Maître Goungaye Wanfiyo nous a quitté……..

 

 

Dans un accident tragique, La Centrafrique vient de perdre un de ses meilleurs et vaillants fils. GOUNGAYE nous a quitté. Il fut de ceux qui en Centrafrique ont porté dignement le titre de « Maître ».

 

A l’annonce de sa disparition, les mots qui reviennent systématiquement sont :

Catastrophe,

C’est injuste,

Pourquoi lui et surtout pourquoi maintenant ?

Seigneur ! c’est pas juste, pourquoi as-tu laissé faire cela ?

Qu’est ce qui t’empêchais de retarder l’échéance ?

Je ne sais pas moi ! pourquoi n’est-il pas tombé en panne ? une crevaison ou autre chose…..

Pourquoi l’as-tu arraché à notre affection si brutalement ?

Pourquoi as-tu tendance à nous enlever nos meilleurs fils et filles ?

Pourquoi ne les laisses-tu pas aller au bout de leurs missions ?

Cà t’aurais coûté quoi de les laisser encore 2 ou 3 ans ?

 

Seigneur ! tu nous obliges à faire des adieux au moment où nous n’en avons pas envie…..

Seigneur ! C’est injuste…. Nous sommes choqués par la gestion de ton timing !....

 

Adieu Wanfiyo ! – Je pensais te revoir très bientôt à Grenoble….. Tu me manques déjà !.... Tu nous manques déjà !...

 

Adieu Maître !

 

C’est maintenant que tu n’es plus là que nous allons ressentir, encore d’avantage, l’importance du travail que tu as fait pour les Droits de l’Homme, et la place que tu occupais dans ce dispositif en faveur du mieux vivre ensemble en Centrafrique.

 

Reposes en paix !

Que la terre te soit douce et légère !

 

CDD – 29.12.2008

 

Vue de l'épave du véhicule où se trouvait Me Goungaye Wanfiyo (photo Dr. N. Komas)

Vue de l'épave du véhicule où se trouvait Me Goungaye Wanfiyo (photo Dr. N. Komas)

 

 

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Décès dans un accident de Me Goungaye Wanfiyo

Bangui, 29 déc. - Le Président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH), l’avocat Nganatouwa Goungaye Wanfiyo, initiateur du Manifeste pour un dialogue véritablement inclusif, a trouvé la mort dans un accident de la circulation survenu dans la nuit du 27 au 28 décembre à 55 km de Bangui, a annoncé la LCDH dans un communiqué publié dimanche.

Décès dans un accident de Me Goungaye Wanfiyo.              .               .

 

Maître Goungaye revenait de Sibut (188 km), où il s’était rendu pour recueillir des témoignages pour préparer l’audience de la Cour Pénale Internationale (CPI) prévue début janvier et destinée à la confirmation des charges contre l’ancien vice-président de la République Démocratique du Congo, Jean-Pierre Bemba, a appris l’Acap, de sources proches des défenseurs des droits de l’Homme.

Selon les mêmes sources, le véhicule du président de la LCDH serait entré en collision avec un camion, tuant sur le coup Me Goungaye ainsi que deux femmes qui l’accompagnaient.

Dès l’annonce de la nouvelle, un groupe de défenseurs des droits de l’Homme et de journalistes s’est rendu dimanche sur les lieux de l’accident afin d’en comprendre les circonstances.

Au palais de justice de Bangui, les audiences prévues pour le 29 décembre ont été renvoyées au mardi 30 décembre pour permettre aux avocats d’aller présenter leurs condoléances à la famille de leur confrère.

 

Après le barreau de Grenoble, en France, Me Goungaye s’était installé à Bangui où il s’était illustré dans la défense acharnée des victimes des exactions commises par les troupes de Jean-Pierre Bemba en 2002 et 2003.

Président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme (LCDH) depuis 2003, avocat, et initiateur du Manifeste pour un Dialogue Politique véritablement Inclusif, il était un véritable représentant de la société civile centrafricaine ; Il a récemment pris une part active aux assises du Dialogue Politique Inclusif (DPI), s’opposant notamment à la demande de démission du président Bozizé et soutenant le principe de la formation d’un gouvernement de transition au lendemain de ce forum.

 

 

Cliquez ICI pour écouter la dernière interview accordée à RFI à propos

du Dialogue Politique inclusif, en date du 19 décembre 2008

 

 

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Décès de Me Goungaye Wanfiyo

Article publié le 28/12/2008 Dernière mise à jour le 29/12/2008 à 06:07 TU - RFI

Me Goungaye Wanfiyo était une figure de la société civile. Président de la Ligue centrafricaine des droits de l'homme depuis quatre ans, il est mort samedi soir dans un accident de voiture. 2 autres passagers sont morts également, un quatrième a survécu. Une enquête est ouverte, pour déterminer les circonstances exactes de ce drame. En tout cas, le pays perd un infatigable militant qui ne mâchait pas ses mots.

Il était réputé pour son sérieux, sa droiture, et son indépendance. La cinquantaine, Maître Goungaye Wanfiyo n'épargnait personne.

Il n'a jamais ménagé le régime Patassé. Il défendait d'ailleurs les victimes dans les procédures lancées par la CPI contre Jean-Pierre Bemba, allié de l'ex-président centrafricain et il venait de recueillir des témoignages dans l'intérieur du pays quand il est mort.

Sans concession, Maître Goungaye l'était aussi avec le régime Bozizé.

 

Il dénonçait sans relâche les jeux politiciens, la prédation, le tout avec un sens de la formule qui faisait mouche. Il avait ainsi accusé le président Bozizé de se servir de la Centrafrique comme d'un « butin de guerre ».

 

Le président de la Ligue centrafricaine des droits de l'homme dénonçait aussi les graves exactions des rebelles, des militaires contre les populations du nord du pays.

Au dialogue national, il y a dix jours, il avait été l'un des seuls à s'offusquer que les victimes des crises successives soient oubliées.

 

Avec son franc-parler et sa rigueur, il s'attirait aussi bon nombre d'ennemis, y compris dans l'entourage du chef de l'Etat.

Maître Goungaye avait été menacé de mort à plusieurs reprises, et encore en juin dernier. Il avait également été arrêté il y a trois mois.

L'avocat disait qu'on ne le ferait jamais taire et de fait, il ne s'est jamais tu, jusqu'à ce drame, sur la route.

 

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Me NGANATOUA GOUNGAYE WANFIYO N’EST PLUS

Une étoile montante au firmament de Centrafrique vient de s’éteindre. La nouvelle est tombée dans la matinée du dimanche 28 décembre 2008, comme une secousse tellurique.

Bangui étant une ville de rumeurs, il faut des vérifications. Des contacts étaient difficiles à cause des différents cultes. Finalement, la nouvelle se confirme et se précise. Me Nganatoua Goungaye Wanfio est bien décédé des suites d’un accident sur la route de Damara. La dépouille ramenée a été conduite à la morgue de l’Hôpital Communautaire.

Fervent défenseur des victimes
Me Nganatoua Goungaye Wanfio était de tous les combats pour la promotion et la défense des Droits de l’Homme. Il y a quelques jours encore, il défendait au Dialogue Politique Inclusif les droits des victimes des évènements du 25 octobre 2002 à obtenir réparation des dommages et sévices qu’ils ont subis. Avec l’éloquence qu’on lui connaît, Me Goungaye attirait l’attention de la communauté nationale et internationale sur le risque de passer aux pertes et profits les droits des victimes des multiples crises que la République Centrafricaine a connues. Pour le Président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme, la non prise en compte des cas des victimes est une porte ouverte aux frustrations, source de futurs foyers de tension. Ce combat en faveur des victimes était l’ultime qu’il consacrait à ces hommes et ces femmes quasiment abandonnés parfois à eux-mêmes et dont Me Goungaye disait que la seule voie de recours dorénavant était la Justice Internationale.

Un travailleur infatigable
Triste et précoce destin d’un aussi brillant juriste, d’un aussi brillant intellectuel et d’un aussi brillant défenseur des Droits de l’Homme! D’une témérité à nulle autre pareille, Me Goungaye était président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme, membre de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme et Conseiller auprès de la Cour Pénale Internationale. Le brillant avocat avait une parfaite maîtrise du dossier des évènements du 25 octobre 2002. il avait assisté la commission d’enquête de la FIDH à mener les investigations, à déceler la plupart des victimes, qui ont accepté de témoigner.

Me Goungaye, en sa qualité de Conseiller auprès de la Cour Pénale Internationale, maîtrisait parfaitement les procédures de saisine de ladite institution. Quand Jean Pierre Bemba Gombo a été arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles, Me Goungaye s’était réjoui de la victoire de la Justice contre l’impunité. Travailleur infatigable, Me Nganatoua Goungaye Wanfio consacrait la plus grande partie de son temps à ficeler les dossiers, à les peaufiner pour mieux étayer les accusations contre Jean Pierre Bemba Gombo et ses complices, le moment venu. Il ne verra jamais ce jour, la mort l’aura foudroyé à quelques jours de l’ouverture du procès du leader du Mouvement de Libération du Congo.

Souvent menacé de mort
Me Nganatoua Goungaye Wanfio n’était vraiment pas en odeur de sainteté avec le pouvoir de Bangui à cause de l’acharnement de son combat pour la défense et la promotion des droits de l’homme en République Centrafricaine. Il y a quelques semaines, il avait fait l’objet d’une arrestation, quelque peu rocambolesque, pour n’avoir pas, dit-on, respecté le cortège du Chef de l’Etat, alors que le Chef de l’Etat lui-même ne se trouvait pas à bord de son véhicule. Me Goungaye avait été conduit manu militari à la Section de Recherche et d’Investigation (SRI) considérée comme la police politique du régime actuel.

Le président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme s’était également investi à la tenue du dialogue politique inclusif auquel il a pris une part active. Avec d’autres compatriotes, il avait créé un front qui était une sorte de manifeste pour la tenue d’un dialogue politique véritablement inclusif. Les partisans de ce Manifeste avaient même été reçus à Paris par la Mission du Comité Préparatoire du dialogue politique inclusif conduite par le général Xavier Sylvestre Yangongo, sous la supervision du Professeur Abebe Berhanou (paix à son âme!).

La combativité de Me Goungaye ne pouvait pas que lui faire des amis. La détermination lui avait attiré aussi beaucoup d’ennemis, surtout dans la haute sphère du pouvoir. Il avait même confié à ses parents qu’il était constamment menacé de mort. A cette occasion, il avait même précisé qu’il ne pouvait traverser le PK 12 sans subir des menaces. Le combattant des droits de l’homme était donc conscient de son destin et l’irréparable est arrivé ce samedi 27 décembre 2008. Apprenant la nouvelle, beaucoup de ses proches et ses confrères ont eu quelques appréhensions, car les menaces de mort à l’encontre de Me Goungaye se faisaient de plus en plus pressantes. Un juriste de renom comme l’illustre disparu a même émis l’idée d’un commission d’enquête internationale neutre pour mieux déterminer les circonstance de l’accident qui a coûté la vie à celui que les victimes des affres du 25 octobre 2002 ne cesseront de pleurer. Ayant pris le flambeau de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme après Me Nicolas Tiangaye, Me Nganatoua Goungaye Wanfiyo a bien démontré, comme l’a déclaré Le Cid de Corneille qu’ »aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années ». Adieu Maître!

 

 

 

 

Différents articles rassemblés et mises en ligne par la Fondation SELEKA.

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