Le crépuscule des "libérateurs" par Franck Saragba

. "--------------=Face à la détresse des quelque 10 millions de Tchadiens, le sort personnel du président Déby importe peu. Il compte d’autant moins, aux yeux des Africains, que sa présence au pouvoir depuis plus de dix-sept ans ne s’est traduite ni par un mieux-être pour les populations, ni par des progrès notables pour l’Etat de droit et la démocratie. Dans ces conditions, inutile d’espérer des Tchadiens qu’ils célèbrent sa victoire sur les rebelles. Ils n’applaudiront pas ! Et très peu de gens, en Afrique, auraient versé des larmes sur le sort du général Déby, si son régime avait été renversé. Aucun des scrutins tenus au Tchad depuis 1990 ne ressemble à une élection régulière. On entend aussi des voix qui font observer que le choix entre Idriss Déby et les rebelles revient à demander aux Tchadiens de choisir entre la peste et le choléra. On peut les comprendre. Mais en même temps, en demeurant dans cette métaphore, comment reprocher à des gens qui ont vécu dix-sept ans de peste, l’envie d’essayer un peu le choléra, ne serait-ce que pour changer de malheur ? --------------- ... Face à une situation qui ne cesse d’empirer, nous proposons à ceux qui gouvernent ou veulent diriger ce pays, cette phrase tirée de l’hymne de l’empire du Wassoulou du temps de Samory Touré : « SI TU NE PEUX ORGANISER ET DEFENDRE LE PAYS DE TES PERES, FAIS APPEL AUX HOMMES PLUS VALEUREUX ».------------...Merci d'y penser...----........ TOUTEFOIS, sachez que quelque soit l'égoisme, la gestion cahotique du pays, quelque soit la longueur de la nuit, la lumière, le jour, la clarté, l'espoir arrivent......-------------------= .Nous devons déterminer notre position en évitant de servir les intérêts d'autres avant notre population. Tous les pays occidentaux cherche d’abord et en premier lieu le bien être de leur population. Il n’y a qu’en Afrique où nos dirigeants servent le reste de la nourriture à leur population quand les visiteurs sont rassasies à satiété et après avoir passé plusieurs fois aux « vomitoriums » comme autant des romains. Nos actions et nos productions doivent être en priorité au service de nos peuples.-----------------------FONDATION SELEKA = Réseau des ONG de développement et des droits humains------------= Quelqu'un a dit que l'UNION faisait la FORCE....-.... Nous aurons l'occasion de l'expérimenter.-----------------------=

Au crépuscule des "libérateurs" sonne le glas d’un fatal dessein. L’horizon  déjà ocre-rouge   d’une libération combien aventureuse vire à jamais en une couleur noire cauchemardesque aux relents macabres. La boucle a failli être bouclée d’une histoire sans reflet par une horde venue du nord pour ainsi rappeler au soldat Deby les mêmes chemins qu’il avait  empruntés voilà quelques dix-huit années. Si et seulement si la quatrième puissance économique et militaire du monde ne s’était pas  immiscée directement  pour la énième fois pour sauver le soldat DEBY et indirectement BOZIZE, le monde aurait assisté  silencieux au  « remake » d’un film qui ne fait plus rire personne.  Sûrement pas la population civile du Tchad et  par ricochet celle de la vassalité de Centrafrique.

La condamnation par pure  forme pour apaiser les esprits d’une part, par la très décevante Union Africaine(U.A) et d’autre part, par la très partiale organisation des Nations-unies (ONU) aurait été la démarche coutumière. Il en a été ainsi de l’accession des soldats DEBY, SASSOU, BOZIZE à la magistrature suprême par la seule force de leur biceps avec évidemment  le soutien d’une certaine France en contradiction  flagrante avec les idéaux des révolutionnaires de 1789. Au point de se demander pourquoi cela n’arrive-t-il que dans les anciennes colonies françaises ?  

L’on se demande  pour combien de temps encore la « patrie  des droits de l’homme et du citoyen»  continuera t-elle à sauver ces dictateurs d’une époque révolue sans leur imposer une pratique acceptable de la politique à défaut du respect de la vie humaine, au risque de se mettre à dos complètement et définitivement une jeunesse africaine jusqu’alors pacifiste et malgré tout pro-français.

La rupture avec la « françafrique » que préconisait Nicolas SARKOZY lors de sa campagne  tarde à venir. Ce n’était donc qu’un bavardage de campagne électorale et rien d’autre ! Concomitamment à la tentative de la prise de pouvoir au Tchad, la vraie  nature  de l’acte et des travers d’une histoire politico-militaro-rocambolesque qui  avait été posé le 15 mars 2003 en Centrafrique, perçue en son temps, condamné par les plus avertis d’entres-nous, apparaît  aujourd’hui au grand jour.

Même les plus aveuglés ont fini par comprendre ce dont la nation centrafricaine est malheureusement la victime expiatoire. Intrinsèquement violente par  leur  nature même, les  régimes issus des coups d’état s’en retourneront  à la violence ou finiront par la violence dont ils sont l’émanation de la substantielle matière.

Si l’on ne peut changer sa véritable nature, on peut toutefois  se racheter une conduite, or de cela, il n’en est rien. Pourtant les occasions ne manquent pas. En  commençant par  le respect pur et simple de la constitution, du droit légitime des partis de  l’opposition à s’opposer et à prétendre assumer une alternative, du respect des droits élémentaires et fondamentaux du citoyen par les gouvernants.

Ce qui  du coup annihilerait la raison d’être d’un dialogue inclusif réclamé à cor et à cri. Ce n’est pas faire du pléonasme mais tout simplement rappeler à ceux qui l’auraient oublié que nul ne peut aller à l’encontre non pas des lois et des règles  concoctées et définies  par l’homme selon ses convenances comme par exemple le fait de retoucher arbitrairement à la constitution mais celles qui sont inscrites et qui sont immanentes à chaque créature.

Ainsi, il en va de la problématique existentielle, fut- elle en matière politique ou bien d’actes libérateurs. A chaque fois que le régime du Tchad est menacé, c’est celui du Centrafrique qui est en émoi et qui tremble au point qu’une marche de soutien au soldat DEBY avait été organisée à Bangui sans une autorisation officielle quelconque. Naïvement ou plutôt benoîtement oserions-nous  parler encore d’un Etat souverain en Centrafrique ?

L’indépendance est-elle vraiment effective  en Centrafrique ?  Qu’en pensent réellement et sincèrement les « libérateurs » entres -eux ?  Eux qui se disent des vraies patriotes ? En discutent-ils ? Comment envisagent-ils la fin ? Sont-ils prêts à éliminer physiquement tous leurs frères centrafricains qui ne sont pas d’accord avec eux ? Préfèrent-ils  écouter les mensonges de tous ces étrangers qui viennent nous monter les uns contre les autres ? Ces pompiers pyromanes  qui ne vivent que du désordre des autres et qui se sauvent à la première occasion venue pour nous laisser faire ce sale  travail qui consiste à nous éliminer les uns, les autres ? 

A moins que ce soit la solution finale qui est en train de se préparer et qui nous est proposée par le recrutement de millier de miliciens ? Les libérateurs doivent cesser leurs manœuvres de destruction nationale et renouer avec le dialogue. Il n’y a que le dialogue qui vaille. Les armes doivent se taire et se taire définitivement en Centrafrique.

La solution politique doit primer. S’il nous semble que la fonction première d’un parti politique ou d’un groupe politico militaire est la quête du pouvoir, il n’en demeure pas moins que l’une des fonctions tribunitiennes d’une organisation dite politique demeure la formation et l’éducation des militants, par extension du peuple par lequel il a reçu  mandat ou dont il se réclame abusivement … par la force.

Les « libérateurs » devenus, dans le sens de la «  res-publica  ou la chose  publique», les dépositaires de l’autorité publique par la force des choses s’arrogent et déforment le sens noble et vertueux de la libération comme ce fut le cas dans d’autres pays. Nul ne doute qu’au-delà des dégâts collatéraux causés ici et là, le mot « libérateurs » au crépuscule de leur règne  se confond désormais avec famille, clan, affairisme, violence, mal gouvernance.

Franck Saragba / 12.02.2008

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