L’après DPI, au 25 Décembre 2008, accouche difficilement les mises

en applications des recommandations. Il y a des avancées et des blocages.

 

 

 

Avancées

Radio Centrafrique : 25 Décembre 2008 :  Petit à petit les recommandations du DPI se mettent en place notamment à travers la campagne de sensibilisation à Kaga Bandoro . Jean Jacques Demafouth, Président de l’APRD ainsi que le Ministre de la justice Maleyombo, Ministre résident de la Nana Gribizi, se sont rendus à Kaga-Bandoro.

 

Le Président de l’APRD qui est accompagné par quelques éléments de la MICOPAX dirigé par le Colonel Gaspard Ferdinand Olamé, Chef du détachement gabonais chargé de la communication de la FOMAC sont arrivés le jeudi 25 décembre 2008 à Kaga-Bandoro situé à 342 km de Bangui. Le but de ce déplacement est de sensibiliser la population pour une véritable réconciliation avec les ex-combattants.

 

Dans sa déclaration Jean Jacques Demafouth a dit :

« Je suis venu dire à la population que nous avons décidé, d’un commun accord avec du Président de la République, de venir aujourd’hui passer Noël à Kaga-Bandoro et de leurs apporter la paix ; pour dire que nous avons discuté pendant le dialogue et que nous avons décidé d’enterrer la hache de guerre, et je suis venu donner ce message à la population. J’ai fait sortir le Colonel de l’APRD Lakoué et le présenter à la population et confirmer qu’à partir d’aujourd’hui il n’y a plus de barrières de l’APRD et qu’il y a la libre circulation des biens et des personnes autour de Kaga-Bandoro et dans ses environs. Voilà le message que je suis venu porter et le cadeau de Noël du Dialogue Politique Inclusif pour les populations de Kaga-Bandoro.

Par ailleurs, poursuit Jean Jacques Demafouth, nous avons célébré ce matin une messe d’action de grâce pour la paix en République Centrafricaine, et nous sommes venus devant Dieu, comme je l’ai dit à l’ouverture du dialogue, demander pardon au Seigneur pour tout ce que nous avons fait, et surtout en cette fête de la nativité du Christ, pour cette nouvelle naissance aujourd’hui la naissance de la paix en République Centrafricaine ; voilà le message que nous avons partagé à l’église ce matin, et toute la population de Kaga-Bandoro était là et la messe était très animée. J’ai vu le Colonel Lakoué très touché, je sentais l’émotion dans ses yeux et il me disait cela fait 5 ans qu’il n’avait pas remis les pieds à Kaga-Bandoro et c’est un plaisir de retrouver cette population avec toute la liesse populaire à Kaga-Bandoro aujourd’hui ». 

 

Fin de la transcription de l’interview donné par le Président de l’APRD à Radio Centrafrique

 

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Centrafrique : Mise en place du comité de suivi des recommandations du DPI

Bangui, 26 déc. (ACAP)- Le comité de suivi des recommandations du Dialogue Politique Inclusif (DPI) a été mis en place vendredi 26 décembre 2008 à Bangui, au cours d’une réunion de concertation du chef de l’Etat François Bozizé avec les différentes entités ayant pris part à ces assises.

Composé de dix huit (18) personnes issues de chacune des six entités représentées au DPI, soit trois personnes par entités dont un est d’office membre du bureau, ce comité est chargé de veiller à la mise en œuvre des recommandations pertinentes du DPI.

Il s’agit des représentants des pouvoirs publics, de la majorité présidentielle, de l’opposition démocratique, de l’opposition armée, des autres partis et de la société civile.

Il convient de signaler que la désignation des membres du comité de suivi est restée formelle car les noms des personnes choisies devraient être communiqués plus tard au chef de l’Etat.

Par contre, les personnalités devant faire partie du nouveau gouvernement de consensus recommandé par le DPI, n’ont pas été désignées faute de concertation interne des différentes parties prenantes.

 

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Blocages

 

 

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LES GRANDES MANŒUVRES ONT COMMENCE !

En République Centrafricaine, lorsqu’on annonce le remaniement du gouvernement ou le remaniement technique, tous les prétendants à la primature ou au gouvernement multiplient les recettes ou mieux mettent toutes les batteries en marche pour réaliser leur rêve.

A l’annonce du dialogue politique inclusif, tous les aventuriers politiques ont trouvé le malin plaisir d’exploiter cette occasion pour assouvir leur appétit gargantuesque. Si le principe veut que ce dialogue donne l’occasion aux fils et filles de Centrafrique de procéder au diagnostic des maux qui minent la société centrafricaine afin d’y proposer la thérapeutique appropriée, il a ouvert la voie aux anciens Premiers ministres qui ont montré leur limites et les ministres, qui ont brillé par la contre performance et les malversations, de se livrer à des basses besognes pour se tailler une place aux côtés du Soleil. Dieu merci, l’adage qui dit que l’occasion fait le larron ne se réalisera pas.

Les Centrafricains, aguerris et immunisés, se sont organisés dans les différentes entités ayant pris part à cette concertation nationale afin de ne pas délivrer un chèque à blanc au Chef de l’Etat et à ses partisans qui veulent mettre à exécution des schémas qui contrarient la mise en place d’un gouvernement de consensus.

Selon les indiscrétions de certaines personnalités influentes de la majorité présidentielle, le 1er scénario retenu consiste à maintenir l’actuel Premier ministre Touadera et une bonne partie des membres de son gouvernement pour faire rentrer une dizaine des représentants des entités ayant pris part à ce forum.

Le second schéma vise à promouvoir un ex libérateur, ministre d’Etat, à la primature et à octroyer 7 départements aux autres entités. Cette stratégie est retenue et défendue par les disciples du général-président, parce que ceux-ci pensent, qu’en prélude des échéances électorales, l’homme du 15 mars 2003 doit s’entourer des siens et compagnons de lutte pour mieux se préparer et mettre les chances de son côté.

Voilà comment les affaires de l’Etat se traitent dans ce pays!?! Les intérêts supérieurs de la nation et les souffrances du peuple sont sacrifiés sur l’autel des appétits égocentriques.

Heureusement que l’opposition politique, les groupes politico-militaires et la société civile ont compris cette démarche et n’accepteront pas de trahir la nation, car ils veillent au grain don inestimable du DPI, à savoir la sauvegarde de l’intérêt du peuple centrafricain.

 

 

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DPI : L’INCREDULITE GAGNE LES COMPOSANTES

C’est dans un mélange de scepticisme et d’euphorie que le dialogue politique inclusif a clos ses travaux. L’espoir du début a commencé à être mitigé par rapport au contenu du discours de clôture en français du pré sident de la République, Chef de l’Etat. Pour beaucoup de participants, le discours du général François Bozizé les a laissés sur leur soif.

Certes pour eux, le Chef de l’Etat a évoqué les difficultés de la République Centrafricaine, un pays pauvre parmi les plus pauvres, mais, ils disent que nulle part, ils n’ont senti un engagement ferme du président François Bozizé d’appliquer les recommandations d’un dialogue, souvent considéré comme la rencontre de la dernière chance pour la République Centrafricaine. Les participants auraient voulu voir le général François Bozizé s’engage davantage dans sa volonté d’appliquer les recommandations, ce qui aurait dissipé les doutes et remis du baume au cœur des indécis.


Un discours évasif

L’espoir relevé par le président du présidium, le Major Pierre Buyoya, qui a déclaré que dorénavant l’avenir du pays dépend des Centrafricains a certes ému les participants face à son engagement pour la réussite du dialogue politique inclusif, mais pour beaucoup l’ancien Chef d’État Burundais avait une lourde mission à accomplir et il l’a réussie et de fort belle manière.

Au début, compte tenu des divergences, parfois des antagonismes exacerbés par une guerre d’intérêt, la réussite du dialogue politique inclusif n’était pas évidente. Mais malgré une atmosphère parfois électrique, parfois délétère, l’ancien président Pierre Buyoya a conduit le forum inter centrafricain à bon port. La séance du vendredi 19 décembre 2008, pour l’adoption du rapport final et des recommandations a été vécue comme un soulagement : mais le plus dur restait la quintescence du discours du Chef de l’Exécutif, le général François Bozizé. Ce discours n’a pas répondu aux attentes, malgré la réconciliation spectaculaire entre l’ancien président Ange Félix Patassé et le général François Bozizé, son tombeur. Malgré la fermeté observée pendant ses années d’exil, l’ancien président Ange Félix Patassé, a fait officiellement allégeance au Président François, qu’il a reconnu officiellement comme chef de l’Etat centrafricain. Avec cette déclaration ponctuée de propositions concrètes, tout le monde s’attendait à des propos apaisants du général François Bozizé, ce qui a été fait et surtout de la part du Chef de l’Etat de prendre l’engagement qu’après le dialogue ne sera plus comme avant le dialogue. C’est à ce sujet que le général François Bozizé est resté évasif, rendant même incrédules certains participants qui ont pris le soin de suivre les propos présidentiels à la lettre.


Les mêmes causes produisent les mêmes effets

Malgré le bémol apporté par le président Omar-Bongo Ondimba, haut Médiateur de l’espace CEMAC pour la crise centrafricaine, qui a relevé la relativité de la pauvreté de la République Centrafricaine, le public est resté sur sa faim.

Le président de la République Gabonaise, qui a une parfaite maîtrise de la situation centrafricaine ne s’est pas fait d’illusions. Conscient que les mêmes causes produisent les mêmes effets, le président Omar Bongo-Ondimba n’a pas épousé le même raisonnement que le président François Bozizé. Pour le Médiateur, si on clame la pauvreté de la République Centrafricaine, cela ne peut-être qu’un subterfuge, car le pays regorge de ressources humaines capables de relever les défis auxquels le pays est confronté. Le président de la République Gabonaise a rassuré les centrafricains de l’opportunité que leur offre la tenue de ce dialogue politique inclusif pour que les centrafricains lavent leur linge sale en famille. L’avenir paraissant difficile, le président Omar Bongo Ondimba a frustré ceux qui à la moindre incartade prennent les armes contre leurs compatriotes. Cette tendance, selon le médiateur de la crise centrafricaine, doit cesser.

Cette déclaration qui fait appel à l’application des recommandations du dialogue politique inclusif a quelque peu rassuré les Centrafricains, mais pour eux, l’artisan de cette mise en œuvre des décisions du forum inter centrafricain reste le chef de l’Etat.


Un faux départ qui inquiète

Avec l’annonce de la rencontre du mardi 23 décembre 2008, séance tenante, pour des propositions de personnalité à coopter au gouvernement, la salle était comme tétanisée malgré des applaudissements de quelques partisans du président François Bozizé. Et c’est là que les premiers signes du scepticisme quant à la volonté du Chef de l’Etat de faire appliquer véritablement les recommandations du dialogue politique inclusif sont apparus.

Pour l’opposition démocratique, ce spectacle n’augure pas des lendemains sincères et sérieux. Le dialogue politique inclusif s’étant tenu pour que la République Centrafricaine soit gouvernée autrement, la méthode du diktat porte à croire que des changements notables ne se feront que très péniblement. Les opposants estiment que le Chef de l’État est réfractaire aux réformes. Les leaders politico-militaires ne sont pas du reste. L’annonce du Chef de l’État dans la salle les a rendus méfiants, car ils jugent suspecte la méthode, qui consiste à passer outre le consensus autour duquel, ils ont porté jusque-là leurs voix : la société Civile généralement peu bavarde, se demande quelle sera la suite des événements. Le faux départ leur fait croire qu’elle a dépensé du temps, de l’énergie et parfois, a sacrifié ses activités lucratives pour concentrer son attention sur le dialogue politique inclusif. Les leaders de la société civile attendaient de ce forum, des résultats. Les participants les ont produits, mais l’engouement s’émousse quant à leur applicabilité. Ainsi, tous paraissent incrédules quant à un avenir radieux.

 

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