillerie
a fait deux morts et deux blessés côté cambodgien, et cinq blessés côté
thaïlandais. Ce n'est pas la « guerre » - le terme avait été brandi lundi par
le Premier cambodgien - mais tout de même un « combat lourd, (...) très
sérieux », déclarera au Phnom Penh Post le général cambodgien assumant le
commandement adjoint de la zone. Le Premier cambodgien a mis l'une de ses
menaces à exécution : la frontière a bel et bien été transformée en « zone de
combat ». Un dossier empoisonné Pour mémoire,
le différend frontalier a commencé lorsque le temple - cambodgien - a été
inscrit le 7 juillet au patrimoine mondial de l'Unesco, alors que la
Thaïlande, en vertu d'un traité signé en 1907 entre le Siam et la puissance
coloniale française, en contrôle les principaux points d'accès. Le bon sens
voudrait qu'environ cinq kilomètres carrés du territoire thaïlandais soient
cédés au Cambodge, ce que le précédent ministre thaï des Affaires étrangères,
Noppadon Pattama, a tenté de réaliser... sans passer par le Parlement.
L'initiative a été condamnée par la Cour constitutionnelle thaïe, ce qui a
poussé le ministre à démissionner le 10 juillet. Des manifestants thaïs
antigouvernementaux souhaitant imposer une ligne ultrasouverainiste
empoisonnent depuis le dossier. Par Alain Lallemand |
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Les Vietnamiens de Montréal
profiteront du Sommet de la Francophonie pour dénoncer le manque de liberté
religieuse dans leur pays d'origine. Vendredi, une centaine d'entre eux
viendront manifester devant le Centre des
Congrès. Dans les années
50, le gouvernement de Hanoi a exproprié deux propriétés catholiques à Hanoi,
celle des pères rédemptoristes et la résidence du délégué apostolique,
explique M. Phu Truong. Ces deux propriétés n'ont
jamais été remises à leurs propriétaires. Au contraire. Le gouvernement a
plutôt permis à des commerçants de s'y installer. "Depuis l'an dernier,
des catholiques vietnamiens protestent pacifiquement à Hanoi autour de ces
propriétés, en priant", explique M. Phu Truong.
L'archevêque catholique de Hanoi aurait même été arrêté, et accusé de
déranger l'ordre public. Selon M. Truong, des bouddhistes sont aussi
importunés par les autorités. "Au Viêtnam, tout est caché. La situation est
inimaginable. C'est même interdit d'utiliser Internet", ajoute Thang Dinh Tran, président de la communauté
vietnamienne de Montréal. Même s'il n'est pas catholique lui-même, M. Thang,
organise la manifestation de vendredi à Québec. "Il faut
préserver la liberté de culte au Viêtnam.
Notre manifestation sera pacifique", promet-il. M. Tran s'attend à ce
qu'une centaine de ses compatriotes l'accompagne à Québec. Le Viêtnam continue d'être considéré comme un
pays francophone, même si l'anglais y est maintenant prédominant, selon M.
Tran. Le Viêtnam est l'un des quatre pays
communistes au monde, avec la Chine, Cuba et la Corée du Nord. Par Lemieux, Louise |
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Les
négociations institutionnelles ont enfin débuté le mercredi 8 octobre
dernier. Et nous avons découvert avec surprise douze hommes autour de la
table. Pas une seule femme... En ce début de
21e siècle, est-ce encore possible ? Est-ce encore acceptable dans un pays
démocratique où les femmes représentent plus de 50 % de la population et dans
lequel nul n'est censé ignorer la loi... sur la parité ? Où sont passés
les beaux discours, les Chartes et autres engagements des partis sur la
participation pleine et entière des femmes dans la prise de décision ?` N'y a-t-il que
des hommes qui soient capables de négocier les réformes institutionnelles qui
vont engager l'ensemble de la population de notre pays ? À la suite des
élections fédérales de juin 2007, nous avons tous et toutes assisté au triste
spectacle des négociations pour la formation d'un gouvernement : des mois de
palabres, de crises à répétition, de tensions, de démission annoncée. Avec
pour conséquence que le fossé entre les deux communautés de notre pays s'est
approfondi. Beaucoup de
femmes des deux communautés ne pouvaient accepter sans réagir que des
relations de pouvoir et de conflit soient à la base de la tourmente
politique. C'est ainsi
qu'au début du mois de décembre 2007, à l'initiative des deux magazines
féminins, Elle-Belgique et Elle-België, s'est déroulée une rencontre entre
des femmes néerlandophones et francophones, représentant divers secteurs de
la société : politique, économique, culturel, académique et journalistique. Face à la
paralysie de notre système politique, elles ont souhaité se parler,
s'écouter, s'exprimer. Avant de débattre des questions institutionnelles, il
s'agissait d'abord de se comprendre. Durant
plusieurs heures, nous avons entendu un message bien différent de celui qui
se pratiquait alors dans les arènes politiques ; on y a parlé de solidarité,
en privilégiant l'écoute et la tolérance. On y a envisagé
des actions concrètes, telles que le renforcement de l'enseignement de
l'autre langue, par des enseignants « natives », le développement d'écoles
bilingues, à côté des écoles d'immersion, où des enfants issus des deux
communautés apprendraient à se connaître et à préparer leur avenir dans un
pays où ils pourraient vivre en se comprenant et en coopérant. On y a aussi
souligné la nécessité de renforcer et élargir les programmes Erasmus entre
les deux communautés. On a tout
autant évoqué les obstacles, ces murs qui se sont dressés, même dans les
rédactions de nos institutions audiovisuelles, parmi nos médias ainsi que
dans des associations qui pourtant ont bien l'intention de continuer à
cohabiter. On a abordé des
thèmes importants qui ne seront sans doute pas discutés par les douze
négociateurs, parce que ces questions sont liées à des compétences
communautaires ! Et finalement,
plusieurs participantes représentant des organisations de femmes ont suggéré
de mettre sur pied un gouvernement fédéral de femmes ; un acte symbolique
montrant par le grand nombre de noms qui ont été cités alors, qu'il y a
effectivement dans notre pays de nombreuses femmes aptes à gouverner avec les
hommes. Il y a huit ans
le Conseil de sécurité des Nations unies
votait à l'unanimité la résolution 1325, appelant à une participation des
femmes à la prévention et la résolution des conflits, mettant en valeur le
rôle qu'elles peuvent jouer dans la construction de la paix. En ces moments
cruciaux, où il s'agit pour les représentants des deux communautés et des trois
régions de notre pays de relancer des discussions de fond qui devront mener à
une paix - nécessairement fruit de compromis difficiles pour des politiques
qui ont pris, pour certains, des engagements très radicaux devant leurs
électeurs -, pourquoi les structures des partis ont-elles gommé la
participation des femmes ? Celles-ci n'ont-elles pas voix au chapitre dans
les réformes qui approfondiront notre système fédéral ? Sont-elles donc «
invisibles » dans nos partis ? Il n'est pas
trop tard pour corriger cette erreur. Nous invitons nos dirigeants à désigner
dans une proportion et représentation équitables, des femmes qui ne sont
certainement pas moins à même de participer et contribuer utilement à ces
négociations, dont certains disent qu'elles constituent une dernière chance
de survie pour notre pays. |
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Paris et la Belle Province vont
signer une entente pour favoriser la mobilité de la main-d'oeuvre. Un geste
politique qui encourage l'immigration choisie. Orthophoniste
parisienne chevronnée, Marie-Hélène Bargès
était convaincue de trouver facilement du travail lorsqu'elle s'est installée
à Montréal, il y a quatre ans, avec mari et enfants. Le Québec manquait - et
manque toujours - d'orthophonistes : son CV lui ouvrirait toutes les portes,
s'était-elle entendu dire au cours de ses voyages de prospection. Las ! malgré
dix ans de pratique et deux diplômes universitaires en neuropsychologie, Marie-Hélène n'a pas été admise à l'ordre des
orthophonistes et audiologistes du Québec, condition indispensable pour
exercer sa profession. « On m'a expliqué que je devais retourner à
l'université au Québec ou changer de métier ! » Refusant cette perspective,
elle n'a déniché qu'un emploi de « thérapeute du langage » - au-dessous de
ses compétences et mal payé. Les conditions
d'admission aux 45 ordres professionnels et aux 34 métiers réglementés, voilà
le sujet qui fâche les immigrants français au Québec. Ils sont environ 3 500
à tenter leur chance chaque année dans la province francophone, et beaucoup
ne peuvent y pratiquer leur métier. Les choses devraient toutefois changer
bientôt. Le 17 octobre,
le Premier ministre du Québec, Jean Charest,
et le président Sarkozy devraient signer, en marge du xiie Sommet de la francophonie, à Québec, une entente sur la
reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles. Ainsi, à terme,
un médecin, un comptable ou un charpentier ayant le droit de pratique en
France pourront exercer leur métier au Québec et vice versa. Les législations
québécoise et française seront adaptées en conséquence. Pour le Québec,
ce dossier est vital. En raison du vieillissement de sa population, la
province est confrontée à une pénurie de main-d'oeuvre et mise sur
l'immigration. Pour la France aussi, l'enjeu est important - pour aider ses
ressortissants au Québec (qui seraient près de 100 000) et pour favoriser la
mobilité professionnelle, l'Hexagone étant le deuxième investisseur étranger
dans la Belle Province (après les Etats-Unis). A l'origine de l'initiative, Jean Charest a dû vaincre les réticences des
ordres professionnels québécois, souvent jugés protectionnistes. Sur les
quelque 4 000 immigrants (dont 800 Français) qui demandent chaque année un
permis d'exercice, seul un tiers est admis directement. Les autres se voient
prescrire une formation complémentaire (50 %) ou sont refusés (16 %). Pression
politique oblige, les ordres professionnels et les corps de métiers ont été
forcés de coopérer. Chacun a contacté son homologue français pour comparer
les conditions d'exercice. Et vérifier si celles-ci sont équivalentes,
incompatibles ou nécessitent une mesure de compensation - un « stage
d'adaptation », par exemple. L'entente
France-Québec doit en principe couvrir, d'ici au 31 décembre 2010, tous les
métiers et professions réglementés. Mais une partie d'entre eux ont été
classés « prioritaires » - surtout dans le secteur de la santé, où la pénurie
est criante. Médecins, pharmaciens et physiothérapeutes, notamment, devront
conclure des « arrangements de reconnaissance mutuelle » avant la fin de
2009. Pour certains, cela se fera dès les prochaines semaines. Cette
harmonisation pourrait être ensuite élargie au reste de l'Europe et du
Canada. Et même, pour les plus optimistes à Ottawa, servir de socle à un
accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada. De
notre correspondante Grégoire Isabelle |
Revue de presse quotidienne et à usage interne produite par le Service de
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