L’obscurité, un outil de libération de l’Afrique.
Le continent
africain est dans le noir. Ces derniers temps, une crise énergétique sans cesse
plus aigüe sévit partout en Afrique. Les villes déjà difficilement électrifiées,
ploient sous les délestages chroniques. Les petites villes et les villages,
quant à eux, ne rêvent même pas d’électricité. Les seules sources d’éclairage
qu’ils connaissent, c’est la lampe-tempête à pétrole lampant et le feu de bois.
Les peuples
en ont assez et ils ne cessent de le clamer. En effet, la question de l’énergie
électrique est au centre d’énormes bras de fer entre les Africaines et leurs guignols
de gouvernants. Ces derniers n’hésitent pas à envoyer le couple
militaro-policier, réprimer les revendications populaires pour l’accès à
l’électricité. Ainsi, au lieu d’offrir l’électricité aux peuples africains, on
leur offre des balles, des matraques et des coups de fouets. Comme
toujours ! Car, aux yeux des satrapes tropicaux et leurs alliés, les
peuples africains n’ont aucun droit.
Guinée,
Togo, Nigeria, Guinée Equatoriale, Cameroun, Gabon, Zimbabwe… Partout il est
difficile aux populations d’avoir de l’énergie. Alors que la majorité des pays
africains disposent d’énormes réserves de gaz, de pétrole, d’eau et de charbon,
une infime minorité des villes accède à l’énergie.
Les pions africains, prétendant faire
face au mécontentement grandissant des peuples, parlent de groupes électrogènes
chinois et de centrales nucléaires. Le Togo, par exemple, a opté pour la
première solution comme le témoigne le directeur général de
Le Sénégal de
son côté, choisit la voie nucléaire suivant ainsi les pays maghrébins. Karim
Wade, en août dernier, est allé –semble t-il- négocier le nucléaire avec
Sarkozy qui a saisi l’occasion pour lancer le fiston Wade sur la voie
municipale de Dakar, le préparant ainsi cyniquement et doucement à la
succession de son père Abdoulaye Wade. Quel gâchis, au moment où ces énergies
sont combattues par des occidentaux de plus en plus acquis aux énergies propres
et renouvelables.
Si les
guignols africains optent pour ces énergies polluantes et coûteuses, c’est
qu’en plus d’être intellectuellement myopes, la commande des électrogènes et
des centrales est une vraie occasion de surfacturation et de magouilles à ne
pas rater. Les prêts qu’ils ont acquis pour faire de telles commandes sont
aussi des aides liées. Lesdits prêts signifient que les machines doivent être
livrées par des filiales industrielles des institutions qui les ont financées
ou en tout cas par leurs partenaires.
Quand on
voit le coût de ces machines et les contraintes liées à leur entretien, la
seule question qu’on peut se poser est de savoir ce que les guignols africains
font du soleil, du vent et des immenses cours d’eau dont l’Afrique dispose. Engager
l’Afrique sur la voie nucléaire alors que la médiocrité ambiante mine tous les
Etats-croupions africains, c’est exposer les populations à une mort certaine.
On imagine mal une surveillance irréprochable des centrales dans le contexte
africain actuel avec des dirigeants pareils. Quant à la solution des groupes
électrogènes, elle est ridicule et dérisoire face aux besoins des peuples. Pour
le Togo, le directeur de
Face à cette
situation, pourquoi ne pas choisir le solaire étant donné la présence quasi
permanente du soleil dans le ciel africain. Quel cadeau ! Pourquoi ne pas investir dans l’éolienne, quand on
connait la quantité et la qualité du vent en Afrique.
Le solaire
et l’éolienne peuvent largement solutionner la crise énergétique en Afrique,
puisque le soleil et le vent sont là en abondance. Il est temps de travailler
ces sources dont le développement lancera le progrès industriel de l’Afrique
avec une moindre pollution environnementale en plus.
Mais les
guignols africains ne vont pas s’engager sur cette voie. Leurs tuteurs
occidentaux et asiatiques ne vont pas non plus le leur permettre. Car, l’accès
des Africains aux énergies renouvelables pouvant assurer leur indépendance, est
une question éminemment géopolitique et géostratégique. Les matières premières
peuvent être transformées sur place. Ceci empêcherait les guerres entretenues
qui ont pour enjeux le pétrole, le gaz, l’or, l’uranium, le coltan,
le cobalt, le diamant. L’agriculture peut enfin se moderniser et les Africains pourront
se détourner des produits d’exportation : café, cacao, thé, banane, etc., ou
ils pourront tout au moins influer sur leurs prix.
Le solaire
et l’éolienne sont des énergies décentralisées par essence, utilisables partout
sans grosse infrastructure, contrairement aux schémas politiques actuels, qui
cherchent à centraliser et contrôler l’accès énergétique au maximum. L’accès par
des peuples africains à de nouveaux modèles d’énergie, est donc une nette
menace pour les systèmes en place car ces énergies rendront les peuples
africains indépendants d’une source d’énergie unique contrôlée, et qui brasse surtout
un maximum de profits.
Enfin, dans
une perspective de prédation, la lumière n’est pas une bonne chose pour
l’Afrique. Une Afrique dans le noir est économiquement plus rentable puisque
c’est dans l’obscurité que les magouilleurs, les corrupteurs et les corrompus
agissent. L’éclairage des rues va inévitablement éclairer les esprits. Il y
aura foisonnement de médias, le développement de l’internet, bref, les
initiatives citoyennes n’auront plus de grandes difficultés à se mettre en
place. Ceci est donc inacceptable pour les prédateurs, à cause de la menace que
cela représente pour les réseaux politico-mafieux et criminels qui opèrent en
Afrique. C’est bien connu, ils n’aiment pas la lumière, les vampires !
En clair,
les crises énergétiques sont fabriquées et savamment entretenues pour maintenir
les peuples africains dans l’immobilisme voire l’obscurantisme. Elles ne sont
en aucun cas involontaires et liées à un déficit pluviométrique, comme aiment
l’expliquer les guignols africains. Au contraire, ils maintiennent l’Afrique
dans le noir pour mieux écraser les peuples, mieux voler leurs richesses, mieux
contrôler les mouvements des citoyens… avec la complicité des néocoloniaux
occidentaux et asiatiques.
Mais les
Africains doivent comprendre une chose. Si les ennemis du peuple, que sont les
soi-disant présidents africains, certains de nos propres frères, les ONG, le
FMI,
A malin,
malin et demi.
Rodrigue KPOGLI - 27 octobre 2008