Le 31 Décembre 2006, le Président François Bozizé Yangounvounda avait pris
devant le peuple centrafricain tout entier et devant l’Histoire l’engagement
solennel de réunir très rapidement, courrant 2007 qui commençait, un dialogue
politique national sans exclusive permettant à toutes les filles et tous les
fils de Centrafrique de se retrouver au tour de la table pour se parler et
jeter, ensemble, les bases de réconciliation nationale et fraternelle. Ce
dialogue demeure, à n’en plus douter, la seule bouée de sauvetage à laquelle
notre peuple meurtri ne peut s’accrocher. Le peuple tout entier a fondé son
espoir de voir enfin la paix revenir et a applaudi ce qui eût pu être une
heureuse initiative, parce que pour lui, le moment était enfin venu pour
tourner la page et envisager avec confiance un avenir meilleur. Quel peuple ne
peut croire à telle perspective annoncée d’un retour à la paix ?
Dans la lancée, les politiques et le peuple lui-même, avaient approuvé sans
réserve la décision de leur Président et se sont mobilisés, dans un élan
patriotique pour garantir la réussite de ce forum de dernière chance,
tant attendu. C’est en toute connaissance de cause que le Président Ange Félix
Patassé, entre autre, avait reçu en Février 2007 à Lomé au Togo le Révérend
Pasteur Isaac Zokoué. Des propositions claires et
constructives avaient été formulées aux fins de donner toute sa chance à ce
dialogue. Pour leur part, des leaders des partis politiques d’opposition, tel
que le courageux Joseph Béndounga, se sont
impliqués corps et âme dans le seul but de créer de conditions relativement
meilleures nécessaires à la tenue du dialogue. Les centrafricains
patriotes de la diaspora, à l’image des co-signataires du « Manifeste pour la convocation d’un dialogue
national véritablement inclusif », ne ménagent aucun effort pour
accompagner leurs compatriotes de l’intérieur, dans cette démarche historique,
à haute teneur patriotique, bien que d’autres préfèrent lâchement se retrancher
dans un défaitisme incompréhensible. Bref,
Douze mois se sont écoulés ; Le Président tourne en rond, usant des
méthodes dilatoires bien connues avec de fréquentes fuites en avant. Une
posture qui met à nu le manque manifeste de volonté politique d’aller au
dialogue. Au lieu d’écouter la volonté du peuple qui remonte du pays profond,
réclamant impérativement la réconciliation nationale entre tous les fils et
filles de Centrafrique, à travers la tenue d’un dialogue inclusif, Le Président
Bozizé préfère écouter, comme à l’accoutumée,
« les faucons » cupides de son clan et les opportunistes sans loi ni
foi, dont la préoccupation éternelle est de se maintenir aussi longtemps que
possible au tour de la mangeoire afin de se le mettre suffisamment en poche.
Parmi eux, figurent ceux dont la spécialité est de manger à tous les
râteliers ; On les a vus sous les régimes Bokassa, Dacko
2, Kolingba et sous celui de Patassé notamment. Ils
disposent d’une capacité inouïe d’opérer des mues et de celle de scier,
le moment venu, les branches sous les chefs d’Etats qu’ils feignent
hypocritement de servir. C’est eux qui demain assureront la perte de Bozizé comme ils l’ont fait pour ses prédécesseurs !
L’intelligence
de l’homme lui donne la capacité de tirer leçon des expériences, positives ou
négatives des autres. Demain, je ne pense pas que ces opportunistes experts,
agglutinés au sein du conglomérat « KNK » puissent être d’un
quelconque secours pour sauver la tête de Bozizé.
Leur préoccupation immédiate sera de réussir à changer de veste afin de
continuer avec les nouvelles autorités. Il a tout intérêt à se plier à la
volonté du peuple en accédant à ses revendications légitimes et faire de lui
son allié objectif.
Les atermoiements et autres louvoiements sordides du Président visent à vider
le dialogue de sa substance, de le contrôler afin de le tourner à son propre
profit. Les hésitations du Président Bozizé montrent
clairement que celui-ci a une peur bleue et craint que les actes finaux du
dialogue ne le poussent, in fine, à quitter son fauteuil. C’est là le nœud du
problème qui explique son obsession. Les opportunistes se cabrent pour le
dissuader de l’organiser, car eux aussi craignent pour leurs privilèges en ce
sens que le départ de Bozizé signifierait la fin logique de leur vie de prédation. Ils ont imaginé le
modèle tchadien en s’engageant dans la voie des « accords » séparés
avec
Mais
cette démarche, pour le moins irréaliste et naïve, a
fait long feu et nous voilà revenus à la case de départ. Et l’on se prend à
rêver sur le déploiement de la force européenne (EUFOR) pour « gêner les
rebelles » ( Bozizé
dixit).
L’EUFOR
ne sera pas là pour faire le gendarme ; A travers
elle, la France entend contrôler les mines d’uranium et les gisements de
Pétrole du Nord de Centrafrique. Ne pas le comprendre relèverait d’une cécité
politique grave. D’où la nécessité absolue de se référer au modèle Ivoirien
dont l’avantage est de croire que le salut d’un peuple ne peut venir de e ce
peuple lui-même. La paix en Côte d’Ivoire doit surgir des Ivoirien eux-mêmes et
c’est ce que les parties en belligérance depuis plus de 6 ans ont enfin
compris. Pourquoi ne doit on copier que des mauvais exemples ? Le modèle
tchadien est mauvais et ne convient pas au contexte centrafricain. L’expérience
nous l’a montré.
Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Plutôt que d’exhiber les biceps
comme le Président vient de le montrer en menaçant de faire déferler la
répression sur ceux dont le seul tort est de réclamer leur dû afin de nourrir
dignement leurs familles, en quoi l’usage des « pouvoirs spéciaux conférés
par la constitution » changeraient –il la réalité politique de notre
pays et instaurerait-il la paix ?
Le
Président Bozizé devrait plutôt prendre des leçons
auprès de Gbagbo. On raconte dans les azimuts qu’il
s’est flanqué d’un « conseiller » Ivoirien ; à quoi
sert-il ?
Bozizé doit prouver sa volonté d’aller au
dialogue. Il doit prendre des séries de mesures d’apaisement au profit de tous
les fils et toutes les filles de Centrafrique.
La
première de ces mesures reste incontestablement l’amnistie générale en faveur
des compatriotes contraints à l’exil en violation de leur droit
constitutionnel. Cela contribuerait, puissamment tant s’en faut, à décrisper
l’atmosphère délétère qui prévaut dangereusement, et garantir le retour
de ces compatriotes afin de prendre sereinement part au dialogue.
La
seconde mesure est d’arrêter l’usage de la force comme mode règlement de
conflit et convoquer dans les meilleurs délais le dialogue.
Bozizé se mettrait ainsi dans une posture
politique de rassembleur. Cela est urgent, cela est nécessaire, il doit le
faire. « Mboutou ndou,
a dou so ndou ! »
Fait à Paris, le 28 Janvier 2008
« La voix qui crie dans le désert »
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