L’ODEUR DU SANG...
Ça n’arrive pas qu’aux autres, dit une
maxime populaire. Hier, c’était le tour des uns de prendre part à la mangeoire
de la République,
de bénéficier des privilèges qu’accorde l’exercice du pouvoir de l’Etat, d’en
faire usage et de violer, piller et incendier les villages et les habitations
des pauvres Centrafricains. Ils se croyaient tellement forts qu’ils
n’hésitaient pas un seul instant de torpiller les règles fondamentales qui
gouvernent notre cité. La personne humaine, pourtant sacrée, n’avait aucune
importance à leurs yeux, car, auréolés des pouvoirs de l’Etat, c’est la force
qui gouvernait et qui gouverne toujours. Pour ces bourreaux du peuple qui
président aux destinées de la
République, il ne devrait pas avoir de place pour la
contradiction. Seuls ceux qui ont le langage des armes peuvent bénéficier d’un
semblant de respect de leur part. Mais cela n’a que trop duré et il fallait au
moins que ça finisse.
Heureusement pour le peuple centrafricain, son seul salut venait de la Cour pénale internationale
(CPI). À ses débuts, personne ne croyait que cette machine judiciaire
internationale était redoutable. Mais quand elle a commencé à vouloir sévir,
nos bourreaux d’hier se sont mis à trembler, à avoir de la trouille et à en vouloir
à d’autres qu’ils accusent de les avoir envoyés dans les pires ennuis. La peur
a réellement changé de camp. L’odeur du sang inquiète les Chefs d’Etat
africains en général, car cette fois-ci, ce n’est plus la sueur, mais le sang.
Nos dirigeants viennent de se rendre compte qu’ils ont joué avec le feu au
risque pour eux de se rendre volontairement à la CPI qui s’occupera de leur cas, d’un moment à
l’autre.
L’odeur du sang, c’est cette peur qui met mal à l’aise le locataire du palais
de la Renaissance
au point qu’il se cherche vainement des soutiens de par le monde, en commençant
par le Conseil de Sécurité de l’Onu, afin que cette instance internationale
fasse usage de ses prérogatives pour arrêter l’élan irréversible de la CPI. Irréversible,
car le peuple centrafricain, qui a vécu dans sa chair les affres, ou encore
mieux la sagacité de ses hommes politiques, voudrait avoir droit à réparation.
Il a soif de savoir pour qui et pourquoi ces fils de Centrafrique ont accepté
se comporter comme des chefs de guerre pour le violer, voler et piller le
minimum de ce qui reste du tissu économique centrafricain. Le peuple a soif de
savoir la vérité, car, la réconciliation véritable entre filles et fils de
Centrafrique ne peut se faire sans une justice équitable qui repartisse
les responsabilités des différents acteurs. C’est le prix à payer, même si ça
mettra du temps. L’odeur du sang, ils finiront par le humer pour le malheur de
leurs derniers jours.



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