Si demain, le dialogue
politique inclusif est organisé, le peuple centrafricain devra pousser un
soupir de soulagement et faire la promesse de l’exclamation : ‘‘ Plus jamais
ça’’.
Le véritable processus aura duré déjà deux années. Il a été long, semé
d’embûches, laborieux et compte tenu des rebondissements, parfois fastidieux. L’année
En plus de ces marches et du réveil de l’Union des Forces Vives de
Des expéditions punitives
Le 29 janvier 2006, les éléments de l’Armée Populaire pour
La surprise venue du Nord-Est
Alors que les regards étaient focalisés sur le nord et que personne ne s’y
attendait, un mois après la création de l’Union des Forces Démocratiques pour
le Rassemblement à Kigali (Rwanda), l’UFDR fait parler d’elle par l’attaque de
Birao du 10 octobre 2006. L’effet de surprise et les moyens mis en œuvre ont
amené les éléments des FACA a observer un repli
stratégique. Le gouvernement qui parlait de bandits, est obligé de reconnaître
que de véritables rébellions sont nées dans le nord et le nord-est. L’UFDR,
profitant de la connaissance du terrain, s’empare de Ouadda-Djallé
et de Sam-Ouadja. La progression s’est arrêtée là,
car Bria était contrôlée par les FACA assistées des éléments de
Le 31 décembre 2006, dans
une adresse à
13 avril 2007, une date importante
L’UFDR, ne se sentant pas vaincue, tente une attaque à Birao, les 3 et le mars
2007. Mais la contre offensive fulgurante, FACA-Armée française combinées fera
échouer cette tentative de rééditer l’exploit du 10 octobre 2006. C’est dans
ces conditions que le Chef de l’Etat fera discrètement appel au général Raymond
Paul Ndougou, Prefet de
l’Ouham Pendé à Bozoum, ancien préfet de
Quelles mois après, Abdoulaye Miskine et Zacharia Damane sont nommés par
un Décret présidentiel, conseillers à
Lors de la célébration de
La diplomatie discrète a réussi
Avant de se rendre à Bocaranga pour
Le 30 Novembre 2007, le Décret n°07.356 modifie et complète certaines
dispositions du Décret n°07. 292 du 8 octobre 2007. La désignation des membres
du Comité Préparatoire du Dialogue Politique Inclusif est entérinée par Décret
n°07.357 du 30 Novembre 2007. Le ciel s’éclaircit quelque peu car le FDPC et
l’UFDR désignent leurs représentants au Comité Préparatoire. Seule l’APRD
s’obstine à ne pas coopérer avec le gouvernement. Les appels et les initiatives
se multiplient pour ramener Djim Wei et ses hommes à la raison. Rien à faire,
ils sont inflexibles. C’est alors que le Représentant Spécial de Ban Ki Moon, qui vient de prendre la relève du général Lamine Cissé à la tête du BONUCA, s’essaie à son premier baptême
de feu diplomatique en Centrafrique. Très discrètement, sans tambour ni
trompette, M. François Lonseny Fall
rencontre les responsables militaires de l’Alliance Populaire pour la
restauration de la démocratie (APRD) dans leur bunker des environs de Paoua. L’APRD pose ses conditions et la diplomatie onusien ne essaie de calmer les esprits. Pour la première
fois, les exigences du mouvement rebelle de Djim Wei sont rendues publiques par
M. Lonseny Fall au cours
d’un point de presse, organisé par le BONUCA.
Le mal de l’incompréhension est décelé et il faut la thérapeutique. La
rencontre du représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies avec
l’APRD porte ses premiers fruits par la désignation de M. Jean-Jacques Demafouth, ancien ministre de Patassé, en qualité de leader
politique. Officiellement, le gouvernement a dorénavant un interlocuteur avec
qui négocier au nom de l’APRD. Le mouvement rebelle désigne son représentant au
Comité Préparatoire en la personne de M. Dotocko. Le
Comité Préparatoire du Dialogue Politique Inclusif était pratiquement à la fin
de ses travaux.
Chassé-croisé diplomatique
Le Comité Préparatoire boucle ses travaux le 31 mars 2008.
Mais avant de remettre son rapport au président de
Du 22 au 23 Avril 2008, le Chef de l’Etat, le général Bozizé,
à la tête d’une délégation composée de certains membres du Comité Préparatoire
du Dialogue Politique Inclusif, séjourne à Libreville au Gabon. La rencontre
entre les Présidents El Adj Omar Ondimba
et François Bozizé est sanctionné par un communiqué
final.
Des délégations du Comité Préparatoire prennent le chemin de Cotonou et de Lomé
afin d’y rencontrer Michel An Moudioko Djotodia et Abakar Sabone de l’UFDR, entre-temps libérés de prison, l’ancien
président Ange-Félix Patassé.
Dans sa première déclaration de leader politique de l’APRD, Jean-Jacques Demafouth réclame une amnistie générale et affiche sa
volonté de négocier. La diplomatie souterraine a fait le reste et le 9 Mai
2008, l’APRD et le gouvernement signent un Accord de Paix à Libreville sous
l’égide du Chef de l’Etat Gabonais, Médiateur des questions centrafricaines, El
Adj Omar Bongo-Ondimba.
La voie semble ouverte pour le dialogue
Le 12 mai
L’affaire fait l’effet d’une bombe à Bangui. Le FODEM s’insurge contre un
pareil acte. L’UFDR, après une belle cacophonie, se divise. Le Comité
d’organisation, tant attendu, est finalement créé par Décret n° 08.216 du 9
juin 2008. Mais sitôt mis en place, les contestations viennent de toutes parts,
car il fait la part belle aux pouvoirs publics. Le 21 Juin 2008, est signé à Libreville au Gabon l’Accord
de Paix Global. L’APRD et l’UFDR ont signé le document. Mais, bien que le FDPC
ait envoyé son représentant, M. Ringui Le Gaillard,
ce dernier n’a pas été autorisé par Abdoulaye Miskine
à singer l’Accord Global de Paix. Tout semblait rentrer dans l’ordre. La scène
politique centrafricaine étant habituée aux surprises. Dans un communiqué daté
du 22 juillet 2008, Abakar Sabone
annonce son départ de l’UFDR. C’est donc le divorce avec son compagnon
d’infortune Michel Djotodjia, car il reprend la
direction de son mouvement le MLCJ (Mouvement
des Libérateurs Centrafricain pour
A l’ouverture de la session Extraordinaire du 1er Août 2008, le gouvernement soumet à l’Assemblée Nationale,
trois projets de loi d’amnistie qui provoquent un véritable séisme. L’UFVN, le
FDPC et l’APRD suspendent leur participation au processus du Dialogue Politique
Inclusif et des escarmouches commencent dans le nord, attribuées à l’APRD. Face
à la délicatesse de la situation, le gouvernement et l’APRD se retrouvent le 15 Septembre 2008 à
Libreville aux fins d’évaluer l’application de l’Accord de Paix Global.
Jean-Jacques DEMAFOUTH annonce le retour de l’APRD au processus du dialogue et
les autorités centrafricaines jubilent. (Voir texte communiqué du Comité de Suivi)
Après des tergiversations, l’Assemblée Nationale adopte, le 29 Septembre 2008,
la loi portant amnistie. L’opposition, qui a quitté la salle au moment du vote,
se raidit et l’UFVN maintient sa suspension au processus du dialogue et l’APRD
via un communiqué de presse dénonce ce semblant d’amnistie le 01 octobre 2008.(Voir textes et communiqué de
presse)
Cette loi d’amnistie devait ouvrir la voie à la fixation de la date du Dialogue
Politique Inclusif ; à cause des modifications apportées par Bozizé au texte de référence (Voir le texte consensuelle de base), voilà encore une fois
le processus enrayé…
Ainsi les Centrafricains attendent patiemment ce grand forum, qui n’est peut-être
pas une panacée, mais qui peut leur permettre de taire leurs querelles. Il y va
de l’avenir du pays.
Source : leconfident.net
RESUME et
Projections
NDRL :
La vérité est que Bozizé ne veut pas de ce dialogue
politique inclusif et il joue la montre à fond et cela depuis l’année
-
celui
de l’adoption d’une Loi d’Amnistie consensuelle ; Bozizé
va traîner les pas pendant encore 2 mois pour finalement accepter de promulguer
la dite loi consensuelle ; l’année 2008 sera finie
-
celui
de la composition du Comité d’organisation. L’opposition a déjà demandé la
révision de ce comité, Bozizé aujourd’hui dit Non, il
va encore jouer la montre pour finir par dire au bout de 3 mois
: Oui, et nous serons en Mars 2009
-
Vu
le manque de sincérité du bonhomme et son esprit revanchard, il n’est de
l’intérêt de personne, sauf celui de Bozizé que ce
Dialogue Politique Inclusif se tienne à Bangui ; il est capable de faire
abattre les opposants ou de profiter de cela pour mettre le feu au pays. Les
3000 Signataires du Manifeste pour un DPI, dont le Bureau de Coordination est
Présidé par Me Goungaye Wanfiyo,
réclame la tenue de ce dialogue à l’étranger (Voir
le texte).
Là encore Bozizé va dire NON, les discussions vont
durer 4 à 6 mois pour qu’enfin il accepte le principe : nous serons déjà
au mois de septembre 2009
-
Le
DPI pourrait donc se tenir au mois d’OCTOBRE 2009 et des recommandations
exécutoires seront retenues. Suivant les négociations un Conseil de transition
ou un gouvernement de transition avec une feuille de route sera mis en place
pour sécuriser le pays, démobiliser les troupes rebelles, mettre en place des
projets de reconversion, préparer des élections présidentielles. Ce travail ne
pourra se faire que sur 12 mois minimum et les élections devraient se tenir en
Octobre 2010, mais vu que nous serons en saison de pluies, les dates retenues
seront en Février ou Mars 2011.
A la fondation SELEKA, nous avons tourné les choses dans tous les
sens et il en ressort ce résumé ; nous espérons vivement nous
tromper ; l’avenir le dira………. Wait and See.
Seleka/Bangui : 07 octobre 2008
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Lors
de son allocution du 31 décembre 2006, le général Bozizé,
au départ hostile à l’idée même du dialogue et après avoir longtemps fait la
sourde oreille, cédait en marquant enfin son adhésion afin de donner quelque
chance à ce que ce dialogue
puisse ramener une paix durable et mettre un terme à la crise
politico-militaire endémique que connaît
Un an après, fin décembre
2007, force est de constater que ce dialogue national inclusif n’a toujours pas
eu lieu et cela ne peut arranger que Bozizé qui y trouve parfaitement son compte. Il a choisi
exprès de gagner du temps en voulant rester maître du jeu et en privilégiant le
dialogue de sourd avec des leaders peu représentatifs et contestés des
mouvements de rébellion armée qui écument l’arrière-pays.
Après avoir initialement chargé le pasteur Isaac Zokoué
et le groupe des Sages de prendre les contacts préliminaires préparatoires à la
tenue de ce dialogue, ce dernier est brutalement récusé pour avoir
prétendument outrepassé son mandat après avoir rencontré en février 2007 à
Lomé, le président Ange Félix Patassé pour recueillir les vues de celui-ci au sujet
de la situation nationale et en particulier sur la tenue du fameux dialogue
national. Puis ce fut les épisodes très peu glorieux mais tonitruants de
signatures d’accord prétendument de paix restés sans effets significatifs à ce
jour avec Abdoulaye Miskine et Zakaria Damane.
Malgré les gesticulations du régime de Bozizé et les
effets d’optique destinés à tromper les naïfs, ce qui caractérise actuellement
la situation en République centrafricaine est une aggravation inexorable des
conditions de vie au quotidien des citoyens. Ceux-ci ne perçoivent nullement
l’impact des milliards déversés par les bailleurs de fonds et la communauté
financière internationale dont le régime ne cesse d’annoncer qu’elle a renoué
avec
Le triste spectacle auquel assiste résigné le peuple est celui de la prédation
systématique des maigres ressources de l’Etat et du bradage au seul profit de Bozizé et son clan des richesses naturelles du pays. Le cas
de l’uranium de Bakouma est éloquent. Après avoir empoché des milliards de F
CFA à leur seul profit – aucun versement n’a été effectué au trésor
centrafricain - en concédant les mines de Bakouma à Uramin,
Bozizé et son neveu Sylvain Ndoutingaï
voulaient récidiver avec Areva à qui ils voulaient
imposer un droit d’entrée. Mal leur en a pris car celle-ci exige préalablement
l’ouverture d’un compte au trésor centrafricain avant tout décaissement. C’est
la raison du bras de fer actuel entre le clan Bozizé
et le numéro un français du nucléaire civil.
Craignant son ambitieux neveu Ndoutingaï très détesté
à Paris et ne sachant plus quoi faire, Bozizé a cru
devoir dépêcher entre temps son complice et ministre des affaires étrangères
auprès de Mme Anne Lauvergeon la présidente d’Areva mais la cupidité du fameux ministre a pris le dessus
et ce dernier s’en est tiré avec un chèque de plus de cent milles euros pour
garnir son propre son compte. L’affaire remonte jusqu’à Sarkozy qui n’a pas
manqué de le reprocher à Bozizé à qui il a dû
demander, lors de leur furtive rencontre du 19 novembre dernier, de lutter
fermement contre la corruption de certains de ses ministres.
Une nouvelle année commence mais les Centrafricains sont-ils irrémédiablement
condamnés à endurer jusqu’à plus soif, les affres du régime Bozizé qui
continue de les mener en bateau ? Quoi d'étonnant que ce soit son
épouse qui monte au créneau pour tancer à la radio ses propres ministres !
D'ici là si son mari fait d'elle le Premier ministre, il n'y aura
rien de surprenant. Pour l'heure, c'est le nom du directeur national
de
Quant
au dialogue national inclusif, aura-t-il vraiment lieu ?
Seleka/Bangui 04.01.2008
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