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PROJET DE TEXTE PORTANT AMNISTIE GENERALE

 

ASSEMBLEE NATIONALE
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REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
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Unité – Dignité – Travail
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LOI N° 08________/



PORTANT AMNISTIE GENERALE A L’ENDROIT DES PERSONNALITES, DES MILITAIRES, DES ELEMENTS ET RESPONSABLES CIVILS DES GROUPES REBELLES
L’ASSEMBLEE NATIONALE A DELIBERE
ET ADOPTE LA LOI DONT LA TENEUR SUIT :



Article 1er : Sont amnistiés sur toute l’étendue du territoire national, toutes les infractions poursuivies devant les juridictions nationales et commises par :
- les éléments des Forces de Défense et de Sécurité, les autorités civiles et militaires dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre et de la défense du territoire pour compter du 15 mars 2003 jusqu’à la date de la promulgation de la présente loi ;
- les éléments civils et militaires qui ont pris part aux évènements ayant provoqué le changement du 15 mars 2003 depuis la date de leur déclenchement jusqu’à celle de la promulgation de la présente loi ;
- les responsables et les membres des groupes politico – militaires se trouvant sur le territoire national ou en exil, pour compter du 15 mars 2003 jusqu’à la date de la promulgation de la présente loi pour atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale ainsi que des infractions connexes ;
- Messieurs Ange Félix PATASSE, Jean-Jacques DEMAFOUTH, Martin KOUMTAMADJI, leurs coauteurs et complices pour détournements de deniers publics, assassinats et complicité d’assassinats.
Article 2 : Sont exclus de la présente Loi d’Amnistie, les incriminations visées par le Statut de Rome, notamment :
- les crimes de génocide,
- les crimes contre l’humanité,
- les crimes de guerre ou tout autre crime relevant de la compétence de la Cour Pénale Internationale.
Article 3 : L’Amnistie entraîne la remise de toutes les peines principales accessoires et complémentaires ainsi que toutes les incapacités ou déchéances.
Article 4 : L’Amnistie des infractions visées à l’article 1er ci-dessus ne préjudicie pas aux intérêts civils des victimes.
En cas d’instance sur les intérêts civils, le dossier pénal versé aux débats sera mis à la disposition des parties.
Lorsque la juridiction pénale aura été saisie avant l’entrée en vigueur de cette loi, par Ordonnance ou Arrêt de renvoi, cette juridiction restera compétente sur les intérêts civils des victimes.
Article 5 : En cas de récidive (toutes infractions confondues) les effets de la présente loi seront anéantis d’office à l’égard des personnes concernées
En pareil cas, les faits amnistiés serviront de base aux poursuites éventuelles. Le bénéfice de la libération par l’effet de la présente loi, accordé aux personnes condamnées ou détenues, sera révoqué par la réincarcération ou la reprise de la procédure.
Article 6 : Sous peine de nullité, les bénéficiaires de la présente Loi d’Amnistie, impliqués directement ou indirectement en qualité de commanditaires dans la propagation de la violence et des actions militaires à travers les groupes de rébellion, sont tenus de faire mettre fin aux violences, de faire cesser le feu immédiatement et sans condition, de faire restituer toutes les armes et engins de guerre par les combattants et de les faire
soumettre aux mécanismes de cantonnement, de désarmement et de reconversion dans un délai de soixante (60) jours à compter de la date de sa promulgation.
Article 7 : Sont exclus du bénéfice de la présente Loi d’Amnistie :
- les éléments ou groupes rebelles qui auront refusé la démobilisation et le cantonnement des troupes ;
- ceux qui auront refusé de restituer ou ceux qui auront dissimulé ou tenté de dissimuler des armes, des munitions et engins de guerre ;
- ceux qui auront refusé ou tenté de refuser de se soumettre aux injonctions des autorités établies ;
- ceux qui se seront livrés ou tentés de se livrer volontairement à des actes de vols, viols, pillages, incendies, destruction volontaire, sabotage, entrave à la liberté d’aller et venir ;
- ceux qui auront volontairement commis ou tenté de commettre des meurtres, porté ou tenté de porter des coups ou fait des blessures, exercer ou tenter d’exercer des violences, des menaces, des tortures, des traitements cruels, inhumains et dégradants ou toute autre atteinte à l’intégrité physique ou morale de la personne humaine et la propriété.
Article 8 : Les bénéficiaires de la présente Loi d’Amnistie, qui continueront d’être en intelligence avec une quelconque action de rébellion, perdront le bénéfice de cette Loi et seront interdits de l’exercice de toutes activités politiques pendant une période de dix (10) ans de mise à l’épreuve. 
Article 9 : Les bénéficiaires de la présente Loi d’Amnistie, sous peine de perte du bénéfice de cette mesure, sont tenus à l’obligation du respect scrupuleux de la Constitution du 27 décembre 2004, des Institutions de la République ainsi que des Autorités établies. Ils doivent se garder au strict respect de l’ordre public.
Article 10 : La présente Loi d’Amnistie s’applique dans sa totalité à tous les éléments et responsables civils et militaires, des groupes politico-militaires déjà identifiés et, à ceux qui auront adhéré formellement au processus de paix en cours.
Article 11 : La présente Loi d’Amnistie, qui prend effet à compter de la date de sa promulgation, sera enregistrée et publiée au Journal Officiel.

Fait à Bangui, le



Le Président de l’Assemblée Nationale

 

Célestin Leroy GAOMBALET

 

 

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QUI EST FOU?

 

Dans ses éditions du petit matin du 1er octobre 2008, la Radio France Internationale a parlé de cette loi d’amnistie qui a été votée par l’Assemblée nationale et qui est contestée par l’opposition démocratique et les mouvements politico-militaires. Cette contestation s’est poursuivie avec le retrait de ces entités du processus du Dialogue politique Inclusif.

Et pourtant, récemment, le Ministre Cyriaque Gonda, en charge du dialogue, affirmait avec assurance que les pouvoirs publics pouvaient aller au dialogue sans l’opposition démocratique. Le membre du gouvernement s’était-il entouré de toutes les précautions avant de faire cette déclaration pompeuse ? Ne savait-il pas que la composition du comité d’organisation de ce forum avait mécontenté l’opposition politique et armée ainsi que la société civile ?

L’avenir proche a finalement démenti M. Cyriaque Gonda qui pensait à tort que l’opposition politique faisait de la surenchère, et qu’on pouvait marginaliser certaines entités sans qu’il y ait une vive protestation. Qui est fou ? On ne peut pas parler du « Dialogue Politique Inclusif » et tenter par les artifices et recettes d’exclure certains acteurs de ce forum pour redorer ou sauver son avenir politique. On ne peut parler d’une amnistie générale et y introduire des dispositions restrictives qui vident cette mesure de son contenu. On ne peut pas retenir le consensus comme règle pouvant guider l’organisation du DPI et rompre avec celui-ci pour imposer sa volonté aux autres acteurs sous prétexte qu’on est au pouvoir et que les autres n’ont pas le droit de contribuer à la recherche des solutions pour éradiquer durablement l’insécurité grandissante.

En effet, le but recherché par la communauté nationale et nos partenaires en développement, à travers ce forum national, c’est de rassembler toutes les filles et tous les fils de la République Centrafricaine autour d’une table pour faire le diagnostic qui mine leur société et y proposer des thérapeutiques appropriées en vue de mettre un terme aux crises militaro-politiques récurrentes.

En optant pour cette démarche, la communauté nationale et internationale ne voient pas la tête d’un individu et encore moins un régime. Elle voit l’avenir de la République Centrafricaine.

 

 

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APA - Bangui 2008-09-29 (Centrafrique) Le parlement centrafricain a voté lundi le projet de loi portant amnistie générale des personnalités civiles, militaires et des groupes rebelles auteurs d’infractions passibles de poursuites devant les juridictions nationales.

Sont concernés par le nouveau de loi, les éléments des forces de défenses et de sécurité, les autorités civiles et militaires impliqués dans des opérations de maintien de l’ordre et de la défense du territoire.

Les actes concernés sont ceux intervenus dans la période post 15 mars 2003. Le texte couvre les Centrafricains et les groupes politico-militaires en exil sur le territoire, durant la période considérée et pour des infractions d’atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale ainsi que des infractions connexes.

Ainsi, l’ancien Président Ange Patassé, le ministre Jean Jacques Démafouth et Koumtamadi Martin, allias Abdoulaye Miskine, jusque là poursuivis par la Justice centrafricaine, pour détournement de dénier public, assassinat et complice d’assassinat, bénéficient des effets de la loi d’amnistie.

Sont exclus, en revanche, les cas visés par le statut de Rome notamment les actes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre ou tout autre crime relevant de la Cour Pénale Internationale (CPI).

La loi stipule qu’en cas de récidive, les effets de la présente seront anéantis d’office, exposant les coupables à la reconduite contre eux, des dispositions, qui étaient en vigueur avant l’amnistie. Il en découlera la reprise de la procédure, qui avait été engagée.

(…) les bénéficiaires de la présente loi d’amnistie « impliqué directement ou indirectement en qualité de commanditaire dans la propagation de la violence et des actions militaires à travers les groupes de rébellion, sont tenus de mettre fin aux violences et de faire cessez-le feu immédiatement sans condition", selon le texte de loi.

En outre, aux termes de la même loi, toutes les personnes visées ont obligation de "faire restituer toutes les armes, les munitions et engins lourds, et de les faire soumettre à un mécanisme de désarmement démobilisation et de réinsertion dans un délai de 60 jours à compter de la promulgation de la présente loi ».

A l’issue du vote du nouvel projet de loi d’amnistie générale, l’opposition démocratique a vidé l’hémicycle. 72 députés sur 73 votants ont adopté le projet de loi d’amnistie.

 Le 1er Août dernier, l’Assemblée Nationale avait été convoquée en session extraordinaire pour examiner et adopter trois projets de loi d’amnistie générale, devant déboucher sur la tenue du dialogue politique inclusif, après la signature de l’accord global de paix le 21 juin dernier à Libreville.

 

 

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Bangui, 30 sept (ACAP)-L'opposition démocratique à l'Assemblée Nationale, au cours d'une conférence de presse justifiant leur retrait à l'hémicycle sur le vote du projet de loi d'amnistie générale, pouvant conduire la tenue du dialogue politique inclusif, a dénoncé l'ingérence de la présidence de la République, dans les affaires et le fonctionnement du parlement centrafricain, mardi 30 septembre 2008, à Bangui.

« Au rythme où les députés de la majorité sont convoqués et siègent à la présidence de la République, nous sommes en train de nous interroger si le siège de l'Assemblée Nationale ne va pas bientôt être transféré à la présidence de la République ou l'inverse », a commenté le président du groupe parlementaire du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (Mlpc), Christophe Ndouba.

« Nous avons estimé que c'était de la supercherie, dans la mesure ou le projet de loi tel que proposé par la Commission mixte était suffisamment consensuel, mais les amendements qu'ils (les députés de la majorité) ont introduit jusqu'à régler les détails techniques notamment le désarmement, la démobilisation, le cantonnement avaient changé fondamentale ment le texte initial, c'est en cela que nous nous sommes retirés », a justifié le député Christophe Ndouba.

Nous avons dit que « chacun assume ses responsabilités devant le peuple centrafricain et devant l'histoire, et que le moment venu chacun aura à rendre compte de son action », a-t-il poursuivi.
Le coordonnateur de l'Union des Forces Vives de la Nation (Ufvn), Me Henri Pouzère, a réaffirmé le retour définitif de son entité au processus du dialogue politique inclusif que par le respect du consensus convenu d'un accord commun.

« Nous disons que les élections de 2010 ne se feront jamais tant que nous ne réussissons pas à créer des bases fondamentales de ces élections de 2010, et pour en créer ces bases, il faut forcément la tenue du dialogue politique inclusif », a-t-il déclaré.

 Rappelons qu'à l'issue de la séance du débat parlementaire sur le vote du projet de loi d'amnistie générale, l'opposition démocratique s'est retiré de prendre part au vote dudit projet querelle par les partis politiques de l'opposition démocratique regroupé au sein de l'Ufvn au lendemain de l'ouverture de la session parlementaire le 1er Août dernier.

 

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