Le Dialogue Politique Inclusif qui se profile à l'horizon ne sera
une fois de plus qu'un grand rendez-vous des cannibales politiques qui ont longtemps
dirigé ce pays et qui l'ont mis à terre et qui ne réalisent pas encore que la
solution qui urge, serait de se séparer de cette race de vampires aux dents
longues qui gouvernent, hélas encore
Hélas !
Et le président François Bozizé vient
une fois de plus d'en démontrer la preuve. Car, on retiendra de son fameux
discours de la veille du 1er décembre, la phrase suivante et allez-y
comprendre, le verrouillage systématique et paradoxal qu'il a voulu nous faire
avaler. Sans détour, le Pasteur Président François Bozizé
déclare : « Mais il faut aller à ce dialogue, sans calcul, en faisant la place
à chaque composante de la société centrafricaine et en donnant la parole à
chaque entité politique active sur la scène nationale, tout en respectant
Seulement, à entendre François Bozizé
parler, il ressort de cette déclaration, un véritable paradoxe qui laisse
perplexe ceux qui ont l'imagination fertile d'analyser à fond, les craintes de
l'ancien Chef rebelle qui règne des mains de fer sur cette République du Centre-A-Fric.
Comment admettre que le Président puisse prendre le courage de
déclarer que le dialogue politique doit se tenir « sans calcul » et que
lui-même fait au bout de compte son petit « calcul » pour verrouiller le
dialogue en soutenant qu'on devrait respecter «
Qu'est-ce qu'il entend par respect de
A dire vrai, le calcul du Président est simple : En déclarant que seules les entités actives sur la scène
nationale peuvent avoir droit à la parole au cours du dialogue politique à venir,
l'homme fort de Bangui écarte derechef, les opposants politiques en exil que
sont Ange Félix Patassé, Jean-Jacques Demafouth, les
nommés Abakar Sabone et Am Non Droko Djotodja
respectivement porte parole et président de l'Union des Forces Républicaines pour
Rien qu'à ce niveau, on voit que ce dialogue hautement politique
perd son but principal puisqu'il sera véritablement exclusif. Qui dit le
contraire ?
Et comme ce dialogue est déjà taillé sur mesure, on se demande si
les causes sou jacentes des crises centrafricaines seront débattues pour qu'un
début de solution leur soit apporté. En
s'efforçant de ne pas croiser lors de ce dialogue politique les regards d'Ange
Félix Patassé, Jean-Jacques Demafouth et autres, qui
hantent le sommeil du régime de Bangui, François Bozizé
privilégie ses propres intérêts au détriment bien entendu, des intérêts
collectifs.
On nous dira volontiers qu'on ne peut jamais scier la branche sur
laquelle on est confortablement assis. Mais, il faut tout de même reconnaître
que c'est le président lui-même qui a pris l'initiative de scier la branche sur
laquelle, il est assis. Justifiant son coup d'Etat du 15 mars 2003, le Général-Président François Bozizé
déclarait que c'est parce que les droits de l'Homme sont bafoués, que le
clientélisme et le népotisme sont érigés en système de Gouvernement, que la
pauvreté a atteint son paroxysme et que la situation devenait de plus en plus
intenable, qu'il urgeait de « libérer » le pays de cette situation. Or, entre
François Bozizé et son prédécesseur, il n'y a
pratiquement aucune différence dans la mesure où, les mêmes maux qui ont été
décriés sont réédités de manière vertigineuse au point qu'on n'hésite pas à
soutenir en coulisse que François Bozizé et Ange
Félix Patassé, « c'est bonnet blanc, blanc bonnet ». Qui dit le contraire ?
En évinçant le téméraire barbu national, François Bozizé devrait faire mieux, plus mieux que les autres pour
donner une véritable signification à la « libération du 15 mars 2003 ». Hélas,
suivez notre regard !
Et c'est justement parce que la politique de rupture avec les anciennes
pratiques n'ont pas été suivies que la crise du Nord
trouve sa justification. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le
Président Bozizé doit se rendre à l'évidence et gérer
les conséquences de sa propre politique hasardeuse.
Ressusciter
Mercredi 05 Décembre 2007
Fleury _ K