Témoignages
Comprendre
ce qui s’est passé et faire le deuil

Pour cela, il suffit de nous écrire à : fondation-seleka@hotmail.fr
Si vous
souhaitez apporter un soutien matériel, financier à la Famille de Me Goungaye
Merci de cliquer ICI, afin d’accédez aux contacts et coordonnées
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Dans un accident tragique,
A l’annonce de sa disparition, les mots qui reviennent
systématiquement sont :
Catastrophe,
C’est injuste,
Pourquoi lui et surtout pourquoi maintenant ?
Seigneur ! c’est pas juste, pourquoi as-tu laissé faire
cela ?
Qu’est ce qui t’empêchais de retarder l’échéance ?
Je ne sais pas moi ! pourquoi n’est-il pas tombé en
panne ? une crevaison ou autre chose…..
Pourquoi l’as-tu arraché à notre affection si
brutalement ?
Pourquoi as-tu tendance à nous enlever nos meilleurs fils et
filles ?
Pourquoi ne les laisses-tu pas aller au bout de leurs
missions ?
Cà t’aurais coûté quoi de les laisser encore 2 ou 3
ans ?
Seigneur ! tu nous obliges à faire des adieux au moment
où nous n’en avons pas envie…..
Seigneur ! C’est injuste…. Nous sommes choqués par la
gestion de ton timing !....et ce n’est pas la première fois que tu nous
fais le coup….. !
Adieu Wanfiyo ! – Je pensais te revoir très bientôt à
Grenoble….. Tu me manques déjà !.... Tu nous manques déjà !...
Adieu Maître !
C’est maintenant que tu n’es plus là que nous allons
ressentir, encore d’avantage, l’importance du travail que tu as fait pour les
Droits de l’Homme, et la place que tu occupais dans ce dispositif en faveur du
mieux vivre ensemble en Centrafrique.
Reposes en paix !
Que la terre te soit douce et légère
Christian.D- DARLAN
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Bonjour
christian,
Merci de nous
avoir mis au courant de la mauvaise nouvelle. Que la terre de ses ancêtres lui
soit légère.
Maître
GOUNGAYE NGANATOUA WANFIO est un combattant infatigable de la défense des
intérêts de tous les Hommes et les Centrafricains en particuliers.
Les mots
me manquent pour témoigner sa détermination pour la défense du peuple existant
sur la planète terre.
Cordialement.
TAGO Laurent Blaise.
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Aïe
Christian
Bonjour.
Chacun de nous
porte en lui le poids de cette disparition. Nous ne pouvons que pleurer car le
mal est fait. Mais nous devrions très vite nous tourner vers l'avenir et de
prendre l'engagement de ne pas laisser dans les oubliettes le combat de ce
"Grand Homme de paix et de justice". Je refuse de pleurer et je vous
demande de faire plaisir à notre compagnon de lutte pour la bonne cause. On
nous engageons résolument à continuer.
A toi Maître si c'est vrai que là où tu vas, on peut encore regarder ses
frères, donnes- nous la force de ne pas baisser les bras. Que les Anges du
Seigneur t'accorde la place digne à ton combat pour la "Dignité de la
personne humaine".
TANGA Valérie Blandine
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HOMMAGE A MAITRE GOUNGAYE WANFIYO
C'est avec une grande tristesse que j'écris cet Hommage a la
mémoire de mon confrère Maître GOUNGAYE WANFIYO.
Je n'ai pas eu l'honneur de le côtoyer très souvent car j'ai
du, il y 6 ans de cela,quitter
J'ai eu l'occasion, en tant qu'avocat, de le côtoyer au
Palais de Justice a Bangui, par la suite, étant en France, j'ai été informée
des différentes actions qu'il menait contre les violations des Droits de
l'Homme dans notre Pays et de son combat pour
Dans un courriel d'encouragement et de soutien que j'avais
tenu a lui adresser suite a l'arrestation dont il avait fait l'objet a Bangui,
je lui disais in fine: " Fais attention a toi. Tu as encore beaucoup de
choses a accomplir". Il m'avait répondu en me remerciant de mon
amitié. Malheureusement, il nous a quitte, beaucoup trop tôt; il avait
encore beaucoup de choses a accomplir.
Je présente toutes mes sincères condoléances a toute sa
famille.
Fait a Washington le 30 décembre 2008.
Danièle DARLAN-DEMAFOUTH
Professeur de Droit et Avocat
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Bonjour
Christian,
Merci de
nous partager cette si triste nouvelle qui arrive pendant cette période de fin
d'année.
J'espère que
lumière sera faite par rapport a cette tragique disparition.
En
attendant, paix a l'âme du regretté.
Alexis Beleke.
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Bonjour Christian !
je viens d'apprendre la triste
nouvelle de notre Président M. Goungaye c'est avec un coeur meurtri que je suis
entrain de rédiger cette note .Que son âme repose en paix et Dieu lui donne le
paradis.
Nos salutations aux membres de la
famille éplorée.
Mahamat Bakirou
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Il était 10h 04, ce dimanche
28 Décembre, quand j'ai reçu l'appel d'un cher compatriote, m'annonçant la
disparition de Me Goungaye !
Sur le coup, j'ai
crié
Dans le flou, j'ai
pleuré
Puis après je me suis
demandé
Pourquoi la vie est
si courte ?
Pourquoi la mort est
si lourde?
Me GOUNGAYE NGANATOUA
WANFIO a représenté pour plus d'un, l'homme idéal pour
Paix à ton âme,
Maître, le DPI a eu lieu, tu as triomphé ! Et nous prions Dieu pour toi et pour
nous afin de continuer ta bataille.
La mort n'est ni un
échec ni un malheur, mais une inhérence à la vie ! Quand la mort est là, nous
ne sommes plus là, et quand nous sommes là, elle n'est pas encore là !
"Elle n'est rien pour nous" Tes idées resteront parmi nous à jamais !
Didier Martial PABANDJI
Journaliste Doctorant
en Philosophie
PARIS FRANCE
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Hommage de Jean-Pierre
REDJEKRA en mémoire
de Maître GOUNGAYE
Nganatoua Wanfiyo, militant des droits de l’Homme
Cayenne, le
29 décembre 2008
Lors du 1er
congrès ordinaire de
Nous avions
passionnément abordé les thèmes des instruments internationaux, régionaux et
nationaux en matière de droits humains. Il était question de faire prévaloir
les droits des gens, après l’alternance démocratique d’octobre 1993.
L’accession au pouvoir paraissait une fin en soi pour certains, alors que pour
nous militants des droits de l’homme, la vigilance était de mise. La dimension
africaine ou du moins la teinture conceptuelle africaine des droits, avait fait
l’objet de débats passionnels. Nous avions aussi appréhendé les réalités du
terrain de notre pays en matière pénitentiaire, de conception par les
politiques de ce que représentaient à leurs yeux le combat que nous
menions !
Je me
souviens comme si c’était hier des contributions de Me GOUNGAYE aujourd’hui
disparu tragiquement de nos rangs, mais aussi celles du défunt Alphonse BLAGUE
sur les droits des peuples, celle du Magistrat BIDOUMI sur la question de la
preuve dans les procès s’appuyant sur des accusations en sorcellerie, ou encore
celle du Sociologue Isaac BENGUEMALET sur la charte africaine des droits…
Je me
souviens également quelques mois après de l’extrême disponibilité de Me
GOUNGAYE a m’aidé en Europe, pour trouver les chemins d’une insertion
professionnelle rapide en France, tant dans le milieu universitaire que
judiciaire. J’étais « le compatriote» qui le sollicitait par
correspondance interposée, très régulièrement. J’avais droit à une réponse
rédigée en bonne et due forme!
Je me suis
rendu à Grenoble en 1996, où il m’avait fait visiter avec modestie et
simplicité, son cabinet, en collaboration avec un autre africain de nationalité
tunisienne, Maître LATIF BOULKERTOUS ! C’est à ce moment qu’il me confia
son projet de rentrer dès que possible au pays. C’était la bataille pour la
justice et les droits de l’homme qui constituait sa fibre professionnelle et
militante, tout le sens de sa vie. A vrai dire, il s’empressait de réunir les
conditions matérielles à minima, avant de revenir s’installer en Centrafrique.
Quelques
semaines après cette rencontre et cette confidence, éclatait la première
mutinerie. De jeunes sous officiers dirigeaient la révolte des casernes. Nous
nous sommes naturellement contactés afin de prendre position et c’est à moment
que j’ai dû faire les intermédiaires entre Me GOUNGAYE que nous pleurons
aujourd’hui et Claude LENGA, un autre grand frère dans la lutte. Nous avions
diffusé un communiqué que j’ai retrouvé récemment en rangeant mes archives.
Dans ce document, nous condamnions sans ambiguïté le recours à la force, comme
moyen de revendication sociopolitique, tout en insistant à la demande de Me
GOUNGAYE sur deux choses : d’une part la nécessité du dialogue, et d’autre
part la légitimité d’exiger d’un gouvernement issu des urnes, de réaliser des
résultats probants pour le peuple. C’est le fil conducteur de l’engagement sans
faille de Wanfiyo durant ses 12 années qui s’achèvent, alors que l’Homme était
dans le feu de l’action ! Celles et ceux qui l’on côtoyé lors du DPI pourront
l’exprimer mieux que moi !
Dans le
Collectif des Centrafricains en France sous la direction de Sylvain DEMANGHO,
ou lorsque je fondais la représentation du MDI-PS en France, ou encore durant
tous les soubresauts des deux mandats du président PATASSE et enfin dans le
cadre du Manifeste pour l’organisation d’un Dialogue Politique Inclusif dont il
fut le premier signataire puis le coordonnateur, nos trajectoires se sont
souvent croisées, sans concertation préalable.
La dernière
fois où nous nous sommes vus, j’ai juste eu une demi-heure pour lui témoigné ma
reconnaissance pour le travail de fonds qu’il avait commencé à abattre !
Wanfiyo était l’un des rares de la diaspora à être rentré au pays pour une
action salvatrice, pour la promotion de la démocratie et des droits humains.
Son action a été incontestablement positive, d’envergure et son énergie
constructive transparaissait auprès de ses interlocuteurs. Son action doit être
poursuivie, amplifiée, et nous devons vivre cela désormais comme un héritage
philosophique et un engagement à prolonger. Les conditions de sa disparition
interroge sur le devenir de la terre centrafricaine qui telle Sisyphe
dans l’antiquité grecque mangeait ses enfants sans s’arrêter
indéfiniment…
En
septembre dernier lorsqu’il a été inquiété, j’ai considéré comme beaucoup
d’entre vous que sa vie était en danger, et surtout que le combat pour la
démocratie, la dignité des gens et leur intégrité devenait plus que
d’actualité. Son implication malgré nos craintes, n’a pas varié d’un iota, bien
au contraire ! J’ai signé le manifeste dès lors qu’apparaissait la
nécessité du DPI, et son positionnement avant-gardiste, était un gage de
sérieux et de crédibilité de la démarche. Me GOUNGAYE avait le souci lors de ce
DPI de l’intérêt supérieur de la nation et semblait voire se parachever un long
processus, dans lequel il a pris une part conséquente, mesurée et
responsable, en tant que digne fils de ce pays !
L’Homme était
tout aussi affable et rigoureux. Son sens de la courtoisie ne rimait pas avec
la complaisance. Ponctuel lors de ses rendez-vous, il était respectueux de la
parole donnée. Combien de fois n’avait-il pas payé de ses propres deniers un
billet de train Grenoble-Paris-Grenoble, pour venir partager nos convictions,
avec des compatriotes déchirés par le clanisme et l’esprit partisan !
Si son
patriotisme était débordant et son humanisme incontestable, il était en même
temps empreint d’une grande humilité. J’insiste sur ce dernier point car c’est
quelque chose qui manque beaucoup parmi nous. Il avait aussi une capacité
d’écoute malgré une forte imprégnation de ses convictions démocratiques et
« droit de l’hommiste ». Il se désintéressait de l’apparat et du superflu…
Le moment
où il nous quitte est le pire, car comme disait un de mes proches ayant appris
sa mort : « il est parti parce qu’il portait en lui les valeurs
et les convictions indispensables aux changements, aux évolutions
positives ». Au sortir du DPI, que de compromis pour tenter
d’instaurer une dynamique de paix et une amorce de justice, avant une future
prospérité hypothétique bénéficiant à tous ! C’est maintenant plus qu’hier
que nous avions besoin de sa clairvoyance et de son courage.
Je crois comme
BIRAGO DIOP que « les morts ne sont pas morts » et que notre
compatriote, ami et frère est passé du côté « du souffle et des esprits
des ancêtres » pour insuffler aux générations à venir, la justesse et
l’éternité du combat, pour la réalisation et le respect des droits de l’Homme.
Puisse notre faculté de droit et bien d’autres niveaux d’enseignements,
consacrés davantage de temps et de place, au travail d’éducation aux valeurs
atemporelles et universelles, que sont les droits humains.
Wanfiyo ton
combat restera gravé dans nos mémoires, dans la mémoire !
Courage à
Euphrasie et aux enfants. Que notre terre te soit légère, au revoir !
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Je ne sais pas quel mot commencer, mais ce que tu as écrit dans ce texte résume tout :
la perte d'un Grand Leader de
"Les semeurs de mort pensent qu’ils ne seront plus inquiétés. Ils se trompent " : tôt ou tard ils paieront pour le sang de tous les martyrs qu'ils ont lâchement versé.
Nous ne t'oublierons JAMAIS, Maître ! Pars en Paix.
Vas et rejoins tous les martyrs qui t'on précédé et dis-leur que nous continuerons la lutte pour la liberté et le respect de la personne humaine
en Centrafrique et partout en Afrique.
Jérémie Nam-Ouara
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Maître
Goungaye Wanfiyo, notre Frère, Ami, et Défenseur, est devenu un martyr en
ce petit matin du 28 décembre 2008. Il s’est envolé comme un ange, et désormais
son étoile brillera à jamais au firmament. Dieu, non seulement a eu pitié de
son âme, mais l’a d’ores et déjà accueilli à ses côtés. De là où il est, il
nous voit, il nous entend, et il sera toujours dans nos cœurs immensément
endoloris. Le vide qu’il laisse ne pourra jamais se combler.
A son
épouse et à ses enfants particulièrement, j'adresse de tout mon coeur mes
voeux de courage et de condoléances, car la disparition d'un mari et d'un papa
est particulièrement dure à supporter.
Quant à
nous, notre devoir de mémoire envers cet homme si profondément épris de Justice
est dorénavant éternel.
La disparition de cette étoile filante est une perte non seulement pour le
Centrafrique, mais également pour l’Afrique toute entière. Puisse son Combat
pour
Que sa mémoire donc s’élève et se disperse aux quatre coins du continent
africain.
« Il
faut tout un village pour que des parents ne deviennent pas fous. »
cf : Sobonfu Somé
Rebecca Tickle
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Nos cœurs
sont en fraction,
Paix à votre âme cher Maître vous nous manquerez …
Les vrais faiseurs de paix sont ceux qui s’ouvrent à la conscience
universelle,
A travers vos combats avec détermination et rigueur,
Vous nous aviez montré le chemin :
• De la justice,
• D’équité,
• D’intégrer,
• De fraternités,
• Et de rigueur,
Que la lumière du seigneur tout puissant soit
avec toi, et t’accueille au
près du père.
A dieu à tout jamais cher Maître ! Mais
près du cœur de tes amis à tous
ceux, celles qui ont eu le privilège de
vous connaître.
Amitié, respect, honneur, Grand militant
des Droits Humains
Aubin-Roger
KOMOTO
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Jean-Pierre Ekanga Mukuna
Je RD Congolais. J'ai connu Me Wanfiyo à l'occasion de l'élection
présidentielle Centrafricaine en 2005. Je suis profondément touché par sa
disparition et inquiet de l'avenir de son combat. Pourriez-vous me rassurer ?
N'y a-t-il pas crainte que les preuves qu'il a accumulé et déposé à
Merci d'avance pour tout.
Cher
Monsieur,
Merci pour
votre commentaire.
Vous avez
toutes les raisons d'être inquiet pour l'avenir de son combat, comme d'ailleurs
le sont tous ceux qui le pleurent à l'heure qu'il est.
Et je ne
pense pas qu'il y aie lieu d'être rassuré, car il était assez unique en son
genre!
C'est le
rôle de ceux qui restent, d'assurer la pérennité de son combat.
Le combat contre
l'Impunité à deux vitesses!!
Juliette
Abandokwe
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Culturellement, voila ce que veulent dire le nom
du défunt Me GOUNGAYE WANFIYO NGANATOUA
(1) GOUNGAYE,(normalement GOUNGAÎ) prononcé
GOUNGAYI) veut dire ENTERRER DE FORCE
GOUNE : ENTERRER (LOU) EN SANGO et NGAÎ : FORCE ( NGANGOU) EN SANGO
(2) WANFIYO ayant pour concordance OUANE ou WANE qui veut dire CHEF DETENTEUR
DE SOIN EN SANGO ( NGANGA) et FIYO qui veut dire MEDICAMENT (EN SANGO YORO)
(3) NGANATOUA soit NGANA : PAS D ENTENTE et TOUA : MAISON
Chacun peut faire sa synthèse de ce nom qui aura marqué
Moi je traduis par ce qui suit:
Il N’ Y AURA PAS D'ENTENTE DANS CETTE MAISON, TANT QUE CELUI QUI DOIT RAMENER
LES SOINS DE CE MAL RESTERA ABSCENT OU SILENCIEUX.
Me GOUNGAYE WANFIYO NGANATOUA est mort pour nous autres qui OSONS parler. Paix
à son âme.
Jean-Pierre
MARA
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La mort de Me Goungaye m'a complètement bouleversé et je ne peux comprendre une telle mort quelque soit la circonstance. Cet homme que j'ai connu depuis 26 ans du fait du voisinage de nos deux villes de résidence à l'époque ( Lyon / Grenoble ) et qui au fil des années a fait la démonstration de son courage dans le combat qui était le sien reste pour moi un homme d'exception, un modèle de conviction.
Roger Andjalandji
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Bonjour
Maître
C'est avec
consternation que j'ai appris ta disparition, et les mots me manquent
pour exprimer ce que je ressens à l'heure actuelle.
Mais sache
que les centrafricains n'oublieront pas ton courage,ton intelligence,ton combat
pour son bien être et surtout ta soif de justice.
Tu as mené
un combat infatigable et sans merci pour défendre les intérêts de ton peuple
que tu vas laisser orphelin ;
Car grâce à
toi l'être humain est a de la valeur,
grâce à toi
les centrafricains de tous bords ont eu le courage de savoir autour d'une table
pendant 12 jours pour parler des maux qui minent notre société.
Maître, je ne
sais pas comment te remercier,mais je te dis au revoir, adieu,et paix à ton
âme.
CELI CELIO France
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Jusqu'à
quand , Oh ETERNEL?
A la lecture de cette triste nouvelle tard dans la nuit du 29
décembre, une question m'était venue a l'idée :
Oh Mon Dieu c'est comme cela que doit finir les hommes qui
aiment la justice et la défense des droits des opprimes sur Notre terre
Centrafricaine ?
Pourquoi le sol de nos ancêtres ne peut s'empêcher de boire
et de s'enivrer du sang de ses valeureux fils ?
Je crie et je continue de crier, ou est B.BOGANDA ?
Tu étais parti et tu n'es plus revenu pourquoi ? - Est -il vrai que c'était dans un accident
d'avion que tu nous avait laisser ?
Avec tout cet héritage lourd aujourd'hui difficile a
supporter pour femmes, enfants qui manquent la paix, la nourriture, un habitat
descend, un soins primaire, l'éducation et surtout l'amour qui n'existe pas,
chassés en laissant la place à la haine, la justice à l'injustice , la liberté
à l'oppression , l'unité à la division ..........., ou sont-ils nos martyrs de
1979 ?
On a fouillé dans les prisons, les rues, derrière la
colline, dans les poubelles, les fosses communes ,,,,,vous êtes ou nos martyrs?
On continue de vous pleurer ... KONJUGO ou es tu ? docteur KABA ou es tu ?
Comme si la liste est loin d'être clôturer, et voila comme
aussi il ne manquait que toi mon Maître, on nous dit tu es parti dans un
accident .....à cote de toi deux femmes de ton pays qui ne demandaient rien que
la justice , que la femme Centrafricaine soit respectée par de ses droits.
Oh malheur, un espoir, un souffle de justice s'est
éteint…..Mon DIEU jusqu'à quand ?
J'ai crié, et tu n'écoutes pas!... le centrafricain crie
vers toi à la violence, et tu ne secours pas !..Pourquoi nous fais-tu voir
l'iniquité, et contemples-tu l'injustice ?....pourquoi l'oppression et la
violence sont-elles devant nous ?
Mais de tout cela , nous n'allons pas perdre espoir, car
Maître GOUNGAYE, tu as été à ton poste jusqu'à la dernière minute, celui de
défendre les intérêts matériels et moraux des faibles, des opprimés et surtout
de nous dire a nous
Vas en paix, et Que le Dieu de justice te rend la justice.
Maître nous n'avons jamais eu le temps de te dire merci,
mais saches que nous n'allons pas t'oublier, et merci
pour tout .
GOUNFIO
Cyrille
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Nous
partageons la douleur de tous les parents,amis et des Centrafricains soucieux
de leurs. droits et de la jouissance réelle de la démocratie. Avec la perte de
Maître GOUNGAYE c'est une lumière pour le pays qui s'éteint et un brave garçon
qui s'en va! Nous espérons qu'il y aura un autre aussi courageux pour reprendre
le flambeau. Bon voyage cher frère et que le pays te soit reconnaissant à
jamais.
Ton frère de la diaspora qui suit chaque jour ton combat pour la liberté.
Henri ASSANGOU
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Mon hommage à mon frère cadet
Jérémie Wanfiyo.
Inutile de vous dire toute la peine qui est la
mienne depuis que j'ai appris hier la disparition tragique de mon frère cadet
Jérémie Goungaye Wanfiyo. Il m'a rejoint, ainsi que d'autres frères, au Petit
Séminaire Saint Jean de Bossangoa en 1970-1971. On l'appelait très
affectueusement"Moineau". Quand je l'ai revu en 2001 depuis notre
séparation en 1972, et que je l'ai appelé "Jérémie", il m'a répondu
" Martin, tu es la seule personne à m'appeler encore Jérémie" et je
lui ai rétorqué "Parce que pour moi tu seras toujours Jérémie
Wanfiyo".
J'ai
les larmes aux yeux quand je vois combien le destin est cruel, dur et froid
avec les hommes de bonne volonté. On dirait que notre terre centrafricaine
n'ouvre ses entrailles que pour les meilleurs de ses enfants. Et cela a
commencé avec Boganda et perdure. Et ce coup de tonnerre juste après ce DPI
pour lequel il s'est tant battu!
Dieu
d'Israël, Dieu de Justice, jusques à quand devons nous continuer à pleurer?
Miserere
nobis!
Jérémie,
tu ne fais que nous précéder tous. A cause de ces hyènes qui ricanent
certainement sous cape, nous devons continuer la lutte en ta mémoire,
Vas,
cadet, que la terre de nos aïeux te soit légère!
Ton aîné Martin ZIGUELE
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Adieu Maître,
Je me joins à tes autres sœurs et frères centrafricains en particulier et
africains en général, pour te dire que tu nous manques déjà, mais saches que
ton combat pour la justice et le respect de la personne humaine en Centrafrique
suivra son cours. D'autres ont posé les jalons avant toi, tu as pris la relève
et tu as accompli ta mission avec courage et beaucoup d'abnégation, jusqu'à ce
que tu y trouves la mort avec deux autres compatriotes de retour d'une collecte
de preuves et de témoignages dans l'arrière pays...
Pars en paix, que les Wan t'acceptent dans leur conclave, afin que ta lumière
puisse toujours guider nos pas dans le combat que nous mènerons après toi,
contre les adeptes de l'inertie.
A ta veuve et aux enfants, je leur adresse mes sincères condoléances.
Ton frère Fernand Paul Sadam.
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Communication de
Danièle Rousset membre de Kota
Kéké Ste Foy les Lyon
Wanfiyo devait
arriver à Grenoble cette semaine avant de se rendre à
L'ayant
connu en 1991 lors de mon adhésion à KK j'ai eu la chance de le voir évoluer
dans cette volonté de réconciliation de tous les Centrafricains, avec un
acharnement rigoureux, sans se laisser récupérer par les politiques, ni se
laisser influencer par les proches (Forum en France, dialogue politique en
RCA...). Il a toujours gardé la même ligne directrice : la justice sociale, et
peu à peu son engagement s'est affiné pour se tourner de plus en plus vers les
Droits de l’Homme. Retour au pays natal, travail de terrain et puis petit à
petit une reconnaissance internationale :
A Bangui, il laissait son portable ouvert de jour comme de nuit pour pouvoir répondre aux appels de détresse à tout moment ; passant au second plan sa fatigue, sa sécurité, ses économies...Il est allé régulièrement dans les provinces pour recueillir les témoignages des victimes au péril de sa vie. Il connaissait les menaces qui pesaient sur lui continuellement. Aussi prudent que possible il nous disait que l'étau se resserrait, jusqu'au jour de cet « étrange accident » de la circulation.
J'ai remarqué le « SILENCE ASSOURDISSANT » de Bangui dès que nous avons appris son décès ici : aucune annonce officielle de son décès, aucun hommage des politiques, ni des religieux sur les ondes pour ce grand combattant des Droits de l'Homme... comme une mort qu'il ne faut pas ébruiter , concernant quelqu'un de « dérangeant » pour des coupables, ou de « gênant » pour ceux qui auraient préféré qu'il se taise !
Convaincue
que ses causes étaient justes, je
n'oublierai pas cet ami dont j'ai entendu la voix pour la dernière fois le 19
Décembre sur l'antenne de RFI à la fin du dialogue politique inclusif. Il
disait « La question des victimes a été escamotée... tout ce qui reste
pour les victimes c'est
Pour nous il restera une étoile qui brille dans le ciel, star des Droits de l'Homme, étoile qui guide les pas de ceux qui s'engagent pour la justice, la réconciliation en ce monde. Que cette lutte menée depuis des années ne reste pas veine. Merci pour toutes les leçons de courage que tu nous as données.
Euphrasie et les enfants peuvent être fiers de toi, au-delà de la grande tristesse occasionnée par ce départ injuste. Courage à eux et à ceux qui reprendront le flambeau des Droits de l’Homme.
Danièle Rousset
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Comprendre
ce qui s’est passé et faire le deuil

La nouvelle était tombée comme une bombe au
sein de l’intelligentsia centrafricaine. Elle a également fait l’objet de
beaucoup de supputations. Méticuleusement, nous avons essayé de reconstituer les
différentes étapes de ce voyage fatal pour l’illustre défenseur des droits de
l’Homme.
Une journée de travail
Ce samedi 27 décembre 2008, après des courses à Bangui, Me Goungaye a quitté
Bangui avec le véhicule de son ami et confrère Morouba. Il était 14 heures et
quatre personnes étaient à bord du véhicule dont Me Goungaye, deux dames de ses
connaissances proches et son neveu. Ce voyage avait une importance capitale
pour le président de
Le brouillard épais était fatal
Au volant, Me Goungaye fredonnait une chanson triste. Il a été repris par son
neveu qui lui a demandé d’arrêter la chanson car elle n’a pas une bonne
signification. A plus d’une dizaine de kilomètres de Damara, alors qu’il
cherchait à regagner Bangui, le véhicule est rentré dans un brouillard très
épais et la visibilité était extrêmement réduite. L’avocat, qui conduisait, a
tenu le volant de la main gauche et de sa main droite tentait d’essuyer le
pare-brise de l’intérieur afin d’avoir une bonne vue de la route. Les deux
dames à bord du véhicule étaient profondément endormies. Le choc s’est produit
dans ce brouillard épais aux environs de 23 heures. Le véhicule que conduisait
Me Goungaye est rentré derrière un gros camion garé en plein milieu de la
route, ne laissant aucune possibilité à un dépassement, compte tenu de
l’étroitesse de la chaussée. La dame qui occupait un des sièges avant à côté de
Me Goungaye, fauchée dans son sommeil n’a pas du tout bougé. Celle assise à
l’arrière du véhicule, à côte du neveu de Me Goungaye, a crié deux fois au nom
de sa maman et puis c’était le silence. Le choc a plongé Me Goungaye dans un
coma très profond, il n’a eu que le temps de pousser trois ronflements puis
s’est éteint. Le seul survivant était le neveu de l’avocat.
Difficultés de secours
Quelques instants
après le choc, une voix d’homme de la cabine du gros véhicule stationné, certainement
celle du chauffeur, fait appel à un autre qui se trouvait sous le véhicule pour
lui demander de vérifier ce qui s’est passé à l’arrière du véhicule. C’est en
ce moment que les premiers villageois ont fait leur apparition et ont accouru
pour les secours. Sous le choc, tous les passagers étaient coincés dans l’amas
de ferrailles. Ayant réussi à démonter le pare-brise arrière du véhicule, les villageois ont extrait le neveu de Me
Goungaye, qui n’avait pas perdu connaissance. Il s’en est sorti avec des
écorchures au visage et une plaie au niveau de l’omoplate due certainement à la
ceinture de sécurité qu’il avait pris le soin d’attacher et qui lui a limité
les dégâts. Munis de haches, les villageois ont réussi à démolir les portières
pour extraire les corps inanimés. Ils ont d’abord extirpé le corps de Me
Goungaye coincé par le volant, puis les deux autres corps qu’ils ont étendus à
même le sol. Les secours ont pris du temps, car les opérations étaient
extrêmement difficiles et n’ont pratiquement pris fin qu’aux environs de 4
heures du matin. Un véhicule qui passait par là en direction de Bangui a été
arrêté par les villageois. Après des discussions, le conducteur disait qu’il ne
pouvait avoir qu’une seule place. C’est ainsi qu’il a pu conduire à Bangui le
corps de Me Goungaye pour le placer à l’Hôpital Communautaire.
Une évacuation tardive
En dehors des secours des villageois et le transport de la dépouille de Me
Goungaye à Bangui, le miraculé et les corps des deux dames étaient restés sur
les lieux du drame jusqu’à 8 heures.
Ce n’est qu’à cette heure là qu’un véhicule est venu chercher les corps et le
seul survivant pour les conduire à l’hôpital de Damara. Alors que la nouvelle
du décès de Me Goungaye a circulé très rapidement, la famille des deux dames
disparues également dans l’accident, et qui sont des sœurs, ne sera informée
que vers 10 heures, le dimanche 28 Décembre 2008. Le temps de se rendre à la
morgue, les parents des deux dames ne découvriront que le seul corps de
l’avocat et c’est là qu’ils seront informés que les dépouilles sont restées sur
les lieux de l’accident. Dans un élan de générosité, une grande dame, qui se
trouvait à la morgue, a mis son véhicule à la disposition de la famille et a
pris soin de remettre une somme de 40.000 frs pour le carburant. Les parents
ont quitté Bangui vers 12 heures et arrivés sur les lieux de l’accident, le
gros véhicule qui était à l’origine du choc n’y était plus. Sur les lieux de
l’accident, les parents des deux sœurs ont rencontré M. Léonard Sonny, Mes
Morouba et Lucille Mazangué, des amis de longue date de Me Nganatouwa Goungaye
Wanfiyo.
Après un constat des lieux, les parents ont été informés par les villageois que
les corps ont été ramenés à Damara. Chemin faisant en direction de Damara et
juste à l’entrée de la ville, les parents des deux victimes ont croisé un
véhicule de la gendarmerie qui ramenait les cadavres et le miraculé à Bangui.
Les dépouilles ont pris le chemin de la morgue et le miraculé, neveu de Me
Goungaye a été conduit à la traumatologie où il a été placé au centre de soins
intensifs de l’Hôpital Communautaire. Ainsi s’arrêta la carrière du défenseur
des pauvres, des opprimés et des victimes des pires cruautés que notre pays a
connues à un certain moment de son histoire. Cette perte précoce de Me
NGanatouwa Goungaye Wanfiyo vient s’ajouter à l’affliction des victimes des
événements du 25 octobre 2002, qui nourrissaient l’espoir qu’à travers le
président de
&&&&&&&&&&&&&&&&&
Déclaration des enfants de Me Goungaye Tu nous as quittés si
brusquement. Ceci est une grande perte pour nous tous. Notre tristesse est si
immense qu’aucun mot n’est assez fort pour pouvoir l’exprimer.
Nous sommes tristes car il nous faudra continuer sans toi, il nous faudra du
courage, de la force et surtout du temps. Papa, nous te remercions pour nous
avoir justement transmis cette force, ce courage et cette détermination.
Papa, nous sommes si fiers de porter ton nom Goungaye, d’être tes enfants.
Fiers car personne ne peut ignorer ce combat si dur que tu as mené pour ce
pays, ton pays
Tu étais pour ce pays un espoir, une lumière, une étoile. Mais ne t’en fais pas
papa, nous sommes là pour leur rappeler chaque jour qu’une étoile ne s’étaient
jamais et que le combat continue !!! Tu resteras à jamais gravé dans nos têtes
et dans nos cœurs. Nous t’aimons papa. Nous ne t’oublierons jamais, car nous ne
pouvons jamais t’oublier, jamais….
Nous te souhaitons un bon voyage. Que Dieu et ses anges veillent sur toi Papa.
Hommage rendu à Me Nganatouwa Goungaye Wanfiyo,
avocat et Président de
Les militants des droits de l’Homme du monde entier sont terriblement affectés
par ce décès.
Nous enterrons ce jour un ami, un frère, un collègue, qui nous est cher, qui a
porté, haut et fort, tout au long de sa vie, les valeurs si essentielles de
fraternité et de liberté.
Nous avons aussi une pensée très émue pour la famille de Me Goungaye qui, de
Grenoble ou d’ici, en dépit des sacrifices, a toujours soutenu son combat
quotidien en faveur de la paix et de la justice dans son pays. Nous adressons à
toute sa famille nos plus sincères condoléances ; nous partageons votre
douleur, et sommes à vos côtés dans ce moment particulièrement difficile. Nous
avons aussi une pensé particulière et présentons nos plus sincères condoléances
aux familles des deux amies de Me Goungaye qui ont trouvé la mort lors de cette
tragique nuit du 27 décembre et souhaitons un prompt rétablissement à la
personne qui a été blessée.
Nous tenons également à saluer chaleureusement et amicalement tous les membres
de
Nous nous associons aussi à la douleur des autres organisations centrafricaines
de défense des droits de l’Homme qu’il nous avait fait rencontrer et qui l’ont
accompagné dans son perpétuel et incessant combat pour la promotion et la
protection des droits de l’Homme et de
La
Me Goungaye n’a eu de cesse de dénoncer et combattre les violations des droits
de l’homme commises dans son pays et sur le continent africain. Avocat brillant
et d’une grande intégrité, il a œuvré sans relâche en faveur d’une justice
indépendante, équitable et juste dans son pays.
Sans concession, incorruptible et foncièrement indépendant, Goungaye se
distinguait par son franc-parler et son courage à dénoncer, inlassablement, les
crimes qui se répètent en Centrafrique, à dénoncer leurs auteurs, tous les
auteurs. Il a toujours été aux côtés des victimes, les laissé-pour-compte, les
sans droit, les sans voix. Il s’est battu pour que la parole de ces femmes et
ces hommes soit entendue, pour que leurs droits légitimes soient reconnus et
enfin respectés.
Convaincu, comme nous tous, qu’il n’y a pas de paix sans justice, le président
de
Lundi prochain, il devait représenter, devant
Goungaye a dénoncé sans relâche les jeux politiciens, l’absence de démocratie
et la corruption avec un sens de la formule qui faisait mouche! Encore très
récemment, il dénonçait l’absence de préoccupations des victimes au sein du dialogue
national dans ce pays, son pays qu’il a tant aimé, tant désireux de le voir
apaisé, unifié, dans la paix, la justice et en marche vers la démocratie et
pour son développement.
Avec le sérieux, la rigueur et une certaine intransigeance qui le caractérisaient
tant, il dénonçait inlassablement tous ceux qui entravaient le chemin vers la
démocratie et la paix tant souhaitées par les Centrafricains. Pour cela aussi,
il dérangeait. Ce combat lui a valu de se faire certains ennemis, parmi les
autocrates et autres puissants d’Afrique et d’ailleurs.
Pour l’ensemble de ses activités, Goungaye était, non seulement victime de
campagnes de dénigrement, mais faisait également l’objet de nombreuses menaces
et tentatives d’intimidations. Il avait encore été arrêté récemment de façon
tout à fait arbitraire. Mais son travail, Goungaye le menait avec courage,
abnégation, parfois même au péril de sa vie. Il le savait. Il disait qu’il ne
se tairait pas. Il ne s’est jamais tu.
Le décès de Me Goungaye endeuille les 155 organisations membres de
Sa disparition doit mobiliser l’ensemble de la communauté internationale, la
société centrafricaine en faveur de la paix et du respect des droits de l’homme
pour que l’idéal porté par Me Goungaye soit enfin une réalité en Centrafrique.
A

Octobre 1980, il y a déjà presque trente ans que nous partageons
notre vie. Nous avons partagé une vie, une vision et nous nous sommes donné une
exigence, un attachement à des valeurs morales et d’éthique.
Lorsqu’on s’est retrouvé étudiant en France, à l’Université de Grenoble, après
que Wanfiyo ait fini son premier cycle en lettres à l’Université de Bangui et
je finissais mon premier cycle à l’ESSEC au Cameroun, nous avons redynamisé la
section étudiante de UNECA et très vite nous sommes rentrés en communion depuis
ce moment jusqu’au 27 décembre 2008, date de sa disparition brutale.
Samedi 26 décembre 2008, j’étais ce jour au bureau avec Wanfiyo et deux
collaborateurs. Nous avons échangé et, à 13 heures, il a quitté le bureau et
est rentré sans mot dire. Or, il est de coutume qu’on se dise tout, on ne se
cache rien. Ainsi, lorsqu’il fait des missions, à l’extérieur ou à l’intérieur
du pays, il m’informe de l’évolution des choses. Il m’a toujours tenu informé
et on s’appelait régulièrement. Nous étions plus que frères.
Ce samedi, 27 décembre 2008, Wanfiyo mon frère, tu ne m’as pas informé, je ne
me doutais de rien, puisque nous avons cette habitude de nous retrouver
dimanche matin à partir de six heures après ton footing matinal pour travailler
et échanger, avant que j’aille faire du football.
Ce dimanche matin, 28 décembre 2008 à six heures, je t’ai attendu en vain,
jusqu’à neuf heures. Je suis arrivé au stade de l’Université de Bangui pour
apprendre la triste nouvelle : Maître Goungaye n’est plus. Je n’y ai pas cru,
car moi, ton confident, ton plus que frère, aurais dû être le premier informé.
Je me suis rendu d’abord chez toi, puis à l’Hôpital pour chercher à te sauver,
mais je suis resté impuissant devant cette triste réalité. Tu étais déjà mort
et admis à la morgue. Que pouvais-je faire ? Rien ! Trop tard, mon frère
Wanfiyo.
Eh oui je suis resté impuissant devant cette brutale disparition ! Si tu étais
victime d’une maladie ou d’un accident quelconque, je me serais battu. Et tu le
sais. Mais là, ça me dépasse. C’est incroyable pour un homme de ton envergure.
Est-ce pour dire que les hommes de telle envergure n’ont pour destin que celui
des étoiles filantes ?
Et je m’interroge encore, mon frère Wanfiyo. Et personne ne me répond. Ni
toi-même.
Je m’interroge : comment n’ai-je pas pu prévenir cela ? Comment la nation qui
t’a vu naître n’a-t-elle pas pu prévenir cela ? Te protéger en prenant des
dispositions élémentaires de sécurité ? Et si la nation a failli, pourquoi
n’ai-je pas pris cette responsabilité ? Et pourquoi les Centrafricains ne
t’ont-ils pas protégé ? Je me suis senti coupable. Et le monde est coupable.
Coupable parce que nous avons discuté de ce dossier des victimes, je t’ai
demandé d’exiger des garanties et des moyens à
«
Avec peu de moyens, armé de ton courage, tu as abandonné des dossiers des
clients, pour te consacrer exclusivement à ce dossier des victimes.
Je t’ai compris, et la dame de Damara me l’a dit après ta mort. Mon frère, tu
as su donner un brin d’espoir aux victimes qui, comme je l’ai constaté, étaient
en communion avec toi, pour t’avoir confié une partie de leur vie. Oui, je
comprends pourquoi tu n’as pas voulu reculer. Et je suis fier de toi, fier de
cet engagement, malgré les douleurs qui m’accablent. Fier parce que tu resteras
vivant, vivant dans mon cœur, dans les cœurs des victimes et dans le cœur de
ceux qui t’ont combattu et persécuté pour la justice et l’instauration de
l’Etat de droit dans ton pays.
Qui était cet homme que nous pleurons aujourd’hui ? Maître Wanfiyo était un
homme courageux, malgré les pressions de sa famille, des menaces répétées du
pouvoir public, de la pression de
Cour Pénale
Maître Wanfiyo était un homme farouchement opposé à l’injustice et à
l’impunité. Il savait désarmer les faux légalistes.
Maître Wanfiyo est un Centrafricain qui n’a pas d’ethnie. Pour lui seuls le
Centrafricain et
Maître, tu nous as appris en peu de temps le chemin de la réconciliation avec
nous-mêmes et avec les autres. Par ton combat acharné contre l’injustice et
l’impunité, tu nous as appris le respect du prochain et des lois de
Ta
Adieu Maître. Va en paix et que la terre de tes ancêtres te soit légère!
Mesdames et Messieurs,
Il est des circonstances douloureuses dans lesquelles il devient bien pénible
de remplir son devoir, celui qui m’incombe en ce jour m’attriste profondément
en cette circonstance chargée d’émotion pour rendre un hommage posthume à un
éminent confrère, fervent défenseur des Droits de l’Homme, qui vient de nous
quitter tragiquement à l’aube de l’année 2009.
Maître Nganatouwa Goungaye Wanfiyo est bien connu pour ses prises de
propositions ouvertes en faveur des Droits de l’Homme.
Cependant il me paraît nécessaire de présenter quelques aspects de la vie de
cet illustre para-commando sans arme d’une armée qui lutte pour le Droit et
Notre confrère Maître Nganatouwa Goungaye Wanfiyo est né le 29 Avril 1957 à
Bossangoa de Goungaï Pierre et de Totimboye Rachel.
Il est titulaire de Maîtrise en Droit Privé (Université de Sciences Sociales de
Grenoble 1987, de Doctorat en Linguistiques (Université de Grenoble III, France
1987) et de Diplôme Professionnel d’Avocat (Faculté de Droit, Université de
Grenoble).
Pour ce qui est de ses responsabilités, Maître Nganatouwa Goungaye Wanfiyo a
exercé au Barreau de Grenoble en France pendant douze (12) ans.
Il est Avocat au Barreau de
Maître Nganatouwa Goungaye Wanfiyo a participé à plusieurs Conférences et
séminaires internationaux en Afrique, en Europe organisés par
En 2007, il a été invité par l’ambassade des Etats-Unis à participer au
programme des Visiteurs Internationaux du Département d’Etat américain sur la «
Résolution des Conflits ». Il venait de recueillir les témoignages des victimes
dans l’arrière pays dans les procédures lancées par le CPI quand il a trouvé la
mort dans un accident le samedi 27 décembre 2008.
Mais il ne faudrait pas perdre de vue qu’il est l’un des artisans de la
convocation et de la tenue du DPI dont il ne bénéficiera point des fruits.
Est-ce qui donne valablement raison à Napoléon lorsqu’il disait que « dans les
révolutions, il y a deux catégories de gens : ceux qui font la révolution et
ceux qui en profitent ».
Puissent nos regrets sincères et l’hommage que cette foule attristée rendent à
ta mémoire, adoucir, s’il est possible, la douleur de ta veuve, tes cinq
enfants, parents et amis. Au nom de l’Ordre des Avocats auquel tu as appartenu,
je vous adresse ici un suprême adieu. Vas, que la terre de nos Ancêtres te soit
légère.
Comme chacun d’entre nous ici rassemblés,
l’incroyable et triste nouvelle du décès de Maître Goungaye, qui ne nous est
parvenue que le lendemain 28 décembre 2008, m’a profondément bouleversé. J’ai
alors décidé, après avoir constaté à la morgue que c’était bien le confrère
Goungaye qui venait d’être fauché par la mort, au sommet de son art, de lui
dédier le jour même ces quelques bouts rimés intitulés « les idées de Maître
Goungaye sont immortelles », bouts rimés que je n’ai pas la prétention
d’appeler poème.
J’ai rapproché ces quelques bouts rimés au poème que le poète français Stéphane
MALLARME avait dédié au poète américain Edgar POE disparu et, convaincu que
l’esprit de Maître Goungaye demeure et s’élève, je lui ai dédié également le
poème « Elévation » du poète français Charles BAUDELAIRE.
Comme disait Alphonse de LAMARTINE, un seul être vous manque, et tout est
dépeuplé !
LES IDEES DE MAITRE GOUNGAYE SONT IMMORTELLES
Comme un coup de tonnerre dans un beau ciel bleu,
Comme par l’eau crachée une boule de feu,
Comme un volcan qui tonne, impose le silence,
Répand la terreur et transperce de sa lance,
En cette matinée de ce vingt huit Décembre
La triste nouvelle nous a figé esprits et membres :
Il est mort, le grand défenseur des grandes causes
Il est mort, l’Avocat qui combattait sans pause
Lui qui dans d’innombrables combats homériques
A bravé la mort pour sauver le Centrafrique,
Porté haut levé le flambeau des droits de l’homme,
C’est un camion qui sur une pente l’assomme.
Nos cœurs, gorgés du grand espoir qu’il sema,
Nos esprits incrédules face à ce magma,
Ainsi qu’à l’annonce de la mort de Boganda,
N’osent noter cette mort dans leur agenda.
Hélas, hélas, hélas, il n’est plus, notre artiste !
Il n’est plus, ce cher Goungaye, le grand juriste,
Le Défenseur de la veuve et de l’orphelin, Qui de
Peuple centrafricain, femmes violées, victimes,
Des guerres et des dictatures, tressez des palmes,
Au héros du combat contre l’impunité,
Tombé pour vous, en recherchant la vérité.
Nganatouwa Goungaye Wanfiyo, mon cher confrère !
Comme j’étais si rassuré, heureux et fier
Me disant que notre noble et grandiose cause
En les mains de relayeur désormais repose !
Hélas, hélas, hélas, voici que tu nous quittes,
Au moment où la nation cherche son orbite,
Autour du beau soleil de la démocratie
Qui éclaira toujours ta quête de messie
Mais si la traîtresse mort a ravi ton corps,
Tes idées pour l’éternité vivront encore
Et telle la lampe de Diogène en plein jour,
Sur terre elles éclaireront notre séjour.
Puissent-elles à jamais être le rempart
De ton Peuple contre les vols des charognards
Et porter toujours plus haut l’éternel flambeau
D’un Centrafrique sortant du fourneau plus beau
EXCELLENCES, MESDAMES, MESSIEURS, CHERS PARENTS ET AMIS
Ngatouwa Goungaye Wanfiyo n’était pas seulement un grand Avocat.
Il s’était élevé au dessus de la contingence des causes particulières, pour
devenir le combattant des droits de l’homme et de la justice comme socle de la
paix véritable en Centrafrique, et le poète de ce que le poète Président
Léopold Sédar Senghor appelait la civilisation de l’universel, en se faisant la
voix sans voix devant
Les droits de l’homme ne sont pas un concept et un combat qui seraient une
spécificité de l’Occident. Ils sont un concept et un combat universels. Les
droits de l’homme ne constituent pas un bienfait que pour les seules victimes,
comme on l’a souvent entendu dire, à tort bien évidemment : les droits de
l’homme tendent à sauvegarder la dignité de tout homme, la dignité fait partie
de la devise de notre Pays, et ils constituent un bienfait tant pour les
victimes que pour les bourreaux, les Autorités politiques et la société toute
entière.
Lorsque les droits de l’homme sont violés et qu’en conséquence la dignité de
l’homme au sens générique du terme est bafouée, les anglophones parlent de
droits humains, les combattants des droits de l’homme comme Maître Goungaye se
battent pour que justice soit rendue à tous, selon le principe de la justice
distributive, « celle qui donne à chacun la part qui lui revient », celle qui,
pour pasticher l’écrivain et critique littéraire Emile HENRIOT parlant de la
poésie selon Victor Hugo, veut que les droits de l’homme et la justice qui
assure leur effectivité soient utiles, j’allais dire efficaces, s’adressent à
tous, parlent pour tous, à la fois vengeurs et lumineux, distributeurs de
châtiments et montrant aux Peuples la voie de la sagesse et du progrès.
Justice doit être rendue, tant à la victime, qui est apaisée et peut faire son
deuil, qu’au bourreau, qui est châtié, paye son tribut à la société et s’amende
pour se réinsérer dans cette même société, qu’aux Autorités politiques, qui ont
perpétré, commandité ou toléré la violation des droits de l’homme, afin que
plus jamais elles ne soient tentées de s’y risquer, qu’à la société qui
conquiert ou reconquiert une paix durable, solidement assise sur son seul socle
qu’est la justice.
C’est tout le contraire de la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent) et
de la vengeance, qui appelle sans fin la vengeance.
Chantant les louanges du poète américain Edgar POE disparu, le poète français
Stéphanie MALLARME, dans son langage hermétique, disait que le poète demeure
lui-même et passe dans l’éternité après sa mort, laissant ce que MALLARME
appelait le « vil sursaut d’hydres » épouvanté de n’avoir pas compris que le
poète avait « donné un sens plus pur aux mots de la tribu », c’est-à-dire
disait la vérité, ni d’avoir compris que le poète combattait avec un glaive nu,
c’est-à-dire sans violence, ni que la mort « triomphait dans cette voix étrange
», c’est-à-dire dans cette voix à contre-courant.
MALLARME disait :
« Tel qu’en lui-même enfin l’Eternité le change,
Le Poète suscite en un glaive nu
Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange ! »
« Eux, comme un vil sursaut d’hydres oyant jadis l’ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange »
Mais si la mort triomphé de la voix de Goungaye, voix qui donnait un sens plus
pur aux mots de la tribu Centrafrique, voix qui suscitait quelques « vils
sursauts d’hydres »,voix que nous n’entendrons plus jamais tonner comme au
Dialogue Politique Inclusif, voix qui résonne encore dans nos oreilles et nous
interpelle, la mort n’a cependant pas triomphé des idées immortelles de
Goungaye, ni de son esprit, que ne pollua jamais « le flot sans honneur de
quelque noir mélange », c'est-à-dire l’alcool ou la drogue.
Alors, Goungaye peut dire avec le poète Charles BAUDEALAIRE :
ELEVATION
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envoie-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur.
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leurs poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse,
S’élancer vers les champs lumineux et sereins,
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
Repose en paix, mon cher frère et confrère.
Une grande figure de la société civile centrafricaine vient de
nous quitter.
Maître Nganatouwa Wanfiyo Goungaye n’est plus.
Mon frère Goungaye, je te dédie ces quelques phrases pour t’accompagner et
éclaircir celles et ceux qui se sont levés en ce jour amer, en ce jour de
larmes, en ce jour de malheur où ta famille, tes amis et tes confrères ont
appris avec stupeur la triste nouvelle de ta disparition.
Je mesure la difficulté de ma tâche face à ces voix en sanglots, ces souffrances
diffuses, ces pleurs et ces lamentations.
Mon frère Nganatouwa, souviens-toi de ce samedi noir du 27 décembre 2008 où
j’étais venu chez toi te saluer avant d’aller à l’aéroport prendre mon avion.
C’est à croire que j’étais venu te dire adieu.
Et pourtant nous nous sommes donnés rendez-vous pour le 03 janvier 2009, date
de mon retour de voyage car tu me disais que tu allais prendre le vol du 04
janvier courant pour passer quelques jours avec ta famille à Grenoble avant de
participer, le 12 janvier, à l’audience de confirmation des charges à
Et
Et puis ce sont des nuits blanches interminables où ton visage nous visitait
furtivement avant de disparaître dans le néant.
Wanfiyo, mon frère, tu es parti sans dire au revoir à ton épouse Euphrasie, à
tes enfants : Kifo, Monwen, Moala, Mongana et Mokomse.
Et que dire de ta pauvre mère, cette veuve qui, en l’espace de 10 mois
seulement, aura perdu 2 de ses fils ?
Aujourd’hui, nous sommes tous dans la tourmente, accompagnés désormais de ta
seule absence, de tes écrits dans les journaux, de tes interviews à
J’ai connu Maître Goungaye en France il y a une trentaine d’années alors que
nous étions encore de jeunes étudiants.
Nous sommes devenus amis et frères, parce que nous partagions la même vision de
l’avenir de notre pays.
Lorsque
Une fois rentré au pays, c’était tout naturellement qu’il avait rejoint
Après mon retrait en octobre 2004, il m’avait alors remplacé au poste de
Président.
Maintenant que la porte du destin a fini par se refermer, que retenir de lui ?
Son sérieux, son professionnalisme et son courage exceptionnel forçaient
l’admiration de tous.
Son sens élevé de responsabilité et son patriotisme ne peuvent être mis en
doute.
Maître Goungaye s’est affirmé au plan national :
- par un soutien sans faille entre autres aux victimes des crimes de guerre et
des crimes contre l’humanité,
- par une vigilance à toute épreuve pour le respect de l’Etat de droit et par
une contribution significative à l’établissement de l’espace démocratique.
Au niveau international, il avait consacré toutes ses énergies pour défendre,
devant
Il a semé sur son chemin la lucidité, l’excellence et la noblesse du juste
combat.
Il était la voix des sans-voix c'est-à-dire des victimes réduites au silence.
La voix de Maître Goungaye était la dernière espérance de ceux qui n’ont plus
aucun recours.
De lui, il est certain que la postérité retiendra le nom du combattant
infatigable de la liberté et de l’espérance tombé au champ d’honneur dans
l’accomplissement du devoir sacré.
La disparition de ce Juste est ressentie comme une injustice. Il est parti à un
moment où son pays a le plus besoin de lui.
Surtout toutes ces femmes, toutes ces filles violées devant leurs maris, devant
leurs enfants par une horde de barbares venus de l’autre côté du fleuve.
Maître Goungaye était leur dernier espoir pour que justice leur soit rendue par
Et il s’en est allé. Si proche du but.
Ces victimes anonymes portent aussi son deuil. Elles pensent à cet homme
alerte, désormais inanimé. Comme elles auraient aimé approcher leurs mains de
sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n’avaient pas parlé.
Ce jour-là le visage de Nganatouwa Wanfiyo Goungaye était celui de la douleur
nationale.
Pour lui, il n’ y a que la liberté qui soit première.
Dans cette lutte, il avait conscience des dangers qu’il courait. Mais il savait
que la défense des faibles ne devient totalement crédible qu’à l’instant où
elle comporte un péril pour celui qui l’assume.
Il était toujours meurtri de voir les bourreaux et leur arrogance, les victimes
et leur souffrance.
En peu de temps Maître Goungaye avait beaucoup apporté à son pays et à
L’histoire témoigne de cette évidence et de cette nécessité : à savoir que
toute institution doit s’incarner dans un homme, figure de proue.
Malheureusement les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour
éclairer leur siècle.
On nous a appris qu’au milieu de la vie, nous sommes dans la mort, au milieu de
la mort, nous sommes dans la vie. Pour nous qui sommes ses compagnons de lutte,
je dirais ses frères d’armes, avec nos plumes et nos paroles, nous lui disons
que son sacrifice n’aura pas été vain, car l’arbre de la liberté a toujours été
arrosé par le sang des patriotes, parce que c’est son engrais naturel.
Nous prenons l’engagement de continuer le combat.
Si la disparition de Maître Goungaye a transformé sa vie en destin, nous savons
aussi que sa mort physique n’est que le commencement de son immortalité dans la
conscience collective centrafricaine.
Notre cher collègue combattant,
Jérémie, Notre très Cher Collègue Défenseur des Droits de l’Homme.
Les mots nous ont manqué à l’annonce le 28/12 de ta disparition tragique. Les
mots nous manquent encore aujourd’hui au moment où nous allons te conduire à ta
dernière demeure.
En effet, nous n’avons jamais cru que toi notre frère bien aimé tu es mort
alors que nous avons devant nous, un vaste chantier que nous avons préparé
ensemble avec toi. Nous n’avons cessé de nous rappeler tes qualités.
La nouvelle était très difficile à digérer. Tes qualités étalent sur toutes nos
lèvres,
Il n’ y avait plus ponctuel que toi et tu étais toujours prêt lorsqu’on avait
besoin de toi. La régularité, la promptitude, la discipline t’ont caractérisé,
même dans ta conduite.
Oui, lorsqu’on te confiait une tâche, tu le faisais dans le délai et bien. Et
en dehors de nos réunions, tu informais par téléphone : C’est Goungaye, c’est
moi, comment va ?
Comme Moïse, tu es mort avant d’avoir vu
Mais tes œuvres resteront gravées à jamais dans nos mémoires ainsi que de tous
ceux qui sont épris de paix et de justice.
Nous te rassurons que nous continuerons le combat !
&&&&&&&&&&&&&&&&&&
De l’hôpital communautaire où la dépouille a
été mise en bière, elle a été conduite au domicile familial au quartier Galabadja
II. Dès l’arrivée du cortège, le cercueil a été introduit au salon de la
résidence familiale pour des cérémonies rituelles avant d’être transporté par
les Avocats jusqu’à
La prière introductive dite par le Diacre Silvère Théophile Wallot de l’Eglise
Apostolique ’’Le Chandelier’’ est une invitation profonde au sens de
l’existence humaine sur terre. Au nom de la famille M. Jean Serge Wafio, dans
un témoignage éloquent et poignant a invité la famille à positiver selon ses
propres termes, la disparition tragique de Me Nganatouwa Goungaye Wanfiyo.
L’orateur a retracé la carrière et les traits de caractère parfois choquants de
l’illustre disparu. Me Goungaye selon M. Jean Serge Wafio a choisi la carrière
d’Avocat, ce qui l’amenait à privilégier la vérité, la justice et la rigueur
tant dans le comportement que dans le verbe. Ce qui ne faisait peut-être pas
plaisir à tout le monde. Les parents ont ensuite défilé pour le dépôt de gerbes
et le recueillement. Les cérémonies familiales ont été surtout caractérisées
par leur simplicité, ce qui a contribué à mettre à l’aise l’assistance, venue
nombreuse. Les parents ont entonné une chanson traditionnelle d’adieu avant le
départ pour
La partie officielle des cérémonies a eu lieu
dans le hall de
La longue attente commençait à agacer les parents, amis et connaissances venus
nombreux, rendre un dernier hommage à Me Naganatouwa Goungaye.
Alors que le public s’interrogeait sur ce retard, le ministre de
Pour Jean-Serge Wafio, qui a encore repris la parole au nom de la famille, Me
Goungaye pouvait être comparé au fou du roi car il avait l’habitude de dire
tout haut ce que les autres pensaient ou disaient tout bas. Me Goungaye brisait
les mythes et disait la vérité parfois là où il ne fallait pas. Ainsi, il ne
comptait pas que des amis. Mais encore une fois, M. Jean Serge Wafio a demandé
à tous les proches et amis de l’Avocat de prendre son décès tragique avec
beaucoup de philosophie. Tous les autres orateurs ont rivalisé de qualificatifs
quant à la brillante carrière de Me Goungaye, qui est passé sur cette terre
comme un météore qui s’est très vite éteint. Personnalités indépendantes,
organisations de
La longueur des élégies et de la cérémonie de dépôt de gerbes a amené le
protocole à alléger le programme. Le public a donc été invité a prendre part à
la célébration eucharistique à la cathédrale Notre Dame de Bangui.
C’est à 13 h 15 que le cortège funèbre est
arrivé à
Après l’évangile tiré de Jean 12, versets 20 à 28, Mgr Edouard Mathos a mis un
accent dans son homélie, sur le signification de la mort chez les chrétiens et
l’amour que Dieu a pour ses créatures. Selon l’officiant, Dieu aime tellement
les hommes, qu’il leur a envoyé son fils Unique, qui s’est sacrifié sur la
croix pour le rachat de leurs péchés. Ce sacrifice du Fils de l’homme est une
victoire sur le péché.
Les derniers adieux à Maître Nganatouwa Goungaye Wanfiyo ont eu
lieu à M’Poko Ndéré où le cortège funèbre est arrivé à 15 h 30. La cérémonie
très émouvante a permis à l’une des filles de l’illustre Avocat de prendre la
parole au nom de sa famille, de ses frères Fifio, Mokomse et de ses sœurs Moala
et Mwena, pour témoigner de la qualité de cœur, d’esprit et d’intégrité de son
père. Pour la fille de Me Goungaye, leur père de par son combat était un espoir
pour notre pays. Malheureusement la mort l’a fauché en pleine mission. Elle a
nourri l’espoir qu’après la disparition tragique du président de la igue
Centrafricaine des Droits de l’Homme, le combat puisse continuer car il menait
une lutte noble pour la défense et la promotion des Droits humains. La mère du
défunt a pris la parole pour demander à l’illustre combattant de demeurer homme
jusqu’au bout même dans l’au-delà. Comme on le fait dans la tradition en
pareille circonstance, la maman a imploré son fils d’ouvrir les yeux et de bien
observer autour de lui. La brillante carrière de l’illustre Avocat étant
terminée sur cette terre des hommes, le Barreau de Centrafrique par Me
Pierrette Balingapo a remis la robe avec laquelle il avait l’habitude de
plaider au prétoire à Mme Goungaye.
Le tout dernier instant avant l’inhumation fut la prière dite par Me Jean
Pierre Madoukou qui a imploré le Seigneur Tout-Puissant de recevoir auprès de
lui, Me Goungaye Wanfiyo, après le noble travail abattu durant son existence.
Et le cercueil fut descendu dans le caveau. Ainsi repose dorénavant en paix, ce
météore qui a illuminé le ciel de Centrafrique pour la défense des droits de
l’homme, une cause ô combien noble!
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L’avocat, président de
La frayeur des régimes
La fulgurante ascension de Me Nganatouwa Goungaye Wanfiyo a commencé lorsqu’il
a pris la tête de
L’ardeur de la lutte dérangeait
Dès l’annonce de sa mort, ceux qu’il combattait farouchement et traquait pour
des actes barbares ont jubilé.
Mais cette joie risque de n’être que de courte durée, car il n’était par seul
dans le combat qu’il menait. Déjà en décembre 2002, après les événements
d’octobre de cette année,
Une voix de la conscience collective
Sur le plan intérieur, la lutte pour la promotion et la défense des droits de
l’Homme se poursuivra. Me Goungaye était certes un combattant, mais
Témoignages
et soutiens recueillis et mis en ligne par