Lors
de son allocution du 31 décembre 2006, le général Bozizé,
au départ hostile à l’idée même du dialogue et après avoir longtemps fait la
sourde oreille, cédait en marquant enfin son adhésion afin de donner quelque
chance à ce que ce dialogue
puisse ramener une paix durable et mettre un terme à la crise
politico-militaire endémique que connaît
Un an après, fin décembre
2007, force est de constater que ce dialogue national inclusif n’a toujours pas
eu lieu et cela ne peut arranger que Bozizé qui y trouve parfaitement son compte. Il a choisi
exprès de gagner du temps en voulant rester maître du jeu et en privilégiant le
dialogue de sourd avec des leaders peu représentatifs et contestés des mouvements
de rébellion armée qui écument l’arrière-pays.
Après avoir initialement chargé le pasteur Isaac Zokoué
et le groupe des Sages de prendre les contacts préliminaires préparatoires à la
tenue de ce dialogue, ce dernier est brutalement récusé pour avoir
prétendument outrepassé son mandat après avoir rencontré en février 2007 à
Lomé, le président Ange Félix Patassé pour recueillir les vues de celui-ci au
sujet de la situation nationale et en particulier sur la tenue du fameux
dialogue national. Puis ce fut les épisodes très peu glorieux mais tonitruants
de signatures d’accord prétendument de paix restés sans effets significatifs à
ce jour avec Abdoulaye Miskine et Zakaria
Damane.
Malgré les gesticulations du régime de Bozizé et les
effets d’optique destinés à tromper les naïfs, ce qui caractérise actuellement
la situation en République centrafricaine est une aggravation inexorable des
conditions de vie au quotidien des citoyens. Ceux-ci ne perçoivent nullement
l’impact des milliards déversés par les bailleurs de fonds et la communauté
financière internationale dont le régime ne cesse d’annoncer qu’elle a renoué
avec
Le triste spectacle auquel assiste résigné le peuple est celui de la prédation
systématique des maigres ressources de l’Etat et du bradage au seul profit de Bozizé et son clan des richesses naturelles du pays. Le cas
de l’uranium de Bakouma est éloquent. Après avoir empoché des milliards de F
CFA à leur seul profit – aucun versement n’a été effectué au trésor
centrafricain - en concédant les mines de Bakouma à Uramin,
Bozizé et son neveu Sylvain Ndoutingaï
voulaient récidiver avec Areva à qui ils voulaient
imposer un droit d’entrée. Mal leur en a pris car celle-ci exige préalablement
l’ouverture d’un compte au trésor centrafricain avant tout décaissement. C’est
la raison du bras de fer actuel entre le clan Bozizé
et le numéro un français du nucléaire civil.
Craignant son ambitieux neveu Ndoutingaï très détesté
à Paris et ne sachant plus quoi faire, Bozizé a cru
devoir dépêcher entre temps son complice et ministre des affaires étrangères
auprès de Mme Anne Lauvergeon la présidente d’Areva mais la cupidité du fameux ministre a pris le dessus
et ce dernier s’en est tiré avec un chèque de plus de cent milles euros pour
garnir son propre son compte. L’affaire remonte jusqu’à Sarkozy qui n’a pas
manqué de le reprocher à Bozizé à qui il a dû
demander, lors de leur furtive rencontre du 19 novembre dernier, de lutter
fermement contre la corruption de certains de ses ministres.
Une nouvelle année commence mais les Centrafricains sont-ils irrémédiablement condamnés
à endurer jusqu’à plus soif, les affres du régime Bozizé qui
continue de les mener en bateau ? Quoi d'étonnant que ce soit son
épouse qui monte au créneau pour tancer à la radio ses propres ministres !
D'ici là si son mari fait d'elle le Premier ministre, il n'y aura
rien de surprenant. Pour l'heure, c'est le nom du directeur national
de
Quant
au dialogue national inclusif, aura-t-il vraiment lieu ?
04.01.2008
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