Procès en sorcellerie de Jean-Jacques Demafouth le 25 février prochain à Bangui !

Selon nos informations, une session de la coure criminelle de Bangui, est convoquée pour le 25 février prochain afin de juger, visiblement à son absence, l'ancien ministre de la défense, Jean-Jacques Demafouth.

 

 

Joint au téléphone, un greffier du parquet de Bangui, nous a indiqué sous le couvert de l'anonymat, que l'arrêt renvoyant Jean-Jacques Demafouth devant la coure criminelle est déjà établi. « Les jurés ont été choisis ce 15 février », lâche-t-il, avant de conclure que « des consignes venues d'en haut nous exigent que tout se passe dans le plus grand secret », fin de citation.

Pour sa part, l'intéressé, que nous avons contacté, affirme n'avoir pas été officiellement informé, encore moins son avocat. « Me Gotilégué, qui est mon conseil, m'a dit au téléphone, qu'elle est au courant des rumeurs comme tout le monde », a-t-il indiqué.
Nous avons donc tenté en vain d'avoir la version du parquet de Bangui. Aux dernières nouvelles, le procureur près le tribunal de grande instance de Bangui se trouverait en France à l'heure actuelle. L'un de ses substituts n'a pas souhaité nous répondre. Même son de cloche au niveau de la chancellerie. L'attaché de presse du département de la justice que nous avons joint se dit vraiment surpris par ce que nous lui apprenons.

Au regard des éléments en notre possession, sommes-nous en droit de nous interroger sur les agissements des maîtres de Bangui. Pourquoi veut-on juger Demafouth dans le plus grand secret et à son absence ? Lorsqu'on sait qu'il a toujours manifesté son désir de répondre des faits dont-on l'accable et que, ce sont les maîtres de Bangui qui s'opposent à son retour au pays afin d'assister à son procès ? Pourquoi avoir décidé de juger Demafouth à la veille de la tenue prochaine d'un dialogue politique que les centrafricains veulent inclusif ? Ne sommes-nous pas face à un procès en sorcellerie ?

Décidément, tout porte à croire que François Bozizé est conforté dans l'idée d'empêcher ceux qu'il considère à tort ou à raison comme les opposants à son régime de retourner au pays. Sinon, on n'assisterait pas à ces arguties dignes des manœuvres politiciennes les plus éculées et abjectes du style procès par contumace.

Car nul n'ignore qu'au moment des faits que l'actuel tyranneau de Bangui entend attribuer les responsabilités au seul Demafouth, il était lui-même chef d'état-major général de l'armée centrafricaine. Autrement dit, c'est vers lui que la justice centrafricaine se devait, normalement, de se tourner pour avoir les détails de ce qui s'est passé en 1999 à Kembé. Les juges de Bangui se sont-ils intéressés à Bozizé ? L'ont-ils interrogé ne serait-ce que pour la forme ? Bien sûr que non !
Est-il alors besoin de rappeler qu'au cours d'une interview dans les colonnes de notre confrère Afrique Education, Jean-Jacques Demafouth est revenu sur la désormais épineuses affaire dite de Kembé avec ses poursuites judiciaires. « C'est un procès politique. Il s'agit de cette regrettable affaire dite de Kembé où des compatriotes ont perdu la vie au cours d'une opération militaire ordonnée par le chef suprême des armées avant que je ne sois nommé ministre de la Défense et ce, sur proposition du Chef d'état-major des armées. Comment se fait-il qu'aujourd'hui, le ministre de la Défense que j'étais devenu plus tard soit poursuivi par la justice qui prend soin d'éviter de poursuivre ni t'entendre par la même occasion, le chef d'état-major de l'époque (François Bozizé), ainsi que le chef de corps de l'unité de la garde présidentielle de l'époque (le colonel Allam), ni même le chef suprême des armées (Ange Patassé) ? Au moment des faits, le ministre de la Défense ne disposait ni de véhicules militaires ni d'armements ni d'aucune troupe sous son commandement direct. Le ministre de Défense n'a jamais commandé l'unité de sécurité présidentielle. Je dispose d'ailleurs de tous les documents concernant cette affaire pour laquelle j'avais diligenté une commission d'enquête dont le rapport figure dans les annales du tribunal militaire de Bangui », s'était-il insurgé au micro de notre confrère.
A l'époque, personne, pas même Bozizé, n'avait jugé nécessaires de démentir ces déclarations de Demafouth.

Il ne fait donc aucun doute qu'avec la prochaine mascarade vraisemblablement en préparation, Bozizé est dans la droite ligne de sa logique : empêcher les autres acteurs centrafricains qui peuvent le gêner à participer aux travaux du prochain dialogue politique, que le peuple appelle de tout son vœu. Pour y parvenir, il instrumentalise la justice.

Aujourd'hui c'est Demafouth qui est visé, à qui le prochain tour demain ? Tout indique que le vizir de Bangui est réfractaire à l'idée d'un dialogue politique qui puisse ramener la paix véritable et la stabilité dans notre pays.

C'est alors peu que de dire quand le politique s'immisce dans le judiciaire, et que le juge n'est plus qu'une taupe, inféodée, et à la solde du pouvoir exécutif, toutes les dérives sont permises.

 

Samedi 16 Février 2008

Adrien Poussou

 

 

Source :

http://www.lindependant-cf.com

 

 

 

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Communiqué de Presse du FDPC

  

Le Front Démocratique du Peuple Centrafricain a appris avec satisfaction la libération des responsables de l’UFDR détenus à Cotonou au BENIN et remercie la Communauté Internationale des efforts qu’elle ne cesse de déployer et dont l’aboutissement  a été cette libération.

Alors que le peuple Centrafricain salut cet acte courageux de la Justice Béninoise, le Président François BOZIZE vient de poser deux actes qui remettent en cause d’une part l’accord de paix de Syrte , signé le 02 Février 2007 entre le FDPC et le Gouvernement , et d’autre part le processus de dialogue politique inclusif en cours.

 

1-     Le Samedi 16 Février 2008, les soldats de la Garde Présidentielle ont attaqué les positions des éléments du FDPC dans les environs de la localité de KABO. Le bilan est d’un blessé léger.

 

2-     Le Samedi 16 Février 2008, à la demande du Président François BOZIZE, la Cour Criminelle de Bangui est convoquée en session extraordinaire pour juger l’affaire dite de KEMBE dont Monsieur Jean-Jacques DEMAFOUTH, ancien Ministre de la Défense, est accusé de complicité.

 

Pour le FDPC, l’attaque délibérée de ses éléments est une grave violation de l’accord de paix de Syrte et en appelle au Haut Médiateur Permanent de la CEN-SAD pour trouver un compromis. En outre, en cas de prochaine violation, le FDPC considéra l’accord comme caduque et prendra ses responsabilités.

 

Monsieur Jean-Jacques DEMAFOUTH est une figure importante de la vie politique Centrafricaine. Cette tentative de sa mise à l’écart du processus de dialogue politique inclusif en instrumentalisant la justice est contraire au principe démocratique. Ce qui montre clairement la volonté des autorités de Bangui de s’enfermer dans une dictature.

Par conséquent, de tout ce qui précède, le FDPC s’engagerait d’une part de retirer son représentant du Comité Préparatoire de dialogue politique inclusif si les attaques contre les positions de ses éléments sur le terrain se répètent. D’autre part le FDPC apporte son soutien à Monsieur Jean-Jacques DEMAFOUTH et suit de près l’évolution  de cette affaire dont l’issue permettra de maintenir ou non sa présence au Comité Préparatoire du dialogue.

 

Le FDPC en appelle à la bonne compréhension de toutes les filles et tous les fils de Centrafrique.

 

 

Fait le 19 Février 2008

 

Le Président du FDPC

         Général Abdoulaye MISKINE

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Communiqué de Presse de L’APDR

 

2493apdr.jpgSuite à la rencontre de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) avec le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Centrafrique M. François Lonsény Fall du BONUCA et au long entretien que notre délégation a eu avec ce dernier le samedi 16 février 2008, elle a choisi de s’accorder un bref temps de réflexion et de consultation des différentes unités à la base.

 

L’APRD est donc maintenant en mesure de porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que si elle a décidé de prendre les armes, c’est précisément à cause de la mauvaise gouvernance du régime du général François Bozizé, en particulier de sa politique d’exclusion systématique de la vie nationale de certains fils du pays, notamment l’ancien président Ange Félix Patassé, ses anciens proches collaborateurs tels que l’ex ministre de la défense Jean Jacques Démafouth, son porte parole Prosper N’douba et bien d’autres cadres importants du pays aujourd’hui, arbitrairement contraints à vivre en exil depuis le coup d’Etat du 15 mars 2003.

 

Dès l’origine de la création de l’APRD, alors que le pouvoir de Bangui s’évertuait à nous traiter de « bandits de grand chemin » et de coupeurs de route ou « zarguinas », nous prônions et exigions la tenue d’un dialogue national sans exclusive afin que tous les fils de Centrafrique puissent rechercher ensemble les meilleures solutions pour restaurer une paix définitive et durable dans notre pays qui a tant souffert et continue de souffrir des méfaits et des conséquences des troubles politico-militaires. Aujourd’hui, après maintes hésitations et tergiversations et les pressions diverses exercées sur lui, le général Bozizé a fini par se résoudre à l’organisation de ce dialogue national inclusif. L’APRD ne peut que s’en féliciter.

 

Cependant, étant un mouvement militaire oeuvrant sur le terrain et pour d’évidentes raisons de sécurité, l’APRD ne saurait désigner un représentant au comité préparatoire de ce dialogue. Elle demande cependant au Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Centrafrique M. François Lonsény Fall du BONUCA de prendre contact avec ceux-là mêmes dont elle tient à ce qu’ils ne soient pas écartés du dialogue national à savoir, le président Ange Félix Patassé, son porte parole Prosper N’douba et l’ancien ministre de la défense Jean Jacques Demafouth pour les modalités de désignation d’un représentant de l’APRD au Comité Préparatoire du dialogue Inclusif.

 

Comme le général Bozizé l’a fait avec le FDPC du général Abdoulaye Miskine et l’UFDR, l’APRD exige quant à elle la signature non pas d’un accord de paix mais de cessez le feu avant la tenue du dialogue national inclusif qui doit se tenir à l’extérieur du pays sauf sur une zone démilitarisée sur le territoire national qui restera à définir sur la base des conditions à examiner avec le BONUCA et le comité d’organisation du dialogue.

 

Fait à Paoua, le 21 février 2008

 

Le porte parole chargé de la communication

 

Le capitaine Laurent DJIM-WOÏ

 

 

 

 

 

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