Le projet
de loi d’amnistie jugé inadmissible par l’opposition centrafricaine
Les députés
centrafricains qui sont convoqués en session extraordinaire ce 1er août auront
donc à examiner entre autres, les deux projets de loi d’amnistie proposés par
le gouvernement. Il s’agit des projets de loi portant amnistie des infractions
liées aux évènements ayant provoqués le changement du 15 mars 2003 et portant
amnistie des infractions d’atteinte à la sûreté de l’Etat et à
Le premier projet de loi stipule en son article 1er nous citons, « sont amnistiées sur toute l’étendue du
territoire national les infractions commises par les éléments armés qui ont
pris part aux évènements militaires ayant provoqué le changement du 15 mars
2003 ».
En revanche, sans vraiment les mentionnés, le second projet de loi est resté
vaque sur le sort des principaux leaders des mouvements politico-militaires qui
sont en principe les premiers concernés. Son article premier dispose que « sont amnistiées sur toute l’étendue du
territoire national les infractions d’atteinte à la sûreté de l’Etat et à
Problème
La
quasi-totalité des leaders d’opinion et les responsables des partis politiques
centrafricains que nous avons contacté se sont déclarés « très très déçus par ce projet de loi d’amnistie ».
Tous ou
presque fustigent les agissements et le double langage du régime de Bozizé. Ils estiment que ce projet de loi n’est rien
d’autre que de la « provocation » de la part du pouvoir en place, donc « inadmissible ». « Bozizé
s’amuse. S’il veut s’autoamnistier, il n’a qu’à le faire au lieu de se moquer
des gens en signant des accords de paix qu’il se refuse à respecter les termes.
De toute évidence nous allons alerter le principal facilitateur de la crise
inter centrafricaine, le Président Bongo », lâche désabusé un responsable
de l’Armée Populaire pour
cessez-le-feu le 9 mai dernier à Libreville.
La réaction la plus virulente nous vient du Mouvement de Libération du Peuple
Centrafricain (MLPC), principal parti d’opposition. Pour le président du MLPC,
Martin Ziguélé, avec ce projet de loi d’amnistie,
François Bozizé démontre si besoin en était encore,
sa ferme volonté de réaliser un passage en force. « François Bozizé
n’est pas du tout sincère dans sa démarche de réconciliation nationale à
travers le dialogue. Dans ces projets de loi, il s’amnistie lui-même, il
amnistie ses parents qui ont commis de multiples exactions sur les populations
civiles dans le nord et le nord-ouest, ce n’est qu’après qu’il amnistie ceux
qui sont entrés en rébellion à partir de 2003. Cela veut dire qu’il écarte de
facto les responsables politiques tels que le président Patassé et Jean-Jacques
Demafouth », a-t-il déclaré. Comme à son
habitude, le leader du MLPC n’est pas allé par le dos de la cuillère pour
dénoncer les dérives du régime actuel. « Lorsque vous vous engagez (le gouvernement centrafricain) dans une démarche d’amnistie, c’est
que vous voulez créer les conditions de participation de tous les acteurs
majeurs au dialogue, mais est-ce que ces projets de loi autorisent à penser
cela. J’aurai voulu répondre par l’affirmatif. Mais non ! Je pense qu’il s’agit
de la provocation et cela prouve que les gens (le régime de Bozizé) ne veut pas de ce dialogue et
cherchent par tous les moyens à l’entraver. Nous allons saisir le médiateur et
dans tous les cas, nous n’accepterons pas ce passage en force comme nous
n’acceptons pas le comité préparatoire », a-t-il conclu.
Les
questions en suspens
En présentant de manière unilatérale le projet de loi relatif à l’amnistie des
combattants et autres chefs des mouvements politico-militaires, le gouvernement
centrafricain ne va-t-il pas à l’encontre de l’accord de paix global de
Libreville ?
Beaucoup d’analystes le pensent. Ils estiment qu’en mettant en place un comité
de suivi de l’application de l’accord de paix global, les parties s’engageaient
dans un contrat de consensus mutuel. Ce qui laisse supposer que même
l’élaboration du projet de loi d’amnistie se devrait de se faire en consensus.
C’est-à-dire que l’ensemble des parties devrait être associé à sa mise en forme
avant sa présentation à l’Assemblée National. Or, tout semble indiqué que les
groupes rebelles n’ont pas été associés à la confection de ce projet de loi.
Même si les parties n’ont pas pu se mettre d’accord sur l’essentiel, il reste
deux portes de sorties susceptibles de calmer les esprits, si elles sont
envisagées.
Primo, les députés centrafricains
dans un élan de patriotisme doivent prendre leur responsabilité et retoucher
ces projets de loi. Soit, ils les rejettent purement et simplement, hypothèse
presque métaphysique et illusoire, ou ils l’amendent. Un amendement reprenant
les griefs de l’opposition pourrait sauver le consensus et rétablir la
confiance entre les parties.
Secundo, les parties prenantes à
cette crise inter centrafricaine peuvent faire recours au Comité de suivi ou
directement au président du comité Ad hoc dans l’espace CEMAC sur les questions
centrafricaines dont le compromis s’impose à tous, comme l’article 9 de
l’accord de paix global le dispose, en cas de persistance des divergences.
D’ici là, on croise les bras pour observer l’évolution de la situation.
Adrien Poussou
– 31.07.2008
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Paris, Bangui, 31 juillet 2008 - Demain, vendredi 1er août
Ces projets visent à amnistier 1) les auteurs d'infractions liées aux
évènements menant au coup d'Etat du général Bozizé;
2) les infractions commises par les éléments des forces armées centrafricaines
en particulier la garde présidentielle depuis l'arrivée au pouvoir du général Bozizé le 15 mars 2003; 3) les infractions d'atteinte à la
sûreté de l'Etat et à la défense nationale commises par les troupes rebelles
depuis le 15 mars 2003.
Ces projets sont justifiés par le gouvernement centrafricain comme devant
permettre la tenue du Dialogue politique inclusif dans le but de mettre fin aux
années de conflits en République centrafricaine (RCA).
Considérant que la paix et la justice sont indissociables,
Vendredi 01 Août 2008
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BOZIZE,
attention CPI akè ga
Profitant de la loi d’amnistie tant réclamée par
l’opposition comme préalable au dialogue national inclusif que les députés doivent
voter dans les prochains jours, Bozizé veut aussi
l’absolution pour lui et ses « libérateurs » pour leurs nombreux
crimes de guerre, crimes économiques, violations des droits de l’homme, avant
et après leur coup d’Etat, ainsi que pour les incendies volontaires de villages
commis dans le Nord Ouest, Nord Est et le Centre Nord, par les éléments de sa
garde présidentielle sous la houlette du tristement célèbre Eugène Ngaikoisset qu’il continue de protéger.
Après multiples hésitations puis longtemps traîné les pieds, Bozizé a fini par convoquer la session extraordinaire de
l’assemblée nationale censée adopter le projet de loi portant amnistie générale
pour le 1er août 2008. Contrairement aux habitudes, si on connaît la
date du début de cette session, on ne sait en revanche pas quand elle finira
ses travaux puisque le décret signé de Bozizé ne le
précise pas.
Par ailleurs, en attendant l’ouverture de la session
extraordinaire pour que les députés puissent disposer du texte des différents
projets de loi, certaines indiscrétions ont déjà permis la publication dans un
quotidien national d’une mouture des dits projets de loi destinés aux députés
ainsi que du document portant exposé des motifs des projets de loi en question
à leur attention.
Il faut sincèrement espérer que les vrais projets de loi portant
amnistie générale soient différents ou n’aient rien à voir avec les textes
publiés dans le quotidien Le Citoyen n°2957 du 30 juillet 2008 car si
d’aventure - et il est malheureusement fort à craindre -
ce sont ces mêmes documents qui seront mis à la disposition des députés, ce
serait très grave et il y aurait de quoi s’inquiéter. Pourquoi ?
D’après l’exposé des motifs qui accompagne les trois projets de
loi signé du ministre de la justice le sieur très zélé Thierry Maléyombo, l’amnistie générale doit bénéficier également
aux Faca en particulier non seulement aux auteurs « des infractions liées aux événements ayant provoqué le changement
du 15 mars 2003 » mais aussi à ceux des éléments Faca
ayant commis « des infractions pendant les opérations
de maintien de l’ordre et de la défense du territoire.
Autrement dit et en clair, à Bozizé soi
même et ses prétendus « libérateurs » veulent s’auto-amnistier
pour les innombrables crimes de guerre, crimes de sang et économiques qu’ils
ont commis ainsi que les pillages, viols, vols, destruction multiforme du pays
durant leur calamiteuse rébellion et même bien après leur coup d’Etat du 15
mars 2003 jusqu’à présent. C’est se
moquer du monde ! C’est une auto-amnistie qui ne
veut pas dire son nom.
Dès lors, puisque Bozizé et ses
« libérateurs » sont au pouvoir depuis le 15 mars 2003 et qu’ils ont
une écrasante majorité à l’assemblée nationale, pourquoi avoir attendu si
longtemps pour passer le coup de balai sur leurs forfaits et putsch ?
Pourquoi cherchent-ils à profiter de l’amnistie réclamée à cors et cris comme
préalable à la tenue du dialogue national inclusif par l’opposition tant civile
qu’armée ? Un tel procédé est
inadmissible. C’est une imposture, un scandale et moralement malhonnête.
Le retour définitif de la paix pour sauver le pays ou la
perpétuation de la guerre pour l’enterrer aussi définitivement. Il n’y a pas si
longtemps, Cyriaque Gonda avait réduit le dialogue à une question d’offre de
quelques strapontins dans le gouvernement à certains membres des mouvements
armés et l’amnistie au président Patassé. Aujourd’hui, pour Thierry Maléyombo, l’amnistie générale tant voulue par les mouvements
armés, les nombreux opposants en exil légitimement inquiets pour leur sécurité
et qui devraient en principe prendre part au dialogue national inclusif, doit
revenir à l’absolution de son patron Bozizé et tous
ceux qui autour de lui et en son nom, ont tué, volé, violé, brûlé et détruit le
pays et nombre de ses fils.
Tout cela montre combien Bozizé et sa
clique sont loin de prendre l’exacte mesure des enjeux et de la portée du
dialogue politique inclusif ainsi que de tout l’espoir de réconciliation nationale
et de restauration d’une paix durable en Centrafrique que les filles et fils de
ce pays fondent sur ce forum. De ce point de vue, il est fort regrettable que
les ministres de Bozizé chargés de gérer les dossiers
de ce dialogue soient des personnages aussi contestables, manquant de
consistance et de moralité douteuse tels que
Cyriaque Gonda et Thierry Maléyombo qui ne
comprennent à l’évidence, manifestement rien à ce qui est en jeu à savoir, le
sort à court terme de


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