Quoi de neuf au DPI au 11 Décembre 2008

&&&&&&&&&&&&&

 

République centrafricaine
/ Convocation du dialogue politique inclusif

 BANGUI, République Centrafricaine, 10 décembre 2008/African Press Organization (APO)/ — Point de presse quotidien du bureau de la porte-parole du secrétaire général de l’ONU / 9 décembre 2008

Le Secrétaire général s’est réjoui, hier, de la convocation, le 8 décembre, du dialogue politique inclusif en République centrafricaine. 

SOURCE : United Nations - Office of the Spokesperson of the Secretary-General

&&&&&&&&&&&&&&&

 

 

MINURCAT

Mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad

début: 25 septembre 2007


Chronologie

 

10 décembre 2008

L’Union des forces vives de la Nation (UFVN) demande la démission du président centrafricain, François Bozizé, lors du Dialogue politique inclusif « à cause de ses violations répétées de la Constitution qui sont à la source des souffrances du peuple centrafricain », estimant qu’elle sauvera « l’unité du pays gravement menacé ». Un rapport de l’International Crisis Group (ICG) publié hier avertissait du risque d’affrontements armés en cas d’échec du processus.

 

9 décembre 2008

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, rend « hommage à tous les participants et au peuple centrafricain dans son ensemble pour leur engagement dans la réconciliation nationale. Par son caractère inclusif, ce dialogue devrait produire les résultats que les centrafricains attendent depuis longtemps ». Il rappelle que le processus demandera « des efforts importants, un sens du compromis ainsi que des sacrifices de la part de tous les participants ».

 

9 décembre 2008

Dans un rapport, l’International Crisis Group (ICG) estime que « le risque d’une généralisation de la violence en Centrafrique n’a été aussi grand » depuis 2003, car les parties pourraient reprendre les armes en cas d’échec du dialogue politique inclusif. Selon ICG, il faut privilégier la RSS, le désarmement, la bonne tenue des élections de 2010 et un mécanisme de justice transitionnelle. Dans ce contexte, le remplacement de l’EUFOR Tchad-RCA revêt « une importance capitale ».

 

8 décembre 2008

Le président du dialogue politique inclusif centrafricain, l’ex-chef de l’État burundais Pierre Buyoya, déclare que le Dialogue « n’est pas un tribunal, moins encore un lieu de règlement de comptes ». Le chef du MLCJ, Abacar Sabone, considère pour sa part que « si aujourd’hui nous sommes réunis dans cette salle, c’est parce que notre pays a des problèmes, parce que nous les avons créés nous-mêmes et nous allons les résoudre nous-mêmes ».

 

&&&&&&&&&&&&&&&

 

Intégralité du discours prévu par Jean-Jacques Demafouth, Président de l’APRD à l’ouverture du Forum inter centrafricain

Centrafricaines, Centrafricains

Chers  Compatriotes,

L’émotion est grande en cet instant solennel, ou les mots me manquent pour exprimer ma joie. Ce que nous avons pensé inimaginable se réalise aujourd’hui comme un rêve. Rendons grâce au créateur qui a exaucé les vœux du peuple en créant les conditions de ce rassemblement. Je suis très ému car c'est à la fois un honneur et un plaisir que de me retrouver parmi vous aujourd'hui après 6 années d’absence loin de ma famille et de tous ceux qui me sont chers.

J’ai aussi un sentiment de tristesse pour ceux qui ne sont pas là aujourd’hui parmi nous et qui sont absents surtout à cause de notre bêtise humaine. Ayons une pensée pour eux et pour tous ceux qui souffrent à cause de cette absence et de nos actes. C’est l’occasion ici pour moi de demander pardon à tout ceux que j’ai offensé à tout ceux à qui j’ai fais du tort ou du mal de quelques natures que ce soit.  Qu’ils sachent que si je l’ai fais cela l’a été  par ignorance et que la nature des fonctions que j’ai occupé par le passé et dans la fleur de l’âge ne pouvait que m’exposer. J’en ai pris conscience ce nouvel exil m’a formé et je ne suis plus le même Homme que vous avez connu.

Malgré les six années passées à l'extérieur,  pour ma part, je n'ai jamais désespéré de la République Centrafricaine, le pays où je suis né et grandi, de la capacité de ses filles et de ses fils à surmonter les difficultés  et les malentendus pour se retrouver à nouveau, rassemblés au sein de la République, unis autour de la Nation Centrafricaine.

C'est un grand moment dans notre histoire, une étape décisive vers le règlement définitif, je l’espère, de la crise Centrafricaine.

 En cette date mémorable, je voudrais d'abord rendre un vibrant hommage à celles et ceux qui ont œuvré avec détermination à faire taire les armes et aboutir à un certain nombre d'Accords de paix qui ont permis cette rencontre, car notre pays ne peut continuer à vivre dans la tourmente  de la haine, de l'exclusion, de la violence et de la misère.

Notre pays s’est retrouvé dans la situation d’un petit oiseau blessé pris dans le filet  que nous même lui avons tendu en nous confiant sa destinée soit à travers des coups de forces ou des victoires électorales. Aujourd’hui nous avons mis notre propre peuple dans un état de tristesse et de misère qu’il n’a plus d’autres choix que de jeter au ciel un cri de douleur. Comme cette femme dans les environs de Béboura II qui par la magie de la technologie en pleine zone contrôlée par l’APRD parvient à me joindre à Paris pour m’expliquer qu’elle venait d’être chassée de son village avec dans les bras un bébé de 3 jours qu’elle ne peut allaiter et qui me dira «  acceptez d’être le président de l’APRD,  faites la paix et sortez nous de cette situation ».

Je me souviens aussi du dernier pèlerinage à Lourdes des femmes légionnaires sur le chemin de croix elles ont toutes unanimement prié pour la paix.  Que dire des appels lancés par la conférence épiscopale ?  Toutes ces appels suprême lancé par notre peuple pour la justice divine qui seule peut le délivrer de cette souffrance ;  j’estime pour ma part qu’il a été entendu.

Qui pouvait imaginer un seul instant que je sois aujourd’hui ici sur cette tribune devant vous. Le cri de notre peuple a traversé  le monde et a touché les cœurs de tous ceux que la providence divine a mis devant lui pour l’aider et lui rassembler ses enfants pour une ultime réconciliation.

 

Pour tout cela, permettez-moi d'exprimer ma gratitude au Président EL. A. OMAR BONGO  ONDIMBA Président de la République Gabonaise qui mérite tout particulièrement d'être félicité. Chacune ou chacun sait que le Président EL A O BONGO ONDIMBA  depuis longtemps, a déployé des efforts inlassables pour le rétablissement de la paix  et la sécurité dans notre pays.

 

Oui ! Monsieur le Président vos sages conseils nous ont permis d’aboutir aujourd’hui à ce résultat. Merci à vos proches collaborateurs, Merci au Gouvernement et au Peuple Gabonais.

 

Je tiens également à remercier  tout particulièrement Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire Général des  Nations –Unis qui a su par son talent à convaincre Laurent Djim a choisir la voix du dialogue plutôt que la Guerre.  C’est grâce à son action déterminante, en acceptant de prendre le risque d’aller à Paoua, puis dans les zones sous contrôle de l’APRD, que notre mouvement a finalement opté pour un règlement politique.

 

Je remercie la francophonie dont le représentant du Secrétaire Général au comité de suivi de l’accord de paix global n’a ménagé aucun effort dans les moments difficiles de négociations pour nous interpeller et nous rappeler la souffrance de nos populations.

 

Merci à l'Union Européenne, La CEEAC, La CENSAD, Le centre du dialogue humanitaire pour leur appui et conseils qui permis la tenue de ce dialogue politique inclusif.

 

J'adresse mes sincères remerciements au président François Bozizé qui a enfin compris qu’il y a un temps pour tout, un temps pour la guerre et un temps pour la paix, et nous y sommes Monsieur le Président.

 

 

Chers compatriotes toutes ces personnalités sont ici pour nous aider à nous délivrer du mal. Du mal profond du rejet de l’autre qui est fortement ancré en nous. Nous devons nous soumettre à ce travail d’exorcisme d’un autre genre. Si nous y parvenons, notre pays sera fier de nous.

 

Sous d’autres hospices, la République Centrafricaine pourrait être une véritable locomotive pour la sous-région. - Le potentiel naturel de notre pays l’autorise à vouloir un avenir meilleur  pourtant, cela fait des dizaines d'années qu’il languit dans la pauvreté, qu'il stagne sur les plans politiques  et économiques et que le potentiel  de ses ressources humaines est inutilisé. Des dizaines d'années de mauvaise gestion ont privé le peuple de leur liberté, nourrit la méfiance et remis en cause la notion même de la bonne administration.

Malgré toutes ces difficultés, le peuple n'a cessé de croire en un avenir meilleur. Il a refusé de tourner le dos au vivre ensemble, il a continué de croire qu'à la première occasion, la démocratie véritable et le développement prendraient le dessus. C'est pourquoi, aujourd’hui, il y a une lueur d'espoir. Les parties prenantes à ce dialogue politique en venant ici, je l'espère, ont pris la mesure de cet enjeu ultime de rechercher la paix.

 

Nous sommes donc ici réunis autour d'un dessein commun  et d'une vision partagée car ce dialogue politique s'appuie sur les fondements de plusieurs accords préalables de Paix. Ceux-ci ont progressivement renforcé la maturité qui devrait autoriser le passage à l'étape suivante à savoir l'examen sans complexe, avec des mots de vérités, des points sur les questions de politiques  et de gouvernances, la situation sécuritaire et des groupes armés, le développement socio-économique et l'alternance démocratique.

 

Je souhaite que ce dialogue nous conduise à renverser la tendance et de faire de la paix un phénomène contagieux dont les manifestations se renforcent mutuellement.

 

Certes, les questions sont délicates, mais elles symbolisent l'émergence de la volonté politique d'arriver à des décisions fondamentales qui mettraient en place des mécanismes de renforcement de la confiance, de favoriser la relance socio-économique et l'alternance démocratique ; mais surtout et c’est là le plus important les organes qui seront chargés de l’application effective des décisions que nous arrêterons ici.

 

Il est de notre devoir de donner l'espoir aux centrafricains en montrant que nous sommes déterminés à vivre ensemble et prendre des mesures pour faire tomber le mur du tribalisme, de suspicion et de la haine qui sépare les uns des autres. En d'autres termes, l'enjeu principal de ce dialogue n'est rien moins que l'avènement d'une ère nouvelle pour les millions d'hommes, de femmes et d'enfants en Centrafrique, qui ont faim, qui ont soif, qui sont malades, qui ont enterrés tant de parents  et de proches, qui ont traversé tant d'épreuves, des jeunes qui n’ont pas d’avenir lisibles et qui n’espèrent en rien mais attendent de nous que nous allions au bout de ce que nous avons entamé. Cette fois-ci, il n’est plus question que les résolutions qui vont être prises soient mises au placard comme jadis ; l’APRD n’est pas venu ici pour participer à un spectacle. Nous voulons que notre pays, à l’instar des autres, se tourne vers la prospérité. Fini le temps où notre pays se classait parmi les derniers de la classe.

 

En 1965, nos parents étaient réveillés par un tonitruant  « l'heure de la vérité a sonné ». Le Colonel JB Bokassa venait de prendre le pouvoir pour le bien du peuple brimé, exploité. Cependant les premières années du long règne du Général, puis maréchal, Président à vie  et Empereur firent connaître aux centrafricains quelques périodes de prospérité, de paix  et de sécurité. Les indicateurs de croissance étaient dans le vert dans tous les secteurs productifs. Les centrafricains étaient à mille lieues des relents des mots en ISME: - tribalisme - ethnicisme - clanisme - népotisme etc...

 

Méritocratie - compétence et intelligence avaient une signification.

 

Notre armée était républicaine. Pour preuve, le Président BOZIZE fut le premier ressortissant de la première promotion de l’ESFOA à être promu général alors qu’il n’est pas de l’ethnie de BOKASSA.

 

Malheureusement tout commence à se scléroser à partir de 1976.  La suite de l'histoire est connue de tous! Mais alors pourquoi cet homme commença t-il à perdre la confiance de son peuple et perdit sa légitimité ?

 

Je mets volontairement entre parenthèse l'ère éphémère de Dacko 2 car elle est atypique à la fois par sa brièveté et son mode d'accession au pouvoir. Cette période a inauguré néanmoins le « Merci DACKO » le permis de piller et de détruire. Il y eut d’autres règnes, celui du général André Kolingba, puis celui du Président Patasse et aujourd’hui le Président Bozize.

Aujourd’hui nos compatriotes ne reconnaissent que seul le régime de BOKASSA a fait des réalisations et ils affirment ouvertement que depuis sa chute ils ont vu disparaître le règne de la justice et de l’égalité. Nos compatriotes disent qu’à son époque les considérations ethniques, régionales n’étaient pas les critères pour bénéficier d’une bourse, de formation ou pour occuper une fonction civile ou militaires important. Seule la compétence et l’aptitude étaient exigées. Les promotions étaient aux mérites et se faisaient régulièrement.

 

Tous les régimes qui lui ont succédé jusqu’à ce jour ont érigé en système d’administration, le régionalisme, l’ethnicisme, le népotisme avec la gabegie comme corollaire.

 

Ceux qui ont le malheur de ne pas appartenir soit à la tribu du prince, ou soit à son parti sont impitoyablement et définitivement exclus de la gestion des affaires de l’Etat. Ils endossent l’avilissante épithète de traitre à la nation quelque soit le niveau ou l’intérêt de leur formation. Acculés au chômage et au désœuvrement aussi longtemps que durera le règne de l’ethnie au pouvoir. Ces hauts serviteurs de l’Etat se déshumanisent en se réfugiant parfois dans l’alcoolisme ou la délation de leur propre parent. Il n’est pas non plus surprenant de rencontrer ces très hauts cadres formés à grands frais avec l’argent du misérable peuple centrafricain mis en chômage.

 

Pour les jeunes obtenir une bourse d’études ou de formation que ça soit civile ou militaire relève de la croix et la bannière parce qu’ils ne sont pas de l’ethnie du Président ou de sa région. Comme si cela ne suffisait pas, ils sont harcelés par des polices politiques en les acculant à une vie de paria créant ainsi chez eux un réflexe de vengeance si jamais un membre de leur ethnie ou de leur région parvient au pouvoir.

 

Ce traitement discriminatoire et injustifié crée des velléités séparatistes, à défaut de se faire entendre. Car à quoi bon de vivre dans un pays ou les autorités en place vous traitent comme moins que rien ! Au nom de quelle logique politique ou religieux les dirigeants affament les cadres et les jeunes  n’appartenant pas à leur région ou leur parti ?

C’est un véritable gâchis dans un pays ou les ressources humaines sont rares. Doivent- ils se résigner à attendre le retour ou l’arrivée au pouvoir d’un régime qui leur est plus favorable avant de relever la tête ou de se sentir à part entière membre de la communauté centrafricaine ?

 

Le pouvoir nous rend fou, la quête ou la confiscation du pouvoir n’a pas de limites. Chers compatriotes,  nous avons quelque fois poussé le mal plus loin en invitant des forces étrangères à venir martyriser devant nous nos propres compatriotes, ridiculiser notre armée. Nous créons ici et là des milices en touts genres parfois plus équipés que notre armée. Tous ces moyens pour nous entretuer.

 

Mais pourquoi le régime installé en 2003, légitimé en 2005 sombre-t-il, au lendemain de l'intronisation du Président, dans les abysses de la répression ?

Pourquoi les rebellions ont-elles vu le jour dans notre pays ?

 

Sans verser dans de vaines diatribes, je soumets à votre réflexion les préliminaires contenus dans le Manifeste pour un Dialogue Politique Véritablement inclusif en Centrafrique.

En substance, on y lit ceci: « la crise centrafricaine trouve son origine dans le refus obstiné des dirigeants d'accepter et de respecter les principes démocratiques d'accession au pouvoir et de sa gestion. Une fois installés au pouvoir de l'Etat, ces dirigeants se lancent à une gestion patrimoniale au sens péjoratif du terme  se traduisant par la prédation  au détriment de l'intérêt général, au détriment de toutes les couches sociales ».

 

Centrafricains, Centrafricaines, chers frères et sœurs! Les doses homéopathiques de démocratie qu'on vous injecte ne suffisent pas à légitimer durablement le pouvoir et à recréer la confiance.

Il s'observe quotidiennement une réelle cassure entre le peuple et ses dirigeants, lesquels sont obligés de recourir à des méthodes condamnables, frisant le terrorisme. Une espèce de fatalisme et d'apathie s'insère insidieusement dans l'esprit et le corps du centrafricain, inhibant toute faculté de réaction.

 

Cette attitude est contre productive. Le centrafricain a trop souffert des affrontements !

 

Aujourd’hui, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest en passant pour le Centre, il connaît et ressent quotidiennement dans son sang les conséquences indélébiles des conflits. Les populations de Bangui et de sa périphérie, celles de l'Ouham-Pendé, de l'Ouham, de Nana Gribizi, la Kemo, La Ouaka, la Haute-Kotto qui ont vu déferler sur leur territoire des hordes de pillards, de prédateurs savent concrètement que les conflits sont désastreux, inhumains.

Les conflits s'accompagnent de destruction de tissu socio-économique, de pillage de ressources nationales, des actes de brigandages, de vols de biens de nos populations, de destruction de villages, de famine, de maladie épidermique et endémiques, bref de l'ANEANTISSEMENT des ressources humaines les plus actives, aux conséquences incalculable pour l'avenir de notre pays et de sa jeunesse.

 

Lorsque j’ai été désigné président de l’APRD,  je me suis donné pour mission d’apporter des solutions politiques ; j’y suis parvenu. Nous avons signé des accords de paix et nous avons adopté un processus de Démobilisation Désarmement et Reconversion.

 

Le peuple en a assez de la médiocrité. Mais quelque part, on a la nette impression que la situation arrange beaucoup de monde, situation qui permet de maintenir un « état de siège permanent » avec ces milices privées, cette garde prétorienne. On constate aussi la prolifération de nouveaux types d’écrivains qui ont pour mérite la rédaction de fiches mensongères qui leur procure une certaine rémunération, au même titre que les fonctionnaires. Ils se vendent mieux à ceux qui ont les moyens de les payer, créant ainsi un climat de suspicion permanent.

 

Tout a été diagnostiqué depuis l'aube, des grands débats aux dialogues nationaux, les états généraux  sectoriels.

Faisons économies du temps et d'argent même si on doit « FORCER NOTRE NATURE » en évaluant rigoureusement, objectivement chaque point d'accords, de résolutions mille et une fois arrêtés dans les différents fora majeurs organisés sur les crises centrafricaines, à savoir notamment les conclusions et recommandations du dernier dialogue national de 2003 et les travaux du Comité préparatoire.

-         Adoptons des instruments supranationaux contraignants pour faire appliquer, réaliser les points retenus et prioritaires.

-         .Exigeons de notre assemblée la mise en place d’une structure consensuelle immédiatement opérationnelle pour appliquer un programme minimum de gestion de notre pays sur une période limitée. Cette structure aura pour principale mission la réalisation du programme DDR, accompagner la préparation et l'organisation des prochaines échéances électorales par une Commission électorale mixte dans un climat social apaisé et que le meilleur gagne.

-         .Faisons confiance à la MICOPAX, cet instrument régional de paix, venu à notre secours pour nous accompagner dans ce processus et faisons preuve de patriotisme.

Pour ma part et l’APRD que je représente nous voulons apporter notre contribution pour éloigner les nuages de la haine, de la misère, des conflits armés, nuages qui se sont particulièrement accumulés ces dernières années à l'horizon de notre humanité en République Centrafricaine.

C'est pourquoi, je forme le vœu de nous écouter les uns les autres. S’écouter les uns les autres,

-         C'est déjà là, nous le sentons un signe de paix.

-         .C'est déjà là une réponse aux questions inquiétantes qui nous préoccupent.

-         .C’est déjà là une volonté politique

-         .C’est déjà là envisager la possibilité de nous tourner vers l’avenir

-         .C’est déjà là accepter nos torts et faire preuve d’humilité

-         .C’est déjà là vouloir trouver des solutions durables en faveur de la paix

-         .C’est déjà là une preuve de maturité

-         .C’est déjà là honorer la mémoire de nos ancêtres

-         .Par ailleurs, tout cela sert déjà à dissiper les ombres du soupçon et de l'incompréhension.

 

Comme disait le Pape Jean Paul II : "On ne dissipe pas les ténèbres avec les armes .On éloigne les ténèbres en allumant des sources de lumière ".

Chers compatriotes, pour finir, je vous invite à laisser tomber les petites querelles, à extirper le venin de nos cœurs et à faire ensemble, à partir des résolutions que nous allons adopter ici, pendant ce dialogue politique inclusif, une nouvelle alliance de paix et de progrès pour la prospérité de notre pays et de notre peuple.

Ensemble, avançons vers l'avenir en tenant haute la flamme de l'unité, de la dignité et du travail ; La République en a vraiment besoin.

-         Nos aînés disparus, Boganda et les autres, nous observent de là où ils sont.

-         .Les Pays voisins attendent de voir enfin l’émergence de nos qualités.

-         .Le Continent Africain languit dans l’attente de proclamer, enfin, haut et fort : « Oui, je suis fier de mes enfants de Centrafrique ».

-         .La Communauté Internationale est fatiguée de nous voir nous entre-déchirer et elle attend de nous : sincérité, réconciliation et volonté commune de conduire notre pays et notre peuple vers la prospérité, afin que la joie et la quiétude s’affichent enfin sur le visage de chaque Centrafricain et chaque Centrafricaine. L’APRD que je représente est ici pour cela.

 

Que Dieu bénisse notre dialogue et nous apporte de la sagesse lors de nos débats.
Je vous remercie.

 

Jean Jacques Demafouth

 

 

 

&&&&&&&&&&&&&&&&&

 

La démission de Bozizé comme préalable à la poursuite du dialogue politique

Soixante douze heures après l’ouverture du dialogue politique, les dés sont désormais jetés et les langues se délient visiblement.

L’opposition démocratique réunie au sein de l’UFVN (union des forces vives de la nation) après avoir posé le diagnostic clinique de la situation du pays, exige ni plus ni moins le départ de François Bozizé, considéré comme le seul responsable de l’incurie actuelle que connaît la République centrafricaine.

« Devant ce tableau entièrement sombre, la démission du Président de la République s’impose. Le Président de la République doit démissionner à cause de ses violations répétées de la Constitution, qui sont à la source des souffrances du peuple centrafricain. Il doit démissionner pour sauver l’unité du pays gravement menacée », a prononcé Me Henri Pouzère, qui en profite pour ajouter ceci «Il doit démissionner parce qu’il a perdu toutes légitimité. Il doit démissionner parce qu’il a perdu sa base légale qui est la Constitution qu’il a réduit en chiffon de papier. Pourtant Dieu sait que personne ne coupe la branche sur laquelle elle est assise. BOZIZE l’a fait et ne peut plus se prévaloir de sa propre turpitude ».

Le coordonnateur de l’UFVN a, au nom de cette coalition, rendu public trois préalables nécessaires à la poursuite des travaux, « Et enfin, pour que l’Union des Forces Vives de la Nation continue ces travaux avec vous, les préalables suivants doivent être acceptés », affirme-t-il.

Voici donc les conditions posées par l’UFVN avant d’entrée en commission :

Premier préalable : Le Président BOZIZE doit expliquer ici les raisons de sa rébellion en 2002 et 2003, et les engagements pris dans ce cadre au nom du peuple centrafricain dans ce cadre auprès d’individus, de groupes d’individus ou d’Etats tiers. Ensuite lui et les mouvements armés doivent clairement s’expliquer maintenant devant la nation sur les différents qui les opposent depuis le coup d’Etat du 15 mars contre le Président PATASSE.

Deuxième préalable : Considérant l’absence de volonté politique qui a toujours caractérisé un Président après un dialogue comme celui-ci, nous devons rendre immédiatement exécutoires les clauses de l’accord politique issu de ce Dialogue Politique Inclusif.

Troisième préalable : Considérant que nous ne souffrons pas d’absence d’idées mais de déficit d’hommes et de mécanisme structurel dans la gestion et le contrôle de la chose de l’Etat, nous devons nous accorder dès maintenant pour mettre en place ici et maintenant un gouvernement de transition politique avec un premier ministre issu de l’opposition démocratique, doté de tous les pouvoirs à lui donner afin de restaurer la primauté de la Constitution et de l’Etat de droit, redresser la gestion du pays et préparer dans la transparence les élections à venir afin de redonner confiance aux citoyens.

Quatrième préalable : Considérant que notre Assemblée Nationale a failli sur tous les plans, un contrat de législature entre le gouvernement de transition et l’Assemblée nationale doit être conclu afin de permettre au gouvernement de transition de légiférer par ordonnance jusqu’aux élections.
Voilà qui a au moins le mérite d’être clair. Mais est-ce que Bozizé et ses ouilles se laisseront-ils faires ? Wait and see

&&&&&&&&&&&&

Centrafrique : L'opposition démocratique réclame la démission du président Bozizé au Dialogue Politique Inclusif

Bangui, 10 déc. (Acap)- Les assises du Dialogue Politique Inclusif sont entrées, mercredi 10 décembre, dans le vif de leur sujet, avec une déclaration de l’Union des Forces vives de la nation (UFVN, opposition démocratique), dont le coordonnateur, l’avocat Henri Pouzère, a réclamé la démission du Président de la République, François Bozizé.

Centrafrique : L'opposition démocratique réclame la démission du président Bozizé au Dialogue Politique Inclusif

« Le Président de la République doit démissionner à cause de ses violations répétées de la Constitution, qui sont à la source des souffrances du peuple centrafricain », a expliqué maître Pouzère, pour qui « le Président François Bozizé Yangouvonda n’est plus garant de l’unité et de la cohésion nationales à cause de son ‘tribalisme militant’, ‘dominateur’ et ‘conquérant’.

Le coordonnateur de l’UFVN a conditionné la participation de son groupement au reste des travaux du DPI à la réalisation de 4 préalables, à a savoir notamment la présentation par le président Bozizé des « raisons de sa rébellion en 2002 et 2003, et les engagements pris dans ce cadre au nom du peuple centrafricain auprès d’individus, de groupes d’individus ou d’Etats tiers ».

L’UFVN exige également que soit rendues « immédiatement exécutoires les clauses de l’accord politique issu de ce Dialogue Politique Inclusif » et que soit mis en place « ici et maintenant un gouvernement de transition politique avec un Premier ministre issu de l’opposition démocratique ».

Dans un message lu par le secrétaire général de son parti (Rassemblement démocratique Centrafricain, opposition), M. Pascal Koyaméné, l’ancien président André Kolingba propose également la mise en place d’une transition sur la base d’un accord politique et « la création d’une commission internationale pour auditer l’administration et faire la lumière sur le tribalisme dans l’administration et l’armée ».

En dépit du tollé suscité parmi les délégués par les propos de maître Pouzère, aucune réaction officielle de la majorité n’a été rendue publique et les délégués ont entamé les travaux par groupe thématique sans que les questions et les préalables soulevés par l’UFVN aient été examinés.

Les 3 groupes thématiques concernent les questions politiques et de gouvernance, la situation sécuritaire et les groupes armés ainsi que le développement socio-économique.

Il convient de rappeler qu’à l’ouverture de ces assises, le 8 décembre dernier, l’Envoyé spécial de l’Organisation internationale de la Francophonie, maître Djovi Gally, avait lu un message du président Abdou Diouf recommandant aux délégués de « faire un bilan sans complaisance de 50 ans de vie commune » sans toutefois « se soustraire aux exigences du respect des institutions ».

 

 

&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

 

 

 

BOZIZE YANGOUVOUNDA n’est plus garant de l’unité et de la cohésion nationale, dixit Me Henri Pouzère.

Nous publions le texte intégral du discours que s’apprête à prononcer devant les délégués du dialogue politique, Me Henri Pouzère, coordonnateur de l’UFVN.

 

BOZIZE YANGOUVOUNDA n’est plus garant de l’unité et de la cohésion nationale, dixit Me Henri Pouzère.

DECLARATION DU COORDONNATEUR DE L’UNION DES FORCES VIVES DE LA NATION (UFVN)


A l’ occasion du Dialogue Politique Inclusif


- Monsieur le Président du Dialogue Politique Inclusif,
- Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations Internationales,
- Mesdames, Messieurs les Représentants des Partis politiques,
- Chers délégués aux assises du Dialogue Politique Inclusif,
- Honorables Invités,
- Mesdames et Messieurs,


L’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN) qui est à l’origine de ces présentes assises vient ici par ma voix, remercier très sincèrement la communauté internationale avec à sa tête Son Excellence El Hadj Omar BONGO ODIMBA, Président de la République gabonaise et Président du Comité ad hoc dans l’espace CEMAC sur les questions centrafricaines, pour toutes les énergies qu’elle a réussi à mobiliser pour voler une fois de plus au secours du peuple centrafricain afin que ce Dialogue Politique Inclusif tant souhaité et tant entendu ait lieu.

Qu’il me soit également permis de remercier et de féliciter au nom de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN), toutes celles et tous ceux qui, au sein du Comité d’organisation et au-delà, ont œuvré avec abnégation pour que cette Rencontre citoyenne soit, au niveau de ses travaux , une grande réussite, un juste motif d‘espérer à un retour à une Paix Durable dans la liberté, la dignité et le Progrès.

Mesdames et Messieurs,
Distingués Invités,
Chers compatriotes,

Permettez-moi tout d’abord d’affirmer devant cette auguste assemblée, que contrairement à une idée malheureusement répandue, le centrafricain n’est pas un ingénu sur cette planète terre. Le centrafricain est loin, très loin, d’être ce grand enfant en lieu et place duquel il faut penser.

Depuis fort longtemps en effet, le Centrafricain sait que les solutions qui conviennent aux multiples, interminables et récurrentes crises que son pays vit des dizaines et des dizaines d’années durant ne peut provenir que de la réflexion soutenue et de la volonté tenace des centrafricains eux-mêmes.

Depuis fort longtemps, les centrafricaines savent que le jour où ils auront décidé de prendre, en toute lucidité et en toute responsabilité des engagements forts qu’ ils jurent de respecter scrupuleusement dans la lettre et dans l’esprit, leur sort s’en ressentirait positivement, il changerait du tout au tout, radicalement

Si, après 50 d’âge (1958/2008), la République Centrafricaine apparaît dans la sous-région comme le prototype même des Etats qui refusent le progrès ;

Si après 50 d’âge la République Centrafricaine est au 173ème sur 177 pays dans le classement mondial de la pauvreté publié par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ;
Si après 50 âge la République Centrafricaine est régulièrement citée parmi les « Etats faillis » ou les « Etats voyous » ;

Il faut avoir l’honnêteté et le courage de reconnaître ici et aujourd’hui, que des facteurs endogènes, c’est à dire internes à nous-mêmes en sont les principales causes, que dis-je, les causes ‘’impulsives’’ et ‘’déterminantes’’.

Des dialogues sur dialogues, des séminaires de réflexion sur séminaires de réflexion, des conférences pour la paix ou la réconciliation nationale, des grands débats nationaux, des Etats généraux etc. Rien n‘y fit!

Tous les grands problèmes dont souffre la République Centrafricaine ont été X fois recensés et les solutions consignées sous forme de nombreuses ‘’recommandations‘’, ‘’résolutions’’ et autres ‘’décisions’’. Toutes ces recommandations toutes ces résolutions toutes ces décisions n’ont connu pour la plupart, aucun début d’exécution.

A partir d’un tel constat, il est aisé de comprendre le scepticisme de certains compatriotes, de certains médias et même du Général Président François BOZIZE YANGOUVOUNDA, qui pensent en chœur que ce Dialogue Politique Inclusif est un « Rendez-vous de trop » une ’’ Réunion de Bavardage‘’ (sic).

C’est pourquoi, il importe cette fois de créer l’événement du haut de la Tribune de ce Forum de tous les espoirs, en rompant radicalement avec les compromettantes pratiques des déclarations de bonnes intentions qui s’avèrent en définitive en plaidoyers implicites pour le maintien du statu quo ante, au grand dam hélas, du ‘’Petit Peuple’’ qui ne finit pas de faire son deuil et qui compte secrètement sur ses filles et ses fils ici rassemblés pour sécher ses larmes.

De ce point de vue, si ce Dialogue Politique Inclusif devait encore se transformer en un jeu de dupes, au cours duquel des déclarations solennelles doivent se faire entendre, en même temps que chacun se dit dans son for intérieur « Après tout, qui va en tenir compte ?”, cette Grande Rencontre n’aura alors servi à rien, sauf à nous précipiter dans le vide et donner raison aux sceptiques. Heureusement, tout sera fait et entrepris pour qu’il n’en soit pas ainsi!

En effet, au nom de l’Union des Forces Vives de la Nation pour le Renouveau Démocratique, j’ai la faiblesse de penser que le jour est arrivé où les circonstances ne nous permettent plus de faire comme avant. Notre peuple est fatigué de ces crises sans fin, de cette misère sans fin, de ces espoirs perpétuellement déçus et de ces lendemains qui sont toujours pire que les veilles.

Depuis 1996, notre pays a noué avec les crises militaro-politiques à répétition qui perdurent jusqu’à ce jour. Toutes ces crises sont toujours nées du refus des dirigeants centrafricains d’accepter les contraintes qui accompagnent la gestion de la chose publique sous tous les cieux, dans une République dont l’unique BOUSSOLE est toujours encore et partout la CONSTITUTION.

Lorsque
la Constitution, c’est-à-dire la Loi Fondamentale d’un pays n’est pas respectée par ceux là-même qui déclarent en tirer la base légale de leur Pouvoir, la république fonctionne sans Loi et devient une vaste jungle où le plus fort s’impose en conquérant et en dominateur Évidemment, dans une telle République déréglée depuis le Sommet de l’Etat le Petit Peuple vit au quotidien les graves manquements. C’est en l’occurrence le cas patent de la République Centrafricaine sous le Général Président François BOZIZE YANGOUVOUNDA où

- ceux qui disposent de la force n’acceptent pas que les revenus tirés de l’exploitation des richesses du pays se gèrent dans la transparence et servent à faire vivre les populations.

- ceux qui ont la force s’octroient d’autorité, un droit de préemption nationale sur tout ce que le pays peut générer comme ressources.

- ceux qui disposent de la force n’acceptent pas que l’Armée soit et demeure une institution dont la mission est de protéger le citoyen et de défendre partout, envers et contre tout, le territoire national, sa population et ses biens.

- ceux qui ont la force s’emploient à faire de l’armée une unité de protection de leurs privilèges.

- ceux qui disposent de la force dressent les ethnies les unes contre les autres et organisent des milices armées sur des bases ethniques, « Garde Républicaine », ou « Garde Présidentielle », le tout dans une stratégie machiavélique de conservation coûte que coûte du pouvoir.

- ceux qui disposent de la force écrasent le peuple sous ses bottes, car le respect des droits de l’homme sonne à leurs oreilles comme de la subversion et comme un complot permanent, téléguidé de l’extérieur, comme de bien entendu.

C’est toujours en accusant leurs prédécesseurs du non-respect de la Constitution, et de tous les crimes cités ci-haut, que les faiseurs de coup d’Etat dans ce pays ont tenté de fonder la légitimité de leur action. Le dernier en date à avoir utilisé ces arguments est bien sûr le Général Président BOZIZE YANGOUVOUNDA.

Faut-il rappeler, Mesdames et Messieurs, Chers Compatriotes, que le Général François BOZIZE, Chef d’Etat Major des FACA à l’époque, est arrivé au pouvoir le 15 mars 2003 par un coup d’Etat à l’issue d’une rébellion armée qu’il a déclenchée, en prenant prétexte d’un différend entre lui et le Chef Suprême des Armées d’alors, Monsieur Anges Félix Patassé auquel il reprochait notamment la violation de la Constitution. Il est vrai que le ridicule ne tue pas!

Malgré le pillage et la destruction des biens publics et privés qui ont caractérisé cette rébellion conclue par ce coup d’Etat, tout le monde a en mémoire la liesse populaire qui a accompagné l’entrée triomphale du Général BOZIZE dans la ville de Bangui. Le centrafricain désespéré, s’était remis à espérer.

- Il a cru qu’enfin les recettes publiques allaient servir à combattre sa misère, et à lui assurer ses deux repas quotidiens.

- il a cru qu’enfin l’Armée allait redevenir républicaine, et que sa vie, celle de sa famille ainsi que ses biens seraient désormais protégés.

- il a cru qu’enfin il pouvait retrouver la confiance perdue en sa justice et que la constitution de son pays allait enfin être respecté.

- il a cru qu’enfin l’économie de son pays allait renaître, et que, pour une fois, depuis des décennies, il trouverait un environnement susceptible de lui permettre de vivre comme les autres êtres humains, en chair et en os.


- surtout, il s’est pris à croire que le bois, le diamant, l’or, l’uranium et toutes les autres richesses dont regorge ce pays allaient enfin profiter au peuple qui meurt de faim et de maladie.

Chers compatriotes,

Au lieu du paradis rêvé, c’est à la table de la désillusion que le centrafricain a été convié et servi. En effet, le ‘’libérateur’’ s’est transformé en geôlier pire, en exterminateur. C’est un véritable cauchemar qui est venu s’installer dans le salon du centrafricain, dans sa chambre à coucher, dans son quartier, dans son villages, sur ses routes où même pendant la colonisation la circulation des colonisés était plus libre. Sur l’ensemble du territoire national, la République est devenue une vaste prison où tout déplacement est un exercice périlleux.

Aujourd’hui les centrafricains s’interrogent. Comment est-il possible que ce soit durant cette période où la communauté internationale a accordé d’immenses financements exceptionnels à la République Centrafricaine que la misère et l’insécurité aient paradoxalement atteint des proportions inouïes ?

Comment expliquer que ce soit au moment-même où la communauté internationale s’est résolument engagée à appuyer tous les efforts de reconstruction de la République Centrafricaine que les Autorités Politiques aient décidé de se soustraire de la marche du progrès, en optant délibérément, fermement, obstinément pour la ‘’Mal gouvernance’’?

Ni l’accession au Pouvoir du Général François BOZIZE YANGOUVONDA installé à la Présidence de la République par la force d’une rébellion armée structurellement sans culture politique ni l’élection douteuse du Général Président en 2005 ne peuvent expliquer une telle situation désastreuse.

En effet dans l’un et l’autre cas il a été constaté qu’une trêve politique et sociale a été observée par l’ensemble des forces vives de la Nation afin de donner une chance d’un retour à la paix et à la reprise de la vie normale.

Cette chance n’a pas été saisie par le Général Président et son Gouvernement. C’est donc dire et affirmer que le siège de la Mal Gouvernance est ailleurs. Peut-être faut-il le rechercher dans la ‘’Nature’’ même et la Valeur intrinsèque des Hommes du Pouvoirs depuis le 15 Mars 2003.

En tout cas, depuis le coup d’Etat militaire du 15 Mars 2003 et ses prolongements idéologiques dans les élections générales de 2005, le Pays subit un dérèglement général de la vie constitutionnelle et institutionnelle. Aussi, profitant de cette Tribune qu’offre le Dialogue Politique Inclusif, le Centrafricain doit-il dire NON trop c’est trop! A l’occasion de ce Dialogue Politique Inclusif il doit cesser de donner dans la résignation et puiser en son tréfonds les ressorts enfuis pour construire et organiser lui même son Destin. C’est à ce prix qu’il pourra relever le défi à tous les niveaux et dans tous les secteurs de l’activité de la Nation dont le secteur Politique celui la qui commande à tous les autres. Au commencement était le Verbe en effet!

A propos de la Constitution et du fonctionnement des institutions qui en découlent :

J’ai affirmé plus haut que la Constitution d’un pays est sa Loi Fondamentale, et que son respect est le thermomètre de la normalité de la vie de la République. Le problème cardinal de la République Centrafricaine est que la Constitution est violée de manière constante et répétée par le Président de la république lui-même, institué garant constitutionnel de cette même Constitution. L’autre problème tout aussi cardinal est le fait qu’il n’existe aucune possibilité constitutionnelle de sanctionner cette dérive totalitaire du Président de la République qui s‘est abstenu délibérément d‘installer la Haute Cour de Justice prévue à cet effet, comme une ‘’épée de Damoclès‘’.

S’étant mis à l’abri de toutes poursuites judiciaires aux fins de destitution pour violation de la Constitution, le Général Président ne se prive plus de traiter la Constitution comme un ‘’chiffon de papier’’ au point de se délecter de sa violation aux grés de ses intérêts personnels et de ses calculs politiciens.

On en veut comme preuve, la violation des articles 22, 23, 25, 26, 78, 94, et 111 de la Constitution de 2004.

S’agissant de l’article 22 qui dispose : « Le Président de la République est le Chef de l’Etat, il incarne et symbolise l’unité nationale … Il veille à l’exécution des décisions de la justice ». Le Président de la République a violé ces dispositions en posant les actes suivants :

- il a pris ouvertement et publiquement partie pour le défunt Lieutenant YANGO-CAPITA contre le défunt Sergent-chef SANZE en janvier 2006. Ce dernier a été extrait des geôles de la gendarmerie nationale pour être sauvagement assassiné et émasculé. Aucune suite judiciaire n’a été donnée à cette affaire ;

- il a ordonné à la Garde Présidentielle la destruction par incendie des maisons appartenant à des chrétiens de l’Eglise Kina (cf. son discours du 27 décembre 2006 lors de la clôture du forum sur la jeunesse) ;

- il a insulté publiquement les magistrats en les traitant de brigands, de « corrompus jusqu’à l’os » ;

- il a ordonné le maintien en prison pendant 15 jours de MAMADOU RAÏKINA et autres, pourtant acquittés par la Cour criminelle.

S’agissant de l’article 23 qui dispose : « La fonction de Président de la République est incomparable avec l’exercice de tout autre fonction politique, de tout autre mandat électif, de toute autre activité lucrative, sous peine de destruction ».

Cette disposition a été violée. En effet, dès le 15 juin 2005, c'est-à-dire aux lendemains de sa prestation de serment le 11 juin, le Président de la République s’est auto nommé Ministre de la Défense Nationale, de la restructuration de l’armée, des Anciens Combattants et victimes de guerre. Sans craindre le ridicule d’être sous le contrôle du Premier Ministre Chef du Gouvernement juridiquement habilité à juger ses Ministres

S’agissant de l’article 25 qui dispose : « Lors de son entrée en fonction, débout, découvert, la main gauche posée sur la constitution et la main droite levée, le Président de la République prête le serment ci-après devant la cour Constitutionnelle siégeant en audience solennelle : « Je jure devant Dieu et devant la Nation d’observer scrupuleusement la Constitution, de garantir l’indépendance et la pérennité de la République, de sauvegarder l’intégrité du territoire, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge sans aucune considération d’ordre ethnique, régional ou confessionnel, de ne jamais exercer les pouvoirs qui me sont conférés par la Constitution à des fins personnelles et de n’être guidé en tout que par l’intérêt national et la dignité du peuple centrafricain ».

Ce serment est constamment violé à tous les niveaux comme en témoignent les rapports accablants de Human Rights Watch, International Crisis Group, l’Union des Journalistes Centrafricains, et les autres organisations humanitaires.

En tout cas il ne fait de doute pour personne désormais que le Président de la République pratique le tribalisme de manière outrancière et à la limite de la provocation (mbana na mbana) Tous les centrafricains savent en effet qu’aujourd’hui avec le Général Président François BOZIZE YANGOUVOUNDA, il faut être de son ethnie ou par défaut de sa région pour prétendre à des fonctions civiles ou militaires significatives.

La meilleure démonstration est dans le fait que plus du quart des membres du gouvernement, la totalité des directeurs de cabinet ministériels, la totalité des directeurs généraux des sociétés d’Etat, d’économie mixte et d’offices publics, les membres de la préfectorale, les responsables militaires et des services de sécurité, bref tous les responsables des « postes juteux » appartiennent entièrement à l’ethnie du Président.

Les postes à la Présidence de la république, dans certains des ministères bien connus, à la Banque centrale (BEAC à Bangui et à Yaoundé), à la CEMAC sont prioritairement réservés à la famille présidentielle.

Des groupes et autres cercles de réflexion des cadres de son ethnie se constituent au vu et au su de tous, animés par des véritables psychopathes, avec pour objectif l’hégémonisme ethnique, la perpétuation de l’ethnie au pouvoir, la promotion des cadres sur des bases de la préférence ethniques, autant de choses qui nient par elles mêmes, l’unité nationale pourtant au cœur du serment que le Général Président a prêté solennellement le 11 Juin 2005, devant Dieu et devant les Hommes.

En clair et tout bien considéré, à cause de son ‘’tribalisme militant’’ ‘’dominateur’’ et ‘’conquérant‘’, le Président François BOZIZE YANGOUVOUNDA n’est plus garant de l’unité et de la cohésion nationales.

S’agissant de l’article 26 : « Dans les trente (30) jours qui suivent la prestation de serment, le Président de la République, nouvellement élu, fait une déclaration écrite de patrimoine déposée au greffe de la Cour Constitutionnelle qui la rend publique dans les huit (08) jours francs ».

Jusqu’aujourd’hui, le Président de la République n’a pas fait sa déclaration de patrimoine, violant ainsi cette disposition de la loi fondamentale conçue pour prévenir les enrichissements illicites, ou sans causes ou pour une fausse cause, les cas des corruptions notamment.

S’agissant de l’article 27 : « La justice constitue un pouvoir indépendant du pouvoir législatif et exécutif… »

Le Président de la République foule allègrement aux pieds cette disposition, et livre ce qu’il faut appeler une véritable guerre des nerfs au pouvoir judiciaire centrafricain.

Il a d’abord déclenché cette guerre contre la Cour Constitutionnelle. Le crime de cette Cour est d’avoir dit le droit dans une affaire commerciale entre l’Etat centrafricain et la société Total. L’artillerie lourde est sortie des armureries de la République pour écraser cette mouche impertinente, qui a osé statuer au déplaisir du Prince.

Que croyez-vous qu’il arriva à cette Cour? Elle fut encerclée par une garde dite républicaine, et interdite d’activité pour crime de lèse-majesté. Il a fallu d’intenses pressions intérieures et extérieures pour que ces très hauts magistrats retrouvent le chemin de leurs bureaux.

Le Général Président a continué cette guerre d’usure en déclenchant une véritable armada contre le Conseil Supérieur de la Magistrature. On a vu à cette occasion des Ministres de la République injurier des magistrats qui ont pourtant consacré toute leur vie à la justice de la République. Ces très grands hommes et femmes de la noblesse de robe ont été traités de tous les noms d’oiseaux et accusés de tous les crimes de la République.

Poursuivant
l’escalade dans la répression et l’humiliation, le Général Président a osé l’inimaginable dans une République démocratique des normes, la promulgation d’une loi manifestement hostile à la justice centrafricaine, malgré l’avis de non-conformité de la Cour Constitutionnelle.

Cette guerre contre la justice, dernier rempart des libertés fondamentales du citoyen, ne peut s’expliquer que par un mépris atavique que le Général Président a vis à vis de la Loi qui bride les pulsions destructrices des forts face aux faibles et vis à vis de la démocratie civilisée qui, par souci de la nécessaire ‘’coexistence pacifique‘’, balise les comportements agressifs au sein du Peuple des ‘’Petits’’ et des ‘’Grands‘’.

Quoi qu’il en soi, l’Union des Forces Vives de la Nation, prend ici et maintenant l’engagement de se battre pour abroger cette loi scélérate sur le Conseil Supérieur de la Magistrature dès qu’elle sera en situation de le faire.

Mesdames et Messieurs

Voilà exposé dans un condensé néanmoins suffisamment lisible et édifiant, les éléments d’appréciation de la politique menée depuis le 11 Juin 2005 par la Première Institution de la République, le Général Président Chef de l’Etat Chef de l’Exécutif. A vous de juger en toute souveraineté, en votre âme et conscience et dans l’intérêt Supérieur de la Nation, de votre Nation, aujourd’hui déboussolée et sans ressorts

Une page spéciale devra être réservée maintenant au fonctionnement et au sort de la deuxième Institution de la République à savoir: l’Assemblée Nationale, le deuxième Pouvoir démocratique

Il sera rappelé pour mémoire que la Constitution du 24 décembre 2004 confère à l’Assemblée Nationale le statut de deuxième pouvoir, face à l’Exécutif tout puissant dont il importe de contrôler la très lourde tendance à tout dicter à tout le monde, en juge universel de ce qui est bon ou mauvais pour le Peuple. A la lecture de la Constitution l’Assemblée Nationale dispose d’un arsenal juridique convenable pour l’exercice efficace de son pouvoir, à savoir la motion de censure, la question orale avec ou sans débat, la question écrite, l’audition en commission, la commission d’enquête et de contrôle et l’interpellation.

Il se trouve qu’aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes, l’Assemblée nationale a littéralement démissionné et n’est plus jamais que l’ombre d’elle même. Incolore, inodore et sans saveur, elle n‘est plus que de l‘eau. Et comme « l’eau est un liquide dangereux parce que les hommes s’y noient » l’Assemblée nationale centrafricaine noie la constitution, la démocratie, le Peuple.

Tout se passe en effet comme si, au lendemain des élections des députés qui composent cette Assemblée nationale ils ont vite fait d’oublier qu’ils sont les mandataires du Peuple avec l’obligation non seulement de rendre compte à ce Peuple de ce qui se passe sur le Territoire national mais encore d’être constamment à l’écoute de ce Peuple pour porter leurs doléances éventuelles aux autorités de gestion de la République

Aujourd
’hui l’Assemblée nationale n’a jamais rien vu ni jamais rien entendu :

- Qu’il s’agisse des événements dramatiques de Paoua, de Kabo, de Batagonfo, de Kaga-Bandoro, de Birao, de Ouadda, Ouadda-Djalé, et de Sam-Ouandja, c’est un silence radio : ces cris des femmes , des enfants et des hommes pourchassés et pris entre plusieurs feux croisés : aucune mission même de constat sur le terrain, aucun geste de solidarité ou même de compassion de la part de ceux-là même qui sont censées être des représentants du peuple centrafricains. Y a-t-il deux peuples centrafricains ? Y a-t-il un bon peuple centrafricain et un mauvais peuple centrafricain selon les lignes de démarcation aux élections ?

- Qu’il s’agisse des scandales politico- financiers tels que le fameux Guichet Unique Unitec-Bénin,

Lobaye Gold, URAMIN- RCA, De Beers, l’avion Hercules C130 acquis à coup de milliards de fonds publics aux Etats-Unis et qui n’a jamais volé,

- qu’il s’agisse des saisies illégales en ce mois d’octobre 2008 des diamants, de l’argent en liquide et des biens des collecteurs,

- qu’il s’agisse des permis miniers et forestiers distribués à des complices mafieux,

- qu’il s’agisse des détournements des derniers publics qui s’opèrent tous les jours au Trésor Public
et dans plusieurs départements ministériels,

L’Assemblée Nationale n’a jamais levé le petit doigt n’a jamais rien vu, n’a jamais rien entendu.
A la vérité, tout compte fait et tout bien réfléchi l’Assemblée nationale s’était déjà mise hors circuit quand elle s’est faite complice des ‘’ordonnances lois’’ antisociales en 2006 et pire quand en Septembre 2008 elle a voté sur injonction ferme du Chef de l’Etat les lois les plus inqualifiables de la République à savoir ; la loi d’amnistie et la loi sur le Conseil Supérieur de la Magistrature.

En
agissant ainsi cette Assemblée nationale confirmait son alignement sans conditions et sans réserves aux désirs de l’Exécutif; et cela dans la droite ligne de la Déclaration du Président de cette très respectable institution de la République: « Ne comptez pas sur moi pour faire ombrage à l’exécutif » En parlant ainsi, cet homme n’a certainement pas réalisé le très haut degré de sa trahison du Peuple tout comme il n’a pas réalisé la portée pernicieuse de ses propos sur sa progéniture.

En effet il est écrit que « celui qui mange des fruits verts, ses enfants auront mal aux dents »

En définitive, la grande leçon à tirer de cette débâcle politique c’est de se convaincre que « n’importe qui ne peut pas se lever un bon matin pour faire la Politique et réussir. En effet, ce domaine exige plus qu’ailleurs non seulement un « savoir » mais encore un « savoir faire », au double plan politique et technique cumulativement, le tout sans préjudice bien entendu, de la nécessaire sanction du temps.

Sur le plan de la gestion du pays :

J’ai affirmé au début de mon intervention que depuis mars 2003, la communauté internationale a répondu présente à l’appel du peuple centrafricain, et je la prie de trouver ici l’expression de la reconnaissance et des remerciements de l‘Union des Forces Vives de la Nation.

où le bât blesse, c’est la gestion de cette véritable manne, qu’aucun régime centrafricain ai- je dit n’en a connu en aussi peu de temps. La seule France, de 2003 à 2007, a financé pour près de 190 millions d’euros soit 130 milliards de francs CFA notre pays.

Il faut y ajouter les concours exceptionnels de la BEAC, de la CEMAC, et les appuis des FMI, de la Banque Mondiale et de la BAD., sans compter l’endettement auprès des banques locales.

La question qui se pose est de avoir quelles en sont les retombées pour les centrafricains dans leur vie quotidienne ?

La pauvreté se généralise dans notre pays qui vient encore d’être classé 173ème sur 177 dans le tableau de la pauvreté mondiale dressée par le PNUD. Ce paradoxe centrafricain s’explique principalement par une mauvaise gouvernance caractérisée, généralisée et impunie sinon récompensée.

La gestion de la chose publique se fait selon le bon vouloir du Prince qui décide de tout, dans un cercle familial restreint, donc dans une opacité totale.

Comment concevoir, Mesdames et Messieurs, que dans une République, l’octroi des permis miniers et forestiers se fasse à la discrétion absolue du Président de la République et du Ministre des Mines, parents par ailleurs?

Comment est-il être concevable et toléré, Mesdames et Messieurs, que dans une République des conventions puissent se signer avec des sociétés étrangères et porter sur des ressources naturelles nationales sans l’avis de l’assemblée nationale ?

Comment est-il possible, Mesdames et Messieurs, que dans un pays organisé, démocratique et républicain, le Président de la République soit Président du Comité de Trésorerie, en lieu et place du Directeur Général du Trésor Public, alors qu’il y a un Premier Ministre et un Ministre des Finances, ordonnateur constitutionnel du budget de l’Etat ?

Un tel désordre, un tel laxisme dans la gestion des affaires de l’Etat, tiennent l’un et l’autre de la faiblesse structurelle des Institutions de l’Etat. Ni le Président de la République ni le Président de l’Assemblée Nationale ni le Chef de Gouvernement ne sont passés par la fourche caudines de la formation préalable des « Hommes d’Etat » dans les organisations politiques créées pour.

En effet, quoi que l’on dise les ‘’Hommes d’Etat’’ les vrais Hommes d’Etat sont fabriqués et formatés pour. Ils ont de ce fait le sens de la rigueur qui se nourrit de la loi qui balise et règle tout au nom de l’efficacité, au nom du gain de temps au nom du rendement au nom de la convivialité.

C’est dire que quiconque voudrait faire de la Politique et s’aviserait à faire l’impasse sur la formation préalable qui permet de réaliser le sens et l’inéluctabilité de la loi irait droit dans le mur. C’est me semble t-il ce qui se passe aujourd’hui en Centrafrique où le Président de la République a décidé de s’affranchir de la Constitution, des Lois et Règlements et se retrouve avec tous les ennuis qui nous valent ce Dialogue Politique Inclusif Refondateur

Mesdames et Messieurs,
Vous conviendriez avec moi que ce présent dialogue était nécessaire à plus d’un titre :

Tout d’abord et avant tout, c’est la mise en œuvre de la première recommandation de la déclaration du Dialogue National de 2003 qui considère le dialogue comme mode de règlement de tout différend ou conflit à tous les niveaux de la vie nationale… Puis, il est aujourd’hui une nécessité en vue de résoudre le grand conflit armé que connaît notre pays et qui n’est pas près de se terminer si nous ne prenons pas la juste mesure du danger et n’arrêtons pas ici au sein de cette Assise les décisions qui s’imposent.

Nous devons donc prouver aux yeux de l’opinion nationale et internationale que nous politiques, avons enfin compris et sommes capables de décider de prendre des bonnes résolutions et de les appliquer.

Chers compatriotes,

C’est l’opposition démocratique qui, à cors et à cris, a demandé et obtenu ce dialogue. Que devons nous faire ?Nous devons tirer la leçon du bilan négatif du régime de BOZIZE. Je l’ai dit et je l’ai démontré, Ce régime a échoué et est porteur d’un danger grave et ‘’consubstantiel’’ : il refuse délibérément de respecter la constitution, les Lois et Règlement du pays. Je dirais même qu’il est allergique à tout ce qui ressemble à toute contrainte légale ou à tout contre-pouvoir.

Devant ce tableau entièrement sombre, la démission du Président de la République s’impose. Le Président de la République doit démissionner à cause de ses violations répétées de la Constitution, qui sont à la source des souffrances du peuple centrafricain. Il doit démissionner pour sauver l’unité du pays gravement menacée.

Il doit démissionner parce qu’il a perdu toutes légitimité.

Il doit démissionner parce qu’il a perdu sa base légale qui est la Constitution qu’il a réduit en chiffon de papier. Pourtant Dieu sait que personne ne coupe la branche sur laquelle elle est assise. BOZIZE l’a fait et ne peut plus se prévaloir de sa propre turpitude.

Et enfin, pour que l’Union des Forces Vives de la Nation continue ces travaux avec vous, les préalables suivants doivent être acceptés :

Premier préalable :

Le Président BOZIZE doit expliquer ici les raisons de sa rébellion en 2002 et 2003, et les engagements pris dans ce cadre au nom du peuple centrafricain dans ce cadre auprès d’individus, de groupes d’individus ou d’Etats tiers. Ensuite lui et les mouvements armés doivent clairement s’expliquer maintenant devant la nation sur les différents qui les opposent depuis le coup d’Etat du 15 mars contre le Président PATASSE.

Deuxième préalable :

Considérant l’absence de volonté politique qui a toujours caractérisé un Président après un dialogue comme celui-ci, nous devons rendre immédiatement exécutoires les clauses de l’accord politique issu de ce Dialogue Politique Inclusif.

Troisième préalable :

Considérant que nous ne souffrons pas d’absence d’idées mais de déficit d’hommes et de mécanisme structurel dans la gestion et le contrôle de la chose de l’Etat, nous devons nous accorder dès maintenant pour mettre en place ici et maintenant un gouvernement de transition politique avec un premier ministre issu de l’opposition démocratique, doté de tous les pouvoirs à lui donner afin de restaurer la primauté de la Constitution et de l’Etat de droit, redresser la gestion du pays et préparer dans la transparence les élections à venir afin de redonner confiance aux citoyens.

Quatrième préalable :

Considérant que notre Assemblée Nationale a failli sur tous les plans, un contrat de législature entre le gouvernement de transition et l’Assemblée nationale doit être conclu afin de permettre au gouvernement de transition de légiférer par ordonnance jusqu’aux élections.

Distingués Invités,
Chers Délégués,

Ce dialogue ne dure que 15 jours, les recommandations du Dialogue National sont là et le Comité Préparatoire du Dialogue Politique Inclusif a déjà produit un travail. Nous devons donc aller à l’essentiel et débattre ces préalables dès maintenant, avant d’aller aux travaux en commission. Si nous ne faisons pas, nous démontrerons aux yeux de tous que nous nous sommes réunis une fois de plus pour tromper le peuple. Alors l’opposition démocratique en tirera toutes les conséquences.

Chers Compatriotes,

Arrivant au terme de mon intervention, qu’il me soit permis, au nom de l’UFVN, de remercier la communauté internationale, particulièrement les Nations Unies, l’Union européenne (UE), le Gouvernement français, la CEEAC, la CEMAC, la CENSAD pour le soutien qu’ils ont apporté à l’organisation de ce dialogue dont la mise en œuvre de l’Accord Politique permettra, j’en suis convaincu, de sortir la RCA de cette crise profonde.

Je salue et adresse tous mes encouragements à tous les Délégués qu’ils soient de la majorité, de l’opposition démocratique, de l’opposition armée, de la société civile et des confessions religieuses pour les grandes décisions qu’ils auront à prendre.

Je formule chers frères et sœurs, en votre nom et celui de la délégation de l’UFVN, les sincères vœux de réussite et de succès à nos travaux.

Je vous remercie.

 

&&&&&&&&&&&&&&&&&&

 

 
 Yaoundé, 10 décembre


Omar Bongo Ondimba : Ultime baroud d'honneur en Rca ?

 

Le chef de l'Etat gabonais n'a ménagé ni son temps, ni les moyens de son pays pour venir en aide à ses voisins.
Pour les responsables centrafricains de tous les niveaux et tous ceux qui s'intéressent au sort de la République centrafricaine, Libreville aura été l'un des principaux pôles d'attraction la semaine dernière. Non pas qu'une partie des nombreuses manifestations liées au cinquantenaire de la proclamation de l'Etat centrafricain y ont été délocalisées, mais simplement parce que la plupart des protagonistes du Dialogue politique inclusif (Dpi) qui s'est ouvert hier à Bangui s'y sont rendus.

Du président François Bozizé qui est arrivé dans la capitale gabonaise mardi 2 décembre dernier, à peine les lampions du cinquantenaire éteints à Bangui pour une visite éclair de 24 heures à ange Félix Patassé son prédécesseur qui revient en Rca cinq ans après y avoir été chassé, en passant par Pierre Buyoya, l'ancien chef de l'Etat burundais désigné par les soins de Omar Bongo Ondimba, facilitateur du Dpi.

Mais il faut indiquer que le principal centre d'intérêt de ce ballet diplomatique était Omar Bongo Ondimba. Le chef de l'Etat gabonais, désigné par ses pairs de la sous région d'Afrique centrale pour essayer de conduire un énième processus de paix en République centrafricaine, n'aura ménagé ni son temps, ni les ressources financières de son pays pour faire démarrer ces travaux. On a ainsi appris de Cyriaque Gonda, le ministre centrafricain en charge de la Communication et du Dialogue national que le chef de l'Etat gabonais a mis à la disposition du comité d'organisation, la rondelette somme de 250 millions de francs Cfa. Une manière d'aider les Centrafricains à se parler franchement pendant ces deux semaines de travaux et à penser enfin au développement économique de ce pays exsangue de l'Afrique centrale classé par le Pnud, 171 sur 177 Etats dans le monde.

Annoncé à Bangui hier dans l'après midi parce qu'en sa qualité de Khalife général des musulmans de son pays il devait présider les cérémonies liées à la fête du mouton, c'est finalement dans les coups de 12 heures qu'il a débarqué à l'aéroport international de Bangui M'Poko afin de faire démarrer les travaux. " Le président a jugé de l'importance des travaux de Bangui et il a délégué ses responsabilités religieuses à un représentant " a-t- on appris d'un membre de l'entourage du numéro un gabonais.

Pourtant Omar Bongo Ondimba n'est pas à son premier essai dans la recherche des solutions au drame que vit la Rca. Il y a conduit de nombreux processus de paix dont ceux de 2003, 2006 et la signature de l'Accord de paix global de mai dernier. Les échecs des premières tentatives ont parfois été les siennes. Mais il a une fois de plus reçu l'aval de ses pairs de la sous région pour une autre tentative. Sans doute parce qu'il est sans doute celui qui maîtrise le mieux les acteurs du conflit centrafricain. Cette fois, il a clairement tenu à marquer son territoire en choisissant le facilitateur. Le choix porté sur Pierre Buyoya ne paraît pas fortuit. L'ancien chef de l'Etat burundais s'était déjà illustré dans un exercice similaire au Rwanda. A tous les Centrafricains qui ont pour repères Barthélemy Boganda, le fondateur de la Rca, Omar Bongo Ondimba a dit hier " que l'heure est plus que jamais venu pour toutes les filles et fils de Rca de se souvenir des enseignements de Boganda ".

 

Les travaux du Dialogue politique inclusif (Dpi) se sont ouverts lundi en présence du parrain Bongo et du médiateur Buyoya.

" Personne d'autres que vous-mêmes ne viendra construire la République centrafricaine à votre place ". Omar Bongo Ondimba, le chef de l'Etat gabonais, par ailleurs président du Comité ad hoc dans l'espace Cemac sur les questions centrafricaines s'est voulu assez clair à l'égard de ses hôtes sur l'issue des assises qui se sont ouvertes hier au palais de l'Assemblée nationale à Bangui. Il a en outre dû faire comprendre à ceux-ci, qu'au moment où les musulmans du monde entier célébraient la fête du mouton hier, lui le Grand Khalife des musulmans du Gabon a dû abandonner les siens pour accompagner la République centrafricaine dans cet autre processus devant conduire à une paix définitive dans ce pays de la sous région d'Afrique centrale.

 

Face à la solidarité tant des pays membres de la sous région qui s'est manifestée auprès de la Rca dans la préparation et la tenue de ces assises, le chef de l'Etat gabonais a sans doute voulu mettre ses voisins face à leur destin.

" Ce dialogue ne doit pas être un dialogue de trop " a martelé le numéro un gabonais, sans doute, comme son homologue centrafricain François Bozizé, devait avoir en mémoire, toutes les démarches entreprises depuis 1980 pour sortir la Rca de ses conflits à répétition. Une sortie du chef de l'Etat gabonais qui venait ainsi mettre fin à la dizaine d'allocutions ayant constitué le fait majeur de cette cérémonie d'ouverture. On aura ainsi vu se succéder à la tribune, le représentant du secrétaire général de la Francophonie qui a lu le message de Abdou Diouf qui a notamment tenu à indiquer que " le sang des Centrafricains a trop coulé...La misère doit cesser dans ce pays ", et précédant le président Omar Bongo, il a notamment déclaré que " la communauté internationale n'a aucun moyen de se substituer à la volonté des Centrafricains..." Préoccupations identiques pour les représentants du président de la Commission de l'Union africaine et celui du secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies.

 

Le pardon
Mais le plus captivant aura sans doute été le passage des principaux acteurs centrafricains de cette crise qui se sont succédés pour prendre la parole. On a ainsi senti comme un dégel dans les rapports entre les protagonistes d'hier, dans une ambiance déjà rendue pesante par la forte chaleur qui frappe la capitale Bangui. Des passages qui sont parfois allés dans le sens du pardon et de la confession de la part de ceux qui ont toujours fait le cou de feu en Rca. Ainsi de Jean Jacques Demafouth, ancien ministre de la Défense dans le gouvernement Patassé et président de ce que l'on appelle en République centrafricaine " un groupe politico militaire ", on peut retenir " Je demande pardon à tous ceux à qui j'aurais fait du tort... Je ne suis plus le même que vous avez connu. J'ai changé... J'adresse mes sincères remerciements au président François Bozizé... Il y a un temps pour tout... Un temps pour la guerre, un temps pour la paix. Et nous y sommes... ". Il précédait de peu à la tribune Ange Félix Patassé.

 

L'ancien président de la République centrafricaine arrivé la veille à Bangui en provenance de Lomé au Togo. Après un hommage appuyé à Omar Bongo Ondimba, exercice auquel se sont d'ailleurs livré tous les orateurs, il a dit son attente des assises qui s'ouvrent " le dialogue politique doit être un lieu de mea culpa et de sincère repentir  entre les fils de la Rca et non un tribunal, encore moins un lieu de règlement de compte... ". Des orateurs centrafricains qui se sont exprimés quelques temps avant le chef de l'Etat François Bozizé qui a retracé le parcours des différentes rencontres du genre initiées depuis 1980 et au rang desquelles on peut citer les Accords de Bangui de 1997, le pacte de réconciliation de 1998, le dialogue de réconciliation nationale de 2003 pour ne citer que ces cas. Des initiatives restées jusque-là sans suite. On pouvait donc comprendre les inquiétudes de quelques participants qui espèrent néanmoins que cette fois sera sans doute la bonne pour les Centrafricains.

 

Par Jean Francis Belibi à Bangui