L’UNION DES FORCES VIVES DE
(U.F.V.N)
Pour le Renouveau Démocratique
MEMORANDUM
POURQUOI UN DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF EN CENTRAFRIQUE ?
Bangui, 7 Décembre 2008
INTRODUCTION
Les Partis et Associations Politiques de l’opposition démocratique, réunis au
sein de l’Union des Forces Vives de
Evaluant l’exécution des recommandations du Dialogue National à hauteur de
seulement 15% du total ,
- Méfiance de la population envers l’ensemble des institutions publiques, notamment
les forces de défense et de sécurité ;
- Clivages ethniques ;
- Culture de la violence ;
- Répétition des troubles sociaux
- Corruption, impunité ;
- Fragilisation de la société ;
- Existence des bandes armées et des combattants ;
- dégradation des conditions de vie et du tissu social.
Tous les observateurs s’accordent à reconnaître qu’aujourd’hui,
Niant l’évidence et la gravité de cette situation, le Président de
La conséquence en est l’apparition d’une coalition des mouvements rebelles dans
le Nord Ouest, le Centre Nord et le Nord Est du pays, et qui justifient leur
option de prise de pouvoir par la force aux fins de :
« Restaurer l’autorité de l’Etat, l’image et la dignité de
Sans l’intervention des forces spéciales et de l’aviation françaises, le régime
du Président BOZIZE aurait été renversé en cette fin d’année 2006.
C’est donc contraint et forcé que le Président de
I – Rappel du contexte
A – Les justifications du coup d’Etat du
15 mars 2003
Par son coup d’Etat du 15 mars 2003, le Général BOZIZE entré en rébellion fin
2001, renversait le régime du Président Ange Félix PATASSE, démocratiquement
élu, aux motifs suivants :
- Insécurité généralisée ;
- Misère grandissante ;
- Mauvaise gouvernance.
Se proclamant « Libérateur du peuple centrafricain », le Général BOZIZE faisait
dans son discours de prise de pouvoir le 16 mars 2006, le serment d’assurer la
sécurité sur toute l’étendue du territoire national, de créer les conditions de
la prospérité et d’imposer à toute la bonne gouvernance.
Usant de la logomachie habituelle dans ces situations, le Général BOZIZE
déclarait le 16 mars 2003 qu’il inscrivait son coup d’Etat dans l’œuvre de
salut public. Autrement dit, il mettrait en place une transition consensuelle
et quitterait le pouvoir à l’issue des élections générales censées consacrer le
retour à la légalité Constitutionnelle. Pour les thuriféraires du pouvoir,
l’occasion était exceptionnelle.
Déniant les principes démocratiques, le coup d’Etat, crime imprescriptible
contre le peuple centrafricain était désormais considéré comme « un sursaut
patriotique » et « une révolution populaire ». La messe était dite !
Ces derniers se rendront très vite à l’évidence du mensonge d’Etat. En effet,
reniant sa parole d’officier général, le Général BOZIZE se déclarait candidat à
l’élection présidentielle de 2005.
Enfin, les dérives de
En conséquence, aussi bien les justifications du coup d’Etat du 15 mars 2003
que les dérives de la transition ne constituent plus pour l’opinion publique
centrafricaine qu’une grosse escroquerie politique et un mensonge d’Etat.
C’est vrai qu’il s’agit pour lui d’un appétit de pouvoir refoulé depuis mars
1982 qui va resurgir en novembre 2001 et en octobre 2002 pour s’assouvir le 15
mars 2003. Une ambition dévorante sans réelles capacités ainsi que le
démontrera le bilan de son régime.
B – L’évaluation des Actes du Dialogue
National
Convaincus que par une concertation franche, on peut rechercher les solutions
durables aux problèmes des Centrafricains et Centrafricaines, les forces vives
de la nation ont exigé et obtenu des autorités de la transition la tenue du
Dialogue National
C’est ainsi que du 9 septembre au 27 octobre 2003 à Bangui, 350 délégués venus
de toutes les régions de
A travers un diagnostic rigoureux et sans complaisance, les problèmes et
préoccupations de notre pays ont été analysés dans l’objectif essentiel
d’assurer la consolidation de l’unité nationale, le retour à la légalité
constitutionnelle et la relance économique en vue de garantir la réconciliation
nationale.
Sur cette base, des mesures réalistes ont été proposées pour relancer
l’économie nationale, améliorer l’emploi, consolider le dialogue social et
politique et développer les infrastructures de base aux fins de réduire la
pauvreté par un développement humain durable.
Le Dialogue National a formulé 828 recommandations concernant les secteurs
suivants :
- Défense et sécurité ;
- Economie et finances ;
- Education Formation-Emploi ;
- Social
Indépendamment de l’engagement solennel pris par le Chef de l’Etat dans son
discours d’ouverture de respecter les résultats de ces travaux, une importante
résolution votée à l’unanimité par le Dialogue National rend exécutoires ces
recommandations.
Cinq années après le dialogue National, l’évaluation de l’exécution des
recommandations forte à court et moyen termes est un véritable désastre.
- En matière de défense nationale :
sur 91 recommandations, seulement 15 ont été appliquées soit 16 %.
- En matière d’économie et des finances
: sur 230 recommandations, seulement 18 sont appliquées soit 7,8 %
- En matière de l’éducation, de la santé
et de
- En matière de lutte contre la pauvreté
: sur 41 recommandations, aucune n’a
été appliquée !
Dans l’ensemble, les recommandations qui devraient remettre immédiatement le
pays sur la voie de sortie de crise n’ont été exécutées qu’à 15 % selon la
dernière évaluation faite par le Comité de Suivi des Actes du Dialogue National
(CSADB).
Alors que la majorité de ces recommandations ne nécessitait pas la mobilisation
de moyens financiers pour leur mise en œuvre, il y a lieu de s’interroger sur
la volonté et la capacité du régime du Président BOZIZE à impulser le
changement et à donner l’espérance.
II – Bilan du régime du Président
BOZIZE
A l’issue des élections présidentielles et législatives de mars et mai 2005, dont
le déroulement était loin d’être transparent, les Associations et Partis
Politiques de l’opposition regroupés dans l’Union des Forces Vives de
Adoptant une attitude résolument républicaine, l’Union des Forces Vives de
Après seulement trois ans de gestion de l’Etat, que constatons-nous ?
Sur le plan politique
Pendant les trois premières années d’un mandat qualifié de « quinquennat du
développement et de la garantie des libertés », le Président de
Le déni d’une gouvernance démocratique
Les sempiternelles allusions du Président de
L’une des preuves du déni d’une gouvernance démocratique est la confiscation du
pouvoir de l’Etat au profit de la famille, du clan, de la tribu et de l’ethnie
du Président de
Le
-
- Le Ministère de
- Le Ministère des Mines, de l’Energie et de l’hydraulique ;
- Le Ministère des Finances et du Budget
- Les Sociétés d’Etats et
- Les Offices Publics.
Ces cas vérifiables et vérifiés constituent des cas patents de confiscation de
pouvoir de l’Etat au profit de la famille, du clan, de la tribu et de l’ethnie
du Président, toutes choses contraires à l’esprit et à la lettre du serment
prêté par le Chef de l’Etat le 11 juin 2005 devant Dieu et devant
La
Autrement dit,
Ainsi, les partis et Associations politiques de l’UFVN
pour le Renouveau Démocratique sont bien dans leur rôle. Aussi, ne
comprennent-ils pas la haine que développent le Président de
Les tentatives de caporalisation
Fidèle au déni d’une gouvernance démocratique, le Président de
- L’Assemblée Nationale
-
-
- Le Conseil Supérieur de
- Le Haut Conseil de la Communication
-
- Les Organisations de Défense et de Promotion des Droits de l’Homme.
L’illustration parfaite de ces tentatives de caporalisation et de l’aversion du
chef de l’Etat se trouve dans le discours tenu à Bouar
le 1er décembre 2006 à l’occasion de la commémoration de la proclamation de
Les violations répétées de
La
Elle est également pour les gouvernants, du fait du principe de la séparation
des pouvoirs qu’elle énonce, la garantie qu’aucune institution politique
n’abuse de son pouvoir sauf à la violer. Faisant fi des dispositions
constitutionnelles, le Président de
- La convocation
de l’Assemblée Nationale en session extraordinaire
Ce décret illégal a conduit cette institution à mettre en place son bureau sur
la base d’un règlement intérieur caduque puisque relevant d’une Constitution
suspendue (Constitution du 15 janvier 1995).
Ainsi d’illégalité en illégalité, l’Assemblée Nationale s’est installée dans
l’illégalité avec des membres de son bureau illégalement élus. C’est là, la
première bourde d’un mandat de tous les dangers.
- Le Président de
A travers les articles 22, 23, 25, 26, 79, 80 et 111 de
Cette accusation est faite au travers de plusieurs cas.
- Du cumul des fonctions
En acceptant le cumul de sa fonction de Président de
- De la prestation de serment
En prenant partie pour son parentYango Kapita dans l’affaire Yango Kapita et Claude SANZE d’une part et pour son parent le
Pasteur TOUANGAI et des diacres de l’église de Kina
d’autre part, le Président de
- De la déclaration écrite de patrimoine
Après plus de cinq ans, la déclaration écrite du patrimoine du Président de
- De l’indépendance de
La
Le Président de
Le deuxième objectif est de caporaliser
Cette
Mais bien auparavant,, pour avoir ordonné le kidnapping et la déportation des
acquittés Mamadou Raïkina et autres et refusé de
libérer Sani Yalo après une
décision de justice, le Président de
- De la mise en place de
« Les institutions prévues par la présente Constitution seront mises en place
dans les douze (12) mois qui suivent l’entrée en vigueur de celle-ci ».
Le délai imparti par les dispositions de l’article 111 de
B – Sur le plan sécuritaire
S’il y a un domaine où le Président de
Et
- La généralisation de l’insécurité
Pour conduire et réussir sa rébellion et son coup d’Etat, le Général BOZIZE
s’est employé à recruter massivement des tchadiens.
N’ayant pas satisfait à ses engagements vis-à-vis de ces mercenaires tchadiens,
ces derniers s’en sont très violemment pris à la population dès le mois d’avril
2004 au PK11, grâce aux moyens en armement lourd dont ils disposaient.
Désormais reconnus sous le nom de libérateurs et d’ex libérateurs ces hommes
sans foi ni loi, assurés de toute impunité, vont investir Bangui et tout le reste
du pays.
Leur cibles privilégiées sont
Commanditaire en chef de cette insécurité généralisée, il est aisé de
comprendre que le Président de
- Problématique de la restructuration
des FACA
Les états généraux de la défense et les actes du dialogue national ont mis en
évidence les faiblesses des FACA et proposé des mesures idoines connues de nous
tous.
Ici nous nous contenterons de reproduire les propos d’un parti de la majorité
présidentielle à savoir le Mouvement pour
Sur « les grandes questions nationales de l’heure. Evolution de la guerre dans
le nord Est de
- Création d’une garde prétorienne constituée pour l’essentiel des
ressortissants de la même ethnie et de la même région que le Président de
- Au nom du rééquilibrage ethnique et régional, recrutements massif au sein des
FACA, des jeunes issus de l’ethnie et de la région du Président de
- Mise en œuvre d’une politique de sous équipement des FACA soupçonnés de
velléités de coup d’Etat. En les privant des moyens militaires, le pouvoir
espère ainsi minimiser les risques de putsch.
Les conséquences de cette politique sont connues de tous les Centrafricains :
l’armée nationale a disparu au profit d’une armée hétéroclite, politisée,
indisciplinée, démoralisée et sous équipée.
Le pays se trouve le dos au mur et le chef de l’Etat est directement interpellé
en sa double qualité d’Officier Général et de Chef Suprême des Armées ».
Cette déclaration du MDI-PS a fait l’autopsie de notre armée et a conclu à
l’absence de volonté politique du Président de
C – Sur le plan des Droits de l’Homme
L’instauration de la culture de la violence et les violations massives des
droits de l’Homme sont l’une des manifestations
quotidiennes du régime du Président BOZIZE.
L’instauration de la culture de violence
Le 27 décembre 2006, lors de la cérémonie de clôture du Forum de validation de
la politique nationale de promotion de
De même, il a instauré la culture et la pédagogie fondées sur la violence
aveugle et destructrice, l’incitation à la haine, l’intolérance, la justice
privée, toutes choses contraires à l’esprit et à la lettre de
Le Président de
Les violations massives des droits de l’homme
- Le triomphe de l’impunité
Selon une note d’information devant servir de base à une réunion consacrée à
La même note poursuit : « les exactions sur les populations civiles, les
violations des droits de l’homme dont les soldats de l’armée régulière sont
accusés, l’impunité dont bénéficient certains soldats ont été portées à la
connaissance de la délégation ».
Il convient de rappeler que cette mission conduite par l’Envoyé Spécial du
Président de
Les conclusions de cette mission accablent le Président de
Ainsi, n’est-il pas surprenant que les assassinats et autres violations des
droits de l’homme ne fassent l’objet de procès et de condamnations, ce qui
consacre le triomphe de l’impunité.
Dans tous les cas, les droits de l’homme sont massivement violés ainsi que le
témoignent le dernier rapport d’Amnesty International
et les résultats de l’enquête de Monsieur Ibrahima Fall
du PNUD.
Les populations du nord-ouest du centre-nord et du
nord-est, quant à elles, sont livrées à une violence aveugle avec comme
corollaire les pillages et destructions en tous genres de leurs maigres biens,
les viols de leurs filles et de leurs femmes.
Dans son rapport, Monsieur Toby Lanzer,
alors Représentant Résident des systèmes des Nations Unies en Centrafrique,
parle d’une catastrophe humanitaire et avance le chiffre d’un million de personnes
déplacées et en exil sur un total de quatre millions d’habitants que compte
notre pays, c'est-à-dire le quart de la population !
Nous en parlons avec gravité aujourd’hui et prenons à témoin la communauté
internationale afin que demain, personne ne puisse dire « nous ne savions pas
».
D – Sur le plan économique
De la destruction, des pillages et de la prédation comme mode de gouvernance
Les pillages d’anthologie selon les propres termes d’une radio étrangère, et
l’insécurité généralisée ne présageaient aucune amélioration significative de
la situation financière et économique à court et moyen termes.
En effet, d’après les estimations, les destructions et pillages occasionnés par
la rébellion et le coup d’Etat du 15 mars 2003 se chiffrent à 41 milliards de
dollars américains soit 21.550 milliards de francs CFA.
Quelques exemples méritent d’être cités :
L’unité lourde de travaux publics de l’entreprise japonaise Kajima
chargée de bitumer la route Bangui Garoua Boulai, estimée à 200 milliards de
FCA a été emportée au Tchad ;
Il en est de même pour l’entreprise allemande GTZ-DROP, évaluée à 350 milliards
de FCFA.
Les cinq usines d’égrenage de coton de Ndim, Pendé, Bossangoa, Guiffa et Grimari ont été
démontées et emportées au Tchad pour réparer les huit usines cotonnières du sud
du Tchad ;
Toutes les infrastructures économiques, administratives, sanitaires, scolaires
ont été détruites. Les missions catholiques et protestantes n’ont pas été
épargnées.
De la prédation comme mode de
gouvernance économique
Faisant l’analyse de l’administration centrafricaine, l’Ambassadeur de l’Union
européenne auprès de notre pays, Monsieur Jean Claude ESMIEU déclarait en août
2005 devant l’Assemblée nationale :
« Des études récentes dans certains ministères clés ont montré que l’expertise
technique spécifique à ces ministères avait été transférée ailleurs au profit
de personnes le plus souvent inaptes aux fonctions qui leur étaient assignées.
L’objectif de ces gens reste visiblement un enrichissement rapide et personnel.
L’image de
Oui, la corruption est un fléau pour le pays. Le FMI lui-même fait mention de
ce problème.
Ces prédateurs sont là. Ils viennent de l’extérieur mais aussi de l’intérieur
et corrompent les institutions.
J’insiste qu’il faille des actes et non plus des paroles.
L’heure est grave car la notion de service public et de bien public est entrain
de disparaître ; si c’est le cas, cela deviendra un problème de société et de
génération ».
Lorsqu’un diplomate range son langage de velours pour parler aussi vertement,
cela veut dire que la situation est gravissime.
Par conséquent, toute incantation et allusion à la bonne gouvernance par les
tenants du régime sont désormais un mensonge d’Etat.
Nous prenons pour exemple la prise d’un décret muet fixant les salaires et
indemnités des Hauts Dirigeants de
Ce
1 – Premier Ministre (1)
1.600.000f +
2 – Ministre d’Etat.
1.100.000f +
3 – Ministre et assimilés.
900.000f +
4 – Ministres Délégués
800.000f + 300.000 + 400.000 = 1.500.000f
A l’exception du Premier Ministre dont le montant est de 1.000.000f par
semaine. Soit 1.000.000f x 4 = 4.000.000f par mois.
5 – Président de Cour Constitutionnelle (1)
800.000 f +
6 – Présidents du Haut Conseil de la Communication, du Conseil de
784.300 f +
7 – Vice Présidents de
Les deux (2) personnalités ont :
786.300f +
8 – Conseillers à
686.300 f +
Soit :
9 – Conseillers du Haut Conseil de la Communication les neuf (9) ont :
686.300 f +
10 – Présidents CIP/PAS ; du CSLP, du CSADN (3)
Les trois (3) personnalités ont :
868.300 f +
Soit :
11 – Les Secrétaires Permanents du CIP/PAS : du CSLP, (2)
Ils sont deux (2)
686.300 f +
Soit :
A ces chiffres, il faut ajouter les Fonds Spéciaux que les membres du
Gouvernement perçoivent tous les vendredis et qui se chiffrent à :
112.500 f par semaine x 4 semaines =
Soit :
Grosso modo le trésor public dépense plus de 1 450 000 000
FCFA pour payer une catégorie de personnes appelées dirigeant au détriment de
la grande masse des travailleurs Centrafricains.
L’échec des réformes économiques
Dans l’euphorie de la prise de pouvoir, au lieu de prendre de vigoureuses
mesures de redressement économique, les nouvelles autorités ont fait preuve de
légèreté et d’incompétence.
La masse salariale mensuelle va passer de 2,1 milliards de FCFA à 3,6 milliards
de FCFA soit un bond de 71,4 % en seulement 9 mois (du 15 mars au 31 décembre
2003).
Cette masse salariale a explosé sous l’effet conjugué des nominations de
complaisance du personnel hors statut à de hautes fonctions de responsabilité à
la présidence, à la primature et des recrutements massifs de rebelles tchadiens
et d’ex rebelles Centrafricains, exclusivement de l’ethnie du chef de l’Etat.
Cette augmentation de la masse salariale s’explique aussi par la promotion de
simples civils et de soldats au grade d’officier, à la nomination des généraux
et à l’application de la nouvelle grille salariale des hauts Dirigeants.
Refusant d’assumer toute leur responsabilité, les nouvelles autorités en sont
réduites à culpabiliser la communauté internationale en des termes
infantilisants :
« Nous avions réussi nos élections comme demandé par la communauté
internationale, donc celle-ci ne peut pas nous abandonner et doit payer les
salaires et les dettes, etc. ».
La réponse immédiate est apportée par l’Ambassadeur Jean Claude ESMIEU :
« Il n’y a donc aucune obligation pour la communauté internationale
d’intervenir massivement après des élections réussies qui sont un élément tout
à fait normal dans un pays démocratique ».
Cette personnalité poursuit que : « L’aide internationale ne pourra couvrir
l’intégralité des salaires pour les mois passés pendant la transition et ceux
qui viennent. La masse salariale a considérablement augmenté alors qu’il était
prévu qu’elle diminue et les autres indicateurs économiques sont au rouge et
n’ont pas montré d’amélioration contrairement à ce qui était prévu pendant la
période de la transition ».
Ces propos suffisent à mettre en évidence l’incapacité du régime du Président
François BOZIZE à gérer l’Etat. Sommés par l’opinion centrafricaine et la
communauté internationale de changer de cap, le Premier Ministre Elie DOTE et
son gouvernement vont tenter quelques réformes sur le plan de l’assainissement
des finances publiques. Ces réformes ont essentiellement porté sur la maîtrise
de la masse salariale et l’accroissement des recettes publiques.
La maîtrise de la masse salariale
Après l’échec de la mesure relative à l’abattement des salaires qui n’a réalisé
qu’une économie de 94 millions de FCFA par mois, le gouvernement a décidé :
- de mettre à la retraite plus de 1.400 fonctionnaires et agents de l’Etat
- de soumettre les fonctionnaires et agents de l’Etat à une opération
recensement paiement, mais l’amateurisme et l’opacité qui ont sous-tendu
l’opération ont conduit à un échec patent.
- de limiter le paiement des allocations familiales à cinq enfants par
fonctionnaire et par agent
- de contrôler l’authenticité des diplômes des fonctionnaires et agents de
l’Etat à l’occasion de leur intégration et reclassement
Les premiers résultats étant de nature à jeter le discrédit sur les tenants du
régime, des instructions ont été données au Ministre de
L’ensemble de ces mesures devrait permettre de réaliser une économie de la
masse salariale de 500 millions de FCFA par mois.
A l’analyse, nous sommes loin du compte et la masse salariale s’accroît d’où
l’indignation de l’opinion centrafricaine et de la communauté internationale.
L’accroissement des recettes publiques
En ce qui concerne exclusivement les Douanes, deux réformes ont
été engagées. Il s’agit de la création d’un guichet unique des douanes à travers
un corridor sécuritaire, et la réforme de l’administration des douanes.
De la création du guichet unique de
Douala
L’objectif visé par la création de ce guichet unique est de sécuriser et
d’accroître les recettes portuaires de transit à Douala. Défendant le projet de
convention devant l’Assemblée nationale, le Ministre des Finances d’alors,
Monsieur Théodore DABANGA, déclarait que le guichet unique rapporterait à
l’Etat, c'est-à-dire au Trésor Public la somme de 5 à 10 milliards de FCFA par
mois. Après un an de fonctionnement, les recettes confondues provenant des
opérations douanières y compris le guichet unique plafonnent à 2 milliards de
FCFA !
Le gouvernement centrafricain a dénoncé en catimini en juin 2008 la convention
avec Unitec-Bénin, la société exploitante, sans
inventaire et sans suite judicaire. L’affaire Unitec-Bénin.
est désormais pour les Centrafricains un cas d’arnaque
internationale et de forfaiture au sommet de l’Etat. Où en est d’ailleurs la
commission d’enquête parlementaire sur ce dossier ?
La réforme de l’Administration des
Douanes
Contre toute attente, le Président de
S’étant rendu compte que la dissolution de l’administration des Douanes et la
remise des douaniers à
Jusqu'à ce jour, alors que la réforme était prévue pour ne durer que trois
mois, le rapport du comité de pilotage n’est pas toujours déposé.
Au contraire, le Ministre de
En conclusion, s’agissant de ces prétendues réformes, l’objectif visé n’étant
pas atteint, il y a lieu de stigmatiser l’amateurisme, la désinvolture et
l’incapacité dont ont fait montre les gouvernements successifs de BOZIZE.
En effet ni la maîtrise de la masse salariale, ni l’accroissement des recettes
publiques qui ont été invoqués n’ont donné un quelconque résultat. Le
gouvernement est toujours un peu plus confronté à l’augmentation de la masse
salariale et à la modicité des recettes publiques.
A ce sombre tableau, il faut ajouter d’autres tares :
- le manque de transparence dans l’attribution des permis forestiers, miniers
et des sites touristiques ;
- le détournement des bonus à l’occasion de l’attribution des permis aux
sociétés minières De Beers et Uramine,
- la confiscation à des fins personnelles des diamants trouvés après le lavage
des graviers saisis à
- le détournement des biens des bureaux d’achat de plusieurs bureaux d’achats
depuis 2006 (SOPICAD et GETRAD) et de plusieurs autres collecteurs depuis
octobre 2008 ;
- la gabegie à l’occasion de l’achat de l’avion Hercules C130 ;
- l’aggravation de la corruption et de l’affairisme au sommet de l’Etat.
Alors qu’en est-il du retour de la
communauté financière internationale ?
D’aucuns objecteront que le mérite du retour du Fonds Monétaire Internationale
(FMI), de
Nous savons que le Président de
Dès lors les 3 % de croissance prévue pour 2008 sont une goutte d’eau dans
l’océan de misère dans lequel baigne notre pays.
En considération de ce qui précède, les raisons du retour des institutions
financières internationales tiennent au sauvetage d’un régime dont le naufrage
est prévisible.
En effet, évitant d’assumer une telle responsabilité, la communauté
internationale a exercé de fortes pressions sur ces institutions. Une réponse
politique aux exigences financières et économiques en somme !
E – Sur le plan social
L’échec patent des réformes économiques joint à l’insécurité généralisée ainsi
que les confrontations entre l’armée régulière et les groupes rebelles ont un
impact négatif sur le plan social.
Accumulation des arriérés de salaires, de pensions et de bourses
- Des salaires
Le Président François BOZIZE, concluant un marché avec les fonctionnaires et
agents de l’Etat, a pris l’engagement que si ces derniers acceptaient le gel de
leurs arriérés de salaires son gouvernement paierait leurs traitements
désormais à terme échu.
A l’analyse, malgré des appuis budgétaires colossaux des pays amis et des
institutions financières internationales, les fonctionnaires et agents de’
l’Etat compte à ce jour plus de 140 mois d’arriéré de salaires. Un véritable
marché de dupes.
- Des pensions
La mémoire collective et l’opinion nationale et internationale ont encore en
mémoire les scènes des retraités qui lassés des promesses non tenues de
versement de leurs pensions, s’en prennent vertement aux cortèges du Président
de
Pour exemple, les retraités de
Le sort des retraités du secteur privé à l’OCSS n’est
guère enviable.
- Des bourses
L’évaluation indique 30 mois d’arriérés de bourses pour les étudiants
centrafricains à l’étranger. Pour espérer le paiement d’un seul mois de
bourses, nos étudiants sont obligés de recourir à des actions d’éclat qui
ternissent l’image de marque de notre pays.
Alors que le président affirmait : « Je n’ai pas fait l’université pour être
Chef de l’Etat… Mes enfants ne sont pas à l’université »?
De l’aggravation de la pauvreté
La conjonction de l’échec des réformes économiques, de l’insécurité
généralisée, des confrontations armées et de l’abandon du monde rural ne peut
avoir pour conséquence que l’aggravation de la pauvreté.
Pour mettre en évidence cette situation, nous nous en tenons au dernier rapport
du Représentant Résident du PNUD. Celui-ci déclare «
Poursuivant son propos, le Représentant Résident du PNUD a affirmé « il est
urgent d’agir immédiatement ».
A l’analyse de la situation sociale de notre pays, le gouvernement ne semble
pas avoir entendu cet appel de détresse du Représentant Résident du PNUD.
Alors que tout le nord-ouest, le centre-sud et le
nord-est qui constituent le grenier et la réserve cynégétique de notre pays
sont en flammes, aucune mesure n’est prise par les dirigeants pour enrayer
cette situation.
Ayant fait l’objet de pillages, de braquages, de rackets, de viols et de
tueries et abandonnée entre les mains de dirigeants incapables et corrompus, la
nation centrafricaine s’enfonce inexorablement dans une crise sans nom.
CONCLUSION
Le Dialogue Politique Inclusif n’est pas une Invention de l’UFVN
Le dialogue n’est ni une invention ni une trouvaille de l’UFVN.
Il est une exigence de
« Conscient que la tolérance et le dialogue constituent le socle de la paix et
de l’unité nationale ».
Le Dialogue est une exigence de toutes
les forces vives de la nation
Dès les premières menaces de la rébellion, les jeunes, les femmes et les
organisations de la société civile ont, à travers des marches, exprimé leur
volonté d’user du dialogue comme voie de recherche des solutions aux problèmes
de notre pays.
L’épiscopat, par la voix de l’Archevêque de Bangui, Monseigneur Paulin POMODIMO
a déclaré « les armes et les couteaux n’ammèneront
pas la paix en Centrafrique mais, il n’y a que le dialogue franc entre les
acteurs de la crise qui permettra de pérenniser la paix dans le pays ».
IL est donc un moyen qui s’offre aux Centrafricains, gouvernants et gouvernés
pour changer leur société c'est-à-dire faire d’elle une société démocratique.
Autrement dit toute société dite démocratique ne peut avoir la phobie du
dialogue.
Le Dialogue Politique doit être utile
pour notre pays
Dans l’évaluation des Actes du dialogue National, nous avions mis en évidence
l’absence de volonté politique du Président de
Les conséquences sont la fracture sociale qui a conduit à l’avènement des
rébellions.
Il ne s’agira donc pas de refaire un Dialogue national.
Le Dialogue Politique doit être Inclusif
Le dialogue pour lequel l’UFVN s’est mobilisée et qui
a emporté l’adhésion du peuple centrafricain et de la communauté internationale
est une concertation politique inclusive.
Le dialogue se veut inclusif pour disposer de toutes les chances d’aborder
toutes les questions en intégrant tous les protagonistes des crises.
Ainsi prendront part à ce dialogue politique inclusif les pouvoirs publics,
l’opposition démocratique, l’opposition armée à savoir les tenants de la
rébellion et la société civile.
Le contenu du dialogue politique inclusif portera sur l’identification et l’analyse
des problèmes d’une part, la recherche des solutions, la définition des enjeux
et l’élaboration avec plus de lisibilité et de visibilité d’un programme qui
concilie les contraintes économiques et les exigences sociales en vue d’assurer
le bien être du peuple d’autre part.
Les résolutions du Dialogue Politique
Inclusif doivent être mises en œuvre
Le dialogue pour réussir et se démarquer des autres fora doit fixer des
objectifs précis et réalistes et déboucher sur des résolutions qui permettent
de donner l’espérance au peuple centrafricain et confiance à la communauté
internationale censée nous accompagner dans cette nouvelle marche.
Les réponses aux attentes du Peuple centrafricain doivent être concrètes et
claires
En
raison du bilan désastreux du régime du Président BOZIZE, il y a lieu
d’apporter des réponses claires en termes de programmes politiques, économiques
et sociaux, tant il est vrai et démontré aujourd’hui qu’en l’absence de vision
ni de programme, le régime du Président François BOZIZE ne pouvait apporter des
solutions aux problèmes des Centrafricains.
L’UNION DES FORCES VIVES DE
(U.F.V.N)
Pour le Renouveau Démocratique
Publié décembre
2008