Le président brésilien
Lula a déclaré vendredi 24 octobre 2008 que son pays avait l'obligation morale
d'aider l'Afrique, le peuple africain ayant subi l'esclavage pendant 300 ans au
Brésil et ayant considérablement contribué au développement du pays.
« Le
Brésil a l'obligation morale, politique et éthique de faire ce qu'il fait pour
le continent africain. Nous ne sommes certainement pas le pays qui doit le plus
à l'Afrique, mais nous sommes la nation la plus reconnaissante, car l'Afrique a
fait de nous ce que nous sommes », a déclaré le président.
En visite jeudi au Mozambique, le
président a lancé un projet qui vise à construire la première usine du pays de
médicaments antirétroviraux pour malades du sida, et
vendredi un accord a été signé, engageant le Brésil à financer à hauteur de 23
millions de dollars (17 millions d'euros) cette usine.
Au Brésil, seuls 0,61 % des Brésiliens sont infectés par le virus du sida. Et
environ un tiers des séropositifs reçoivent des ARV gratuits, en pointe dans la
production de médicaments anti-sida.
Quant au Mozambique, ancienne colonie portugaise, il est l'un des pays le plus
touché par le sida, avec 500 nouvelles contaminations par jour et 1,6 million
de personnes infectées.
Un accord de coopération entre les deux pays avait été
signé en début septembre, et Lula en avait lors profité pour déclarer que
le Brésil, en pointe dans la production de médicaments anti-sida, envisageait
d'aider l'Afrique entière à se procurer des ARV moins chers.
"Cela nous permet d'être joyeux... Cela fait de nous
des partisans des bonnes et nobles causes et de la lutte pour la liberté à
travers le monde", a déclaré Lula, ajoutant que le Brésil aiderait
l'Afrique sans attendre les mesures des pays plus riches.
Sans attendre les mesures des pays plus riches... Le
Brésil qui ne roule pas sur l'or prend tout de même le problème des Africains
très au sérieux. Si Lula décrit le métissage comme une part de l'identité des
Brésiliens, et débourse 23 millions d'euros, que devrait faire la France, un
des plus gros colonisateurs ? Seulement il semblerait que nous soyons trop
occupés à savoir quoi faire de nos 300 et quelques milliards d'euros.