Joint au téléphone, un greffier du parquet de
Bangui, nous a indiqué sous le couvert de l'anonymat, que l'arrêt renvoyant
Jean-Jacques Demafouth devant la coure criminelle est
déjà établi. « Les jurés ont été choisis ce 15 février », lâche-t-il, avant de
conclure que « des consignes venues d'en haut nous exigent que tout se passe
dans le plus grand secret », fin de citation.
Pour sa part, l'intéressé, que nous avons contacté, affirme n'avoir pas été
officiellement informé, encore moins son avocat. « Me Gotilégué,
qui est mon conseil, m'a dit au téléphone, qu'elle est au courant des rumeurs
comme tout le monde », a-t-il indiqué.
Nous avons donc tenté en vain d'avoir la version du parquet de Bangui. Aux
dernières nouvelles, le procureur près le tribunal de grande instance de Bangui
se trouverait en France à l'heure actuelle. L'un de ses substituts n'a pas
souhaité nous répondre. Même son de cloche au niveau de la chancellerie.
L'attaché de presse du département de la justice que nous avons joint se dit
vraiment surpris par ce que nous lui apprenons.
Au regard des éléments en notre possession, sommes-nous en droit de nous
interroger sur les agissements des maîtres de Bangui. Pourquoi veut-on juger Demafouth dans le plus grand secret et à son absence ?
Lorsqu'on sait qu'il a toujours manifesté son désir de répondre des faits
dont-on l'accable et que, ce sont les maîtres de Bangui qui s'opposent à son
retour au pays afin d'assister à son procès ? Pourquoi avoir décidé de juger Demafouth à la veille de la tenue prochaine d'un dialogue
politique que les centrafricains veulent inclusif ? Ne sommes-nous pas face à
un procès en sorcellerie ?
Décidément, tout porte à croire que
François Bozizé est conforté dans l'idée d'empêcher
ceux qu'il considère à tort ou à raison comme les opposants à son régime de
retourner au pays. Sinon, on n'assisterait pas à ces arguties dignes des
manœuvres politiciennes les plus éculées et abjectes du style procès par contumace.
Car nul n'ignore qu'au moment des faits que l'actuel tyranneau de Bangui
entend attribuer les responsabilités au seul Demafouth,
il était lui-même chef d'état-major général de l'armée centrafricaine.
Autrement dit, c'est vers lui que la justice centrafricaine se devait,
normalement, de se tourner pour avoir les détails de ce qui s'est passé en 1999
à Kembé. Les juges de Bangui se sont-ils intéressés à
Bozizé ? L'ont-ils interrogé ne serait-ce que pour la
forme ? Bien sûr que non !
Est-il alors besoin de rappeler qu'au cours d'une interview dans les colonnes
de notre confrère Afrique Education, Jean-Jacques Demafouth
est revenu sur la désormais épineuses affaire dite de Kembé
avec ses poursuites judiciaires. « C'est un procès politique. Il s'agit de
cette regrettable affaire dite de Kembé où des
compatriotes ont perdu la vie au cours d'une opération militaire ordonnée par
le chef suprême des armées avant que je ne sois nommé ministre de
A l'époque, personne, pas même Bozizé, n'avait jugé
nécessaires de démentir ces déclarations de Demafouth.
Il ne fait donc aucun doute qu'avec la prochaine mascarade vraisemblablement en
préparation, Bozizé est dans la droite ligne de sa
logique : empêcher les autres acteurs centrafricains qui peuvent le gêner à
participer aux travaux du prochain dialogue politique, que le peuple appelle de
tout son vœu. Pour y parvenir, il instrumentalise la justice.
Aujourd'hui c'est Demafouth qui est visé, à qui le
prochain tour demain ? Tout indique que le vizir de Bangui est réfractaire à
l'idée d'un dialogue politique qui puisse ramener la paix véritable et la
stabilité dans notre pays.
C'est alors peu que de dire quand le politique s'immisce dans le judiciaire, et que le juge n'est plus qu'une taupe,
inféodée, et à la solde du pouvoir exécutif, toutes les dérives sont permises.
Samedi 16 Février 2008
Adrien Poussou
Source
:
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ARCHIVES
SUR CETTE AFFAIRE DE KEMBE en cliquant ICI pour d’autres documents et enquêtes
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Le Front Démocratique du Peuple Centrafricain a appris
avec satisfaction la libération des responsables de l’UFDR
détenus à Cotonou au BENIN et remercie
Alors que le peuple
Centrafricain salut cet acte courageux de
1- Le Samedi 16 Février
2008, les soldats de
2- Le Samedi 16 Février
2008, à la demande du Président François BOZIZE,
Pour le FDPC, l’attaque délibérée de ses éléments
est une grave violation de l’accord de paix de Syrte et en appelle au Haut
Médiateur Permanent de
Monsieur Jean-Jacques DEMAFOUTH est une figure
importante de la vie politique Centrafricaine. Cette tentative de sa mise à
l’écart du processus de dialogue politique inclusif en instrumentalisant la
justice est contraire au principe démocratique. Ce qui montre clairement la
volonté des autorités de Bangui de s’enfermer dans une dictature.
Par conséquent, de tout ce
qui précède, le FDPC s’engagerait d’une part de retirer son représentant du
Comité Préparatoire de dialogue politique inclusif si les attaques contre les
positions de ses éléments sur le terrain se répètent. D’autre part le FDPC
apporte son soutien à Monsieur Jean-Jacques DEMAFOUTH et suit de près
l’évolution de cette affaire dont l’issue permettra de maintenir ou non
sa présence au Comité Préparatoire du dialogue.
Le FDPC en appelle à la bonne compréhension de
toutes les filles et tous les fils de Centrafrique.
Fait le 19 Février 2008
Le Président du FDPC
Général
Abdoulaye MISKINE

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Suite à la
rencontre de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD)
avec le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Centrafrique
M. François Lonsény Fall du
BONUCA et au long entretien que notre délégation a eu avec ce dernier le samedi
16 février 2008, elle a choisi de s’accorder un bref temps de réflexion et de
consultation des différentes unités à la base.
L’APRD est donc maintenant en mesure de porter à la connaissance
de l’opinion nationale et internationale que si elle a décidé de prendre les
armes, c’est précisément à cause de la mauvaise gouvernance du régime du
général François Bozizé, en particulier de sa politique
d’exclusion systématique de la vie nationale de certains fils du pays,
notamment l’ancien président Ange Félix Patassé, ses anciens proches
collaborateurs tels que l’ex ministre de la défense Jean Jacques Démafouth, son porte parole Prosper N’douba
et bien d’autres cadres importants du pays aujourd’hui, arbitrairement
contraints à vivre en exil depuis le coup d’Etat du 15 mars 2003.
Dès l’origine de la création de l’APRD,
alors que le pouvoir de Bangui s’évertuait à nous traiter de « bandits de
grand chemin » et de coupeurs de route ou « zarguinas »,
nous prônions et exigions la tenue d’un dialogue national sans exclusive afin
que tous les fils de Centrafrique puissent rechercher ensemble les meilleures
solutions pour restaurer une paix définitive et durable dans notre pays qui a
tant souffert et continue de souffrir des méfaits et des conséquences des
troubles politico-militaires. Aujourd’hui, après maintes hésitations et
tergiversations et les pressions diverses exercées sur lui, le général Bozizé a fini par se résoudre à
l’organisation de ce dialogue national inclusif. L’APRD ne peut que s’en
féliciter.
Cependant, étant un mouvement militaire oeuvrant sur le terrain et
pour d’évidentes raisons de sécurité, l’APRD ne
saurait désigner un représentant au comité préparatoire de ce dialogue. Elle
demande cependant au Représentant spécial du Secrétaire général des Nations
unies en Centrafrique M. François Lonsény Fall du BONUCA de prendre contact avec ceux-là mêmes dont
elle tient à ce qu’ils ne soient pas écartés du dialogue national à savoir, le
président Ange Félix Patassé, son porte parole Prosper N’douba
et l’ancien ministre de la défense Jean Jacques Demafouth pour
les modalités de désignation d’un représentant de l’APRD
au Comité Préparatoire du dialogue Inclusif.
Comme le général Bozizé l’a fait avec le
FDPC du général Abdoulaye Miskine et l’UFDR, l’APRD exige quant à elle
la signature non pas d’un accord de paix mais de cessez le feu avant la tenue
du dialogue national inclusif qui doit se tenir à l’extérieur du pays sauf sur
une zone démilitarisée sur le territoire national qui restera à définir sur la
base des conditions à examiner avec le BONUCA et le comité d’organisation du
dialogue.
Fait à Paoua, le 21 février 2008
Le porte parole chargé de la
communication
Le capitaine Laurent DJIM-WOÏ
.